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  • il y a 12 minutes
La France est-elle prête pour la transparence salariale ? Pas vraiment. Une récente étude de Lucca souligne qu’à métier et niveau équivalents, les femmes gagnent 7,2 % de moins que les hommes. On analyse la situation avec Mathieu Azar, spécialiste de l’offre rémunération de la plateforme de gestion RH.

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Transcription
00:00Bismarck
00:12Bien dans son job pour parler du sujet qu'a cette tête des RH, du sujet de l'été.
00:17Il y a la chanson de l'été, c'est le sujet de l'été, l'écart salarial et la
00:21transparence salariale
00:22parce qu'il faut évidemment régler ce problème, la transposition européenne avec un texte de loi qui est prévu à
00:27l'automne.
00:28Mathieu Hazard, merci d'être avec nous pour nous éclairer, spécialiste de l'offre rémunération chez Lucas
00:34avec une étude que vous portez sur la transparence salariale.
00:38Commençons par le chiffre que vous avez fait ressortir, 7,2% d'écart inexpliqué à post-égal.
00:45Ça c'est une data que vous avez prise sur tous les clients que vous accompagnez
00:48parce que Lucas accompagne des clients dans la transfo RH.
00:51Effectivement, d'abord merci de me recevoir.
00:53Lucas, nous on est éditeur de logiciel RH pour les PME-ETI.
00:57On a à peu près 10 000 clients et 1 million de salariés couverts.
01:02Et donc effectivement, dans le cadre de cette transposition,
01:05on s'est posé la question de où en est-on réellement au niveau de ces écarts ?
01:09Justement, Mathieu Hazard, juste pour qu'on le dise à ceux qui nous regardent,
01:13la directive impose énormément aux entreprises de prouver que leurs écarts, car il n'y en aura,
01:18sont fondés sur des critères objectifs et non discriminatoires.
01:20Ça c'est là, le cadre général qui sera transposé.
01:23Sauf que dans votre étude, on était à 7,2 à post-égal.
01:28Mais là, quand on met dans le checker les hommes et les femmes,
01:31dans l'étude Lucas, on arrive sur des chiffres dingues,
01:33on est à 15,8 d'écart entre les femmes et les hommes.
01:37Effectivement. Donc là, c'est vraiment si on mélange tout, tous les postes, tous les niveaux,
01:40toutes les localisations également.
01:42On regarde quand même à l'équivalent en plein et on tombe à 15,8.
01:45C'est assez cohérent finalement avec les chiffres de l'INSEE.
01:47Mais ce qui est vraiment intéressant et ce qu'introduit cette directive d'assez nouveau,
01:51c'est de vraiment regarder les catégories de postes comparables.
01:54La directive parle de travail de valeur égale.
01:57Et ça, c'est complètement différent de ce qu'on regardait avant, par exemple, dans l'index Pénicaud.
02:01L'index EGAPRO, on regardait plutôt des CSP, des tranches d'âge,
02:03donc des choses assez macro. Là, on regarde vraiment des choses très comparables.
02:07Et donc, nous, on s'est intéressés à regarder cet écart.
02:10Et là, on tombe sur un chiffre de 7,2%.
02:13C'est-à-dire que si on enlève ce côté de différence de niveau, de différence de métier...
02:18Ce ne sont pas les chiffres qui sont annoncés officiellement par toutes les institutions qui sont venus sur ce plateau.
02:21On était à 2,4, 3 points.
02:23À poste égal, on nous dit l'écart se réduit.
02:25Vous êtes toujours à 7,2. Comment vous l'expliquez ?
02:28Ce qui est intéressant, c'est qu'avec nos données auxquelles on a accès,
02:31on a pu comparer ce qui était prévu sur les contrats,
02:35vraiment ce que chacun signe au moment d'être recruté, etc.,
02:39de ce qui est réellement versé en paix.
02:40Et sur les contrats, effectivement, on est plutôt autour de 3,3,5.
02:44Alors que quand on prend en compte, par exemple, tous les variables,
02:46toutes les primes, etc., de ce qui est vraiment envoyé en paix...
02:49Ça a fait exploser.
02:49Ça a fait exploser.
02:50Excusez-moi, mais allons au bout, Mathieu.
02:52Vous nous dites, en fait, que les hommes sont favorisés en termes de variables.
02:55J'en suis vos chiffres.
02:56Effectivement. Alors, ce n'est pas forcément injustifié.
02:59Par contre, c'est là que la directive portera son regard,
03:03parce que la directive prévoit vraiment prendre en compte l'ensemble des rémunérations.
03:06Et c'est là où les entreprises devront être à même de justifier de manière objective,
03:10en s'appuyant sur les compétences, la performance, l'effort, etc.,
03:14ces écarts.
03:15Et notamment, ces écarts, s'ils sont supérieurs à 5%.
03:18Je précisez bien, effectivement,
03:20et qu'on puisse prouver que ce n'est pas discriminatoire.
03:22Exactement.
03:22Il y a des écarts, effectivement, justifiés.
03:25Un mot, quand même, parce que la transparence salariale,
03:28quand on en parle au DRH en off, ou qu'on déjeune avec elle, ou avec eux,
03:32ils font tout de suite un peu grismine.
03:34Ils sont prêts ou pas, là, à répondre à cette transposition ?
03:37Parce qu'on a le sentiment, en ce moment, qu'ils sont en salle de machine,
03:39et que ça mouline fort.
03:41Eh bien, ils ne sont pas vraiment prêts.
03:43Notre étude a montré aussi que, par exemple,
03:45un tiers des entreprises n'a même pas de référents désignés en interne
03:48pour mener le sujet.
03:50Beaucoup pensent que, ah, ça va, ça va être dans un an, etc.
03:52La réalité, c'est qu'a priori, dès janvier, dès l'été 2027,
03:56il faudra être à même de fournir ces éléments sur les données de 2026,
04:00donc celles de cette année.
04:03Et beaucoup d'entreprises, effectivement, c'est un gros effort,
04:05parce que ça implique déjà de classifier ses collaborateurs
04:09pour les comparer entre eux,
04:10et derrière, de tracer les décisions, etc.,
04:13notamment d'évaluation, etc., pour justifier.
04:15Mais ce qui est intéressant, quand même,
04:17c'est là où ça fait un travail en amont très lourd pour les DRH.
04:20On découvre que 34%, ça, c'est l'étude du cas,
04:22n'ont pas accès à leurs propres données.
04:24Exactement.
04:25Ça, c'est-à-dire un tiers des salariés n'ont même pas accès,
04:27alors que les données sont là,
04:29à leurs propres fiches de rémunération.
04:31Donc, on essaie vraiment de cacher un peu les éléments.
04:34Très souvent, c'est parce qu'on ne veut pas montrer
04:37que l'évolution est très faible d'année en année, etc.
04:40Mais ça montre qu'on part quand même d'assez loin
04:42pour beaucoup d'entreprises.
04:42C'est-à-dire que 34%, pour qu'on soit précis,
04:44c'est des salariés qui n'ont même pas accès à leur bulletin de paix ?
04:46Alors, ils ont accès à leur bulletin de paix, ça, c'est légal.
04:48La base.
04:49Ces entreprises, elles sont équipées de l'UCA,
04:51donc elles ont toutes leurs données de rémunération, etc.
04:53Elles peuvent donner, par exemple, accès aux managers,
04:55à la rémunération, à l'évolution,
04:57mais elles ne donnent pas accès aux salariés eux-mêmes.
04:59C'est incroyable.
05:00Donc, ça veut dire que là, c'est un travail que vous faites aussi, vous,
05:03pour doter les entreprises qui n'en ont pas de ces outils ?
05:06Effectivement, et c'est pas seulement de les doter de ces outils,
05:08mais aussi de les accompagner dans le changement,
05:10parce que souvent, c'est un gros changement culturel, en fait,
05:13où il faut aussi être à même d'expliquer sa politique salariale.
05:16Et c'est ça où tout porte les efforts,
05:19puisque rendre transparent, ça ne marche que si derrière,
05:23on est capable d'expliquer comment ça fonctionne,
05:25pourquoi la situation est comme ça.
05:26Et donc, ça, ça nécessite de former, par exemple, ses managers,
05:29de former ses collaborateurs, d'être au clair sur sa politique.
05:32On n'a plus le temps, mais il y a aussi des secteurs dans votre étude
05:34qu'on peut découvrir sur, j'imagine, le site Lucas,
05:36où, en fonction des secteurs, je pense au commerce de détail.
05:39Effectivement.
05:39Bon, là, les gens n'ont accès à rien, enfin, 50% n'ont accès à rien.
05:42Ils n'ont accès à rien, et les écarts sont les plus marqués.
05:45Et ce qui est intéressant, quand même, c'est que, ce qu'on voit,
05:47c'est que les entreprises les plus matures dans leur processus,
05:51donc, qui ont vraiment cadré les choses,
05:53qui évaluent régulièrement leur salaire, etc.,
05:55sont celles où les écarts, pour le coup, sont les plus faibles.
05:57Oui, parce qu'ils ont une analyse plus fine
05:59et plus près de leurs collaborateurs,
06:01et ce qui n'est pas le cas, évidemment, des petits commerces,
06:03puisque le commerce de détail, c'est les petits commerces,
06:05et il a déjà la tête dans le guidon de son magasin.
06:08Merci, en tout cas, de nous avoir éclairés sur ce sujet,
06:10qui vient un peu tordre le cou au sujet officiel,
06:13sur le sujet de l'égalité homme-femme,
06:15et donc des enjeux de transparence salariale.
06:17Étude, Lucas, passionnante.
06:19Vous, les DRH, qui vous êtes en train de vous pencher sur le sujet.
06:22Merci de nous avoir rendu.
06:23Merci d'avoir reçu.
06:24Spécialiste de l'offre rémunération, chez Lucas.
06:27On tourne une page, un grand entretien dans le cercle RH,
06:30avec la DRH de Generali,
06:33cette compagnie d'assurance que vous connaissez bien.
06:35Elle va nous parler de ses engagements,
06:37de sa mission, peut-être même de ses combats,
06:40et de l'accompagnement des collaborateurs,
06:42avec l'arrivée, évidemment, de l'IA.
06:44On accueille Sylvie Peretti,
06:45membre du Commerce Generali France,
06:47en charge des relations humaines et de l'organisation.
06:50C'est son titre exact.
06:51Elle arrive.
06:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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