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  • il y a 6 heures
Ce mercredi 29 avril, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur Donald Trump prêt à rester longtemps en Iran avec son blocus maritime selon le WSJ. Le retrait des Émirats Arabes Unis de l'OPEP à partir du 1er mai 2026, le début des publications des résultats des GAFAM, et le groupe Visa profitant d'une consommation résiliente. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

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Transcription
00:00L'ouverture du côté des marchés américains à Wall Street, le S&P 500 perd 0,07%.
00:05On a du plus 0,02% pour le Dow Jones et le Nasdaq, moins 0,23%.
00:10On rejoint tout de suite John Plassard, cité gestion.
00:13Bonjour John.
00:15Bonjour Antoine.
00:16Donc une ouverture, oui on va dire, plutôt négative à Wall Street.
00:21Alors selon le Wall Street Journal, Donald Trump serait prêt à rester très longtemps au Moyen-Orient.
00:28Si c'est vrai, quelles seraient les conséquences ?
00:32C'est très intéressant de cette réflexion dans le sens où c'est un de nos autres gros titres du
00:36jour et ça va avec.
00:38Bank of America prévoit, et c'est la première fois, ils le concèdent eux-mêmes, des prix du pétrole qui
00:44vont rester très hauts, très longtemps aussi.
00:47Donc ça va ensemble et ça donne un ensemble d'éléments qui a de quoi quand même un petit peu
00:52alerter le marché.
00:54Et surtout Antoine, on sait qu'évidemment, si le détroit d'Ormuz était rouvert demain, ce n'est pas le
01:01cas pour l'instant,
01:02mais s'il était rouvert demain, ça prendrait énormément de temps avant qu'on vienne à un flux qu'on
01:08avait avant le 28 février,
01:12lors de l'attaque israélo-américaine en Iran.
01:15Mais on a l'impression, c'est ce que dit Donald Trump, c'est ce que dit l'administration américaine
01:20apparemment,
01:21mais on a l'impression que la nouvelle stratégie, alors il y en a souvent,
01:25mais la nouvelle stratégie c'est plutôt de privilégier une pression économique prolongée plutôt qu'une escalade militaire,
01:34c'est-à-dire essayer d'asphyxier l'Iran qui est en train de, on en avait parlé en début
01:42de semaine,
01:42de remplir ses cuves et qui ne pourra bientôt plus remplir ses cuves de pétrole parce qu'il ne peut
01:47pas exporter
01:48et avoir un déficit d'offres.
01:52Mais le problème, c'est qu'avec une hausse de l'énergie, vous avez une inflation persistante,
01:58vous avez une pression sur la croissance mondiale,
02:00et puis vous avez déjà des rationnements qu'on voit, qu'on verra peut-être en Europe,
02:05mais qu'on voit déjà en Asie et en Afrique.
02:08Donc on est dans une question d'équilibre global, géopolitique totalement instable,
02:15dans un scénario qu'on appelle aux États-Unis, que le Wall Street Journal appelle « no war, no peace
02:21»,
02:21c'est-à-dire pas de guerre, mais pas de paix.
02:24Donc on est vraiment balle au centre et c'est le problème aujourd'hui,
02:28c'est que si on est dans une situation comme ça pendant au moins 30 jours,
02:34eh bien évidemment il y aura un impact énorme sur les banques centrales, sur l'inflation,
02:40sur la croissance économique et puis comme on l'a dit sur le rationnement.
02:44Donc c'est un jeu très dangereux du côté américain, mais aussi du côté de l'Iran.
02:48Oui, d'autant qu'on en prend acte sur les marchés.
02:51Le pétrole est reparti en fait sur ces niveaux juste après la fin des hostilités,
02:57juste après le cessez-le-feu qui avait été décrété entre l'Iran et les États-Unis.
03:03On repart à 109 dollars pour le baril de Brent de Mer du Nord
03:06et du côté des 104 désormais pour le brut léger américain,
03:10mais ça risque de continuer à grimper ces prochains jours si rien n'évolue.
03:14C'était il y a 24 heures, vous veniez à peine de terminer votre intervention dans BFM Bourse,
03:19John, qu'on apprenait que les Émirats Arabes Unis allaient quitter l'OPEP.
03:24Alors on a eu pas mal d'analyses qui nous ont donné leur avis,
03:28la situation a un petit peu décanté.
03:29Est-ce que c'est vraiment quelque chose de grave ?
03:31Est-ce que c'est quelque chose de nature un petit peu à noircir un peu plus le tableau ?
03:38Théoriquement, ça devrait détendre le prix du baril de pétrole, ce qui n'est pas du tout le cas.
03:42En tout cas, sur le court terme, l'impact, il reste limité.
03:45On rappelle quand même que les Émirats représentent plus de 10% de la production de l'OPEP,
03:52mais le problème, c'est évidemment l'affaiblissement du cartel.
03:57Parce que si on a une sortie d'un acteur majeur,
04:00ça réduit évidemment la capacité de l'OPEP et de l'OPEP Plus à contrôler l'offre.
04:05Donc on a moins de discipline et plus de volatilité.
04:08Mais volatilité à l'avenir.
04:11Et le problème, c'est que si, et lorsque ce sera le cas,
04:17les Émirats arabes unis sortent de l'OPEP,
04:19on pourrait avoir d'autres membres de l'OPEP qui sortent
04:26et qui affaiblissent bien évidemment la crédibilité de l'OPEP.
04:31Alors, une chose, c'est que ce qu'il faut se projeter,
04:34c'est ça le plus important, Antoine,
04:36c'est qu'une fois la crise passée, parce qu'elle passera à un moment,
04:42eh bien la logique de marché, c'est une guerre des prix.
04:46Pourquoi ? Parce que les Émirats arabes unis,
04:50et tous ceux qui ne sont pas dans l'OPEP,
04:51ne sont pas contenés par des quotas, avec des quotas.
04:56Donc on peut faire d'une certaine manière ce qu'ils veulent.
04:58Et donc ça, c'est un impact sur le prix du baril de pétrole.
05:03Donc il faudrait qu'on regarde ça.
05:04Et surtout, je crois, l'enseignement qu'on a,
05:07c'est vraiment cette volatilité qui, avant la guerre en Iran,
05:12était plus faible, et c'est une volatilité qui va vraiment rester,
05:16sur lequel il faudra malheureusement tabler.
05:19Alors, les prix du pétrole, et puis on y reviendra tout au long de l'émission,
05:22mais la situation commence à devenir vraiment très compliquée
05:25sur le marché obligataire, avec des taux qui grimpent
05:27un petit peu partout, on est quasiment à 4,4% à nouveau
05:32sur la dette américaine dix ans,
05:343,09 sur le dix ans allemand,
05:36et 3,75 sur le dix ans français,
05:39la cote d'alerte commence à clignoter un petit peu partout.
05:42Alors, l'actualité des marchés, c'est aussi les résultats d'entreprise.
05:45On en a énormément, beaucoup qui sont tombés à Paris
05:48entre hier soir et ce matin,
05:50avec des réactions un petit peu diverses.
05:51On détaillera ça dans quelques minutes.
05:53Et puis, après la clôture de Wall Street,
05:56ce soir, il y a quand même l'essentiel des GAFAM qui vont publier.
06:01Microsoft, Amazon, Meta, Alphabet.
06:04Qu'est-ce qu'il faut en attendre, John ?
06:07Alors, c'est assez simple, je dirais.
06:10Alors, on n'a pas, évidemment, on n'a pas la boule de cristal,
06:12mais il ne faut pas regarder les bénéfices par action,
06:14il faut regarder les CAPEX,
06:15c'est-à-dire les dépenses dans l'intelligence artificielle.
06:19Vous avez ces groupes qu'on appelle les hyperscalers
06:22qui devraient investir théoriquement plus de 600 milliards de dollars en 2026
06:26dans l'intelligence artificielle.
06:28Et puis, évidemment, vous avez le marché qui ne regarde qu'une chose.
06:31Est-ce que ces dépenses pourront continuer d'accélérer
06:35ou est-ce qu'il va y avoir un ralentissement,
06:38ce qu'on appelle un signal de rupture ?
06:40Et en fait, le chiffre à regarder,
06:42et on peut en parler demain ensemble, Antoine,
06:45c'est si vous avez un CAPEX annoncé
06:48de la part de ces quatre entreprises
06:50qui dépassent 25 % du chiffre d'affaires,
06:53eh bien, c'est interprété par les investisseurs
06:58comme une forte conviction.
07:00Si vous avez un CAPEX qui représente
07:04moins de 18 % du chiffre d'affaires,
07:07eh bien, ce sera interprété comme un signal de prudence.
07:11Autrement dit, ce soir, le CAPEX va valoir
07:15beaucoup plus que les résultats.
07:17Alors, évidemment, tout le monde va en parler.
07:20On va regarder le cloud qui reste le moteur,
07:22mais avec des seuils critiques.
07:24On a AWS, on a Azure,
07:27on a Google Cloud qui sont attendus en forte croissance,
07:31mais on va voir ce qui va arriver.
07:34Et vous savez, Antoine, on l'a vu ces derniers trimestres,
07:38ce n'est pas parce que vous avez des résultats
07:40ou même des projections qui sont bonnes,
07:42c'est ce qui va se passer à 6 mois et à 12 mois.
07:45Donc, le message de l'entreprise sera beaucoup plus important
07:48que les résultats en eux-mêmes.
07:50C'est pour ça qu'on parlait des CAPEX.
07:52Qu'est-ce qu'on va nous avancer pour le futur ?
07:56Évidemment, on est obligé de parler du verre à moitié vide.
08:01Le risque majeur, c'est une remise en question
08:04de toute la thématique d'intelligence artificielle.
08:06On a vu hier que les semi-conducteurs ont souffert
08:09parce qu'il y avait un article dans un journal américain
08:11qui disait qu'OpenAI n'avait pas réussi
08:15à atteindre ses propres objectifs.
08:17Donc, toute la récente eau, si je peux dire,
08:21repose sur une hypothèse assez simple.
08:24Est-ce que l'intelligence artificielle justifie les valorisations ?
08:28Et potentiellement, ce soir, on aura une réponse à ces questions.
08:33Et donc, ne pas regarder les résultats, mais plutôt, évidemment,
08:36les projections et surtout l'investissement dans l'intelligence artificielle.
08:40Et pendant que vous parliez, le Dow Jones
08:42est passé sous les 49 000 points, 48 994.
08:46On est en baisse de 0,3%.
08:48Pour ça, on se souvient des photos de Peter Tushman,
08:51le spécialiste de Wall Street, avec ses lunettes 50 000.
08:55Il les avait mises début février pour fêter le passage du cap symbolique.
09:00On a fait du chemin à la baisse depuis.
09:02Le Dow Jones, donc, en baisse de 0,3% et donc sous les 49 000 points.
09:06John, c'est vrai qu'à travers les résultats d'entreprises qui paraissent en ce moment,
09:10on prend aussi un petit peu le pouls du consommateur américain.
09:13On avait eu des indications vraiment très intéressantes hier du côté de Coca-Cola,
09:18du côté de General Motors hier aussi.
09:21Les Américains, malgré un galon au-delà des 4 dollars pour l'essence,
09:25arrivent encore à trouver le moyen de commander des SUV, des gros véhicules.
09:29Donc, on voit que la consommation tient bien le coup à ce niveau-là.
09:32Et puis, on a les résultats de Visa.
09:35Qu'est-ce qu'on peut en déduire comme indication là aussi, John ?
09:40Je dirais qu'ils sont assez positifs.
09:42Et puis, on a quand même un signal clair de la résilience de la consommation.
09:47Alors, évidemment, vous allez me dire, quand on parle de Visa, on parle de crédit.
09:51Mais quel que soit le crédit des Américains,
09:55on sait qu'ils ont toujours vécu à crédit avec pas énormément d'épargne.
10:00Lorsqu'on regarde Visa, ça dépasse les attentes au niveau des bénéfices par action,
10:05au niveau des bénéfices nets aussi.
10:08Et puis, on a une dynamique de dépense qui est toujours aussi robuste.
10:12Le volume de paiement progresse de près de 9 %.
10:17Donc, on voit que la consommation, elle tient, soutenue par les remboursements fiscaux,
10:22dont on a parlé depuis pas de deux semaines, et puis même des hausses des prix de l'essence.
10:27Pourquoi ? Parce qu'évidemment, pour remplir sa voiture, son réservoir d'essence, il faut payer plus.
10:34Et donc, ces dépenses se reflètent dans les résultats de Visa.
10:41Évidemment, on va dire que c'est un indicateur avancé du cycle économique.
10:46Pour l'instant, on a, au regard des ventes au détail, au regard des résultats de Coca,
10:52au regard des résultats de Visa, pour l'instant, on n'a pas vraiment de signe de rupture nette,
10:58mais plutôt d'un ralentissement très progressif.
11:01Vous savez ce qu'on appelle, Antoine, un « soft landing ».
11:04Alors là, parce qu'il faut toujours regarder un petit peu où le bas blesse,
11:09c'est un peu à l'international, parce qu'on a des volumes transfrontaliers qui augmentent de 12 %,
11:16mais qui sont en léger ralentissement, ce qu'on était à 13 % avant.
11:20Donc, on voit que les tensions au Moyen-Orient ont des impacts un peu plus forts,
11:25ce qui est assez normal, sur l'Europe et sur l'Asie,
11:28puisqu'on sait qu'ils sont beaucoup plus dépendants,
11:31notamment de la crise énergétique dans laquelle on est.
11:34Mais pour l'instant, la consommation, elle tient,
11:37mais elle devient un petit peu plus dépendante, je dirais,
11:40de facteurs ponctuels et évidemment géopolitiques.
11:43John Plassard, Cité Gestion, merci infiniment.
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