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  • il y a 17 heures
Ce vendredi 27 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur le report de l'ultimatum sur Ormuz de Donald Trump, les taux sous tensions malgré le report de l'ultimatum de Donald Trump, les trois membres de la Fed sous pressions, et la grande volatilité des cours du pétrole en Asie. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

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Transcription
00:00Du côté de Wall Street, le marché est en baisse et on va commenter l'actualité avec John Plassard de
00:06Cité Gestion.
00:07Bonjour John.
00:08Bonjour Antoine.
00:09Alors, nouveau Taco Day.
00:11Je vous trouve bien péremptoire John.
00:14Trump always chickens out.
00:16Donc on espère aujourd'hui que Donald Trump a un peu mis de côté ses menaces armées vis-à-vis
00:23de l'Iran pour commencer à vraiment négocier.
00:26Malgré tout, on le voit, le marché en a un petit peu marre de ses revirements et il commence à
00:31perdre pied.
00:33Jusqu'à quand les marchés vont-ils devoir suivre Trump à la trace ?
00:39Écoutez Antoine, on a l'impression qu'il y a peut-être un avant et un après report qu'on
00:48a eu hier soir.
00:48Parce qu'au moment même où Donald Trump, alors que la séance était encore ouverte pour le pétrole,
00:56annonce qu'il va repousser ses attaques potentielles de 10 jours,
01:01vous avez le prix du baril qui passe en territoire négatif pendant quelques millisecondes et qui revient au même niveau.
01:07Donc on a vraiment l'impression ici que le marché, les investisseurs, et vous l'avez dit très justement,
01:14les obligations, ne croient plus du tout au président.
01:19Nous ne sommes plus dupes.
01:21Et en plus, on entend qu'apparemment, et vous savez qu'on a plein d'informations,
01:26donc il faut faire très attention, mais apparemment l'Iran n'aurait jamais demandé aux États-Unis
01:31de ne plus frapper ses installations électriques.
01:35Donc on est dans le flou total et on a l'impression, alors qu'il y a une semaine de
01:41cela,
01:41le président Trump avait repoussé de cinq jours, le marché avait bien réagi,
01:46eh bien on a l'impression qu'il a perdu sa crédibilité face à une situation qui devient de plus
01:53en plus inquiétante,
01:55notamment sur le prix du baril et bien évidemment sur les conséquences économiques,
02:01c'est-à-dire hausse de l'inflation et potentiellement baisse de la croissance.
02:05Alors du côté des analystes et des grandes banques, on modélise un petit peu l'état d'esprit de Donald
02:11Trump
02:11en constatant quand même que les mesures qu'il prend, alors c'était le cas aussi pendant les décisions concernant
02:17les droits de douane,
02:18il y a plusieurs niveaux stratégiques sur les taux d'intérêt, notamment sur le taux disons américain,
02:24qui font que généralement Trump modère le ton et donc ça permet au marché de se détendre un petit peu.
02:31Est-ce que ça va être le juge de paix éternel ? Parce qu'on voit qu'il y a
02:35aussi les prix du brut,
02:36on voit qu'il y a aussi les prix du galon de diesel, notamment du côté de la Californie qui
02:41atteint des plus hauts historiques.
02:42Il y a plusieurs choses à prendre en compte, mais est-ce que finalement ce disons américain,
02:46ça ne va pas rester le juge de paix encore pendant un moment aussi ?
02:50Oui, pourquoi ? Parce qu'on a l'impression que ce rendement du disons américain, notamment,
02:57impacte directement le consommateur américain.
02:59Alors, on se souvient que fin 2024, début 2025, on a le rendement américain qui est monté à 4,50,
03:07qui a approché les 5%, à l'époque c'était l'effet du déficit, alors ils ont toujours un déficit,
03:14il y avait de l'inflation, il y avait des émissions massives de dettes,
03:17et vous aviez beaucoup de dirigeants d'entreprises, de banques comme Jimmy Diamond de JP Morgan,
03:24qui avait appelé directement le président américain en lui disant,
03:28fais attention, le coût du capital devient problématique pour l'immobilier,
03:34on en a parlé, puisqu'on a vu que les taux hypothécaires, dernièrement aux États-Unis,
03:38explosent à la hausse, le financement des entreprises, ce qui est le cœur de la croissance américaine,
03:44et puis, bien évidemment, la dette publique américaine elle-même.
03:48Alors, ici, on est dans une situation assez simple, qui dit que les taux élevés égale ralentissement économique plus marché
03:58fragilisé,
03:59mais le problème aujourd'hui, c'est que le président américain n'y peut rien, on vient d'en parler,
04:06il n'y peut rien sur l'évolution du prix du baril, parce qu'il dépend notamment du détroit d
04:13'Hormuz,
04:13et donc ici, il va être très très compliqué pour le président américain de faire baisser ses taux longs,
04:20parce qu'on a vu hier soir que des promesses ne suffisent plus, il faut du concret.
04:25Bon, et puis on voit que la situation devient de plus en plus ingérable pour les banquiers centraux,
04:29il y a quand même des propos, et on y reviendra d'ailleurs dans l'émission très très dure,
04:34de la part de Christine Lagarde sur l'ampleur du choc énergétique qui nous attend,
04:39c'est le cas aussi du côté de la Fed, où la maîtrise des prix, le pilotage de la politique
04:44monétaire américaine
04:45devient de plus en plus compliqué, la Fed qui est de plus en plus sous pression,
04:49et certains gouverneurs commencent à allumer des feux oranges.
04:55Oui, tire sur la sonnette d'alarme, on en a eu trois, trois d'un coup,
04:59Lisa Cook, Michael Barr et Philippe Jefferson,
05:02qui ont alerté sur le changement rapide du paysage macroéconomique,
05:07lié bien évidemment à la guerre en Iran.
05:09Alors le risque principal, alors j'enfonce une porte ouverte Antoine,
05:14mais le risque principal c'est de basculer vers l'inflation.
05:18Selon Lisa Cook, la hausse du pétrole a clairement déplacé l'équilibre des risques.
05:23Donc on n'en est plus à ce discours sur l'inflation transitoire,
05:28on est sur un discours de diversification dans l'équilibre des risques.
05:35Et donc on est dans une situation où ce qui tient toujours selon ces trois membres de la Fed,
05:42c'est l'emploi américain, mais cette stabilité d'une certaine manière devient de plus en plus fragile.
05:49Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
05:50Ça veut dire qu'aujourd'hui, les membres de la Fed privilégient un statu quo
05:54pour voir ce qui va se passer très concrètement dans la région, au Moyen-Orient,
05:58et puis sur l'inflation, mais le vrai risque, c'est l'ancrage de l'inflation.
06:05Et on sait que si on a un ancrage de l'inflation et potentiellement une baisse de la croissance,
06:11ce fameux mot qu'on n'ose pas dire, on l'avait dit cette semaine,
06:15on n'ose pas le dire trois fois de suite,
06:17la stagflation revient dans la bouche des membres de la Fed.
06:23Et ça, c'est très dangereux pour l'avenir de la croissance économique mondiale
06:28et bien évidemment américaine aussi.
06:30Bon, au milieu de tout ça, on a les prix du pétrole.
06:32Alors on l'a dit, ça continue à se tendre
06:35et on est du côté des 103,74 dollars pour le baril de Brent de Mer du Nord.
06:40Mais il y a différents marchés pétroliers, différentes qualités de brut
06:42et différentes places d'échange.
06:44On a vu que le prix du pétrole Dubaï-Oman, acheté par les pays d'Asie,
06:50a explosé à 170 dollars le baril hier soir, avant de fortement baisser.
06:55Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu une sorte de flash crash à l'envers
06:58?
06:59Oui, d'une certaine manière.
07:00Bon, il faut rappeler que c'est un niveau inédit.
07:02Et puis comme vous l'avez très justement dit,
07:04les niveaux du prix du baril sont différents selon la région.
07:08Mais c'est surtout sur le marché physique et pas sur les futurs.
07:12C'est ça qui est très important.
07:13Et apparemment, on a un acteur unique, un acteur mystérieux, entre guillemets,
07:19qui a amplifié cette hausse via des achats massifs.
07:24Et lorsqu'il a été identifié par les acteurs de marché,
07:28on ne sait pas, nous, on ne sait pas qui c'est,
07:30mais ça peut être un pays, ça peut être une grande entreprise, etc.
07:33Eh bien, le marché a baissé.
07:35Mais qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
07:37Ça veut dire qu'on est dans une situation
07:40où on a une dislocation du marché mondial du pétrole.
07:46On l'a dit, en Asie, ils peuvent payer jusqu'à 166 dollars, 170 dollars.
07:52Le Brent est à 110 dollars,
07:53alors que le WTI est en dessous de 100 dollars.
07:58Donc on est dans une situation
07:59où le marché ne fonctionne plus
08:02comme un système global homogène.
08:05Donc on est dans une situation
08:07où on ne presse plus,
08:09on n'anticipe plus seulement un choc énergétique,
08:12mais aussi une désorganisation profonde
08:15du système énergétique mondial.
08:18Bon, vous voyez, Antoine, jusqu'à où on va ?
08:21On a parlé d'inflation, on a parlé de problèmes monétaires,
08:24mais on parle aussi d'une désorganisation profonde
08:27du système énergétique mondial.
08:29On va jusqu'à là.
08:31Oui, effectivement, il y a des questions à se poser.
08:33Et puis, on passe du pétrole à notre carburant du futur,
08:36l'intelligence artificielle.
08:38Et au milieu de tout ça, il y a un actif maître,
08:41c'est la dérame, la mémoire vive.
08:43Et pour ça, on a besoin de puces mémoire.
08:46C'est un secteur qui a explosé depuis le début de l'année
08:50et qui a fait d'ailleurs le succès de la Bourse de Séoul,
08:54où les deux plus grands acteurs sont cotés.
08:56Mais hier soir, à court terme, il y a eu énormément de pression boursière
09:01et ces titres étaient en forte baisse et toute la matinée en Asie ce matin.
09:04Qu'est-ce qui s'est passé, John ?
09:06On a eu un choc, effectivement, qui a été déclenché par Google
09:10parce que Google a présenté une nouvelle technologie
09:13qui permet de compresser fortement les données d'intelligence artificielle,
09:19donc concrètement d'utiliser moins de mémoire.
09:22Et on a besoin, on a toujours parlé de ces puces mémoires, etc.
09:28Et les modèles d'intelligence artificielle,
09:30avec ce nouveau système de compression de Google,
09:34fonctionnent avec moins de 10 rames et de stockage,
09:37ce qui inquiète énormément les investisseurs.
09:41On a vu plusieurs entreprises américaines, aujourd'hui toujours,
09:44et ce matin en Asie, qui étaient sous pression.
09:48Mais il faut faire très attention ici.
09:51Vous savez qu'on réagit souvent à chaud,
09:52notamment lorsqu'on parle d'intelligence artificielle.
09:56Ces innovations, elles ne détruisent pas la demande.
09:59Elles rendent l'intelligence artificielle moins chère et plus accessible.
10:04Donc on en rend encore plus de demandes.
10:07Et donc, effectivement, on réagit à chaud
10:10avec ce qui est en train de se passer
10:12sur les fournisseurs de puces de mémoire.
10:16Mais à terme, c'est quelque chose de très positif
10:20et en tout cas pas négatif pour l'intelligence artificielle.
10:23Et ça, on en reparlera largement dans TechStocks.
10:26Tout à l'heure, à 16h30,
10:27on sera avec Nicolas Emine de Tiepolo et Rolando Candy.
10:30Ditavera AM, on va détailler cette actualité.
10:34C'est peut-être un nouveau moment deep-sique.
10:36Mais effectivement, une nouvelle disruption
10:38dans le domaine du hardware autour de l'IA.
10:41Merci infiniment, John Plassard.
10:42Cité Gestion, on vous retrouve évidemment toute la semaine prochaine
10:45pour parler de l'actualité des marchés américains.
10:48Un rappel des indices américains.
10:49Moins 1,4 pour le Nasdaq.
10:5121 106 points.
10:52Le Nasdaq désormais en territoire de correction.
10:55Il perd plus de 10%.
10:57Depuis ce dernier plus haut,
10:58le Dow Jones, moins 0,9, moins 0,97 pour le S&P 500.
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