00:00Du côté de Wall Street, le marché est en baisse et on va commenter l'actualité avec John Plassard de
00:06Cité Gestion.
00:07Bonjour John.
00:08Bonjour Antoine.
00:09Alors, nouveau Taco Day.
00:11Je vous trouve bien péremptoire John.
00:14Trump always chickens out.
00:16Donc on espère aujourd'hui que Donald Trump a un peu mis de côté ses menaces armées vis-à-vis
00:23de l'Iran pour commencer à vraiment négocier.
00:26Malgré tout, on le voit, le marché en a un petit peu marre de ses revirements et il commence à
00:31perdre pied.
00:33Jusqu'à quand les marchés vont-ils devoir suivre Trump à la trace ?
00:39Écoutez Antoine, on a l'impression qu'il y a peut-être un avant et un après report qu'on
00:48a eu hier soir.
00:48Parce qu'au moment même où Donald Trump, alors que la séance était encore ouverte pour le pétrole,
00:56annonce qu'il va repousser ses attaques potentielles de 10 jours,
01:01vous avez le prix du baril qui passe en territoire négatif pendant quelques millisecondes et qui revient au même niveau.
01:07Donc on a vraiment l'impression ici que le marché, les investisseurs, et vous l'avez dit très justement,
01:14les obligations, ne croient plus du tout au président.
01:19Nous ne sommes plus dupes.
01:21Et en plus, on entend qu'apparemment, et vous savez qu'on a plein d'informations,
01:26donc il faut faire très attention, mais apparemment l'Iran n'aurait jamais demandé aux États-Unis
01:31de ne plus frapper ses installations électriques.
01:35Donc on est dans le flou total et on a l'impression, alors qu'il y a une semaine de
01:41cela,
01:41le président Trump avait repoussé de cinq jours, le marché avait bien réagi,
01:46eh bien on a l'impression qu'il a perdu sa crédibilité face à une situation qui devient de plus
01:53en plus inquiétante,
01:55notamment sur le prix du baril et bien évidemment sur les conséquences économiques,
02:01c'est-à-dire hausse de l'inflation et potentiellement baisse de la croissance.
02:05Alors du côté des analystes et des grandes banques, on modélise un petit peu l'état d'esprit de Donald
02:11Trump
02:11en constatant quand même que les mesures qu'il prend, alors c'était le cas aussi pendant les décisions concernant
02:17les droits de douane,
02:18il y a plusieurs niveaux stratégiques sur les taux d'intérêt, notamment sur le taux disons américain,
02:24qui font que généralement Trump modère le ton et donc ça permet au marché de se détendre un petit peu.
02:31Est-ce que ça va être le juge de paix éternel ? Parce qu'on voit qu'il y a
02:35aussi les prix du brut,
02:36on voit qu'il y a aussi les prix du galon de diesel, notamment du côté de la Californie qui
02:41atteint des plus hauts historiques.
02:42Il y a plusieurs choses à prendre en compte, mais est-ce que finalement ce disons américain,
02:46ça ne va pas rester le juge de paix encore pendant un moment aussi ?
02:50Oui, pourquoi ? Parce qu'on a l'impression que ce rendement du disons américain, notamment,
02:57impacte directement le consommateur américain.
02:59Alors, on se souvient que fin 2024, début 2025, on a le rendement américain qui est monté à 4,50,
03:07qui a approché les 5%, à l'époque c'était l'effet du déficit, alors ils ont toujours un déficit,
03:14il y avait de l'inflation, il y avait des émissions massives de dettes,
03:17et vous aviez beaucoup de dirigeants d'entreprises, de banques comme Jimmy Diamond de JP Morgan,
03:24qui avait appelé directement le président américain en lui disant,
03:28fais attention, le coût du capital devient problématique pour l'immobilier,
03:34on en a parlé, puisqu'on a vu que les taux hypothécaires, dernièrement aux États-Unis,
03:38explosent à la hausse, le financement des entreprises, ce qui est le cœur de la croissance américaine,
03:44et puis, bien évidemment, la dette publique américaine elle-même.
03:48Alors, ici, on est dans une situation assez simple, qui dit que les taux élevés égale ralentissement économique plus marché
03:58fragilisé,
03:59mais le problème aujourd'hui, c'est que le président américain n'y peut rien, on vient d'en parler,
04:06il n'y peut rien sur l'évolution du prix du baril, parce qu'il dépend notamment du détroit d
04:13'Hormuz,
04:13et donc ici, il va être très très compliqué pour le président américain de faire baisser ses taux longs,
04:20parce qu'on a vu hier soir que des promesses ne suffisent plus, il faut du concret.
04:25Bon, et puis on voit que la situation devient de plus en plus ingérable pour les banquiers centraux,
04:29il y a quand même des propos, et on y reviendra d'ailleurs dans l'émission très très dure,
04:34de la part de Christine Lagarde sur l'ampleur du choc énergétique qui nous attend,
04:39c'est le cas aussi du côté de la Fed, où la maîtrise des prix, le pilotage de la politique
04:44monétaire américaine
04:45devient de plus en plus compliqué, la Fed qui est de plus en plus sous pression,
04:49et certains gouverneurs commencent à allumer des feux oranges.
04:55Oui, tire sur la sonnette d'alarme, on en a eu trois, trois d'un coup,
04:59Lisa Cook, Michael Barr et Philippe Jefferson,
05:02qui ont alerté sur le changement rapide du paysage macroéconomique,
05:07lié bien évidemment à la guerre en Iran.
05:09Alors le risque principal, alors j'enfonce une porte ouverte Antoine,
05:14mais le risque principal c'est de basculer vers l'inflation.
05:18Selon Lisa Cook, la hausse du pétrole a clairement déplacé l'équilibre des risques.
05:23Donc on n'en est plus à ce discours sur l'inflation transitoire,
05:28on est sur un discours de diversification dans l'équilibre des risques.
05:35Et donc on est dans une situation où ce qui tient toujours selon ces trois membres de la Fed,
05:42c'est l'emploi américain, mais cette stabilité d'une certaine manière devient de plus en plus fragile.
05:49Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
05:50Ça veut dire qu'aujourd'hui, les membres de la Fed privilégient un statu quo
05:54pour voir ce qui va se passer très concrètement dans la région, au Moyen-Orient,
05:58et puis sur l'inflation, mais le vrai risque, c'est l'ancrage de l'inflation.
06:05Et on sait que si on a un ancrage de l'inflation et potentiellement une baisse de la croissance,
06:11ce fameux mot qu'on n'ose pas dire, on l'avait dit cette semaine,
06:15on n'ose pas le dire trois fois de suite,
06:17la stagflation revient dans la bouche des membres de la Fed.
06:23Et ça, c'est très dangereux pour l'avenir de la croissance économique mondiale
06:28et bien évidemment américaine aussi.
06:30Bon, au milieu de tout ça, on a les prix du pétrole.
06:32Alors on l'a dit, ça continue à se tendre
06:35et on est du côté des 103,74 dollars pour le baril de Brent de Mer du Nord.
06:40Mais il y a différents marchés pétroliers, différentes qualités de brut
06:42et différentes places d'échange.
06:44On a vu que le prix du pétrole Dubaï-Oman, acheté par les pays d'Asie,
06:50a explosé à 170 dollars le baril hier soir, avant de fortement baisser.
06:55Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu une sorte de flash crash à l'envers
06:58?
06:59Oui, d'une certaine manière.
07:00Bon, il faut rappeler que c'est un niveau inédit.
07:02Et puis comme vous l'avez très justement dit,
07:04les niveaux du prix du baril sont différents selon la région.
07:08Mais c'est surtout sur le marché physique et pas sur les futurs.
07:12C'est ça qui est très important.
07:13Et apparemment, on a un acteur unique, un acteur mystérieux, entre guillemets,
07:19qui a amplifié cette hausse via des achats massifs.
07:24Et lorsqu'il a été identifié par les acteurs de marché,
07:28on ne sait pas, nous, on ne sait pas qui c'est,
07:30mais ça peut être un pays, ça peut être une grande entreprise, etc.
07:33Eh bien, le marché a baissé.
07:35Mais qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
07:37Ça veut dire qu'on est dans une situation
07:40où on a une dislocation du marché mondial du pétrole.
07:46On l'a dit, en Asie, ils peuvent payer jusqu'à 166 dollars, 170 dollars.
07:52Le Brent est à 110 dollars,
07:53alors que le WTI est en dessous de 100 dollars.
07:58Donc on est dans une situation
07:59où le marché ne fonctionne plus
08:02comme un système global homogène.
08:05Donc on est dans une situation
08:07où on ne presse plus,
08:09on n'anticipe plus seulement un choc énergétique,
08:12mais aussi une désorganisation profonde
08:15du système énergétique mondial.
08:18Bon, vous voyez, Antoine, jusqu'à où on va ?
08:21On a parlé d'inflation, on a parlé de problèmes monétaires,
08:24mais on parle aussi d'une désorganisation profonde
08:27du système énergétique mondial.
08:29On va jusqu'à là.
08:31Oui, effectivement, il y a des questions à se poser.
08:33Et puis, on passe du pétrole à notre carburant du futur,
08:36l'intelligence artificielle.
08:38Et au milieu de tout ça, il y a un actif maître,
08:41c'est la dérame, la mémoire vive.
08:43Et pour ça, on a besoin de puces mémoire.
08:46C'est un secteur qui a explosé depuis le début de l'année
08:50et qui a fait d'ailleurs le succès de la Bourse de Séoul,
08:54où les deux plus grands acteurs sont cotés.
08:56Mais hier soir, à court terme, il y a eu énormément de pression boursière
09:01et ces titres étaient en forte baisse et toute la matinée en Asie ce matin.
09:04Qu'est-ce qui s'est passé, John ?
09:06On a eu un choc, effectivement, qui a été déclenché par Google
09:10parce que Google a présenté une nouvelle technologie
09:13qui permet de compresser fortement les données d'intelligence artificielle,
09:19donc concrètement d'utiliser moins de mémoire.
09:22Et on a besoin, on a toujours parlé de ces puces mémoires, etc.
09:28Et les modèles d'intelligence artificielle,
09:30avec ce nouveau système de compression de Google,
09:34fonctionnent avec moins de 10 rames et de stockage,
09:37ce qui inquiète énormément les investisseurs.
09:41On a vu plusieurs entreprises américaines, aujourd'hui toujours,
09:44et ce matin en Asie, qui étaient sous pression.
09:48Mais il faut faire très attention ici.
09:51Vous savez qu'on réagit souvent à chaud,
09:52notamment lorsqu'on parle d'intelligence artificielle.
09:56Ces innovations, elles ne détruisent pas la demande.
09:59Elles rendent l'intelligence artificielle moins chère et plus accessible.
10:04Donc on en rend encore plus de demandes.
10:07Et donc, effectivement, on réagit à chaud
10:10avec ce qui est en train de se passer
10:12sur les fournisseurs de puces de mémoire.
10:16Mais à terme, c'est quelque chose de très positif
10:20et en tout cas pas négatif pour l'intelligence artificielle.
10:23Et ça, on en reparlera largement dans TechStocks.
10:26Tout à l'heure, à 16h30,
10:27on sera avec Nicolas Emine de Tiepolo et Rolando Candy.
10:30Ditavera AM, on va détailler cette actualité.
10:34C'est peut-être un nouveau moment deep-sique.
10:36Mais effectivement, une nouvelle disruption
10:38dans le domaine du hardware autour de l'IA.
10:41Merci infiniment, John Plassard.
10:42Cité Gestion, on vous retrouve évidemment toute la semaine prochaine
10:45pour parler de l'actualité des marchés américains.
10:48Un rappel des indices américains.
10:49Moins 1,4 pour le Nasdaq.
10:5121 106 points.
10:52Le Nasdaq désormais en territoire de correction.
10:55Il perd plus de 10%.
10:57Depuis ce dernier plus haut,
10:58le Dow Jones, moins 0,9, moins 0,97 pour le S&P 500.
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