Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Ce mardi 31 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur l'éventualité d'un désengagement de Trump de la guerre en Iran d'après le WSJ, la forte volatilité des cours du pétrole avec un baril pouvant atteindre les 200 dollars, le scandale au Pentagone avec le délit d'initié dont des soupçons sur Pete Hegseth, la mise à l'arrêt de l'usine de véhicules électriques à Détroit de General Motors, ainsi que la fusion de l'unité alimentaire d'Unilever avec McCormick. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Wall Street qui ouvre à l'instant et qui ouvre également dans le vert avec un Dow Jones qui prend
00:051,18%,
00:0645 744 points, plus un 17 pour le S&P 500 qui est à 6415 points, plus un 30 pour
00:14le Nasdaq, 21 064.
00:17Et cette ouverture à Wall Street, on va la commenter avec John Plassard de Cité Gestion. Bonjour John.
00:22Bonjour Antoine.
00:23Alors, Trump est-il en train de doucement préparer les esprits à un départ des troupes américaines et de la
00:32flotte américaine de la zone iranienne ?
00:35En tout cas, c'est ce que semblent penser les analystes du Wall Street Journal qui ont un petit peu
00:41eu des sources autour du président.
00:44Le marché n'a pas l'air de vraiment y croire.
00:46D'autant plus que Donald Trump a écrit tout à l'heure sur son réseau social Truth, avec des mots
00:51très acerbes pour tous les pays qui ne l'ont pas accompagné dans sa campagnard d'excursion,
00:57dit-il lui-même en Iran, mais qui prévient « désormais vous allez devoir vous débrouiller tout seul concernant le
01:04détroit d'Hormuz »,
01:05accréditant d'autant plus cette hypothèse que « voilà, on s'en va, rien n'est réglé, on s'en
01:10va, maintenant débrouillez-vous ».
01:12Alors, est-ce que c'est à cause de cela que le marché a l'air de ne pas y
01:15croire, que le pétrole reste tendu, 107,33 dollars ?
01:18Il n'en reste pas moins que Wall Street continue à se poser des questions.
01:22Oui, c'est absolument fou.
01:23Tout ce nombre d'informations qu'on reçoit, évidemment, il y avait cette annonce, apparemment, selon vous l'avez dit
01:29Antoine, selon Wall Street,
01:32mais effectivement, les marchés restent sceptiques.
01:34Déjà, un, le premier marqueur, je dirais, c'est l'évolution du prix du baril.
01:38L'évolution du prix du baril ne baisse pas, on est même en légère hausse, donc ça nous montre qu
01:43'on a certaines tensions.
01:45De deux, on a toujours des attaques de parts et d'autres.
01:51Ce matin, on a un tanker qui a été touché dans le port de Dubaï, et donc ça met en
01:59avant le fait qu'il y a une certaine désescalade.
02:02La deuxième chose, c'est que, bien évidemment, il y a une prise de conscience du président américain que de
02:08rester dans la région du Moyen-Orient est un choix stratégique extrêmement risqué,
02:15puisqu'on accepte une escalade potentiellement des militaires américains sur le terrain, ce que ne veut absolument pas voir les
02:25Américains.
02:26Et puis, en ligne de mire, on en parlait hier, bien évidemment, il y a les élections demi-mandat.
02:31Et on rappelle une chose, c'est que les stratèges de Donald Trump et Donald Trump lui-même avaient dit
02:38que ce serait une guerre très courte de quatre à six semaines.
02:42Et là, eh bien, on entame la cinquième semaine.
02:45Donc, effectivement, on arrive dans une situation où, pour se sortir de cette crise, de cette guerre en Iran, vous
02:56l'avez dit, Donald Trump envisage de déléguer la réouverture du détroit d'Hormuz à l'Europe et au pays
03:04du Golfe.
03:05Et donc, c'est donner la patate chaude à quelqu'un d'autre.
03:08Mais le problème, c'est bien évidemment que tant que le détroit d'Hormuz ne réouvrira pas, eh bien, les
03:16prix du baril, le prix du baril ne va pas baisser.
03:19Et en plus, évidemment, le prix de l'essence non plus et la grogne des consommateurs aux États-Unis va
03:26se faire de plus en plus grande.
03:28Bon, en tout cas, on attend une éventuelle déclaration de Donald Trump à ce sujet.
03:32De toute manière, à conférence de presse ce soir à propos des opérations.
03:36Tiens, il a peut-être bien choisi son jour, vu qu'on est mardi aux États-Unis, c'est Taco
03:40Tuesday.
03:41C'est le jour où on mange des tacos. Est-ce que c'est le jour d'un taco ?
03:44À voir et à suivre.
03:46Selon les analyses de Macari, le prix du pétrole, John, pourrait atteindre 200 dollars.
03:52Pourquoi pas 250 ?
03:54Quelles pourraient être les raisons, finalement, d'une telle escale ?
03:58Parce que là, c'est comme ce que dit Donald Trump, le plus gros effet.
04:03Est-ce que ça peut continuer à glisser et à accélérer ?
04:10Écoutez, oui. En tout cas, si on écoute les analyses de Macari Group,
04:14qui viennent de remonter leur scénario à 40 %,
04:18donc on n'est pas très loin des 50 % que le prix du baril pourrait arriver à 200 dollars,
04:25au cas, bien évidemment, d'un conflit prolongé et puis d'un détroit d'Hormuz qui reste durablement fermé.
04:33Alors, il faut rappeler une chose, c'est qu'on a jusqu'à 13 % de la production mondiale qui
04:39est potentiellement bloquée.
04:42Le marché fait face à une disruption supérieure au choc pétrolier des années 70 et aux autres guerres du Golfe,
04:51j'allais dire, ou à la guerre du Golfe, dans un monde qui consomme, rappelons-le, une nouvelle fois, 100
04:56millions de barils par jour.
04:59Et donc, pour essayer d'équilibrer le marché, eh bien, il faudrait qu'il y ait une destruction de la
05:05demande.
05:06C'est-à-dire que plus le prix du baril va monter,
05:09eh bien, plus ça va avoir un impact sur la consommation et, en définitive, sur la demande.
05:16Donc, on est dans une situation où, ce qu'on dit aux États-Unis, c'est un peu une lose
05:21-lose situation.
05:22Si le prix du baril monte, eh bien, il y a moins de demandes et on se dirige tout droit
05:28vers une réception,
05:30récession, c'est-à-dire deux trimestres au moins consécutifs de croissance négative.
05:36Donc, c'est vraiment un pari.
05:38C'est le premier analyse qui parle des 200 dollars.
05:41Normalement, c'est Goldman Sachs qui en avance et qui donne des chiffres assez éloignés de ce qu'on a
05:47aujourd'hui.
05:47Donc, on verra si, effectivement, il a tout à fait tort ou si Goldman Sachs va surenchérir en proposant,
05:56pourquoi pas, 220 ou 250 dollars le baril.
05:59Alors, on a beaucoup parlé de Donald Trump, des phénomènes de manipulation de marché
06:04qui ont pu toucher aussi bien lui que ses proches, son gendre, Jared Kushner et d'autres.
06:11Eh bien, voilà que le secrétaire américain à la Défense a, semble-t-il, tenté d'acheter pour des millions
06:18de dollars d'ETF
06:20sur le secteur de la Défense.
06:22C'est ce que révèle le Financial Times et ce serait passé, évidemment, juste avant l'intervention en Iran.
06:29Oui, exactement.
06:30Ça fait un énorme bruit aux États-Unis.
06:33Ça pourrait même, d'une certaine manière, servir Donald Trump,
06:36puisqu'on ne parle plus d'élit d'initié de Donald Trump,
06:40mais effectivement, secrétaire de la Défense, Pete Hedgeset,
06:44qui aurait, vous l'avez dit, essayé de faire un investissement,
06:48mais qui n'aurait pas été réalisé.
06:50Pourquoi ?
06:51Parce que l'opération n'aurait pas été outil pour des raisons apparemment techniques,
06:56des ETF non accessibles via sa banque, qui est Morgan Stanley,
07:00mais bien évidemment, le simple fait qu'elles étaient envisagées suffit à alimenter les soupçons.
07:08Alors, évidemment, vous imaginez, Antoine,
07:11le Pentagone rejette catégoriquement ces accusations.
07:16Ce sont des fake news fabriquées selon le Pentagone,
07:21mais évidemment, on arrive, on revient dans cette frontière entre information,
07:26anticipation, où commence l'information privilégiée ?
07:31Évidemment, c'est une nouvelle fois la confiance de l'investisseur dans le gouvernement,
07:37dans les personnes qui ont des intérêts, qui est mis à mal.
07:41Et évidemment, on sait que certains acteurs, pourraient être, sont, mieux informés que d'autres.
07:48Et donc, évidemment, c'est la crédibilité, comme on l'a dit,
07:52qui est une nouvelle fois mise à mal par ces affaires.
07:57Oui, je dirais, il y a quand même quelque chose d'assez étonnant, John.
08:01Là, je fais appel à votre pur sentiment.
08:03Enfin, on a vu, documenté, éprouvé des tas de choses qui ont touché de près Donald Trump,
08:08son entourage, etc., et qui sont avérées, là, pour le coup.
08:12Là, ça a trait à son secrétaire à la Défense.
08:14C'est une opération, bon, qui n'a pas abouti, qui touche quelqu'un d'autre.
08:19Et ça a l'air de choquer encore plus l'opinion.
08:22Là, il y a quelque chose qui paraît totalement inconséquent.
08:26Oui, parce que, vous savez, Donald Trump nous a appris,
08:31depuis qu'il est au pouvoir, et même avant,
08:33que souvent, ces délits d'initié supposés sont faits de manière pas du tout discrète.
08:42Vous vous souvenez, on en avait parlé la semaine passée ensemble,
08:45à plusieurs reprises, il a dit, achetez les marchés, vous allez voir, ça va monter.
08:50Et donc, c'est un délit d'initié, d'une certaine manière,
08:52mais tout à fait transparent.
08:54Donc, il est beaucoup plus transparent que les autres membres du gouvernement,
08:59par exemple, si cette affaire est avérée.
09:01Et donc, c'est pour ça que ça choque,
09:03parce que là, ça aurait été fait sans transparence du tout.
09:10On vit quand même dans un monde particulièrement étonnant.
09:12John, on va parler business un petit peu,
09:15parce qu'au-delà de tout ça, il y a quand même des affaires à Wall Street.
09:19La grosse en avant-marché, c'est Nvidia qui a annoncé un gros investissement
09:24dans Marvel Technologies, un des spécialistes des semi-conducteurs.
09:28Gros investissement pour sécuriser les solutions en matière de composants.
09:32Le titre Marvel Technologies qui est à 6,1%.
09:36Mais il y a du nouveau dans le secteur auto.
09:38Et on le voit, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis,
09:41on fait marche arrière, très nettement, sur l'électrique.
09:44General Motors met en veilleuse son usine de véhicules électriques de Détroit,
09:48licencie temporairement plusieurs personnes,
09:51malgré la hausse des cours du baril,
09:53qui aurait dû augmenter la demande en matière de voitures électriques.
09:57Pas du tout, c'est contre-intuitif.
09:59Et c'est l'Amérique, de toute manière,
10:01on fait marche arrière à nouveau sur le véhicule électrique.
10:04Oui, exactement.
10:05Vous l'avez dit, tout le monde parle des véhicules électriques
10:08avec la hausse du prix du baril.
10:09Mais on a aux États-Unis, très concrètement,
10:12un ralentissement brutal de la dynamique sur les véhicules électriques.
10:17La décision de General Motors,
10:20comme d'autres marques de voitures aux États-Unis,
10:23même en Europe,
10:23c'est d'aligner la production avec la demande.
10:27L'adoption des véhicules électriques aujourd'hui est beaucoup plus lente
10:32qu'anticipée par General Motors et les autres constructeurs.
10:38Et évidemment, on en avait parlé il y a quelques semaines.
10:42On avait eu des investissements absolument massifs dans les véhicules électriques
10:45et des pertes estimées à plusieurs milliards de dollars sur l'électrique.
10:52Et donc, aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
10:54Eh bien, General Motors revient.
10:56Il réoriente progressivement ses priorités vers les véhicules thermiques
11:02qui sont plus rentables, et oui, dans l'environnement actuel.
11:07Et il faut rappeler une chose,
11:08c'est que sur les véhicules électriques,
11:09notamment aux États-Unis,
11:11eh bien, les General Motors et les autres constructeurs
11:15sont confrontés à, notamment, des fins de subvention à l'achat d'électriques,
11:20une demande qui est fragile, évidemment,
11:23un ajustement global de l'industrie automobile
11:26avec l'arrivée d'acteurs comme les acteurs chinois
11:30qui, eux, cassent absolument toute la concurrence.
11:34Oui, et qui cassent les prix, effectivement,
11:37sans pour autant rogner sur la technologie
11:38parce que ce sont des voitures extrêmement technologiques
11:42et très, très au point.
11:43Enfin, un dernier truc, John, selon le Wall Street Journal,
11:47on a Unilever qui s'apprête à fusionner son entité alimentaire
11:51avec McCormick, qui est un spécialiste,
11:55alors à l'histoire, un peu tourmentée
11:56parce que c'est né aux États-Unis
11:58et puis c'est tombé dans le giron italien,
12:01d'une entreprise italienne,
12:02et finalement, tout ce beau monde va fusionner
12:04les entités alimentaires
12:05pour donner une nouvelle dynamique, visiblement.
12:09Oui, et puis il faut en parler
12:11parce que c'est une opération potentiellement valorisée
12:13à plus de 60 milliards de dollars
12:17et ça confirme le virage stratégique d'Unilever
12:21vers la beauté, le soin,
12:23au détriment notamment du segment alimentaire
12:25qui est jugé moins dynamique
12:27et avec moins de croissance.
12:30Ce qui est intéressant de noter,
12:31c'est que si l'opération est confirmée,
12:34il y aurait une séparation fiscale
12:36tout en laissant aux actionnaires d'Unilever
12:39environ 65% du nouvel ensemble.
12:43On a une consolidation du secteur alimentaire,
12:47on aurait un géant mondial
12:49qui combine des marques comme Hellman,
12:52Knorr ou Choulola
12:54et ce qui est assez intéressant de noter,
12:56c'est que c'est un pari à double tranchant,
12:59Antoine.
12:59Pourquoi ?
13:00Parce que l'histoire nous montre
13:02que les méga-fusions dans l'agroalimentaire
13:04sont extrêmement complexes à exécuter
13:07et puis on a un risque élevé
13:09de destruction de valeur
13:10si on n'a pas de croissance derrière.
13:13Et c'est ça d'important
13:14et donc à suivre de très près.
13:16C'est vrai, Kraft Heinz,
13:17on en avait parlé,
13:18mais d'autres, effectivement,
13:20risques d'exécution
13:21et puis risques d'éparpillement
13:22en différentes entités
13:23parce que la valeur est quand même
13:25compliquée à trouver dans ce secteur.
13:27Merci infiniment pour toutes ces news.
13:29John Plassard, Cité Gestion.
Commentaires

Recommandations