00:00Wall Street qui ouvre à l'instant et qui ouvre également dans le vert avec un Dow Jones qui prend
00:051,18%,
00:0645 744 points, plus un 17 pour le S&P 500 qui est à 6415 points, plus un 30 pour
00:14le Nasdaq, 21 064.
00:17Et cette ouverture à Wall Street, on va la commenter avec John Plassard de Cité Gestion. Bonjour John.
00:22Bonjour Antoine.
00:23Alors, Trump est-il en train de doucement préparer les esprits à un départ des troupes américaines et de la
00:32flotte américaine de la zone iranienne ?
00:35En tout cas, c'est ce que semblent penser les analystes du Wall Street Journal qui ont un petit peu
00:41eu des sources autour du président.
00:44Le marché n'a pas l'air de vraiment y croire.
00:46D'autant plus que Donald Trump a écrit tout à l'heure sur son réseau social Truth, avec des mots
00:51très acerbes pour tous les pays qui ne l'ont pas accompagné dans sa campagnard d'excursion,
00:57dit-il lui-même en Iran, mais qui prévient « désormais vous allez devoir vous débrouiller tout seul concernant le
01:04détroit d'Hormuz »,
01:05accréditant d'autant plus cette hypothèse que « voilà, on s'en va, rien n'est réglé, on s'en
01:10va, maintenant débrouillez-vous ».
01:12Alors, est-ce que c'est à cause de cela que le marché a l'air de ne pas y
01:15croire, que le pétrole reste tendu, 107,33 dollars ?
01:18Il n'en reste pas moins que Wall Street continue à se poser des questions.
01:22Oui, c'est absolument fou.
01:23Tout ce nombre d'informations qu'on reçoit, évidemment, il y avait cette annonce, apparemment, selon vous l'avez dit
01:29Antoine, selon Wall Street,
01:32mais effectivement, les marchés restent sceptiques.
01:34Déjà, un, le premier marqueur, je dirais, c'est l'évolution du prix du baril.
01:38L'évolution du prix du baril ne baisse pas, on est même en légère hausse, donc ça nous montre qu
01:43'on a certaines tensions.
01:45De deux, on a toujours des attaques de parts et d'autres.
01:51Ce matin, on a un tanker qui a été touché dans le port de Dubaï, et donc ça met en
01:59avant le fait qu'il y a une certaine désescalade.
02:02La deuxième chose, c'est que, bien évidemment, il y a une prise de conscience du président américain que de
02:08rester dans la région du Moyen-Orient est un choix stratégique extrêmement risqué,
02:15puisqu'on accepte une escalade potentiellement des militaires américains sur le terrain, ce que ne veut absolument pas voir les
02:25Américains.
02:26Et puis, en ligne de mire, on en parlait hier, bien évidemment, il y a les élections demi-mandat.
02:31Et on rappelle une chose, c'est que les stratèges de Donald Trump et Donald Trump lui-même avaient dit
02:38que ce serait une guerre très courte de quatre à six semaines.
02:42Et là, eh bien, on entame la cinquième semaine.
02:45Donc, effectivement, on arrive dans une situation où, pour se sortir de cette crise, de cette guerre en Iran, vous
02:56l'avez dit, Donald Trump envisage de déléguer la réouverture du détroit d'Hormuz à l'Europe et au pays
03:04du Golfe.
03:05Et donc, c'est donner la patate chaude à quelqu'un d'autre.
03:08Mais le problème, c'est bien évidemment que tant que le détroit d'Hormuz ne réouvrira pas, eh bien, les
03:16prix du baril, le prix du baril ne va pas baisser.
03:19Et en plus, évidemment, le prix de l'essence non plus et la grogne des consommateurs aux États-Unis va
03:26se faire de plus en plus grande.
03:28Bon, en tout cas, on attend une éventuelle déclaration de Donald Trump à ce sujet.
03:32De toute manière, à conférence de presse ce soir à propos des opérations.
03:36Tiens, il a peut-être bien choisi son jour, vu qu'on est mardi aux États-Unis, c'est Taco
03:40Tuesday.
03:41C'est le jour où on mange des tacos. Est-ce que c'est le jour d'un taco ?
03:44À voir et à suivre.
03:46Selon les analyses de Macari, le prix du pétrole, John, pourrait atteindre 200 dollars.
03:52Pourquoi pas 250 ?
03:54Quelles pourraient être les raisons, finalement, d'une telle escale ?
03:58Parce que là, c'est comme ce que dit Donald Trump, le plus gros effet.
04:03Est-ce que ça peut continuer à glisser et à accélérer ?
04:10Écoutez, oui. En tout cas, si on écoute les analyses de Macari Group,
04:14qui viennent de remonter leur scénario à 40 %,
04:18donc on n'est pas très loin des 50 % que le prix du baril pourrait arriver à 200 dollars,
04:25au cas, bien évidemment, d'un conflit prolongé et puis d'un détroit d'Hormuz qui reste durablement fermé.
04:33Alors, il faut rappeler une chose, c'est qu'on a jusqu'à 13 % de la production mondiale qui
04:39est potentiellement bloquée.
04:42Le marché fait face à une disruption supérieure au choc pétrolier des années 70 et aux autres guerres du Golfe,
04:51j'allais dire, ou à la guerre du Golfe, dans un monde qui consomme, rappelons-le, une nouvelle fois, 100
04:56millions de barils par jour.
04:59Et donc, pour essayer d'équilibrer le marché, eh bien, il faudrait qu'il y ait une destruction de la
05:05demande.
05:06C'est-à-dire que plus le prix du baril va monter,
05:09eh bien, plus ça va avoir un impact sur la consommation et, en définitive, sur la demande.
05:16Donc, on est dans une situation où, ce qu'on dit aux États-Unis, c'est un peu une lose
05:21-lose situation.
05:22Si le prix du baril monte, eh bien, il y a moins de demandes et on se dirige tout droit
05:28vers une réception,
05:30récession, c'est-à-dire deux trimestres au moins consécutifs de croissance négative.
05:36Donc, c'est vraiment un pari.
05:38C'est le premier analyse qui parle des 200 dollars.
05:41Normalement, c'est Goldman Sachs qui en avance et qui donne des chiffres assez éloignés de ce qu'on a
05:47aujourd'hui.
05:47Donc, on verra si, effectivement, il a tout à fait tort ou si Goldman Sachs va surenchérir en proposant,
05:56pourquoi pas, 220 ou 250 dollars le baril.
05:59Alors, on a beaucoup parlé de Donald Trump, des phénomènes de manipulation de marché
06:04qui ont pu toucher aussi bien lui que ses proches, son gendre, Jared Kushner et d'autres.
06:11Eh bien, voilà que le secrétaire américain à la Défense a, semble-t-il, tenté d'acheter pour des millions
06:18de dollars d'ETF
06:20sur le secteur de la Défense.
06:22C'est ce que révèle le Financial Times et ce serait passé, évidemment, juste avant l'intervention en Iran.
06:29Oui, exactement.
06:30Ça fait un énorme bruit aux États-Unis.
06:33Ça pourrait même, d'une certaine manière, servir Donald Trump,
06:36puisqu'on ne parle plus d'élit d'initié de Donald Trump,
06:40mais effectivement, secrétaire de la Défense, Pete Hedgeset,
06:44qui aurait, vous l'avez dit, essayé de faire un investissement,
06:48mais qui n'aurait pas été réalisé.
06:50Pourquoi ?
06:51Parce que l'opération n'aurait pas été outil pour des raisons apparemment techniques,
06:56des ETF non accessibles via sa banque, qui est Morgan Stanley,
07:00mais bien évidemment, le simple fait qu'elles étaient envisagées suffit à alimenter les soupçons.
07:08Alors, évidemment, vous imaginez, Antoine,
07:11le Pentagone rejette catégoriquement ces accusations.
07:16Ce sont des fake news fabriquées selon le Pentagone,
07:21mais évidemment, on arrive, on revient dans cette frontière entre information,
07:26anticipation, où commence l'information privilégiée ?
07:31Évidemment, c'est une nouvelle fois la confiance de l'investisseur dans le gouvernement,
07:37dans les personnes qui ont des intérêts, qui est mis à mal.
07:41Et évidemment, on sait que certains acteurs, pourraient être, sont, mieux informés que d'autres.
07:48Et donc, évidemment, c'est la crédibilité, comme on l'a dit,
07:52qui est une nouvelle fois mise à mal par ces affaires.
07:57Oui, je dirais, il y a quand même quelque chose d'assez étonnant, John.
08:01Là, je fais appel à votre pur sentiment.
08:03Enfin, on a vu, documenté, éprouvé des tas de choses qui ont touché de près Donald Trump,
08:08son entourage, etc., et qui sont avérées, là, pour le coup.
08:12Là, ça a trait à son secrétaire à la Défense.
08:14C'est une opération, bon, qui n'a pas abouti, qui touche quelqu'un d'autre.
08:19Et ça a l'air de choquer encore plus l'opinion.
08:22Là, il y a quelque chose qui paraît totalement inconséquent.
08:26Oui, parce que, vous savez, Donald Trump nous a appris,
08:31depuis qu'il est au pouvoir, et même avant,
08:33que souvent, ces délits d'initié supposés sont faits de manière pas du tout discrète.
08:42Vous vous souvenez, on en avait parlé la semaine passée ensemble,
08:45à plusieurs reprises, il a dit, achetez les marchés, vous allez voir, ça va monter.
08:50Et donc, c'est un délit d'initié, d'une certaine manière,
08:52mais tout à fait transparent.
08:54Donc, il est beaucoup plus transparent que les autres membres du gouvernement,
08:59par exemple, si cette affaire est avérée.
09:01Et donc, c'est pour ça que ça choque,
09:03parce que là, ça aurait été fait sans transparence du tout.
09:10On vit quand même dans un monde particulièrement étonnant.
09:12John, on va parler business un petit peu,
09:15parce qu'au-delà de tout ça, il y a quand même des affaires à Wall Street.
09:19La grosse en avant-marché, c'est Nvidia qui a annoncé un gros investissement
09:24dans Marvel Technologies, un des spécialistes des semi-conducteurs.
09:28Gros investissement pour sécuriser les solutions en matière de composants.
09:32Le titre Marvel Technologies qui est à 6,1%.
09:36Mais il y a du nouveau dans le secteur auto.
09:38Et on le voit, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis,
09:41on fait marche arrière, très nettement, sur l'électrique.
09:44General Motors met en veilleuse son usine de véhicules électriques de Détroit,
09:48licencie temporairement plusieurs personnes,
09:51malgré la hausse des cours du baril,
09:53qui aurait dû augmenter la demande en matière de voitures électriques.
09:57Pas du tout, c'est contre-intuitif.
09:59Et c'est l'Amérique, de toute manière,
10:01on fait marche arrière à nouveau sur le véhicule électrique.
10:04Oui, exactement.
10:05Vous l'avez dit, tout le monde parle des véhicules électriques
10:08avec la hausse du prix du baril.
10:09Mais on a aux États-Unis, très concrètement,
10:12un ralentissement brutal de la dynamique sur les véhicules électriques.
10:17La décision de General Motors,
10:20comme d'autres marques de voitures aux États-Unis,
10:23même en Europe,
10:23c'est d'aligner la production avec la demande.
10:27L'adoption des véhicules électriques aujourd'hui est beaucoup plus lente
10:32qu'anticipée par General Motors et les autres constructeurs.
10:38Et évidemment, on en avait parlé il y a quelques semaines.
10:42On avait eu des investissements absolument massifs dans les véhicules électriques
10:45et des pertes estimées à plusieurs milliards de dollars sur l'électrique.
10:52Et donc, aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
10:54Eh bien, General Motors revient.
10:56Il réoriente progressivement ses priorités vers les véhicules thermiques
11:02qui sont plus rentables, et oui, dans l'environnement actuel.
11:07Et il faut rappeler une chose,
11:08c'est que sur les véhicules électriques,
11:09notamment aux États-Unis,
11:11eh bien, les General Motors et les autres constructeurs
11:15sont confrontés à, notamment, des fins de subvention à l'achat d'électriques,
11:20une demande qui est fragile, évidemment,
11:23un ajustement global de l'industrie automobile
11:26avec l'arrivée d'acteurs comme les acteurs chinois
11:30qui, eux, cassent absolument toute la concurrence.
11:34Oui, et qui cassent les prix, effectivement,
11:37sans pour autant rogner sur la technologie
11:38parce que ce sont des voitures extrêmement technologiques
11:42et très, très au point.
11:43Enfin, un dernier truc, John, selon le Wall Street Journal,
11:47on a Unilever qui s'apprête à fusionner son entité alimentaire
11:51avec McCormick, qui est un spécialiste,
11:55alors à l'histoire, un peu tourmentée
11:56parce que c'est né aux États-Unis
11:58et puis c'est tombé dans le giron italien,
12:01d'une entreprise italienne,
12:02et finalement, tout ce beau monde va fusionner
12:04les entités alimentaires
12:05pour donner une nouvelle dynamique, visiblement.
12:09Oui, et puis il faut en parler
12:11parce que c'est une opération potentiellement valorisée
12:13à plus de 60 milliards de dollars
12:17et ça confirme le virage stratégique d'Unilever
12:21vers la beauté, le soin,
12:23au détriment notamment du segment alimentaire
12:25qui est jugé moins dynamique
12:27et avec moins de croissance.
12:30Ce qui est intéressant de noter,
12:31c'est que si l'opération est confirmée,
12:34il y aurait une séparation fiscale
12:36tout en laissant aux actionnaires d'Unilever
12:39environ 65% du nouvel ensemble.
12:43On a une consolidation du secteur alimentaire,
12:47on aurait un géant mondial
12:49qui combine des marques comme Hellman,
12:52Knorr ou Choulola
12:54et ce qui est assez intéressant de noter,
12:56c'est que c'est un pari à double tranchant,
12:59Antoine.
12:59Pourquoi ?
13:00Parce que l'histoire nous montre
13:02que les méga-fusions dans l'agroalimentaire
13:04sont extrêmement complexes à exécuter
13:07et puis on a un risque élevé
13:09de destruction de valeur
13:10si on n'a pas de croissance derrière.
13:13Et c'est ça d'important
13:14et donc à suivre de très près.
13:16C'est vrai, Kraft Heinz,
13:17on en avait parlé,
13:18mais d'autres, effectivement,
13:20risques d'exécution
13:21et puis risques d'éparpillement
13:22en différentes entités
13:23parce que la valeur est quand même
13:25compliquée à trouver dans ce secteur.
13:27Merci infiniment pour toutes ces news.
13:29John Plassard, Cité Gestion.
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