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  • il y a 5 heures
Ce vendredi 20 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur Donald Trump de plus en plus seul face face à la guerre en Iran, Scott Bessent évoquant une levée de sanctions contre le pétrole iranien, le potentiel gazier inexploité en Méditerranée avec la découverte de nouveaux gisements en Libye par l'italien Eni, le secteur du tourisme en crise à cause du conflit au Moyen-Orient, ainsi que FedEx relevant ses prévisions annuelles. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:00Bonjour John, avie de vous retrouver.
00:02Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:03Antoine Larigauderie bien sûr en fil rouge.
00:05Bonjour Antoine.
00:06Bonjour, bonjour John.
00:07Donc c'est une baisse qui s'accélère là en Europe, aux Etats-Unis, où en est-on ?
00:11Ça fait déjà une heure bien sûr que vous ne serez pas ouverts Antoine.
00:13Moins 1,16 pour le Nasdaq, moins 0,6% pour le Dow Jones, le S&P 500, moins 0
00:18,86.
00:19Le Russell 2000, les PME cotées sont en baisse un peu supérieure, moins 1,4%.
00:24Le CAC 40, lui, en repli d'1,3%.
00:27Et on revient encore une fois sur les plus bas de septembre dernier.
00:31Alors on enfonce un petit peu le palier graphique à 7707 points.
00:36Il ne faut pas oublier que c'est une journée très importante,
00:38puisqu'on a quatre types de contrats et d'options qui vont tomber à échéance.
00:41C'est quatre sorcières au total.
00:43Donc le moindre accro-technique risque de faire un petit peu basculer le marché.
00:48Alors c'est peut-être ce qui se passe en ce moment.
00:50On évalue du côté de Wall Street, en tout cas, en termes de volume,
00:54une séance du genre qui serait la plus importante depuis une trentaine d'années.
00:58Étant donné les quantités d'options qui ont été prises sur ces différents instruments,
01:02différentes options sur indices.
01:04Effectivement, voilà, séance des trois sorcières.
01:06La plus importante pour un mois de mars depuis 1996, c'est pas rien.
01:09Ça pourrait renforcer cette volatilité avec en plus ce contexte géopolitique au Moyen-Orient.
01:14Ce matin, au réveil, on se disait, il y a peut-être des premiers signaux de désescalade.
01:18Et puis c'est parti en fumée, en l'occurrence, John.
01:21Oui, on est vraiment dans une situation où, effectivement, c'est le prix du baril
01:27qui va déterminer, non pas l'évolution des marchés, on en a parlé hier,
01:32mais plutôt la volatilité des marchés.
01:34Et on a l'impression, même sans être politologue, on a vraiment l'impression
01:41que c'est le flou magistral et que les données qu'on a tous les jours,
01:49eh bien, sont vraiment, arrivent du jour au lendemain, elles peuvent changer.
01:53Et on n'a pas l'impression qu'il y a une stratégie très claire
01:56de la part du gouvernement américain.
01:58On a l'impression que Donald Trump est de plus en plus esselé,
02:03puisque les Européens, on l'a vu, s'engagent,
02:08se refusent de s'engager militairement avec lui.
02:10On a vu certaines tensions avec Israël.
02:13Et globalement, on a un conflit qui commence à changer de nature,
02:18puisque le passage à une guerre énergétique,
02:22avec des frappes sur les infrastructures,
02:24eh bien, c'est quelque chose de totalement différent.
02:26Et ce qu'il faut rappeler, c'est que, vous savez, dans l'histoire,
02:32on a eu sept crises énergétiques.
02:35Et en fait, cinq de ces sept crises énergétiques ont duré plusieurs trimestres.
02:40Donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:42Ça veut dire qu'on est potentiellement dans une situation
02:45où on comptait les jours, mais il faudra peut-être compter les mois,
02:49voire les trimestres, avec un prix du baril élevé,
02:52avec une volatilité très élevée.
02:54Et aujourd'hui, les marchés commencent d'une certaine manière à l'intégrer
02:58avec cette baisse qu'on connaît aujourd'hui, cet après-midi.
03:03Ce CAC 40 qui recule d'un peu plus d'un pourcent, donc supplémentaire,
03:06il perdait déjà hier 2% et aux Etats-Unis, moins 0,8%.
03:09Sur le S&P 500, le Nasdaq lui abandonne 1,1%.
03:12Les Etats-Unis qui souffrent...
03:14Alors, vraiment, le chaud et le froid, John, il faut essayer d'expliquer,
03:16d'écoder.
03:17Donc, le Pentagone, qui compte envoyer 2500 marines supplémentaires au Moyen-Orient,
03:22signe d'une guerre peut-être amenée à se durcir encore,
03:25peut-être se rallonger.
03:26Et parallèlement, alors ça, c'est la surprise du chef, franchement, John.
03:28Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, évoque un possible assouplissement
03:34des sanctions sur le pétrole iranien, sur le pétrole russe, on le savait,
03:37mais aussi un assouplissement sur le pétrole iranien.
03:40Comment vous l'interprétez ?
03:42Le flou artistique, c'est exactement ce qu'on disait juste avant.
03:46C'est un signal politique qui est fort, mais extrêmement risqué.
03:50Ça veut dire, ça revient à reconnaître que la tension,
03:55il y a une tension sur l'offre mondiale.
03:58Et ça, ce n'est pas très bien parce que, évidemment,
04:01ça ne redonne pas confiance dans les investisseurs.
04:05C'est un aveu de fragilité du marché énergétique.
04:08Et puis, si on ouvre la porte au brut iranien,
04:14eh bien, ça montre que les marges de manœuvre traditionnelles,
04:17vous savez, de relâcher certaines réserves stratégiques,
04:20les mouvements de l'OPEP, etc., sont totalement insuffisants.
04:24Donc, évidemment, on pourrait avoir, alors pas aujourd'hui,
04:27mais on pourrait avoir un impact potentiellement baissier
04:30sur le prix du baril à court terme,
04:32mais c'est un message extrêmement dangereux pour les marchés.
04:36C'est presque un signe de panique, d'improvisation stratégique
04:41de la part du gouvernement américain,
04:43parce qu'ils disent tout est son contraire,
04:46et ils reviennent en arrière, et ils reviennent de l'autre côté.
04:49Donc, comme on l'a dit, ce flou artistique,
04:52eh bien, il ne va pas dans le sens des marchés.
04:55C'est sur Fox News que Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain,
04:58donc, a expliqué que, oui, il est envisageable d'assouplir
05:00les sanctions sur le pétrole iranien.
05:02Alors ça, on ne l'avait pas vu venir, c'est peut-être le baiser de la mort aussi.
05:05Bien sûr, les Iraniens seraient ravis de voir les sanctions assouplies,
05:08ça permettrait de détendre un peu les cours du pétrole,
05:10et à cette guerre de durée, c'est peut-être ça l'objectif,
05:12le baiser de la mort vis-à-vis de l'Iran.
05:13On va continuer d'en parler dans la suite de BFM Bourse.
05:16Alors nous, Européens, on se demande tout le temps, John,
05:19comment réduire notre dépendance au Moyen-Orient,
05:21à l'approvisionnement en pétrole et gaz du Moyen-Orient.
05:24L'Afrique du Nord est-elle la solution ?
05:26Quel potentiel gazier inexploité, et notamment en Libye,
05:30on en entend souvent parler, en Afrique du Nord,
05:32quelles sont les données, les perspectives et les probabilités ?
05:35Alors, la Méditerranée, il y a la Libye, vous l'avez dit,
05:38mais il y a aussi l'Égypte, Israël, Chypre,
05:41qui disposent, bien évidemment, de réserves significatives de gaz.
05:45On estime qu'il y a plus de 3 000 milliards de mètres cubes.
05:50Alors, vous allez me dire, qu'est-ce que c'est ?
05:513 000 milliards de mètres cubes,
05:53on en consomme 400 par année en Europe.
05:56Donc, il y en a énormément,
05:57mais évidemment, ces réserves sont largement sous-développées,
06:02notamment en Libye.
06:04Alors, la Libye, on le sait,
06:07elle a les plus grandes réserves de pétrole d'Afrique,
06:10elle a un très fort potentiel gazier aussi,
06:12donc ça pourrait redevenir un acteur clé
06:16à condition de stabilisation politique.
06:20Et aujourd'hui, il n'y a pas de stabilisation politique en Libye.
06:24Alors, ça pourrait être un relais pour l'Europe,
06:27mais pas un remplacement,
06:29puisque la région méditerranéenne
06:32ne rivalise pas avec le golfe Persique en volume,
06:36mais elle peut devenir assez stratégique
06:38pour diversifier les approvisionnements.
06:41Mais ce qu'il ne faut pas oublier, Guillaume,
06:43c'est qu'on a des freins majeurs persistants.
06:46On a, on l'a dit, l'instabilité politique,
06:50l'instabilité géopolitique,
06:52le manque d'infrastructures,
06:53et puis on a aussi des coûts d'extraction
06:55et des tensions maritimes
06:58qui sont différentes de ce qu'on a dans le golfe Persique.
07:03Donc, potentiellement, ça pourrait être un hub énergétique,
07:07mais on ne peut pas aujourd'hui
07:12contourner le Moyen-Orient
07:14et surtout le golfe Persique dont on parlait.
07:17Oui, le détroit de Gibraltar
07:18ne sera pas tout de suite le détroit,
07:20le prochain détroit d'Ormouz.
07:22Il y a encore un peu de marge.
07:23Alors, c'est Eni, l'acteur italien Eni,
07:25qui a annoncé cette semaine
07:25d'avoir fait une importante découverte gazière
07:28au large de la Libye,
07:30mais il reste encore sous tous ces freins
07:31que vous venez de décrire.
07:33Catherine McGregor, la patronne d'Engie,
07:34s'est exprimée sur les impacts de ce conflit.
07:36Elle explique qu'avec la fermeture du détroit d'Ormouz
07:38pendant six mois,
07:39imaginons pendant six mois,
07:40ce détroit reste fermé,
07:42eh bien, on arriverait quand même,
07:43dit-elle, à remplir nos stocks de gaz
07:44jusqu'à 70% avant le prochain hiver.
07:46Jusqu'à 70% avant le prochain hiver,
07:48donc un propos plutôt assez rassurant,
07:51pas pleinement rassurant,
07:51mais assez quand même de la patronne d'Engie,
07:53Catherine McGregor.
07:54Est-ce que le secteur du tourisme en bourse
07:56devient un secteur à risque, John ?
07:59Oui, tout à fait,
08:00mais on voit que le conflit en Iran
08:03a quasiment gelé les flux touristiques,
08:06en tout cas au Moyen-Orient,
08:07avec une chute évidemment brutale
08:09des réservations,
08:11des déplacements internationaux.
08:12Et puis, vous savez,
08:14on l'a vu,
08:14mais on n'en parle pas assez,
08:16il y a un espèce d'effet de domino
08:17sur le transport aérien,
08:19parce qu'on avait des hubs clés comme,
08:21on a des hubs clés comme Dubaï,
08:24et Doha et Abu Dhabi qui sont perturbés.
08:26Donc, ça impacte des millions de passagers
08:29qui sont en transit et ça désorganise,
08:32d'une certaine manière,
08:33les flux globaux.
08:35Selon l'organisme du tourisme,
08:39le secteur perdrait aujourd'hui
08:42environ 600 millions de dollars par jour.
08:46Vous avez bien entendu,
08:47600 millions de dollars par jour.
08:49Donc, ça met évidemment en avant
08:52une sensibilité extrême du tourisme
08:55au choc géopolitique.
08:56On l'oublie souvent.
08:57Et puis, on avait des projections
08:59en début d'année
09:00qui étaient d'un peu plus de 200 milliards
09:02de dollars de dépenses touristiques
09:04dans la région.
09:05Eh bien, elles deviennent
09:06ces perspectives totalement incertaines.
09:09Et puis, évidemment,
09:11ce sera en dessous de 200 milliards.
09:14Donc, on n'en parle pas assez.
09:15On parle, on parle quelquefois
09:17de Cruise Line, etc.
09:19aux États-Unis
09:19et au Norwegian Cruise
09:21qui a fortement baissé.
09:22Mais c'est tout le tourisme mondial
09:25qui est impacté par la guerre en Iran.
09:27Wall Street en baisse,
09:29sauf FedEx.
09:30FedEx a publié ses résultats.
09:32Baromètre quand même
09:33de l'économie mondiale FedEx,
09:34on en parle régulièrement.
09:35Bien, le titre est salué
09:35après cette publication.
09:36Les perspectives annoncées,
09:37il gagne 3% de titre FedEx, John.
09:39– Oui, assez intéressant
09:43parce que c'est le pouls économique mondial.
09:47On a une demande
09:48qui tient mieux que prévu.
09:50FedEx a largement battu les attentes.
09:53Il confirme aussi
09:54que les flux logistiques mondiaux
09:56restent solides,
09:57malgré évidemment
09:58ce contexte géopolitique tendu.
10:01Et ce qui est intéressant de noter,
10:03qui pourrait en surprendre plus d'un,
10:04c'est que FedEx a remonté
10:06ses estimations.
10:07Vous avez bien entendu,
10:08ils ont remonté les estimations,
10:10ce qui change évidemment
10:11la perception du cycle.
10:13L'économie mondiale
10:15ne ralentit pas autant
10:17que certains le craignaient.
10:19Alors, évidemment,
10:20lorsqu'on regarde un peu
10:22les chiffres et les détails,
10:23on voit que la croissance
10:24ne vient pas uniquement
10:26des hausses de tarifs
10:28parce qu'ils ont monté les tarifs,
10:29mais aussi d'un rebond
10:30des volumes domestiques,
10:31notamment aux États-Unis.
10:32Donc, les États-Unis
10:33continuent à consommer.
10:35Alors, évidemment,
10:35il y a un bémol.
10:36plus la guerre,
10:39plus la crise
10:39va durer
10:40et plus FedEx
10:42sera à risque,
10:43évidemment,
10:43sur ces fameux volumes
10:44dont je parlais.
10:47John Plassard avec nous.
10:48Cité gestion,
10:49donc, sur cette tendance,
10:50l'ouverture des marchés américains
10:51chaque jour.
10:52Alors, l'ouverture 14h30
10:53encore la semaine prochaine
10:54puisqu'on ne passera
10:55à l'heure d'hiver,
10:55nous, que dans une semaine.
10:56Donc, on gardera ce décalage
10:57de seulement 5 heures
10:58avec les États-Unis
10:59tout au long de la semaine prochaine aussi.
11:00Merci beaucoup, John,
11:01de nous avoir accompagnés.
11:02Bon week-end.
11:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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