00:00Bonjour John, avie de vous retrouver.
00:02Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:03Antoine Larigauderie bien sûr en fil rouge.
00:05Bonjour Antoine.
00:06Bonjour, bonjour John.
00:07Donc c'est une baisse qui s'accélère là en Europe, aux Etats-Unis, où en est-on ?
00:11Ça fait déjà une heure bien sûr que vous ne serez pas ouverts Antoine.
00:13Moins 1,16 pour le Nasdaq, moins 0,6% pour le Dow Jones, le S&P 500, moins 0
00:18,86.
00:19Le Russell 2000, les PME cotées sont en baisse un peu supérieure, moins 1,4%.
00:24Le CAC 40, lui, en repli d'1,3%.
00:27Et on revient encore une fois sur les plus bas de septembre dernier.
00:31Alors on enfonce un petit peu le palier graphique à 7707 points.
00:36Il ne faut pas oublier que c'est une journée très importante,
00:38puisqu'on a quatre types de contrats et d'options qui vont tomber à échéance.
00:41C'est quatre sorcières au total.
00:43Donc le moindre accro-technique risque de faire un petit peu basculer le marché.
00:48Alors c'est peut-être ce qui se passe en ce moment.
00:50On évalue du côté de Wall Street, en tout cas, en termes de volume,
00:54une séance du genre qui serait la plus importante depuis une trentaine d'années.
00:58Étant donné les quantités d'options qui ont été prises sur ces différents instruments,
01:02différentes options sur indices.
01:04Effectivement, voilà, séance des trois sorcières.
01:06La plus importante pour un mois de mars depuis 1996, c'est pas rien.
01:09Ça pourrait renforcer cette volatilité avec en plus ce contexte géopolitique au Moyen-Orient.
01:14Ce matin, au réveil, on se disait, il y a peut-être des premiers signaux de désescalade.
01:18Et puis c'est parti en fumée, en l'occurrence, John.
01:21Oui, on est vraiment dans une situation où, effectivement, c'est le prix du baril
01:27qui va déterminer, non pas l'évolution des marchés, on en a parlé hier,
01:32mais plutôt la volatilité des marchés.
01:34Et on a l'impression, même sans être politologue, on a vraiment l'impression
01:41que c'est le flou magistral et que les données qu'on a tous les jours,
01:49eh bien, sont vraiment, arrivent du jour au lendemain, elles peuvent changer.
01:53Et on n'a pas l'impression qu'il y a une stratégie très claire
01:56de la part du gouvernement américain.
01:58On a l'impression que Donald Trump est de plus en plus esselé,
02:03puisque les Européens, on l'a vu, s'engagent,
02:08se refusent de s'engager militairement avec lui.
02:10On a vu certaines tensions avec Israël.
02:13Et globalement, on a un conflit qui commence à changer de nature,
02:18puisque le passage à une guerre énergétique,
02:22avec des frappes sur les infrastructures,
02:24eh bien, c'est quelque chose de totalement différent.
02:26Et ce qu'il faut rappeler, c'est que, vous savez, dans l'histoire,
02:32on a eu sept crises énergétiques.
02:35Et en fait, cinq de ces sept crises énergétiques ont duré plusieurs trimestres.
02:40Donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:42Ça veut dire qu'on est potentiellement dans une situation
02:45où on comptait les jours, mais il faudra peut-être compter les mois,
02:49voire les trimestres, avec un prix du baril élevé,
02:52avec une volatilité très élevée.
02:54Et aujourd'hui, les marchés commencent d'une certaine manière à l'intégrer
02:58avec cette baisse qu'on connaît aujourd'hui, cet après-midi.
03:03Ce CAC 40 qui recule d'un peu plus d'un pourcent, donc supplémentaire,
03:06il perdait déjà hier 2% et aux Etats-Unis, moins 0,8%.
03:09Sur le S&P 500, le Nasdaq lui abandonne 1,1%.
03:12Les Etats-Unis qui souffrent...
03:14Alors, vraiment, le chaud et le froid, John, il faut essayer d'expliquer,
03:16d'écoder.
03:17Donc, le Pentagone, qui compte envoyer 2500 marines supplémentaires au Moyen-Orient,
03:22signe d'une guerre peut-être amenée à se durcir encore,
03:25peut-être se rallonger.
03:26Et parallèlement, alors ça, c'est la surprise du chef, franchement, John.
03:28Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, évoque un possible assouplissement
03:34des sanctions sur le pétrole iranien, sur le pétrole russe, on le savait,
03:37mais aussi un assouplissement sur le pétrole iranien.
03:40Comment vous l'interprétez ?
03:42Le flou artistique, c'est exactement ce qu'on disait juste avant.
03:46C'est un signal politique qui est fort, mais extrêmement risqué.
03:50Ça veut dire, ça revient à reconnaître que la tension,
03:55il y a une tension sur l'offre mondiale.
03:58Et ça, ce n'est pas très bien parce que, évidemment,
04:01ça ne redonne pas confiance dans les investisseurs.
04:05C'est un aveu de fragilité du marché énergétique.
04:08Et puis, si on ouvre la porte au brut iranien,
04:14eh bien, ça montre que les marges de manœuvre traditionnelles,
04:17vous savez, de relâcher certaines réserves stratégiques,
04:20les mouvements de l'OPEP, etc., sont totalement insuffisants.
04:24Donc, évidemment, on pourrait avoir, alors pas aujourd'hui,
04:27mais on pourrait avoir un impact potentiellement baissier
04:30sur le prix du baril à court terme,
04:32mais c'est un message extrêmement dangereux pour les marchés.
04:36C'est presque un signe de panique, d'improvisation stratégique
04:41de la part du gouvernement américain,
04:43parce qu'ils disent tout est son contraire,
04:46et ils reviennent en arrière, et ils reviennent de l'autre côté.
04:49Donc, comme on l'a dit, ce flou artistique,
04:52eh bien, il ne va pas dans le sens des marchés.
04:55C'est sur Fox News que Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain,
04:58donc, a expliqué que, oui, il est envisageable d'assouplir
05:00les sanctions sur le pétrole iranien.
05:02Alors ça, on ne l'avait pas vu venir, c'est peut-être le baiser de la mort aussi.
05:05Bien sûr, les Iraniens seraient ravis de voir les sanctions assouplies,
05:08ça permettrait de détendre un peu les cours du pétrole,
05:10et à cette guerre de durée, c'est peut-être ça l'objectif,
05:12le baiser de la mort vis-à-vis de l'Iran.
05:13On va continuer d'en parler dans la suite de BFM Bourse.
05:16Alors nous, Européens, on se demande tout le temps, John,
05:19comment réduire notre dépendance au Moyen-Orient,
05:21à l'approvisionnement en pétrole et gaz du Moyen-Orient.
05:24L'Afrique du Nord est-elle la solution ?
05:26Quel potentiel gazier inexploité, et notamment en Libye,
05:30on en entend souvent parler, en Afrique du Nord,
05:32quelles sont les données, les perspectives et les probabilités ?
05:35Alors, la Méditerranée, il y a la Libye, vous l'avez dit,
05:38mais il y a aussi l'Égypte, Israël, Chypre,
05:41qui disposent, bien évidemment, de réserves significatives de gaz.
05:45On estime qu'il y a plus de 3 000 milliards de mètres cubes.
05:50Alors, vous allez me dire, qu'est-ce que c'est ?
05:513 000 milliards de mètres cubes,
05:53on en consomme 400 par année en Europe.
05:56Donc, il y en a énormément,
05:57mais évidemment, ces réserves sont largement sous-développées,
06:02notamment en Libye.
06:04Alors, la Libye, on le sait,
06:07elle a les plus grandes réserves de pétrole d'Afrique,
06:10elle a un très fort potentiel gazier aussi,
06:12donc ça pourrait redevenir un acteur clé
06:16à condition de stabilisation politique.
06:20Et aujourd'hui, il n'y a pas de stabilisation politique en Libye.
06:24Alors, ça pourrait être un relais pour l'Europe,
06:27mais pas un remplacement,
06:29puisque la région méditerranéenne
06:32ne rivalise pas avec le golfe Persique en volume,
06:36mais elle peut devenir assez stratégique
06:38pour diversifier les approvisionnements.
06:41Mais ce qu'il ne faut pas oublier, Guillaume,
06:43c'est qu'on a des freins majeurs persistants.
06:46On a, on l'a dit, l'instabilité politique,
06:50l'instabilité géopolitique,
06:52le manque d'infrastructures,
06:53et puis on a aussi des coûts d'extraction
06:55et des tensions maritimes
06:58qui sont différentes de ce qu'on a dans le golfe Persique.
07:03Donc, potentiellement, ça pourrait être un hub énergétique,
07:07mais on ne peut pas aujourd'hui
07:12contourner le Moyen-Orient
07:14et surtout le golfe Persique dont on parlait.
07:17Oui, le détroit de Gibraltar
07:18ne sera pas tout de suite le détroit,
07:20le prochain détroit d'Ormouz.
07:22Il y a encore un peu de marge.
07:23Alors, c'est Eni, l'acteur italien Eni,
07:25qui a annoncé cette semaine
07:25d'avoir fait une importante découverte gazière
07:28au large de la Libye,
07:30mais il reste encore sous tous ces freins
07:31que vous venez de décrire.
07:33Catherine McGregor, la patronne d'Engie,
07:34s'est exprimée sur les impacts de ce conflit.
07:36Elle explique qu'avec la fermeture du détroit d'Ormouz
07:38pendant six mois,
07:39imaginons pendant six mois,
07:40ce détroit reste fermé,
07:42eh bien, on arriverait quand même,
07:43dit-elle, à remplir nos stocks de gaz
07:44jusqu'à 70% avant le prochain hiver.
07:46Jusqu'à 70% avant le prochain hiver,
07:48donc un propos plutôt assez rassurant,
07:51pas pleinement rassurant,
07:51mais assez quand même de la patronne d'Engie,
07:53Catherine McGregor.
07:54Est-ce que le secteur du tourisme en bourse
07:56devient un secteur à risque, John ?
07:59Oui, tout à fait,
08:00mais on voit que le conflit en Iran
08:03a quasiment gelé les flux touristiques,
08:06en tout cas au Moyen-Orient,
08:07avec une chute évidemment brutale
08:09des réservations,
08:11des déplacements internationaux.
08:12Et puis, vous savez,
08:14on l'a vu,
08:14mais on n'en parle pas assez,
08:16il y a un espèce d'effet de domino
08:17sur le transport aérien,
08:19parce qu'on avait des hubs clés comme,
08:21on a des hubs clés comme Dubaï,
08:24et Doha et Abu Dhabi qui sont perturbés.
08:26Donc, ça impacte des millions de passagers
08:29qui sont en transit et ça désorganise,
08:32d'une certaine manière,
08:33les flux globaux.
08:35Selon l'organisme du tourisme,
08:39le secteur perdrait aujourd'hui
08:42environ 600 millions de dollars par jour.
08:46Vous avez bien entendu,
08:47600 millions de dollars par jour.
08:49Donc, ça met évidemment en avant
08:52une sensibilité extrême du tourisme
08:55au choc géopolitique.
08:56On l'oublie souvent.
08:57Et puis, on avait des projections
08:59en début d'année
09:00qui étaient d'un peu plus de 200 milliards
09:02de dollars de dépenses touristiques
09:04dans la région.
09:05Eh bien, elles deviennent
09:06ces perspectives totalement incertaines.
09:09Et puis, évidemment,
09:11ce sera en dessous de 200 milliards.
09:14Donc, on n'en parle pas assez.
09:15On parle, on parle quelquefois
09:17de Cruise Line, etc.
09:19aux États-Unis
09:19et au Norwegian Cruise
09:21qui a fortement baissé.
09:22Mais c'est tout le tourisme mondial
09:25qui est impacté par la guerre en Iran.
09:27Wall Street en baisse,
09:29sauf FedEx.
09:30FedEx a publié ses résultats.
09:32Baromètre quand même
09:33de l'économie mondiale FedEx,
09:34on en parle régulièrement.
09:35Bien, le titre est salué
09:35après cette publication.
09:36Les perspectives annoncées,
09:37il gagne 3% de titre FedEx, John.
09:39– Oui, assez intéressant
09:43parce que c'est le pouls économique mondial.
09:47On a une demande
09:48qui tient mieux que prévu.
09:50FedEx a largement battu les attentes.
09:53Il confirme aussi
09:54que les flux logistiques mondiaux
09:56restent solides,
09:57malgré évidemment
09:58ce contexte géopolitique tendu.
10:01Et ce qui est intéressant de noter,
10:03qui pourrait en surprendre plus d'un,
10:04c'est que FedEx a remonté
10:06ses estimations.
10:07Vous avez bien entendu,
10:08ils ont remonté les estimations,
10:10ce qui change évidemment
10:11la perception du cycle.
10:13L'économie mondiale
10:15ne ralentit pas autant
10:17que certains le craignaient.
10:19Alors, évidemment,
10:20lorsqu'on regarde un peu
10:22les chiffres et les détails,
10:23on voit que la croissance
10:24ne vient pas uniquement
10:26des hausses de tarifs
10:28parce qu'ils ont monté les tarifs,
10:29mais aussi d'un rebond
10:30des volumes domestiques,
10:31notamment aux États-Unis.
10:32Donc, les États-Unis
10:33continuent à consommer.
10:35Alors, évidemment,
10:35il y a un bémol.
10:36plus la guerre,
10:39plus la crise
10:39va durer
10:40et plus FedEx
10:42sera à risque,
10:43évidemment,
10:43sur ces fameux volumes
10:44dont je parlais.
10:47John Plassard avec nous.
10:48Cité gestion,
10:49donc, sur cette tendance,
10:50l'ouverture des marchés américains
10:51chaque jour.
10:52Alors, l'ouverture 14h30
10:53encore la semaine prochaine
10:54puisqu'on ne passera
10:55à l'heure d'hiver,
10:55nous, que dans une semaine.
10:56Donc, on gardera ce décalage
10:57de seulement 5 heures
10:58avec les États-Unis
10:59tout au long de la semaine prochaine aussi.
11:00Merci beaucoup, John,
11:01de nous avoir accompagnés.
11:02Bon week-end.
11:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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