00:00D'abord notre vol Paris-New York direction Wall Street qui a ouvert depuis maintenant une heure.
00:05L'Adrine Thimela, bien sûr, John Plassart. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:08Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:10Et Antoine effectivement, John pour Cité Gestion et Antoine Larigauderie jusqu'à 18h en fil rouge. Rebonjour Antoine.
00:15Bonjour messieurs.
00:16Ça bouge, ça chauffe là sur les marchés. Antoine, le CAC est en baisse très très nette de 2%.
00:21Wall Street est ouvert depuis une heure, comment ça se passe là-bas ?
00:24On est en baisse aussi, baisse moins prononcée mais quand même, moins 0,93% pour le Nasdaq, moins 0
00:29,95% pour le Dow Jones, le S&P 500, moins 0,76%.
00:33C'est un tout petit peu plus mesuré on va dire sur les small et mid-cap américaines.
00:38Le Russell 2000 surperforme légèrement en ne perdant que 0,42%.
00:43La volatilité est relativement contenue on va dire, on grimpe mais pas au-delà des 26 points, c'est un
00:49petit peu au-delà, 26,30% sur l'indice VIX.
00:51Enfin, encore une fois tout ça reste mesuré mais les chiffres évidemment qui inquiètent tout le monde.
00:57111,57$ pour le Brent de mer du Nord, 96,92$ pour le brut léger américain et c
01:03'est ça qui véritablement instille une tendance très négative du côté des marchés européens.
01:08Moins 2% pour le CAC, 47 811 points, l'Euronext Tech Leaders, moins 2,5%.
01:12Effectivement, est-ce qu'on va vers l'embrasement là avec ce qui vient de se passer la nuit dernière
01:16?
01:16L'Iran, John, qui a attaqué vraiment une usine majeure de GNL du Qatar et désormais des ripostes verbales mais
01:22de plus en plus menaçantes des pays du Golfe vis-à-vis de l'Iran.
01:24Est-ce que c'est la boîte de Pandore qui est en train de s'ouvrir ?
01:27Je dirais que ça marque quand même un basculement vers une guerre énergétique directe.
01:32Avant il y avait des menaces, maintenant ces menaces sont mises à exécution, on a un risque de désorganisation durable
01:40de l'offre mondiale.
01:42Vous l'avez dit exactement avant, un durcissement du ton des pays du Golfe et ce qu'on oublie de
01:48dire souvent, c'est que lorsque vous détruisez quelque chose, il faut le reconstruire.
01:53C'est-à-dire que ce qui a été cassé au Qatar par exemple, pour reconstruire les facilités de gaz
02:00naturel liquéfié, il faudra des semaines, il faudra des mois.
02:03Imaginons que la crise, on l'espère, s'arrête demain.
02:06Donc on passe vraiment dans une chose où ça va durer.
02:10Et puis vous parliez de la boîte de Pandore, oui elle est ouverte, malheureusement elle est ouverte,
02:15puisque le risque bascule du prix, dont on parlait tout le temps, vers la disponibilité physique de l'énergie.
02:23Et ça, c'est ça qui est problème.
02:25C'est-à-dire qu'on peut, si on rouvrait le détroit d'Hormuz, on peut revoir des prix qui
02:32baissent nettement.
02:33Mais là, si vous n'avez plus la disponibilité parce que tout a été, ou une partie a été bombardée,
02:39eh bien ça pose un problème sur le moyen long terme.
02:44Donc évidemment, on va avoir, très certainement, on ne l'espère pas, mais on va avoir des représailles en chaîne.
02:49Donc c'est une dynamique d'escalade qui, historiquement, est très difficilement contrôlable.
02:56C'est ça le problème.
02:57On rentre dans une black box, on ne sait pas ce qui va se passer.
03:01Et c'est ça le problème pour les marchés, puis évidemment pour la région.
03:04Le PDG de Qatar Énergie qui s'exprime là il y a quelques minutes,
03:07il indique que les attaques iraniennes contre le Qatar ont endommagé des installations
03:11qui produisent 17% de la capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié de la compagnie.
03:17Et il ajoute qu'il faudra entre 3 et 5 ans, entre 3 et 5 ans pour les approvisionner,
03:22pour les réparer, ces installations.
03:24Entre 3 et 5 ans pour les réparer.
03:25Vous le disiez, ça pose, au-delà de la question des prix et des cours des matières premières,
03:29celle de la disponibilité future, avec donc des attaques désormais fortes,
03:33puissantes sur des installations stratégiques.
03:36Est-ce que le pétrole aussi réagit ?
03:38Alors on le voit bien sûr sur les cours aujourd'hui en direct,
03:40mais quand on regarde les contrats à terme, à moyen et long terme du pétrole,
03:43est-ce qu'on voit que ça commence aussi à progresser,
03:45puisque désormais l'Iran attaque directement et massivement
03:48des installations importantes de gaz et peut-être bientôt de pétrole ?
03:51On verra.
03:52Oui, et je vais vous dire une chose, c'est que ce qu'il faut vraiment relever,
03:57c'est lorsque le conflit, on ne l'espère pas,
03:59mais lorsque le conflit dépassera le mois.
04:02Parce qu'on estime, selon tous les calculs, que lorsqu'on rentre dans une crise énergétique
04:08qui dure plus d'un mois, il y a des répercussions vraiment directes sur les prochains chiffres,
04:13les prix à la production, les prix à la consommation, etc.
04:17On le voit déjà avec les prix à la pompe.
04:19Donc on est dans une situation où, si les cours du pétrole restent au-delà de 100,
04:26eh bien on intègre déjà quelque chose qui est assez fort
04:30et on va commencer de plus en plus de parler de crise énergétique.
04:35Et lorsque vous parlez de crise énergétique, pardon,
04:39eh bien on pense à l'année 79 qui sont des années évidemment assez fortes.
04:45Et après, personne aujourd'hui ne peut dire que le prix du baril n'ira pas à 150 dollars.
04:52Il n'y a pas très longtemps, si vous parliez de 150 dollars, c'était totalement impossible.
04:56Tout le monde oublie qu'en début d'année, le prix du baril était à 57 dollars.
05:0257 dollars.
05:03Alors maintenant, si vous parlez de 150 dollars,
05:06donc on est dans un régime, je dirais, de prix beaucoup plus élevé
05:09qui devrait se poursuivre.
05:11Et ça commence à être anticipé par les marchés.
05:14Oui, le problème, vous le disiez, c'est que cette guerre pourrait peut-être encore durer un peu.
05:17Le Pentagone envisagerait de demander une rallonge budgétaire au Congrès américain pour cette guerre,
05:22une rallonge de 200 milliards de dollars supplémentaires, John.
05:26Ben oui, ça va vraiment signaler aussi chez nos amis américains un basculement stratégique.
05:32C'est un soutien direct au secteur de la défense, à l'énergie, à l'industrie.
05:36Il y a un risque d'inflation.
05:38Vous avez bien entendu, Guillaume.
05:39Il y a un risque d'inflation supplémentaire via des dépenses publiques américaines.
05:43Donc évidemment, là, c'est un problème pour le gouvernement américain,
05:47mais aussi pour la réserve fédérale américaine.
05:49On va avoir une pression sur les taux longs parce qu'on va avoir une accentuation du déficit.
05:55Et puis, on rentre, et c'est dramatique de le dire, on rentre dans une logique économique de guerre.
06:02Et ça, on ne peut plus essayer d'éviter ce mot, même pour les États-Unis,
06:07parce qu'aujourd'hui, on est vraiment dans le cœur d'une guerre, j'allais dire mondiale.
06:14C'est un peu trop exagéré, mais tout le monde est impliqué.
06:17Donc, d'une certaine manière, c'est une implication mondiale de la guerre.
06:21Oui, tout le monde est touché par ce qui est en train d'arriver,
06:23la dette américaine qui, d'ores et déjà, dépasse les 39 000 milliards de dollars.
06:27Qu'en dit la Fed, justement ?
06:29Hier soir, Jérôme Powell s'est exprimé.
06:30La Fed a rendu sa décision politique monétaire, et c'est un statut court.
06:34Est-ce qu'on se dit qu'avec le discours de Jérôme Powell, on va aller bien vers une baisse
06:38de taux cette année,
06:39ou on y va un peu moins qu'on pourrait l'espérer ?
06:42Alors, c'est assez intéressant, parce que si on regarde les nuages de points,
06:47vous savez, les fameux dotplotes, on parie toujours, enfin la Fed parie toujours sur une baisse de taux cette année.
06:52Le consensus a changé totalement de braquet.
06:54Il pariait sur trois baisses, maintenant il est sur une.
06:57Mais si on voit, on a de plus en plus de membres qui se mettent sur un terrain neutre, entre
07:03guillemets,
07:04c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de baisse de taux.
07:06Et ça, c'est important.
07:07Pourquoi ?
07:08Parce que Jérôme Powell nous a dit, et Antoine aime beaucoup parler de la volatilité,
07:15le président de la Réserve fédérale américaine a dit une chose qui était très importante,
07:19et qui n'a pas été assez écoutée, c'est qu'il a dit,
07:21écoutez, maintenant, toutes les statistiques économiques qui vont venir seront très importantes.
07:27Ça veut dire très concrètement qu'on va avoir une volatilité beaucoup plus élevée qu'avant
07:33à chaque fois qu'on va avoir les chiffres de l'inflation de mars,
07:38les chiffres de l'emploi à partir de mars,
07:40et évidemment les chiffres de la croissance économique.
07:43Donc on rentre dans une situation où il y a un statu quo,
07:47mais c'est chaque donnée qui sera importante,
07:49de la data dependency qu'aime tellement Christine Lagarde,
07:53eh bien elle est en train de s'exporter vers les États-Unis.
07:56Et Jérôme Powell a indiqué qu'il resterait au bord de la Fed
07:59jusqu'à ce que la justice américaine dénoue l'enquête qui le vise, Jérôme Powell,
08:04voilà, tant que les choses ne seront pas éclaircies sur ce point,
08:06je resterai, alors pas président bien sûr, mais membre du bord de la Fed.
08:10C'est peut-être un bon signe sur l'indépendance de la Fed,
08:12c'est pas une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent des baisses de taux aux États-Unis,
08:14parce que Jérôme Powell n'est pas un faux con,
08:16mais il est quand même un peu moins pour des baisses de taux que son successeur potentiel au bord.
08:21Oui, tout à fait, et puis surtout on note que, vous savez,
08:24l'enquête qui poursuit Jérôme Powell, eh bien elle est là pour durer.
08:31On estime qu'elle pourrait durer plusieurs trimestres, voire plus loin que la fin de l'année.
08:36Donc, Donald Trump qui voulait se débarrasser de Jérôme Powell, eh bien il l'a,
08:41et si je peux faire un parallèle, Jérôme Powell disait hier que l'inflation était collante,
08:47eh bien là on aura un Jérôme Powell collant pour Donald Trump.
08:52Après le late Powell, toujours en retard Powell, comme l'appelle Donald Trump,
08:56sera sticky Powell peut-être.
08:58Bon, en tout cas, Wall Street l'a ouvert depuis un peu plus d'une heure,
09:00c'est toujours une baisse, moins 0,6 le S&P, moins 0,8 pour ce qui concerne le Nasdaq.
09:04Il y a quelques publications quand même au milieu de tout ça,
09:06au cœur de cette actu géopolitique très très lourde aujourd'hui.
09:09Micron a annoncé ses résultats, alors comme ça on se dit c'est génial,
09:12les résultats super bons, mais le titre perd quand même 2%, John.
09:15Oui, c'est fou, j'ai regardé la publication hier soir des résultats,
09:19ils sont exceptionnels, des records sur tous les indicateurs clés,
09:25revenus, marge, cashflow, tout, ça confirme la demande explosive
09:29qui est liée évidemment à l'intelligence artificielle.
09:32On a des perspectives, alors comme ça, tout le monde regarde les perspectives,
09:35elles sont tout aussi impressionnantes.
09:37Mais pourquoi est-ce que le titre baisse aujourd'hui ?
09:41Parce qu'apparemment, le consensus est en train de se dire
09:44que les marges sont extrêmement élevées, elles sont proches de 80%,
09:49et bien Micron potentiellement ne pourra pas soutenir ce rythme.
09:53Donc c'était très drôle parce qu'on va au-delà,
09:56les résultats sont bons, les perspectives sont bonnes,
09:58mais on se dit que maintenant, au-delà des perspectives,
10:02eh bien on pourrait peut-être être déçu.
10:03Donc vous voyez, jusqu'à où on va pour sanctionner un titre ?
10:07Bon, le titre baissait de 6%, maintenant plus que 2%,
10:11mais vraiment la qualité des chiffres de Micron était très très bonne.
10:14Oui, remarquable, mais ce titre perd 2%.
10:17Et puis à l'inverse, tout le monde se demande si Accenture existera encore dans 30 ans,
10:20enfin, ou dans 20 ans, ou dans 10 ans, ou dans 10 mois, qui sait ?
10:23L'IA va-t-elle remplacer un groupe comme Accenture ?
10:26C'est une armée de consultants, Accenture, 480 000 à travers le monde.
10:30Eh bien, ils ont publié leurs résultats hier soir, il y a quelques heures,
10:33il y a une heure et demie, Accenture.
10:35Ils ont annoncé leurs résultats, leur perspective, le titre gagne 2,8%,
10:38et que ça, Accenture, rassure les marchés aujourd'hui face au risque de l'IA.
10:42Oui, exactement.
10:43Et puis en fait, ce qu'ils disent très clairement, c'est que l'intelligence artificielle
10:46n'est pas une menace, mais un moteur de croissance.
10:50Et ça, c'est assez intéressant, parce que le discours est en train de changer.
10:53Alors évidemment, Accenture, potentiellement, est un peu à risque,
10:57mais Accenture utilise l'intelligence artificielle.
11:02Donc, très concrètement, on a une forte accélération des revenus et des contrats
11:07qui sont liés à l'intelligence artificielle dans l'ensemble de ces activités.
11:13Donc évidemment, on a eu un stress, on a eu un stress sur les softwares,
11:16on a eu un stress sur Microsoft, etc.
11:18Mais il ne faut pas oublier que ces entreprises,
11:20elles utilisent aussi l'intelligence artificielle qui peut leur bénéficier.
11:25Ce titre, Accenture, gagne donc 2,8%.
11:27Merci, John Plassard avec nous.
11:29C'est la Dream Team.
11:29Cité et gestion, Wall Street en baisse, le CAC 40 aussi.
11:32Il perd quasiment 2% en ce moment, Antoine.
11:357774 au plus bas, on revient sur les niveaux de septembre dernier, quand même.
11:42Septembre.
11:43Mine de rien.
11:447820 en ce moment, qui profite de l'embrasement des cours du gaz et du pétrole,
11:48surtout ce matin sur le gaz, la forte hausse.
11:50Total Energy, ce titre Total Energy, c'est rare, gagne 5% carrément aujourd'hui.
11:55Depuis le début de cette guerre, quand Total Energy progressait,
11:57c'était toujours 1 ou 2% de hausse.
11:59Et puis là, c'est 5%.
12:014.
12:018.
12:019.
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