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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion s'est penché sur le basculement vers une guerre énergétique au Moyen-Orient, le record historique de la dette américaine, et la baisse du titre Micron malgré ses résultats,. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:00D'abord notre vol Paris-New York direction Wall Street qui a ouvert depuis maintenant une heure.
00:05L'Adrine Thimela, bien sûr, John Plassart. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:08Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:10Et Antoine effectivement, John pour Cité Gestion et Antoine Larigauderie jusqu'à 18h en fil rouge. Rebonjour Antoine.
00:15Bonjour messieurs.
00:16Ça bouge, ça chauffe là sur les marchés. Antoine, le CAC est en baisse très très nette de 2%.
00:21Wall Street est ouvert depuis une heure, comment ça se passe là-bas ?
00:24On est en baisse aussi, baisse moins prononcée mais quand même, moins 0,93% pour le Nasdaq, moins 0
00:29,95% pour le Dow Jones, le S&P 500, moins 0,76%.
00:33C'est un tout petit peu plus mesuré on va dire sur les small et mid-cap américaines.
00:38Le Russell 2000 surperforme légèrement en ne perdant que 0,42%.
00:43La volatilité est relativement contenue on va dire, on grimpe mais pas au-delà des 26 points, c'est un
00:49petit peu au-delà, 26,30% sur l'indice VIX.
00:51Enfin, encore une fois tout ça reste mesuré mais les chiffres évidemment qui inquiètent tout le monde.
00:57111,57$ pour le Brent de mer du Nord, 96,92$ pour le brut léger américain et c
01:03'est ça qui véritablement instille une tendance très négative du côté des marchés européens.
01:08Moins 2% pour le CAC, 47 811 points, l'Euronext Tech Leaders, moins 2,5%.
01:12Effectivement, est-ce qu'on va vers l'embrasement là avec ce qui vient de se passer la nuit dernière
01:16?
01:16L'Iran, John, qui a attaqué vraiment une usine majeure de GNL du Qatar et désormais des ripostes verbales mais
01:22de plus en plus menaçantes des pays du Golfe vis-à-vis de l'Iran.
01:24Est-ce que c'est la boîte de Pandore qui est en train de s'ouvrir ?
01:27Je dirais que ça marque quand même un basculement vers une guerre énergétique directe.
01:32Avant il y avait des menaces, maintenant ces menaces sont mises à exécution, on a un risque de désorganisation durable
01:40de l'offre mondiale.
01:42Vous l'avez dit exactement avant, un durcissement du ton des pays du Golfe et ce qu'on oublie de
01:48dire souvent, c'est que lorsque vous détruisez quelque chose, il faut le reconstruire.
01:53C'est-à-dire que ce qui a été cassé au Qatar par exemple, pour reconstruire les facilités de gaz
02:00naturel liquéfié, il faudra des semaines, il faudra des mois.
02:03Imaginons que la crise, on l'espère, s'arrête demain.
02:06Donc on passe vraiment dans une chose où ça va durer.
02:10Et puis vous parliez de la boîte de Pandore, oui elle est ouverte, malheureusement elle est ouverte,
02:15puisque le risque bascule du prix, dont on parlait tout le temps, vers la disponibilité physique de l'énergie.
02:23Et ça, c'est ça qui est problème.
02:25C'est-à-dire qu'on peut, si on rouvrait le détroit d'Hormuz, on peut revoir des prix qui
02:32baissent nettement.
02:33Mais là, si vous n'avez plus la disponibilité parce que tout a été, ou une partie a été bombardée,
02:39eh bien ça pose un problème sur le moyen long terme.
02:44Donc évidemment, on va avoir, très certainement, on ne l'espère pas, mais on va avoir des représailles en chaîne.
02:49Donc c'est une dynamique d'escalade qui, historiquement, est très difficilement contrôlable.
02:56C'est ça le problème.
02:57On rentre dans une black box, on ne sait pas ce qui va se passer.
03:01Et c'est ça le problème pour les marchés, puis évidemment pour la région.
03:04Le PDG de Qatar Énergie qui s'exprime là il y a quelques minutes,
03:07il indique que les attaques iraniennes contre le Qatar ont endommagé des installations
03:11qui produisent 17% de la capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié de la compagnie.
03:17Et il ajoute qu'il faudra entre 3 et 5 ans, entre 3 et 5 ans pour les approvisionner,
03:22pour les réparer, ces installations.
03:24Entre 3 et 5 ans pour les réparer.
03:25Vous le disiez, ça pose, au-delà de la question des prix et des cours des matières premières,
03:29celle de la disponibilité future, avec donc des attaques désormais fortes,
03:33puissantes sur des installations stratégiques.
03:36Est-ce que le pétrole aussi réagit ?
03:38Alors on le voit bien sûr sur les cours aujourd'hui en direct,
03:40mais quand on regarde les contrats à terme, à moyen et long terme du pétrole,
03:43est-ce qu'on voit que ça commence aussi à progresser,
03:45puisque désormais l'Iran attaque directement et massivement
03:48des installations importantes de gaz et peut-être bientôt de pétrole ?
03:51On verra.
03:52Oui, et je vais vous dire une chose, c'est que ce qu'il faut vraiment relever,
03:57c'est lorsque le conflit, on ne l'espère pas,
03:59mais lorsque le conflit dépassera le mois.
04:02Parce qu'on estime, selon tous les calculs, que lorsqu'on rentre dans une crise énergétique
04:08qui dure plus d'un mois, il y a des répercussions vraiment directes sur les prochains chiffres,
04:13les prix à la production, les prix à la consommation, etc.
04:17On le voit déjà avec les prix à la pompe.
04:19Donc on est dans une situation où, si les cours du pétrole restent au-delà de 100,
04:26eh bien on intègre déjà quelque chose qui est assez fort
04:30et on va commencer de plus en plus de parler de crise énergétique.
04:35Et lorsque vous parlez de crise énergétique, pardon,
04:39eh bien on pense à l'année 79 qui sont des années évidemment assez fortes.
04:45Et après, personne aujourd'hui ne peut dire que le prix du baril n'ira pas à 150 dollars.
04:52Il n'y a pas très longtemps, si vous parliez de 150 dollars, c'était totalement impossible.
04:56Tout le monde oublie qu'en début d'année, le prix du baril était à 57 dollars.
05:0257 dollars.
05:03Alors maintenant, si vous parlez de 150 dollars,
05:06donc on est dans un régime, je dirais, de prix beaucoup plus élevé
05:09qui devrait se poursuivre.
05:11Et ça commence à être anticipé par les marchés.
05:14Oui, le problème, vous le disiez, c'est que cette guerre pourrait peut-être encore durer un peu.
05:17Le Pentagone envisagerait de demander une rallonge budgétaire au Congrès américain pour cette guerre,
05:22une rallonge de 200 milliards de dollars supplémentaires, John.
05:26Ben oui, ça va vraiment signaler aussi chez nos amis américains un basculement stratégique.
05:32C'est un soutien direct au secteur de la défense, à l'énergie, à l'industrie.
05:36Il y a un risque d'inflation.
05:38Vous avez bien entendu, Guillaume.
05:39Il y a un risque d'inflation supplémentaire via des dépenses publiques américaines.
05:43Donc évidemment, là, c'est un problème pour le gouvernement américain,
05:47mais aussi pour la réserve fédérale américaine.
05:49On va avoir une pression sur les taux longs parce qu'on va avoir une accentuation du déficit.
05:55Et puis, on rentre, et c'est dramatique de le dire, on rentre dans une logique économique de guerre.
06:02Et ça, on ne peut plus essayer d'éviter ce mot, même pour les États-Unis,
06:07parce qu'aujourd'hui, on est vraiment dans le cœur d'une guerre, j'allais dire mondiale.
06:14C'est un peu trop exagéré, mais tout le monde est impliqué.
06:17Donc, d'une certaine manière, c'est une implication mondiale de la guerre.
06:21Oui, tout le monde est touché par ce qui est en train d'arriver,
06:23la dette américaine qui, d'ores et déjà, dépasse les 39 000 milliards de dollars.
06:27Qu'en dit la Fed, justement ?
06:29Hier soir, Jérôme Powell s'est exprimé.
06:30La Fed a rendu sa décision politique monétaire, et c'est un statut court.
06:34Est-ce qu'on se dit qu'avec le discours de Jérôme Powell, on va aller bien vers une baisse
06:38de taux cette année,
06:39ou on y va un peu moins qu'on pourrait l'espérer ?
06:42Alors, c'est assez intéressant, parce que si on regarde les nuages de points,
06:47vous savez, les fameux dotplotes, on parie toujours, enfin la Fed parie toujours sur une baisse de taux cette année.
06:52Le consensus a changé totalement de braquet.
06:54Il pariait sur trois baisses, maintenant il est sur une.
06:57Mais si on voit, on a de plus en plus de membres qui se mettent sur un terrain neutre, entre
07:03guillemets,
07:04c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de baisse de taux.
07:06Et ça, c'est important.
07:07Pourquoi ?
07:08Parce que Jérôme Powell nous a dit, et Antoine aime beaucoup parler de la volatilité,
07:15le président de la Réserve fédérale américaine a dit une chose qui était très importante,
07:19et qui n'a pas été assez écoutée, c'est qu'il a dit,
07:21écoutez, maintenant, toutes les statistiques économiques qui vont venir seront très importantes.
07:27Ça veut dire très concrètement qu'on va avoir une volatilité beaucoup plus élevée qu'avant
07:33à chaque fois qu'on va avoir les chiffres de l'inflation de mars,
07:38les chiffres de l'emploi à partir de mars,
07:40et évidemment les chiffres de la croissance économique.
07:43Donc on rentre dans une situation où il y a un statu quo,
07:47mais c'est chaque donnée qui sera importante,
07:49de la data dependency qu'aime tellement Christine Lagarde,
07:53eh bien elle est en train de s'exporter vers les États-Unis.
07:56Et Jérôme Powell a indiqué qu'il resterait au bord de la Fed
07:59jusqu'à ce que la justice américaine dénoue l'enquête qui le vise, Jérôme Powell,
08:04voilà, tant que les choses ne seront pas éclaircies sur ce point,
08:06je resterai, alors pas président bien sûr, mais membre du bord de la Fed.
08:10C'est peut-être un bon signe sur l'indépendance de la Fed,
08:12c'est pas une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent des baisses de taux aux États-Unis,
08:14parce que Jérôme Powell n'est pas un faux con,
08:16mais il est quand même un peu moins pour des baisses de taux que son successeur potentiel au bord.
08:21Oui, tout à fait, et puis surtout on note que, vous savez,
08:24l'enquête qui poursuit Jérôme Powell, eh bien elle est là pour durer.
08:31On estime qu'elle pourrait durer plusieurs trimestres, voire plus loin que la fin de l'année.
08:36Donc, Donald Trump qui voulait se débarrasser de Jérôme Powell, eh bien il l'a,
08:41et si je peux faire un parallèle, Jérôme Powell disait hier que l'inflation était collante,
08:47eh bien là on aura un Jérôme Powell collant pour Donald Trump.
08:52Après le late Powell, toujours en retard Powell, comme l'appelle Donald Trump,
08:56sera sticky Powell peut-être.
08:58Bon, en tout cas, Wall Street l'a ouvert depuis un peu plus d'une heure,
09:00c'est toujours une baisse, moins 0,6 le S&P, moins 0,8 pour ce qui concerne le Nasdaq.
09:04Il y a quelques publications quand même au milieu de tout ça,
09:06au cœur de cette actu géopolitique très très lourde aujourd'hui.
09:09Micron a annoncé ses résultats, alors comme ça on se dit c'est génial,
09:12les résultats super bons, mais le titre perd quand même 2%, John.
09:15Oui, c'est fou, j'ai regardé la publication hier soir des résultats,
09:19ils sont exceptionnels, des records sur tous les indicateurs clés,
09:25revenus, marge, cashflow, tout, ça confirme la demande explosive
09:29qui est liée évidemment à l'intelligence artificielle.
09:32On a des perspectives, alors comme ça, tout le monde regarde les perspectives,
09:35elles sont tout aussi impressionnantes.
09:37Mais pourquoi est-ce que le titre baisse aujourd'hui ?
09:41Parce qu'apparemment, le consensus est en train de se dire
09:44que les marges sont extrêmement élevées, elles sont proches de 80%,
09:49et bien Micron potentiellement ne pourra pas soutenir ce rythme.
09:53Donc c'était très drôle parce qu'on va au-delà,
09:56les résultats sont bons, les perspectives sont bonnes,
09:58mais on se dit que maintenant, au-delà des perspectives,
10:02eh bien on pourrait peut-être être déçu.
10:03Donc vous voyez, jusqu'à où on va pour sanctionner un titre ?
10:07Bon, le titre baissait de 6%, maintenant plus que 2%,
10:11mais vraiment la qualité des chiffres de Micron était très très bonne.
10:14Oui, remarquable, mais ce titre perd 2%.
10:17Et puis à l'inverse, tout le monde se demande si Accenture existera encore dans 30 ans,
10:20enfin, ou dans 20 ans, ou dans 10 ans, ou dans 10 mois, qui sait ?
10:23L'IA va-t-elle remplacer un groupe comme Accenture ?
10:26C'est une armée de consultants, Accenture, 480 000 à travers le monde.
10:30Eh bien, ils ont publié leurs résultats hier soir, il y a quelques heures,
10:33il y a une heure et demie, Accenture.
10:35Ils ont annoncé leurs résultats, leur perspective, le titre gagne 2,8%,
10:38et que ça, Accenture, rassure les marchés aujourd'hui face au risque de l'IA.
10:42Oui, exactement.
10:43Et puis en fait, ce qu'ils disent très clairement, c'est que l'intelligence artificielle
10:46n'est pas une menace, mais un moteur de croissance.
10:50Et ça, c'est assez intéressant, parce que le discours est en train de changer.
10:53Alors évidemment, Accenture, potentiellement, est un peu à risque,
10:57mais Accenture utilise l'intelligence artificielle.
11:02Donc, très concrètement, on a une forte accélération des revenus et des contrats
11:07qui sont liés à l'intelligence artificielle dans l'ensemble de ces activités.
11:13Donc évidemment, on a eu un stress, on a eu un stress sur les softwares,
11:16on a eu un stress sur Microsoft, etc.
11:18Mais il ne faut pas oublier que ces entreprises,
11:20elles utilisent aussi l'intelligence artificielle qui peut leur bénéficier.
11:25Ce titre, Accenture, gagne donc 2,8%.
11:27Merci, John Plassard avec nous.
11:29C'est la Dream Team.
11:29Cité et gestion, Wall Street en baisse, le CAC 40 aussi.
11:32Il perd quasiment 2% en ce moment, Antoine.
11:357774 au plus bas, on revient sur les niveaux de septembre dernier, quand même.
11:42Septembre.
11:43Mine de rien.
11:447820 en ce moment, qui profite de l'embrasement des cours du gaz et du pétrole,
11:48surtout ce matin sur le gaz, la forte hausse.
11:50Total Energy, ce titre Total Energy, c'est rare, gagne 5% carrément aujourd'hui.
11:55Depuis le début de cette guerre, quand Total Energy progressait,
11:57c'était toujours 1 ou 2% de hausse.
11:59Et puis là, c'est 5%.
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