- il y a 12 heures
Tous les jours, les Informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:02Bonjour à tous, bienvenue dans Les Informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:07Bonjour Renaud. Bonjour Agathe.
00:09Au sommaire, l'angoisse et la déception parfois sur Parcoursup.
00:12La plateforme Postbac a-t-elle fini par faire ses preuves ou au contraire a-t-elle creusé les inégalités
00:19?
00:20Et puis l'autonomie de la Corse de retour dans le débat.
00:23Ceux qui jugent que ce projet est une menace contre la République ont-ils raison ?
00:28Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Valérie Gage, chef du service politique de RFI.
00:32Bonjour Valérie.
00:33Bonjour Agathe.
00:33Et Adrien Brachet, rédacteur en chef adjoint du service politique du Point.
00:37Bonjour Agathe.
00:38On commence donc Renaud avec Parcoursup, comparé par des jeunes à Hunger Games.
00:43Vous savez cette saga où les jeunes s'entendent sur les réseaux sociaux.
00:47Vous n'avez pas la règle ?
00:48Ça ne me dit absolument rien.
00:49Les ministres l'avaient. L'angoisse de Parcoursup.
00:53En tout cas, ce que je sais, c'est que Parcoursup, c'est cette plateforme d'admission Postbac,
00:57les premiers résultats sont tombés hier soir à partir de 19h.
01:01Plus d'un million de lycéens qui viennent de passer le bac ou d'étudiants en réorientation sont concernés.
01:06On se souvient que Parcoursup a été créé en 2018, a été l'objet de multiples polémiques.
01:12Certains ont jugé ce système, cette procédure trop complexe, d'autres trop opaque.
01:18Est-ce que finalement cet outil fonctionne ?
01:20Voici ce qu'en disait il y a quelques minutes sur ce plateau, celui qui était votre invité,
01:23Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.
01:28On a plus d'un million de candidatures sur la plateforme.
01:31C'est un chiffre qui est absolument gigantesque.
01:33Il n'y en a jamais eu autant.
01:34Il n'y en a jamais eu autant.
01:35Il y a une dizaine d'années, on était un peu au-dessus de 800 000.
01:37Donc vraiment, on voit bien qu'il y a une expansion, une croissance qui est extrêmement forte.
01:42Il y a aujourd'hui deux lycéens sur trois qui ont déjà reçu une réponse favorable.
01:46Si je prends la campagne de l'an dernier, à la fin, sur toute la France, on avait 34 jeunes
01:51pour qui on n'avait pas trouvé de solution.
01:52Que 34 sur toute la France ?
01:53C'est 34 de trop.
01:54C'est 34 de trop.
01:55Mais à la fin, c'était 34 pour un million de candidats.
01:58Alors après plusieurs polémiques, plusieurs années successives, un système aussi qui a été modifié, qui a été amendé parfois.
02:03Est-ce qu'effectivement aujourd'hui le système fonctionne, comme le dit le ministre Philippe Baptiste à l'instant ?
02:07Est-ce que le fait d'essayer de faire coller les demandes des étudiants et puis les formations proposées s
02:15'avère efficace ?
02:16Et puis au-delà de cette question justement des formations mises à disposition des étudiants,
02:21quels sont aujourd'hui les mots dont souffre l'université française ?
02:25Peut-être un manque de moyens, un manque d'investissement de l'État et comment y remédier ?
02:29Alors déjà sur Parcoursup, Adrien Braché, est-ce que ça a amélioré la situation des élèves ou au contraire ça
02:35a creusé les inégalités ?
02:37Et on peut se poser la question quand on voit que seuls 40% des bacheliers de 2020 ont obtenu
02:41leur licence après 3 ou 4 ans,
02:44c'est en baisse de 6,6 points par rapport à 2018.
02:47En fait il y a deux débats dans le débat, c'est-à-dire qu'il y a le débat
02:51sur l'outil, Parcoursup c'est une plateforme,
02:54et là il y a des débats notamment sur la question de la transparence dans les critères de sélection qui
03:00sont affichés sur la plateforme.
03:01Il y a aussi des questions sur les informations qui sont données aux élèves, par exemple sur les débouchés professionnels
03:07des différentes filières.
03:08Il y avait un rapport de l'Assemblée nationale cet hiver qui montrait que ça faisait partie des pistes d
03:14'amélioration.
03:15Il y a 25 000 formations au total sur Parcoursup, donc c'est difficile de s'y retrouver.
03:19Donc d'un côté il y a un outil qui est perfectible, mais attention, si on focalise trop le débat
03:24sur l'outil en tant que tel,
03:26on peut passer à côté du débat réel de fond à côté, qui est celui de l'orientation des élèves,
03:32comment on oriente bien les élèves, et comment on fait pour combler les inégalités d'accès à l'information sur
03:38les différentes filières entre élèves,
03:39et comment on fait ensuite, et vous l'avez souligné, pour qu'une fois qu'ils sont dans l'enseignement
03:45supérieur,
03:45les élèves réussissent, s'y épanouissent, et en effet le rapport dont je parlais tout à l'heure,
03:51issus d'une mission flash de l'Assemblée nationale, rappeler que la France, par rapport à ses voisins européens,
03:56se distingue par, je cite, un fort taux d'échec en licence des élèves,
04:02et notamment c'est là-dessus aussi qu'il faut travailler, comment on prépare les jeunes à l'enseignement supérieur,
04:09comment on fait qu'ils aient de bonnes conditions d'études, et qu'ils soient prêts,
04:12qu'ils aient tous les outils lorsqu'ils arrivent à l'enseignement supérieur, dans l'enseignement supérieur, pour réussir.
04:17Philippe Baptiste, le ministre de l'enseignement supérieur, disait tout à l'heure sur France Info,
04:20ces jeunes, ils ne jouent pas leur vie, il faut leur expliquer qu'ils pourront faire autre chose, tenter.
04:27Est-ce que c'est audible ça comme message, Valérie Gasse, quand vous recevez un nom,
04:30quand vous êtes en attente depuis trois ans, ou refuser depuis trois ans ?
04:34C'est le message de la raison d'un ministre en charge, et qui prêche pour sa paroisse.
04:40Mais en fait, en termes de ressenti pour les jeunes, qui arrivent au bac,
04:43c'est une étape vraiment dans la vie d'un jeune, on passe le bac, et ensuite on se lance
04:47dans les études.
04:49Quand on n'a absolument pas de visibilité, quand on a l'impression que c'est opaque et que ce
04:52n'est pas juste,
04:54on a aussi un peu l'impression qu'on joue sa vie parce qu'on va réussir ou pas à
04:59franchir cette étape.
05:00Et là, on voit qu'il y a toujours cet écueil sur le passage dans les études supérieures,
05:06entre une massification de plus en plus de jeunes ont le bac,
05:08et on a l'impression qu'avec des outils, en effet, on essaye de réguler,
05:12de trouver le moyen de faire passer tout ça au niveau des études supérieures et qu'on n'y arrive
05:16pas.
05:17Et du coup, c'est vrai que les lycéens font toute leur scolarité en se disant
05:22« Mais qu'est-ce qui va arriver à la fin ? »
05:25Et on va être dépendant de cet outil.
05:27En effet, c'est un outil, mais ils sont tous obligés d'aller là-dedans.
05:30Il y a de plus en plus de lycéens qui y vont.
05:32Et quand le ministre dit tout à l'heure « Oui, il n'y a eu que 34 élèves pour
05:39lesquels on n'a pas trouvé de solution »,
05:42voilà, c'est une manière de présenter les choses.
05:44Alors oui, il y a les chiffres, il y a la fin, à la fin des fins, il y a
05:46peut-être ce chiffre qui est certainement exact,
05:48mais c'est comme la température, il y a la réalité de la température et il y a le ressenti.
05:53Vous voulez dire qu'il y a peut-être plein d'élèves qui ont été dans des filières que vous
05:56n'avez pas réclamées ?
05:56Et qui n'ont été peut-être pas du tout où ils voulaient aller.
05:59Donc il y a des listes, on fait choix, on a des vœux.
06:01Et en fait, après, on s'adapte en fonction des réponses.
06:04C'est quand même très compliqué quand on est un jeune lycéen qui vient d'avoir son bac.
06:09Et d'ailleurs, il faut faire ça avant même d'avoir le résultat du bac.
06:12Donc c'est un système, et on le dit tous les ans.
06:17Et en effet, ça pointe une situation où on a de plus en plus d'étudiants
06:22qui sont en effet, les ministres se succèdent et le disent, mal orientés et mal préparés.
06:27Mais alors là, ça pose la question « Qu'est-ce qu'on fait au lycée ? »
06:30Et Renaud, juste pourquoi on ne laisse pas choisir ses élèves ?
06:33Justement, parce que je pense, moi, au contraire que ce système Parcoursup,
06:35et on le voit d'ailleurs d'année en année, fonctionne.
06:38Ah vous, vous y croyez ? Donc vous êtes comme le ministre ?
06:40Bien sûr, non mais ça fonctionne.
06:41Parce que la mission parlementaire, elle dit que ça ne fonctionne pas très bien.
06:43Non, la mission parlementaire, d'abord, je pense qu'il y a une contradiction,
06:46parce que la reproduction des inégalités, y compris dans l'enseignement supérieur,
06:49je ne suis pas du tout persuadé que ce soit lié à la mise en œuvre de cette plateforme post
06:53-bac Parcoursup.
06:54Je ne vois même pas bien le rapport.
06:55Parce qu'il est vrai que le système éducatif français, globalement,
06:58et bien avant l'enseignement supérieur, est un des systèmes qui reproduit le plus les inégalités,
07:02les inégalités sociales, on le sait, que là, il y a un problème d'ascenseur social,
07:06j'allais dire d'ascenseur scolaire qui ne fonctionne pas.
07:08Ce n'est pas du tout lié à Parcoursup.
07:09Pour ce qui est de Parcoursup, je pense que la procédure qui a été,
07:12d'ailleurs qui avait un peu bégayé au début, qui a été à plusieurs reprises modifiée,
07:15c'est mieux que ce qu'il y avait avant.
07:16Quand on dit que ce système est plus opaque, il faut se souvenir qu'avant,
07:19il y avait des universités où il fallait faire la queue toute la nuit.
07:23Certains, les plus anciens l'ont fait, pour essayer de décrocher une place.
07:27Il y avait des tirages au sort lorsqu'il y avait trop d'étudiants au regard des demandes.
07:33Et quand vous dites pourquoi est-ce qu'on ne laisse pas les étudiants choisir eux-mêmes ce qu'ils
07:37veulent,
07:37la réponse est dans la question aussi.
07:39On va tous peut-être avoir tendance à choisir des formations pour lesquelles on n'a pas forcément de niveau.
07:45J'aurais rêvé d'être fouleur professionnel, je n'ai pas été pris étrangement, je n'ai pas été candidat.
07:50Je plaisante, mais vous voyez, on ne peut pas laisser, évidemment qu'il faut un système global
07:53qui tienne compte des résultats d'abord des étudiants,
07:56et ensuite évidemment qui essaye de coller à leur demande dès lors que leur niveau permet d'y accéder.
08:00Donc moi je pense que c'est une plateforme qui fonctionne au regard de ce qu'est aujourd'hui l
08:05'université française.
08:05Plus d'un million de candidats, comme le disait le ministre,
08:08c'est 600 000 diplômés par an de l'université française.
08:11La massification de l'enseignement est telle que, heureusement,
08:15qu'il y a cette plateforme qui permet justement d'orienter peu à peu,
08:18avec plusieurs étapes, c'est un processus qui est long,
08:21et le ministre a raison quand il dit aussi sur un autre point,
08:23c'est compliqué à entendre, mais que les étudiants ne jouent pas leur vie,
08:26et encore moins sur la première étape de Parcoursup.
08:29Je pense d'ailleurs que les étudiants le savent, les jeunes, peut-être plus que leurs parents.
08:32Parce que nous, la génération des vieillères, en tout cas moi, celle-là à laquelle elle appartient,
08:38c'est vrai qu'une fois qu'on était dans une voie,
08:42on faisait la même formation d'abord et ensuite le même métier pendant des décennies.
08:45Les jeunes générations savent très bien d'abord qu'elles vont pour beaucoup,
08:49et on en connaît tous dans notre entourage,
08:50sont réorientés à plusieurs reprises,
08:52au sein d'enseignement supérieur, changer de formation,
08:55changer d'établissement, aller dans le privé, revenir dans le public, etc.
08:58Et ensuite, au fil de leur carrière, changer de profession.
09:01On le sait, encore plus sous l'impact évidemment de la révolution numérique,
09:04toutes les professions aujourd'hui sont bousculées,
09:06et un étudiant qui rentre en première année d'histoire,
09:12de sociologie ou autre à l'université,
09:14ne fera pas forcément, évidemment, 10, 15, 20 ans plus tard,
09:18toujours le même métier suivant cette même voie.
09:20Donc je pense que le monde a changé,
09:21et je pense d'ailleurs que les jeunes le savent peut-être un petit peu plus que leurs parents.
09:24Renaud est pro Parcoursup,
09:25mais il y a des écoles en face, des écoles privées,
09:28Adrien Brachet, qui profitent de ce système
09:30et de la peur qu'inspire Parcoursup aux parents et aux jeunes.
09:35Et donc ils essayent d'attirer dans leur filet ces jeunes-là,
09:38et il y a aussi des abus.
09:39Alors oui, c'est un sujet d'ailleurs sur lequel
09:41le ministère de l'enseignement supérieur travaille depuis longtemps,
09:44avant même l'arrivée de Philippe Baptiste.
09:46Ses prédécesseurs ont déjà essayé de plancher sur cette question-là,
09:49un certain nombre de parlementaires aussi,
09:51qui est la question de la régulation de l'enseignement supérieur privé.
09:55comment on fait pour qu'il y ait des labels très clairs,
09:58pour que les jeunes sachent quelles sont les formations réellement diplômantes,
10:05qui vont vraiment les insérer ensuite dans la vie active.
10:08Ce qui était dingue, c'est que ça n'existait pas avant.
10:10Il faut une loi pour qu'il y ait un label.
10:13La question, c'est est-ce que ça passe par des lois ou par des labels ?
10:15Ça, c'est une réflexion plus large.
10:17Mais en tout cas, c'est vrai qu'aujourd'hui, vous avez,
10:19on le disait tout à l'heure,
10:1925 000 formations qui sont proposées sur Parcoursup.
10:22C'est un peu une jungle.
10:24Donc, il y a besoin de clarifier pour les élèves
10:28quelles sont les différentes formations.
10:30En principe, au lycée,
10:31en tout cas en lycée général et technologique,
10:33ils sont censés, les élèves, avoir 54 heures annuelles d'orientation
10:38pour justement les sensibiliser à ça.
10:41Dans les faits, souvent, ces heures ne sont pas effectives.
10:44Donc, il y a un enjeu là-dessus.
10:46Et puis, il y a un enjeu aussi avant même.
10:48C'est-à-dire que dès la troisième, se posent des questions d'orientation
10:50et se posent aussi une question qui est un impensé français depuis très longtemps,
10:54qui est celle aussi de la revalorisation des filières professionnelles au lycée,
10:58montrer que ça peut être aussi,
10:59et que ce sont aussi des filières d'excellence.
11:02Ça fait partie aussi de la réflexion.
11:04Et c'est vrai que quand vous évoquiez la différence avec le privé,
11:07il y a effectivement des formations privées qui en profitent
11:10parce qu'elles sont aussi à but lucratif, il faut le dire.
11:12C'est aussi la particularité par rapport évidemment à l'université française.
11:16Il faut voir, on évoquait la massification,
11:19qu'il y a 38% d'étudiants à l'université qui sont des boursiers sur critères sociaux.
11:23C'est-à-dire que par définition, il n'y a pas l'écrémage lié aux droits d'inscription
11:28qui peuvent être extrêmement lourds, évidemment, dans les formations privées,
11:31que l'université française remplit une autre mission.
11:33Et je pense qu'il y a un autre problème qu'on n'a pas évoqué.
11:35Donc il faut évidemment faire le ménage.
11:37Et justement, peut-être que passer par la validation
11:39qui permet à ces formations d'être inscrites dans Parcoursup
11:43permettra de faire l'écrémage entre les vraies formations privées
11:46qui sont bien sûr parfaitement légitimes et utiles
11:48et celles qui effectivement sont plutôt des boîtes à fric
11:52qui ne délivrent pas une formation efficace.
11:53Et juste un dernier point, il y a un autre problème quand même.
11:55L'université qu'il faut évoquer, c'est qu'il y a 500 000 étudiants de plus en 10 ans
11:59sans que les moyens afférents n'ont été attribués à l'université
12:03alors que les effectifs croissent.
12:04Et il y a notamment la question du bâti.
12:08Les universités, en moyenne, les bâtiments ont à peu près 50 ans de moyenne d'âge globalement
12:12et ce sont des passoires thermiques, on le sait,
12:14ou des bouilloires thermiques d'ailleurs, ça dépend des saisons.
12:17Et on voit bien que là, il y a un déficit d'investissement de l'État de longue date.
12:21Ça ne date pas de ce gouvernement, c'est bien antérieur,
12:23mais vis-à-vis de l'université française.
12:25Tout à l'heure, Philippe-Baptiste nous disait qu'un élève coûtait à l'État environ 11 000 euros par
12:30an.
12:30Mais que dans ces 11 000 euros...
12:31Ce qui est beaucoup moins évidemment que les formations privées.
12:33Eh bien, il ne disait pas forcément tant que ça,
12:34mais ces 11 000 euros intègrent aussi la recherche et tout,
12:37ce qui fait qu'au final, c'est moins que dans le privé pour les étudiants qui sont dans le
12:42public.
12:42En tout cas, dans un instant, on va parler du projet de loi constitutionnel sur la Corse.
12:47Un autre sujet, certains disent qu'il menace l'unité de la République.
12:51Que faut-il en penser ?
12:52Mais pour l'instant, il est 9h19 et c'est l'Info en une minute avec Maureen Sunia.
12:56Plusieurs attaques ukrainiennes ce matin.
12:59Des drones ont touché Saint-Pétersbourg en Russie,
13:01où s'ouvre le forum économique, où se trouvent de nombreux dirigeants russes.
13:04Il n'y a pas eu de blessés.
13:06Un peu plus tôt, une frappe sur un bus relu en Moscou à la Crimée a fait 7 morts ce
13:10matin.
13:11Le profil du principal suspect dans l'affaire de la disparition de Liana se précise.
13:15Selon les informations de France Info,
13:16une plainte avait été déposée pour des faits de nature sexuelle sur une mineure dès 2020,
13:22mais elle avait été classée sans suite.
13:24Et l'année dernière, une petite fille de 10 ans l'a accusée de viol.
13:26Il n'a pas encore été entendu par les enquêteurs dans cette affaire.
13:30Le Parlement adopte le projet de loi sur les ruptures conventionnelles.
13:33Le texte transpose un accord conclu entre le patronat et certains syndicats.
13:37En cas de rupture d'un CDI, un salarié de moins de 55 ans touchera le chômage
13:41pendant au maximum 15 mois contre 18 aujourd'hui.
13:45Le Tchèque Mensik, 27ème mondial, décroche son ticket pour les demi-finales de Roland-Garros.
13:50A 20 ans, il va disputer sa première demi-finale en grand chelème.
13:54Ce sera vendredi face au numéro 3 mondial.
13:56Le grand favori, Alexander Zverev.
14:00France Info
14:04Les informés, Renaud Deli, Agathe Lambret
14:10Les informés avec Valérie Gachèvre du service politique de RFI
14:13et Adrien Brachet, rédacteur en chef adjoint au service politique au Point.
14:18Renaud, notre deuxième sujet, la Corse et un projet de loi constitutionnelle qui fait débat.
14:24Un projet de loi constitutionnelle qui est né, on s'en souvient, il y a 4 ans après l'assassinat
14:29en prison
14:31d'Yvan Colonna, pardon, qui était lui-même l'assassin du préfet Erignac.
14:34Il avait été assassiné en prison il y a 4 ans par l'un de ses co-détenus.
14:37Gérald Darmanin s'était rendu dans l'île, il y avait eu plusieurs journées d'émeutes
14:41et c'est là qu'à l'époque, Gérald Darmanin, qui était ministre de l'Intérieur,
14:43avait lâché ce mot d'autonomie et que se sont ouverts ces discussions
14:47qui aboutissent à ce projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République.
14:51Il a été adopté hier en commission des lois à l'Assemblée nationale
14:55avant de venir en débat le 16 juin dans l'hémicycle.
14:58La ministre de la décentralisation, Françoise Gattel, hier en commission,
15:02posait justement autour de cette question d'autonomie le dilemme en ces termes.
15:07Une autonomie de papier serait la pire des promesses,
15:11fort un symbole et faible endroit,
15:14mais ce texte doit éviter deux écueils,
15:17l'autonomie introuvable et l'autonomie incontrôlable.
15:21L'autonomie incontrôlable, alors c'est ce que justement déplore
15:26ou en tout cas redoute plutôt ceux qui s'opposent à ce texte.
15:29Pourquoi ? Parce que ce texte envisage, d'abord mentionne une communauté corse,
15:33je cite, ayant développé un lien singulier avec sa terre
15:35et puis ensuite veut donner la possibilité à la collectivité de Corse,
15:38je cite, d'adapter des lois et règlements,
15:43donc selon les spécificités de l'île, sous condition.
15:46Alors jusqu'où ?
15:47Jusqu'où l'île, en l'occurrence la Corse,
15:50pourrait adapter les lois et règlements ?
15:52Est-ce que c'est une porte de sortie hors de la République ?
15:55Et est-ce que ça pourrait faire école d'ailleurs
15:56pour d'autres collectivités territoriales ?
15:59Est-ce que cette loi menace l'unité de la République,
16:01comme le disent certains Valérie Gasse ?
16:03Le débat est posé, c'est vrai que dès qu'on parle d'autonomie en France
16:07et on a ce réflexe de dire,
16:11mais attention, il ne peut pas y avoir des territoires ou des citoyens de deux catégories,
16:16je pense qu'on n'en est pas là sur une véritable menace
16:20et que ce texte, il est très politique
16:22et qu'il y a un problème qui avait en effet émergé,
16:25il y avait eu des violences
16:26et que cet accord a été trouvé sur ce texte,
16:28donc on va voir le cheminement qu'il va avoir,
16:32mais il est clair que notamment à droite,
16:34il y a cette menace qui est mise en avant,
16:38notamment sur le fait d'adapter en effet les textes,
16:41les normes à la spécificité locale,
16:44donc de faire des différences.
16:46La fameuse nation qui est une et indivisible
16:48semble être challengée par ce texte sur l'autonomie de la Corse,
16:54mais il est vrai, comme le disait la ministre,
16:56que si on est encore une fois sur quelque chose
16:58qui relève de l'affichage
17:01et que derrière il n'y a rien,
17:02ce qu'elle appelait une autonomie de papier,
17:04on risque de retomber dans un problème politique.
17:07Donc ça va être une espèce d'équilibre de balance
17:10très difficile à tenir
17:12et on va voir comment ça va évoluer.
17:14C'est un problème récurrent.
17:15Est-ce que ça peut être en effet regardé par d'autres territoires ?
17:19On pense aux Bretons, aux Basques qui pourraient revendiquer aussi.
17:24Oui, potentiellement oui.
17:25Est-ce que c'est une autonomie de papier,
17:27pour reprendre l'expression de Valérie Gasse,
17:29ou est-ce que c'est une nation dans la nation,
17:31un État dans l'État qui est en train d'être créé, Adrien Brachet ?
17:33Alors c'est tout le débat.
17:34Déjà on n'est qu'au début de l'examen du texte,
17:36donc il faudra voir la copie qui arrive à la fin,
17:39mais en tout cas c'est le débat de fond
17:42entre les partisans du texte et les opposants au texte.
17:45Les partisans du texte, comme Emmanuel Macron
17:47lorsqu'il s'était exprimé en 2023 à Ajaccio,
17:49disent que ce ne sera pas une autonomie contre l'État
17:52ni une autonomie sans l'État.
17:54A l'inverse, en effet, les gens qui fustisent ce texte
17:57craignent qu'il crée un statut vraiment beaucoup trop particulier
18:01pour un territoire au sein de la République.
18:03C'est par exemple le cas de Jean-Michel Blanquer,
18:05l'ancien ministre de l'Éducation nationale,
18:07qui s'exprime chez nos confrères de l'Express ces derniers jours
18:10et qui s'inquiète de politiques, je cite,
18:12« fondées sur les identités particulières
18:15et non sur la citoyenneté française ».
18:17Donc on voit bien que le débat de fond il est là
18:19et je pense qu'en effet ça dépasse largement
18:22le débat qu'on a là à la question de la Corse.
18:24Ça nous renvoie à ce débat en fait
18:26qui est le débat qu'a la France presque depuis la Révolution française,
18:28qui est cette tension entre cette vocation universelle de la République
18:32et cette reconnaissance des identités particulières.
18:36L'historien Mona Ouzouf avait fait un magnifique livre
18:39qui s'appelle « Composition française » il y a quelques années
18:41sur son enfance bretonne notamment,
18:43où elle parle de cette tension-là
18:45qui se pose depuis longtemps au sein de la République.
18:48En tout cas, je pense que l'erreur,
18:49ce serait de considérer que c'est un texte
18:53qui est simplement technique,
18:55qui est simplement une question purement politicienne.
18:58C'est un texte qui, que l'on soit pour ou contre,
19:01je pense peut avoir des implications beaucoup plus larges.
19:03extrêmement important, vous avez raison, ce texte.
19:05Vous citez Jean-Michel Blanquer a raison.
19:08Le constitutionnaliste Benjamin Morel aussi
19:10explique que ce texte,
19:12derrière l'aspect technique que vous évoquiez,
19:14pose de lourds enjeux justement à ce qu'est la République.
19:19Il faut rappeler qu'il n'y a pas, à ce stade,
19:21les premières revendications des nationalistes corse.
19:23Ils en ont lâché quelques-unes au grain de la discussion.
19:25Il y avait notamment la co-officialité de la langue corse,
19:27ou encore l'octroi d'un statut de résident
19:30qui permettrait justement, en clair, aux Corses
19:33qui bénéficieraient de ce statut de résident
19:35d'avoir une forme de privilège
19:38dans l'accès à la propriété en particulier.
19:40Donc tout ça, là, ça soulevait évidemment,
19:43il y a un caractère inconstitutionnel,
19:44on se souvient, c'est le quatrième statut de la Corse
19:47qui était en débat, on se souvient,
19:48les plus anciens se souviennent de la notion de peuple corse
19:50qui était dans un statut déposé à l'époque
19:52par Pierre Joach, ministre de l'Intérieur sous François Mitterrand,
19:54et qui avait été jugé inconstitutionnel.
19:56Donc c'est une très longue histoire.
19:58Et le problème et le risque, c'est qu'effectivement,
20:00ça peut faire école, puisqu'on voit d'ailleurs apparaître
20:02dans d'autres régions un certain nombre de revendications
20:05régionalistes liées notamment à la langue,
20:07par exemple, et pas seulement.
20:08Donc il y a ce risque-là.
20:09Et juste un dernier point, ça c'est derrière le symbole.
20:12Et ce qui est frappant d'ailleurs, c'est que
20:13ce mot autonomie est brandi comme un symbole,
20:15soit comme un épouvantail, soit comme
20:17justement un emblème par d'autres,
20:19et notamment les nationalistes au pouvoir,
20:21alors que les vrais problèmes et les vraies urgences
20:23de la Corse ne sont pas là.
20:25A priori, le véritable enjeu,
20:26ce n'est pas le changement de statut,
20:27c'est le développement économique de la Corse.
20:29On sait que de longue date, il y a des problèmes,
20:31la continuité territoriale, le développement économique.
20:33C'est la seule région de France,
20:34c'est la seule région de France
20:35où il n'y a toujours pas à ce stade de CHU.
20:38Alors il y a une proposition de loi
20:39qui vient d'être adoptée au début de l'année,
20:41au mois de février.
20:42Transpartisane d'ailleurs, cette proposition de loi,
20:44afin que la Corse soit enfin dotée d'un CHU
20:47dans les années qui viennent.
20:49Elle doit revenir en débat.
20:50Mais il faut savoir par exemple
20:51que jusque-là, ça a toujours des conséquences très concrètes.
20:5526 000 patients vivant en Corse
20:58sont transférés chaque année sur le continent
21:00pour pouvoir justement accéder à un CHU.
21:03Donc on voit bien que là,
21:04il y a des urgences économiques
21:06sur lesquelles d'ailleurs, étrangement,
21:08les nationalistes au pouvoir
21:09mettent moins l'accent que sur l'emblème de l'autonomie
21:11qu'ils veulent à tout prix arracher à la République.
21:14Il y a un autre emblème,
21:15c'est celui de communauté Corse.
21:17Voilà, il y a le terme de communauté Corse.
21:18Dans ce texte, il n'y a pas peuple Corse,
21:20comme c'est le cas en 1991,
21:22mais il y a effectivement, sur le plan symbolique...
21:24D'ailleurs, ce terme avait été contesté
21:26par le Conseil d'État
21:27qui avait demandé certaines modifications,
21:28mais le gouvernement a voulu rester
21:30sur le texte original.
21:32Et c'est aussi un signe politique.
21:33On voit bien que ce texte est avant tout politique.
21:35On verra s'il va au bout.
21:37Merci beaucoup les informés.
21:38Merci Adrien Brachet,
21:40rédacteur en chef adjoint au service politique du Point.
21:43Vous avez la une du Point.
21:44Oui, Ukraine, l'armée qui stupéfie le monde.
21:47Et j'en profite puisqu'on parlait de Parcoursup.
21:48Notre hors-série aussi est toujours en kiosque
21:50avec tous les conseils sur Parcoursup.
21:52Parfait, vous êtes dans la thématique des informés.
21:54Merci Valérie Gass,
21:57chef du service politique de RFI.
21:59Merci Renaud.
21:59On se retrouve demain.
22:00Et les informés reviennent ce soir
22:02à 20h avec Victor Maté.
22:04Merci.
22:05Merci.
22:05Merci.
22:07Merci.
22:08Merci.
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