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  • il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:00...
00:05Heureuse de vous retrouver, vous êtes dans Les Informés.
00:07Nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter l'actualité.
00:11Bonjour Renaud Delis.
00:11Bonjour Agathe.
00:12A la une aujourd'hui, nous sommes à J-3 du second tour.
00:16Et après un débat électrique, on va se demander quels sont les rapports de force à Paris.
00:20Le socialiste Emmanuel Grégoire, pris en tenaille entre la droite et LFI, pourra-t-il s'imposer ?
00:26Rachida Dati peut-elle transformer son retard ?
00:29Et puis à Nice, le non-choix de Bruno Retailleau entre la droite et l'extrême droite sème la zizanie.
00:35Chez LR, pourquoi cette réaction ?
00:37Pour tout comprendre ce matin, nos informés, Myriam Ancawa, présentatrice de l'émission Tout est politique,
00:42les vendredis, samedis, dimanches de 18h à 20h sur France Info TV.
00:46Bonjour Myriam.
00:47Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:48Et Sylvain Courage, directeur agent de la rédaction du Nouvel Obs.
00:50Bonjour Sylvain.
00:51Bonjour.
00:52On commence donc Renaud avec la bataille pour Paris.
00:55Grégoire seul contre toute.
00:56Au premier tour, Emmanuel Grégoire avait donc une douzaine de points d'avance sur Rachida Dati,
01:01sauf qu'entre les deux tours, la situation s'est compliquée pour le candidat socialiste et de Lyon de la
01:06gauche,
01:07parce que la candidate Sofia Chikirou, l'insoumise Sofia Chikirou, se maintient,
01:11après lui avoir tendu la main, mais il n'a pas voulu fusionner avec les insoumis.
01:15Et puis en revanche, Rachida Dati a fusionné sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel,
01:20qui était le candidat soutenu par Renaissance et Horizon,
01:22une fusion que n'a pas voulu endosser lui-même Pierre-Yves Bournazel,
01:26puisqu'il s'est retiré de la liste.
01:28Et elle a obtenu aussi le retrait de Sarah Knafo,
01:31Sarah Knafo qui appelle très clairement à battre la gauche,
01:34dit-elle, la candidate d'extrême droite du parti Reconquête.
01:37C'est donc plus compliqué pour Emmanuel Grégoire.
01:40Alors, le résultat s'annonce beaucoup plus serré,
01:43ce qui explique l'appel en quelque sorte au vote utile qu'a fait Emmanuel Grégoire
01:47il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:49Au deuxième tour, c'est celui qui arrivera en tête, qui gagnera.
01:55Si j'arrive un tout petit peu derrière Rachida Dati, la gauche perdra Paris.
02:00Et donc chaque voix va compter dimanche pour que la gauche puisse continuer
02:05à gouverner la ville de Paris.
02:08Emmanuel Grégoire accuse Rachida Dati d'être soutenu par l'extrême droite
02:12depuis le retrait de la candidate Reconquête de Sarah Knafo.
02:15Et il a mis explicitement en cause sur ce plateau il y a quelques minutes
02:18Emmanuel Macron, le chef de l'État, en accusant Emmanuel Macron
02:21d'être intervenu à différents niveaux, dit-il, pour faire pression,
02:25pour inciter au retrait de Sarah Knafo en faveur de fait de Rachida Dati.
02:30Emmanuel Grégoire a même accusé le président de la République
02:32d'être ces dernières années l'un des principaux responsables de l'effondrement moral.
02:37Il a parlé de fautes morales.
02:39Alors pourquoi cette mise en cause ?
02:40Est-ce qu'effectivement il y a eu des interventions ?
02:42Est-ce qu'effectivement Rachida Dati est devenue de fait la candidate
02:45aussi soutenue par l'extrême droite ?
02:46Et est-ce que tout ça peut finalement faciliter la victoire de Rachida Dati
02:50et provoquer la défaite d'Emmanuel Grégoire ?
02:52Il a un peu lâché une bombe ce matin, Miriam Mankawa et Emmanuel Grégoire,
02:55en mettant en cause comme ça directement Emmanuel Macron.
02:58Qui imagine le président aller se mêler de popoles parisiennes
03:02pour que ça arrête la posée de vous très bien ?
03:04Non, alors quand on a l'habitude de suivre l'Elysée et ce président de la République,
03:09on sait, et c'est la dissolution qui le prouvient,
03:13que c'est un président qui a du mal à déconnecter complètement des affaires politiques.
03:18Mais alors vraiment, je n'accuse personne,
03:21et je ne reprends pas du tout à mon compte les accusations fortes de cet entre-deux-tours.
03:25C'est un fait de campagne ce matin ce qui s'est dit sur votre antenne.
03:29On a un peu l'impression que c'était la séance de rattrapage d'Emmanuel Grégoire
03:32qui n'a pas pu en placer une, peut-être voulait-il le dire hier dans le débat.
03:35Il était impossible pour lui, vraiment pris en tenaille entre les deux candidats,
03:41d'exister ne serait-ce que deux minutes d'affilée dans le silence.
03:45Ce qui se passe là, c'est très clairement une main tendue.
03:48Il s'adresse aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel.
03:50Il s'adresse à tous ceux qui, au fond, ont un peu du mal à avaler la pilule du retrait
03:55de Sarah Knafo,
03:57à commencer par Pierre-Yves Bournazel lui-même,
03:59puisqu'il a décidé de les jeter complètement à l'éponge
04:02et en se retirant, se retirer de cette campagne parisienne.
04:06Et là, il jette un pavé dans la mare.
04:10Il y aura des réactions, c'est sûr.
04:12On attend de savoir comment l'Élysée, les premiers intéressés vont réagir.
04:16L'Élysée va sans doute démentir.
04:18Bien sûr, le chef de l'État est au-dessus de la mêlée,
04:21mais c'est vrai que Rachid Dadati était et toujours la candidate d'Emmanuel Macron.
04:27Et on voit bien pourquoi il fait ça maintenant, à trois jours du premier tour.
04:32Il s'agit d'essayer de diviser au maximum.
04:35Il faut bien voir que s'il récupère 50% des électeurs de Pierre-Yves Bournazel,
04:39c'est encore gagnable.
04:40Largement, il y a une dynamique.
04:42Il y a des abstentionnistes qui peuvent aller voter au deuxième tour
04:44qu'il n'avait pas fait au premier.
04:45Et s'il arrive, même un bon gros tiers, à faire reporter Bournazel chez lui,
04:51c'est totalement gagnable.
04:52Donc c'est très serré.
04:53Rien n'est perdu pour Emmanuel Grégoire.
04:54D'où cette attaque de dernière minute.
04:57Il y a deux choses qui sont certaines, Sylvain Courage.
04:59C'est un, qu'Emmanuel Macron soutient Rachid Dadati.
05:02Le pacte remonte à plusieurs années.
05:03Et deux, ce président nous a montré qu'il était capable de se mêler de politique politicienne,
05:10du nom du troisième de liste, de toutes les élections.
05:15Emmanuel Macron peut aller dans le détail.
05:17Donc finalement, est-ce que ce serait si surprenant que ça qu'il ait cherché à aider au retrait de
05:22Sarah Knafo ?
05:23C'est imaginable.
05:24Et depuis les débuts de la Ve République, je ne crois pas qu'il y ait eu un seul président
05:28qui ne se soit pas mêlé des élections.
05:30Surtout quand il s'agit de la capitale, Paris,
05:33et qui prend une valeur symbolique essentielle dans cette campagne.
05:38Quand en plus le président a choisi de longue date une candidate, Rachid Dadati.
05:42Et donc, voilà, son intérêt est du côté de Rachid Dadati.
05:45Mais je n'ai aucun élément sur une éventuelle intervention directe.
05:48Ce qui est curieux, c'est qu'Emmanuel Grégoire n'ait pas fait usage de cette information
05:53s'il l'avait lors du débat.
05:54Parce que Rachid Dadati n'a cessé de l'agresser.
05:58Et il avait là un argument intéressant à lui jeter au visage.
06:02Il ne l'a pas fait.
06:03Alors l'a-t-il appris depuis ?
06:04Veut-il s'adresser spécifiquement aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel ?
06:09Parce que finalement, ce sont ceux qui n'estiment pas Rachid Dadati
06:14qui pourraient du coup se sentir trahis
06:18et aller plus facilement vers un vote favorable à Emmanuel Grégoire au second tour.
06:24Bon, c'est effectivement des propos de fin de campagne.
06:27Ça montre l'enjeu, l'investissement des forces en présence.
06:32Voilà, après, il faut attendre maintenant évidemment le verdict des urnes.
06:37Personne ne connaît la clé de répartition des reports.
06:40Et donc, tout le monde spécule, fait des additions et on verra.
06:43Dans cette accusation, je pense qu'il faut distinguer les faits et l'analyse.
06:46Les faits, il y en a deux, en tout cas à ma connaissance.
06:49Vous posiez la question, imagine-t-on le chef de l'État se préoccuper de Popol
06:53à l'échelle locale, comme vous le disiez ?
06:54On sait en tout cas qu'il l'a très clairement fait pour le retrait de Pierre-Yves Bournazel.
06:58Pour faire fusionner Pierre-Yves Bournazel contre son...
07:03Malgré lui, presque quasiment avec Rachid Dadi.
07:05On sait qu'il y a eu des interventions à tous les niveaux,
07:07que tous les responsables de la majorité d'Edouard Philippe à Emmanuel Macron s'y sont mis.
07:12On sait qu'Emmanuel Macron, lui-même, il a incité Rachid Dadi à nouer le dialogue avec Pierre-Yves Bournazel.
07:17Il a mis la main à la patte, de ce côté-là en tout cas, pour ce qui est de
07:20Pierre-Yves Bournazel.
07:20Donc, il s'est occupé au premier chef depuis le début, et depuis longtemps en faveur de Rachid Dadi,
07:24de cette élection municipale.
07:26Il l'a fait encore ces toutes dernières heures et ces tous derniers jours.
07:28Le deuxième point que je sais, en tout cas, c'est qu'à l'Élysée, on s'est réjouis du
07:32retrait de Saraknafo.
07:33Très clairement, on s'en est réjouis.
07:35Moi-même, j'en ai été l'écho.
07:36Je ne parle pas d'Emmanuel Macron lui-même, mais de certains de ses conseillers,
07:39se sont réjouis du retrait de Saraknafo en disant que ça changeait la donne
07:42et que c'était intéressant ce qui se passait pour la droite parisienne.
07:45Fin de citation.
07:45A partir de là, ça, ce n'est pas un fait qui confirmerait une intervention directe d'Emmanuel Macron
07:50pour se faire retirer Saraknafo.
07:53Mais je peux vous livrer ces deux faits-là.
07:55Voilà.
07:55Ensuite, il y a ce qui relève de l'analyse.
07:57A partir de ces deux faits-là, il n'est pas totalement invraisemblable
08:00que d'une façon ou d'une autre, Emmanuel Macron ait fait passer le message auprès de certains
08:03qu'il serait bon que Saraknafo se retire.
08:06Mais ça, je n'ai pas de faits qui peuvent valider cette analyse-là.
08:09Et le dernier point, ce qui est vrai, c'est qu'aussi le fait, la conclusion,
08:12c'est qu'aujourd'hui, Rachida Dati, elle est soutenue d'Emmanuel Macron à Éric Zemmour.
08:16Ça, c'est un fait.
08:16Elle est soutenue par Emmanuel Macron, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Éric Zemmour,
08:20puisqu'il n'y a pas de fusion avec Saraknafo, ce que réclamait Saraknafo.
08:24Mais en revanche, il y a clairement un appel à voter en faveur de Rachida Dati contre la gauche.
08:29Et ça, c'est vrai qu'il n'y a personne parmi les macronistes qui s'en indigne officiellement,
08:34c'est-à-dire ouvertement.
08:35On reçoit les uns ou les autres, moi j'en ai reçu, des messages de députés macronistes
08:38qui sont indignés et qui disent qu'évidemment, ils ne pourraient pas voter Rachida Dati soutenu par Reconquête.
08:43Mais pour l'instant, ils ne le disent pas.
08:44Ah non, ils ne le disent pas publiquement.
08:46Sauf un, d'ailleurs ce matin, c'est dans les colonnes de l'Opinion,
08:48l'un des fondateurs de Renaissance,
08:52l'ex-conseiller spécial et très proche d'Emmanuel Macron,
08:54Philippe Granjon, qui dit ce matin dans les colonnes de notre confrère de l'Opinion
08:58qu'il ne peut en aucun cas soutenir Rachida Dati
09:00et qu'il votera pour Emmanuel Grégoire.
09:01Ça illustre quand même, on va dire, l'état d'esprit des macronistes originels,
09:07si je dois dire, ceux qui étaient justement à la naissance du macronisme il y a 10 ans.
09:10Mais qui sont effectivement de moins en moins nombreux.
09:12Philippe Granjon qui était un grand partisan du dialogue social.
09:15Miriam Ancawa, autre front pour Emmanuel Grégoire sur sa gauche,
09:20Sofia Chikirou, tout à l'heure il disait que son but dans cette campagne c'était de le faire perdre.
09:25Est-ce qu'il a raison ?
09:26Oui, hier le débat a un peu illustré cette idée.
09:30On avait vraiment le sentiment qu'il était pilonné des deux côtés
09:35et que Sofia Chikirou, qui était véritablement à l'aise,
09:38parce qu'elle était là déjà, être là dans ce débat était déjà une victoire pour elle,
09:43elle donnait vraiment l'impression qu'elle était plus obsédée par faire perdre Emmanuel Grégoire
09:47que battre la droite à Paris après 25 ans.
09:51Voilà, donc de faire gagner la droite.
09:53Donc ce qui est très frappant, c'est que j'ai trouvé moi dans ce débat
09:57qu'il avait tenté, je dis bien tenté parce que ce n'était pas simple,
10:02de se concentrer sur Achille Haddati
10:04en essayant d'expliquer à quel point c'était son adversaire,
10:08mais en refusant de considérer que Sofia Chikirou était son adversaire également,
10:13il a essayé malgré tout de montrer qu'il y avait quelques combats communs.
10:19Et je ne suis pas certaine que ce soit forcément très lisible,
10:22étant donné qu'il a quand même besoin de récupérer un maximum de voix de Sofia Chikirou,
10:28mais tout en étant très très très ferme sur ses valeurs,
10:31puisque s'il fait trop le lien avec Sofia Chikirou,
10:34il risque de perdre entre les deux tours des voix qui se seraient portées sur son nom au premier tour.
10:38Donc voilà, moi j'ai trouvé qu'il avait la chance d'être ce matin sur ce plateau
10:44pour rattraper un débat très très cacophonique
10:47où il était vraiment la cible numéro un.
10:50Autre expression qui m'a marquée ce matin, c'est le pacte du diable.
10:53J'y reviens, parce qu'il y a cette accusation très forte contre Emmanuel Macron.
10:56Mais il y a cette expression, ce mot de diable qui vise Rachida Dati
11:03qui aurait entendu que le diable avait changé de corne et était passé sur Jean-Luc Mélenchon.
11:07Le pacte du diable aujourd'hui, ce serait Rachida Dati qui en serait la responsable.
11:13Donc il a été plus fort et plus malin ce matin qu'il n'a pu la trier.
11:17Y a-t-il un pacte du diable dans le sud de la France, aussi entre la droite et l
11:21'extrême droite ?
11:22Bruno Retailleau en tout cas est tenté par l'union des droites.
11:25Tout de suite, il est 9h17 et c'est l'info en une minute, on en parle juste après.
11:30Maureen Sunia.
11:31A ce stade, le gouvernement n'envisage pas de baisser les taxes face à la flambée des prix de l
11:35'énergie.
11:36Les prix du pétrole augmentent de 5% encore ce matin.
11:39Ceux du gaz européen de 35%, conséquence directe des frappes ces dernières heures
11:44sur des sites énergétiques au Moyen-Orient.
11:46En Iran, au Qatar et au Koweït, où deux incendies sont en cours dans des raffineries
11:50après des attaques de drones.
11:52A Dubaï, cette fois, les autorités veulent empêcher la diffusion de vidéos d'attaques iraniennes.
11:57Au moins trois Français ont été interpellés pour avoir filmé des frappes.
12:00Ils risquent jusqu'à deux ans de prison et 50 000 euros d'amende.
12:04Le consulat est en lien avec eux, assure ce matin la porte-parole du gouvernement.
12:08Sur France Info, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire,
12:12accuse Emmanuel Macron d'être intervenu à différents niveaux dans la campagne
12:17pour aider au retrait de Sarah Knafo.
12:19La candidate d'extrême droite a retiré sa liste pour le second tour dimanche
12:23pour, dit-elle, battre la gauche.
12:25Des amendes de 300 à 400 euros.
12:27Une vingtaine d'utilisateurs de l'IPTV ont été condamnés dans le Pas-de-Calais hier.
12:31L'IPTV permet de regarder la télévision ou des plateformes via Internet
12:35et sans payer d'abonnement.
12:43Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret.
12:49Les informés avec Myriam Ancawa, présentatrice de l'émission
12:52Tout est politique sur France Info TV.
12:54Et Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs.
12:56Renaud, on passe à notre deuxième débat.
12:59Où vont les Républicains ?
13:00Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a suscité un vrai tollé,
13:04y compris dans son camp, y compris dans son parti d'ailleurs,
13:07hier, lorsqu'il a refusé de choisir entre Christian Estrosi, le maire sortant de Nice,
13:11et son adversaire Éric Ciotti, le chef de file du parti UDR allié au Rassemblement National,
13:17donc le candidat soutenu par l'extrême droite,
13:19pour le second tour des municipales à Nice.
13:21Il a appelé Bruno Retailleau, les niçois votés en leur améconscience,
13:24sans donner de consignes à cause des conditions, dit-il,
13:27de cette campagne absolument délétère,
13:28dans laquelle je ne me retrouve pas ni d'un côté ni de l'autre.
13:30Aussitôt, de multiples réactions à droite ont sommé Bruno Retailleau de rectifier le tir.
13:37Mais Éric Ciotti, lui, en tout cas, s'est réjoui, évidemment, de ce signe,
13:42de ce clin d'œil, de ce soutien implicite en sa faveur.
13:45Il y voit d'ailleurs un élément qui va dans le sens de ce qu'il appelle l'union des
13:49droites.
13:49C'était hier soir au journal de 20h de France 2.
13:51Je crois que les Français, aujourd'hui, veulent cette union de façon de plus en plus majoritaire,
13:56que les électeurs de droite la souhaitent,
13:59et que cette union, elle est inéluctable, qu'elle l'avance.
14:03Et en tout cas, moi, j'ai été son artisan, sans doute un des premiers, au moment des législatives.
14:09C'est vrai qu'Éric Ciotti était l'avant-garde éclairé de cette union de la droite
14:12et de l'extrême droite des législatives de 2024.
14:14Est-ce que ce pavé dans la marre jeté par Bruno Retailleau est un signe supplémentaire ?
14:19Alors, il a rectifié le tir un peu plus tard dans la journée,
14:22sous la pression conjuguée d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe,
14:25mais aussi du président du Sénat, Gérard Larcher,
14:27du président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand,
14:29ou encore de l'ancien Premier ministre, Michel Barnier,
14:31qui tous ont exhorté Bruno Retailleau à rectifier le tir.
14:35Donc, il a confirmé, finalement, dans l'après-midi,
14:38qu'il condamnait le rapprochement d'Éric Ciotti avec l'extrême droite,
14:41ce qui a rassuré, en quelque sorte, Christian Estrosi.
14:45C'était ce matin chez nos confrères de France Inter.
14:47Bon, écoutez, j'ai été surpris par cette position de Bruno Retailleau.
14:53Il est revenu dans la journée, très clairement, sur sa position.
14:57Je mets tout cela sur un moment d'égarement.
15:00Il a rappelé très clairement qu'il avait désigné,
15:03comme chef de file, la sénatrice Dominique Estrosi-Sassonne
15:07pour les Républicains, qui sont extrêmement nombreux sur ma liste,
15:10et qu'à partir de là, il n'y avait aucune ambiguïté à cet égard.
15:15Alors, est-ce qu'il n'y a vraiment aucune ambiguïté ?
15:17Est-ce que c'est juste un moment d'égarement, un petit coup de fatigue de Bruno Retailleau ?
15:21Ou est-ce que c'est, quand même, l'amorce d'un virage stratégique pour les Républicains ?
15:24Si Éric Ciotti l'emporte à Nice, grâce à son alliance avec l'ERN,
15:28si, d'ailleurs, dans le même temps,
15:30Rachida Dettil l'emportait à Paris grâce au soutien de Reconquête,
15:34est-ce que tout cela ne dessinerait pas un nouveau paysage,
15:36et de nouvelles relations entre la droite et l'extrême droite ?
15:38On voit que vous êtes très dubitatif, Renaud.
15:41Et vous, Sylvain Courage, c'est-il d'un moment d'égarement ?
15:44Il y a de quoi douter, non, ce n'est pas du tout un moment d'égarement.
15:46On connaît l'ambition de M. Retailleau,
15:49qui veut être le chénon manquant entre la droite et l'extrême droite,
15:52mais en restant sur la rive de la droite traditionnelle,
15:55tandis que M. Ciotti a franchi le Rubicon, et il est sur l'autre rive.
15:58Donc, il s'adresse des signes de part et d'autre.
16:01Mais la vérité, c'est que Brune Retailleau a évidemment un intérêt à essayer de créer cette communication
16:08entre la droite classique et l'extrême droite.
16:11Il l'a prouvé, et quand il était au ministère de l'Intérieur,
16:14il avait la même liberté de parole, qui parfois indisposait,
16:18donc il faisait un pas de recul, mais à chaque fois il avance.
16:21Donc, il est récidiviste, on peut dire, dans ce domaine.
16:24Et donc, M. Estrosi doit faire bonne figure,
16:28parce que lui, il a un second tour à affronter dimanche,
16:31donc il faut qu'il essaye de rassembler,
16:32en vertu d'accords électoraux que Bruno Retailleau,
16:36quand même président de LR, a piétiné publiquement.
16:40Donc, on voit qu'à droite, cette question de la fusion,
16:44ou de l'union des droites, selon la terminologie en vigueur,
16:48continue à poser des problèmes, mais qu'effectivement,
16:50elle avance imperceptiblement.
16:52Et donc, Éric Ciotti, lui, se réjouit,
16:55parce qu'il pense avoir été l'éclaireur,
16:58l'avant-garde de ce mouvement,
17:00et il attend que ses petits camarades le rejoignent.
17:03Est-ce que Bruno Retailleau fait ça vraiment par conviction,
17:06Méramankawa, où on peut aussi se dire,
17:08c'est la dernière ligne droite,
17:10Éric Ciotti a fait une bonne campagne,
17:12et c'était aussi une campagne, pardon,
17:14mais marquée par les coups bas.
17:15Peut-être qu'il est aussi un peu déçu
17:16par le candidat sur lequel il avait misé, Christian Estrosi.
17:19D'ailleurs, il l'a dit,
17:20il dit que c'est cette campagne délétère,
17:23on pense à ce qui s'est passé avec cette tête de cochon.
17:26On soupçonne, Christian Estrosi,
17:27d'être à l'origine d'une tête de cochon dirigée contre lui-même.
17:29C'est le côté véritablement un peu nauséabond de cette campagne,
17:33qui fait qu'il ne veut pas choisir,
17:35et qu'il laisserait les Niçois et les Niçois choisir
17:37entre Ciotti et Estrosi.
17:38Moi, je mettrais un bémol quand même,
17:40parce que, oui, il y a une forme de laboratoire à Nice,
17:42qui préfigure peut-être ce qui va se passer à la présidentielle,
17:45mais quand vous regardez bien dans le détail,
17:47l'union des droites qui est à l'oeuvre,
17:49c'est plutôt l'union de la droite LR
17:53et de reconquête libérale sur l'aspect économique.
17:59Et pas du tout, du tout, le RN.
18:01Quand vous demandez vraiment ce que pense Marine Le Pen à Bruno Retailleau,
18:06quand vous lui dites qu'il la trouve médiocre,
18:09et tout simplement, il dit,
18:10moi, je suis contre l'union des droites
18:11parce que je ne veux pas m'allier avec la gauche.
18:13Il considère que Marine Le Pen, c'est la gauche.
18:15Donc, si vous voulez, on est encore très, très loin
18:17d'une union RN, canal historique, si je puis dire,
18:21c'est-à-dire Marine Le Pen,
18:21Oui, parce qu'il est en train d'évoluer, le RN.
18:23C'est-à-dire le RN du Nord, le RN de l'Est,
18:26ce RN qui a fait sa victoire
18:28et qui a pris le vote ouvrier, avec LR.
18:30Et quand vous regardez Ciotti,
18:32souvenez-vous qu'il y a Éric Ciotti,
18:34c'est quand même quelqu'un qui s'est battu pour Elisabeth Borne
18:37pour que ses troupes à l'Assemblée nationale,
18:38les Républicains, votent la réforme des retraites
18:41et l'allongement à 64 ans.
18:43Ce n'est pas du tout le même programme économique
18:45que Marine Le Pen.
18:47Loin de là.
18:47Donc, si vous voulez, ce qui est en train de se mettre en place,
18:49c'est, oui, un programme d'un Bardella
18:52qui serait piloté par le MEDEF
18:54sur l'économie libérale,
18:57avec une partie de LR.
18:58Mais loin, voilà.
18:59Et dernière chose, pour l'instant, la main tendue,
19:01sur le terrain, LR, RN,
19:02quand vous regardez dans les villes,
19:04elle n'est pas tendue, elle n'est pas saisie.
19:05Loin de là.
19:06Je pense que vous dites sur Marine Le Pen,
19:07sauf que c'est fini, Marine Le Pen.
19:09Vous croyez, vraiment ?
19:10Évidemment, à priori,
19:11elle ne devrait pas pouvoir être candidate
19:12à l'élection présidentielle de 2027.
19:14On voit bien que c'est Jordan Bardella
19:15qui est aujourd'hui le chef,
19:16et c'est lui qui donne le ton,
19:18qui donne la ligne.
19:18Lui aussi, il a appelé à voter Rachadati à Paris.
19:20Et globalement, il a proposé, d'ailleurs,
19:22il y a quelques mois,
19:22une alliance déjà à droite, à la droite, etc.
19:25Donc, on voit très bien
19:27que Jordan Bardella a pris les rênes du parti,
19:29de la stratégie, il l'a défini.
19:30Et à priori, pour les raisons judiciaires qu'on connaît,
19:32ce sera lui qui devra porter les couleurs du rêne
19:35à l'Assemblée, pardon, à la présidentielle,
19:38si la condamnation de Marine Le Pen est confirmée en appel.
19:40Donc, dès lors, on voit bien que tout se met en place.
19:42Il y a des pièces du puzzle qui se mettent en place
19:43qui vont toutes dans le même sens.
19:45On s'interroge souvent sur
19:46est-ce qu'on pourra tirer des leçons nationales
19:48de ces élections municipales.
19:49Il faut toujours être très prudent.
19:50Souvent, ça n'a absolument rien à voir.
19:51Et on tire des plans sur la comète
19:53qui ne se concrétisent pas.
19:54Mais avec une grande prudence,
19:57je crois que, de part et de droite,
19:58à droite et à gauche,
19:59il y a deux hypothèses qu'on peut formuler.
20:00Vous évoquez l'alliance.
20:02En tout cas, l'alliance, aujourd'hui,
20:03au premier tour, on l'a vu à droite,
20:05c'est une alliance LR-Renaissance,
20:08LR-Bloc-Macroniste,
20:09Modem, Horizons, etc.
20:10Sauf qu'elle a échoué quasiment partout.
20:12C'est-à-dire qu'à Paris, à Lyon, à Marseille,
20:14les scores sont extrêmement décevants.
20:15Et il y a d'innombrables autres cas
20:17dans toutes les grandes métropoles.
20:18On voit bien que cette addition-là,
20:20Bloc-Central plus LR,
20:21ça fait une soustraction.
20:22À l'inverse, on voit à Nice, par exemple,
20:26et on le verrait aussi,
20:27si Rachalati était élu,
20:28non pas à l'issue d'une alliance,
20:29mais à l'issue du soutien de Sarah Knafo,
20:31que l'addition LR plus extra-droite,
20:34que celle-ci soit ERN,
20:36ciotiste ou reconquête,
20:37ça pourrait gagner.
20:38Je pense que ça pourrait faire école
20:40après ces élections municipales
20:41si jamais cette configuration-là se produit.
20:44À droite, certains diront
20:46« Regardez, on s'allie avec les macronistes,
20:48on perd.
20:48Quand on s'allie avec le RN,
20:49on gagne. »
20:50Même chose à gauche,
20:51juste un point,
20:52c'est ce qui se joue
20:53dans les relations entre socialistes et insoumis.
20:55Si jamais les fusions socialistes-insoumis fonctionnent
20:58et que c'est la gauche qui gagne,
20:59ça incitera un peu plus les socialistes
21:01à s'entendre avec les insoumis.
21:02À l'inverse,
21:03si les socialistes qui ont refusé
21:04l'alliance avec les insoumis
21:06réussissent finalement à l'emporter,
21:08on peut penser à Marseille,
21:09voire à Paris,
21:10il y a aussi Montpellier,
21:11Rouen et quelques autres villes,
21:12ça pourrait peut-être inciter un peu plus
21:13les socialistes à cultiver
21:14leur indépendance
21:15vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon
21:16à l'approche de la présidentielle.
21:18Un mot, juste il est vaincourage,
21:19vous voulez terminer ?
21:20Oui, enfin,
21:21je voulais terminer en évoquant
21:22la une du nouvel homme.
21:24Je me préparais.
21:27Je me préparais à un exercice difficile
21:28car il s'agit d'un spécial immobilier.
21:30Ah, mais c'est originel !
21:31Voilà,
21:31le marché d'immobilier
21:32est plus clair que les élections.
21:34C'est long,
21:34c'est long d'acheter ?
21:35Oui, largement.
21:37Très bien,
21:37tous les détails
21:38dans cette édition.
21:40Merci beaucoup Sylvain Courage,
21:42directeur à jour
21:42de la rédaction du Nouvelle Obs.
21:44Merci Miriam Bankawa,
21:45je rappelle votre émission.
21:46Tout est politique
21:47les vendredis, samedis, dimanche,
21:4918h-20h
21:50sur France Info TV.
21:51Et merci Renaud.
21:52Merci à vous Agathe.
21:53Les informés reviennent ce soir
21:54à 20h avec Victor Maté.
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