- il y a 2 jours
Tous les matins, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:01Générique
00:06...
00:06Bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:12Bonjour Renaud Delis.
00:12Bonjour Agathe.
00:13A la une aujourd'hui, deux questions.
00:15Comment se prémunir du terrorisme low cost des jeunes recrutés sur Snapchat
00:21pour quelques centaines d'euros pour commettre un attentat ?
00:24Tout cela dans l'ombre de la menace de l'Iran.
00:29Et puis cette autre question, pourquoi les élus RN enlèvent-ils les drapeaux européens des façades de leur mairie ?
00:36Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Aurélie Arbemont, chef adjointe du service politique de France Info.
00:42Bonjour Aurélie.
00:43Bonjour.
00:43Et Adrien Brachet, rédacteur en chef adjoint du service politique au Point.
00:46Bonjour Adrien.
00:47Bonjour.
00:47On commence donc Renaud, au gouvernement confronté à cette menace d'un terrorisme low cost difficile à tracer.
00:54Après l'attentat déjoué le week-end dernier contre le siège parisien de la Bank of America,
00:59il y a eu plusieurs interpellations à la suite de cet attentat déjoué.
01:03En particulier d'ailleurs, plusieurs mineurs ont été interpellés.
01:07L'enquête évidemment est en cours.
01:10Et Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, a souligné d'abord le lien direct qu'il fait entre cet
01:15attentat et le régime iranien et Téhéran.
01:18Il évoque en quelque sorte des proxys, ce qu'on appelle des proxys, des intermédiaires au service du régime des
01:26MOLA
01:26qui seraient donc les commanditaires de cet attentat comme il y en a eu d'autres d'ailleurs en Europe,
01:33aux Pays-Bas ou en Belgique ces derniers jours.
01:34Et puis il insiste sur le profil bien particulier des jeunes et en particulier des mineurs
01:39qui ont été recrutés entre guillemets comme petites mains pour commettre cette attaque contre le siège parisien de la Bank
01:45of America.
01:46Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur qui était votre invité il y a quelques minutes.
01:49Et il y a toute une chaîne d'intermédiaires avant d'arriver évidemment aux commanditaires.
01:53Et ce à quoi ils recourent, ce sont souvent des délinquants de droit commun.
01:56Alors on va parler justement...
01:58Qui, en moyennant quelques centaines ou quelques milliers d'euros, commettent ces actions violentes.
02:01C'est vraiment l'appât du gain qui les fait agir.
02:03Et ce sont souvent des jeunes qui sont déjà un peu rentrés dans la délinquance, parfois violente.
02:08Mais eux-mêmes ne savent même pas pour quelle cause ils commettent cette action.
02:12Eux-mêmes parfois ne savent même pas pour quelle cause ils commettent cette action, dit Laurent Nunez.
02:16Donc comment éradiquer, comment endiguer cette menace-là, effectivement, d'un terrorisme low-cost
02:22où des gamins sont recrutés pour quelques centaines d'euros.
02:25Et comment se prémunir aussi de l'influence directe du régime iranien,
02:29puisqu'il le cible, Laurent Nunez, en en faisant de Téhéran le commanditaire de ses actions.
02:35Une menace terroriste supplémentaire qui vient s'ajouter à un climat politique extrêmement dégradé,
02:42extrêmement tendu, le tout à l'approche d'échéance électorale capitale l'an prochain.
02:47C'est la plus difficile, cette menace, à Cernay, à Adrien Braché.
02:51Laurent Nunez ne le cachait pas que c'était extrêmement difficile.
02:54Oui, parce que comme il l'a dit, on est face à ce qu'il appelle des proxys,
02:58c'est-à-dire que le régime iranien a cette capacité à avoir des intermédiaires un peu partout
03:04pour le moins possible montrer son implication,
03:07alors que visiblement, au vu de ce que dit Laurent Nunez, il est derrière.
03:10Et c'est difficile parce qu'il va s'appuyer en effet sur des petites mains
03:13qui sont donc plus difficiles à repérer par les services de renseignement.
03:18C'est une menace qui existe au niveau français, mais qui existe dans l'ensemble au niveau européen, en fait.
03:24Et l'Europe, d'ailleurs, ne cessait de dire qu'ils sont dans une posture défensive dans ce conflit au
03:32Moyen-Orient.
03:33On voit bien que l'Iran a des volontés, que le régime iranien a la volonté de mettre la pression,
03:40même si là, officiellement, ce sont les intérêts américains qui sont visés,
03:45ou les intérêts de la communauté juive dans un certain nombre de pays européens.
03:48Il y a quand même la volonté du régime iranien de mettre la pression sur l'Europe,
03:52que ce soit à travers ces proxys dont on parle, à travers ces potentielles attaques,
03:57mais aussi à travers toute une série de propagandes sur les réseaux sociaux,
04:01avec des vidéos d'intelligence artificielle, par exemple.
04:03Et bien sûr, la menace économique, en particulier avec le blocage du détroit d'Orbouz dont on parlait.
04:08Mais c'est vrai que c'est compliqué d'anticiper ces actes violents.
04:13Tout à l'heure, Laurent Nunez disait, on peut faire des patrouilles,
04:16mais on n'a pas les moyens d'avoir des policiers stationnés en permanence devant tous les lieux potentiellement visés.
04:24Donc, il faut des patrouilles dynamiques.
04:26On voit bien que ça demande une agilité pour y répondre, qui n'est pas facile.
04:32Il y a des synagogues qui ont été incendiées en Belgique et aux Pays-Bas début mars.
04:36Il y a eu une explosion devant la Banque of New York à Amsterdam.
04:40Ensuite, des ambulances d'une association juive détruite à Londres.
04:43Et puis, cet attentat déjoué devant la Banque of America à Paris.
04:47Laurent Nunez insiste sur le fait que ce sont les intérêts américains et juifs essentiellement qui sont visés.
04:53À travers cela, c'est aussi la France, Aurélie, sur laquelle pèse une pression ?
04:58Mais oui, parce qu'on peut dire que ce sont des intérêts américains ou la communauté juive dans ces différents
05:05pays d'Europe qui sont visés.
05:06sauf que c'est sur le territoire français ou belge, vous le rappeliez.
05:10Donc, c'est une espèce de menace, de pieuvre avec ces tentacules qui peut frapper un peu n'importe où.
05:19Certes, ce sont les intérêts américains, mais ce n'est pas pour ça que la France n'est pas visée,
05:25effectivement.
05:26Imaginons que cet attentat n'ait pas été déjoué.
05:28Il est possible que ça ait pu faire des victimes parmi des Français.
05:32Donc, il y a un côté totalement imbriqué dans tout ça qui fait qu'effectivement, cette menace, d'ailleurs cette
05:37menace terroriste,
05:38depuis le début, le week-end du déclenchement de la guerre en Iran, c'était une inquiétude pour le gouvernement
05:43français.
05:44Dès le début, il y a eu des consignes qui ont été passées de vigilance aux forces de l'ordre.
05:49D'ailleurs, il faut rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont réussi à déjouer cette attaque.
05:53Parce que, comme le disait Adrien, ce qui est le plus terrifiant, et comme le disait aussi le ministre,
05:58c'est que pour une poignée d'euros, quasiment, des gens qui ne savent même pas pourquoi est-ce qu
06:03'ils posent une bombe sont prêts à le faire.
06:05C'est ça qui est vraiment terrifiant et qui rend la menace un peu diffuse, extrêmement difficile à tracer.
06:10C'est beaucoup plus facile, j'imagine, pour des services de renseignement, de surveiller des réseaux organisés.
06:16Là, vous avez un peu le retour de loups solitaires qui sont capables, pour une poignée d'euros,
06:21d'essayer de faire exploser des banques ou d'autres lieux dans ce qui s'est passé ces derniers jours
06:29dans le reste de l'Europe.
06:30C'est assez terrifiant et ça crée un peu une ambiance particulière.
06:34Ça peut frapper un peu n'importe où, n'importe quand.
06:36Renan ?
06:37Oui, Laurent Nunez, il fait de la politique, évidemment, de la politique intérieure d'une part,
06:41et puis aussi il justifie la position diplomatique de la France.
06:44Donc, de la politique intérieure, quand il appelle à davantage de vigilance.
06:47C'était le cas, d'ailleurs, dès ce week-end, évoquant, je cite, un télégramme aux forces de sécurité intérieure,
06:52le contexte inhérent aux opérations israélo-américaines en Iran,
06:55qui impose, dit-il, le plus haut niveau d'attention, donc renforcer les mesures de vigilance,
07:00plus particulièrement pour protéger les intérêts américains
07:03ou les intérêts de la communauté juive en France, évidemment.
07:06Et puis, il souligne que la France n'est pas belligérante elle-même,
07:09ce qui, d'ailleurs, on l'a encore entendu ces dernières heures,
07:12cause le courroux répété de Donald Trump en particulier,
07:16ce qui est vrai, mais ce qui ne veut pas dire pour autant que la France ne soit pas ciblée.
07:20Parce qu'il faut rappeler qu'il y a eu, depuis le début de ce conflit,
07:22un soldat français qui a été tué en Irak par un proxy pro-iranien,
07:25justement par une milice pro-iranienne en Irak.
07:28Donc, le fait que la France, ce qui est vrai, ne soit pas en guerre contre l'Iran,
07:34ne contraint pas, très clairement, Téhéran à ne pas considérer que nous soyons quand même des ennemis.
07:38Alors, soit au moins des alliés des États-Unis et d'Israël,
07:42au regard de Téhéran, au regard du régime des Mola,
07:44soit même des ennemis, ce qui explique, par exemple,
07:46qu'il y a eu ce soldat français tué par un groupe pro-iranien
07:50qui a justifié cette action, justement, par le déclenchement de la guerre contre l'Iran.
07:55Et juste un deuxième point sur la nature du terrorisme que vous évoquez à l'instant,
07:58c'est vrai que le terrorisme est extrêmement pluriel dans ces modes d'action, évidemment.
08:02On a en tête tous la mémoire de l'année 2015 et de ces commandos organisés
08:10qui s'agissent, enfin, en l'occurrence, je pense plus au 13 novembre,
08:13de commandos organisés extrêmement importants quantitativement
08:16et coordonnés depuis des mois et pilotés depuis l'étranger.
08:20On a aussi vu depuis une dizaine d'années se multiplier les attaques dites au couteau,
08:25en particulier d'individus autoradicalisés, souvent et souvent par l'intermédiaire d'Internet,
08:31pas exclusivement mais souvent, on connaît ces profils-là
08:33qui sont extrêmement difficiles déjà à déjouer pour les services de renseignement.
08:36Et là, on voit apparaître une troisième forme de terrorisme,
08:40ces gamins recrutés pour quelques centaines d'euros,
08:43donc juste par vénalité, sans même d'ailleurs savoir pourquoi on les recrute
08:46pour aller poser une bombe ou incendier un bâtiment ici ou là.
08:51Donc ça, c'est effectivement encore plus difficile de s'en prémunir
08:55pour les réseaux de surveillance et de l'antiterrorisme.
09:00À cela s'ajoute un climat de violence politique,
09:04notamment depuis le second tour des municipales.
09:08Alors, les huées des maires sortants, les huées en politique,
09:11les insultes, ça a toujours existé, notamment Valéry Giscard d'Estaing
09:14à son départ de l'Elysée, il a été hué aussi, sifflé par les Français.
09:18Adrien Braché, est-ce que c'est différent aujourd'hui ?
09:20Parce que tout le gouvernement est monté au créneau
09:23et Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, tout à l'heure nous disait
09:25« Là, quand même, cette campagne a été particulièrement délétère
09:29et il y a de quoi s'inquiéter pour la présidentielle ».
09:31Est-ce qu'il a raison ?
09:32Oui, on voit qu'on est dans un climat de polarisation politique
09:37extrêmement inquiétant, avec à la fois des propos violents, haineux,
09:41avec des actes violents.
09:44Le Premier ministre, hier, lorsqu'il s'est exprimé à l'Assemblée nationale,
09:47Sébastien Lecornu, a dit, je cite,
09:49« La manière dont se sont passées de manière globale
09:51ces élections municipales ne sont pas une réussite collective ».
09:55Donc je pense que c'est vrai qu'il y a une interrogation collective
10:00et on le voit quand on parle avec les personnalités politiques des différents bords
10:04ou même lorsqu'on fait des reportages avec les Français.
10:08Il y a un peu une inquiétude sur la tournure que va prendre cette élection présidentielle.
10:12Est-ce qu'on va avoir la capacité à aborder des débats de fond de manière sereine
10:17et sans tomber dans l'invective, dans la polarisation ?
10:22Ou est-ce qu'on va encore une fois passer totalement à côté des débats de fond ?
10:28Je pense qu'il y a une inquiétude démocratique profonde
10:32et Laurent Nunez l'a rappelé, Sébastien Lecornu aussi,
10:36sur notre façon à débattre.
10:39On est à quand même un an environ d'une élection présidentielle
10:43et on a l'impression que les grands sujets de fond,
10:46les grands débats sociétaux que nous devrions avoir,
10:48nous n'arrivons pas à les avoir.
10:50Aurélie Herbemont, vous en avez connu beaucoup, comme moi,
10:52des campagnes sur le terrain.
10:54On a fait des meetings qui étaient violents,
10:56on a reçu des bouteilles d'eau.
10:58Oui, il y a des journalistes qui se sont parfois fait cracher dessus,
11:01se faire insulter.
11:02Mais là, ce qu'on voit, c'est qu'on a l'impression
11:04qu'il y a une telle polarisation politique
11:07que là où c'est terrible, c'est que la démocratie,
11:10normalement, c'est fait pour purger les débats.
11:12Les débats peuvent être vifs, trancher des options politiques
11:14pour le pays, mais à la fin, on n'est pas censé
11:17vouloir anéantir l'autre.
11:19Il y a normalement un côté assez fair play dans la politique.
11:22Tu as gagné, bravo, félicitations,
11:25et puis on fera peut-être la revanche la prochaine fois.
11:27Là, il y a un côté, vraiment, c'est camp contre camp
11:31et limite, il faut...
11:33Aucun respect républicain.
11:33Aucun respect républicain.
11:35Je t'ai mis à terre, c'est bien fait pour toi
11:37et je t'insulte par-dessus le marché.
11:39Donc, c'est vrai que le côté soupape de sécurité
11:43de la démocratie qui permet de purger les débats,
11:46on a l'impression que là, on le perd un petit peu.
11:47Il faut vraiment mettre à terre l'autre
11:50et puis celui qui gagne, gagne tout
11:52et les autres n'ont plus qu'à se taire
11:53et aller se réfugier ailleurs, en boule, quelque part.
11:57Donc, c'est un climat assez particulier, effectivement.
12:00Juste un petit mot, Adrien.
12:01En même temps, ce n'est pas extrêmement surprenant.
12:03Dès lors que sur l'espace, on va dire, des droites,
12:05c'est l'extrême droite qui domine de façon massive l'espace politique
12:08et qu'à gauche, c'est la gauche radicale
12:10ou l'extrême gauche insoumise qui donne le ton.
12:12Ce qui donc explique, c'est ce climat d'hystérilisation identitaire réciproque
12:16qui se nourrissent l'une l'autre.
12:17D'un côté, vous évoquiez les huées, les bousculades,
12:21le caractère revanchard parfois,
12:22et certains maires sortants qui, lors de la proclamation des résultats,
12:26ont été exfiltrés de façon fort peu républicaine de leur mairie, justement.
12:29Et de l'autre côté, il y a ces insultes, ces propos ignobles, racistes
12:34qu'a subi le nouveau maire de Saint-Denis,
12:36comme d'autres élus, d'ailleurs, considérés en quelque sorte
12:38comme illégitimes au regard d'une autre France, justement.
12:41D'une France profondément raciste, celle-là.
12:44Je ne parle pas, évidemment, de l'ensemble de la France,
12:46mais de cette frange-là.
12:47Et donc, ce contexte hystérique alimente, effectivement,
12:51un climat extrêmement malsain,
12:53où tout de suite, effectivement, on ne dialogue plus,
12:55on ne débat plus, mais on délégitime l'adversaire.
12:58C'est aussi, d'ailleurs, le face-à-face que veulent ces tendances politiques.
13:01Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon rêvent de se retrouver
13:03face-à-face au second tour de l'élection présidentielle.
13:05Et un dernier point, dans ce contexte-là,
13:07et on l'a abordé au début de ce débat,
13:08il y a deux surcroît, des influences, on va dire,
13:11de sujets, de tensions, voire de guerres extérieures,
13:14qui peuvent peser sur ces affrontements identitaires
13:17et même parfois communautaires,
13:19au sein même, au cœur même de notre République, de notre démocratie.
13:22C'est pour ça que le climat a quand même foncièrement changé
13:24par rapport aux élections présidentielles antérieures.
13:26Adrien Brachet ?
13:27Je rejoins totalement cette idée de distérisation identitaire,
13:31c'est-à-dire cette notion que l'autre n'est plus un adversaire,
13:35mais un ennemi.
13:36Et ce qui est très préoccupant,
13:37c'est que c'est le phénomène qu'on a observé aux États-Unis,
13:39en fait, dans les récentes campagnes présidentielles,
13:42entre démocrates et républicains.
13:43Et on voit que ce phénomène de polarisation,
13:46de distérisation identitaire, comme le disait Renaud,
13:48est en train d'arriver chez nous.
13:50Et c'est extrêmement préoccupant.
13:51Dans un instant, les informés,
13:53on va parler du Rassemblement National
13:55et des nouveaux élus qui retirent le drapeau européen de leur mairie.
13:59Mais pour l'instant, il est 9h20,
14:01et c'est l'Info en une minute avec Moïne Sunier.
14:04Si la France ou un autre pays veut avoir son pétrole ou son gaz,
14:08ils se débrouilleront tout seuls.
14:10Voici l'une des déclarations de la nuit du président américain.
14:13Donald Trump affirme que les États-Unis
14:15mettront fin à la guerre en Iran d'ici 2-3 semaines,
14:18que le détroit d'Hormuz soit débloqué ou non.
14:20Et conséquence directe,
14:22le prix du baril perd 5% sur les marchés ce matin.
14:25Une revalorisation pour les infirmières libérales.
14:28Les syndicats et le gouvernement se sont mis d'accord.
14:30Les 130 000 infirmières libérales françaises
14:32vont être progressivement augmentées
14:35de plus de 500 millions d'euros annuels,
14:36l'équivalent de 300 euros de chiffre d'affaires en plus par mois.
14:40Cet accord enterrine aussi l'élargissement de leurs compétences.
14:43C'est un projet controversé, celui de CIGEO,
14:46le projet d'enfouissement des déchets nucléaires
14:48les plus radioactifs à Bure, dans la Meuse.
14:51L'État estime finalement qu'il coûtera plus de 33 milliards d'euros.
14:54En 2016, les autorités tablaient sur 25 milliards d'euros.
14:58Et puis l'heure tourne pour les élèves de terminale
15:00ou les étudiants qui se réorientent.
15:02Ils ont jusqu'à ce soir à 23h59 pour compléter leur dossier
15:06et confirmer leur vœu sur Parcoursup,
15:08la plateforme qui permet de s'inscrire sur des formations
15:10d'enseignement supérieur.
15:14France Info
15:17Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret.
15:24Avec Adrien Brache, c'est rédacteur en chef adjoint du service politique au point
15:27et Aurélie Herbemont, chef adjoint du service politique de France Info.
15:31Renaud, on passe à notre deuxième débat,
15:33des nouveaux maires à Rennes qui enlèvent certains drapeaux.
15:36Et oui, le Parti d'Extremote a gagné plusieurs dizaines de communes en France
15:39lors de ses élections municipales.
15:40Et un petit peu partout, de nombreux maires Rennes,
15:42par exemple à Arne dans le Pas-de-Calais,
15:44à Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes
15:46ou encore à Carcassonne dans l'Aude et ailleurs,
15:48ont pris une première décision.
15:50Et leur toute première décision, c'est de retirer
15:52le drapeau européen du fronton de leur mairie.
15:56Alors, pourquoi cette décision ?
15:57Voici comment Marine Le Pen l'a justifié hier,
16:00interrogée dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
16:03Vous savez qu'il y a eu un référendum en 2005
16:06qui a rejeté la Constitution européenne.
16:08Dans la Constitution européenne, il y avait des drapeaux, lignes, etc.
16:12Rien ne prévoit de mise en œuvre des drapeaux sur les mairies,
16:16des drapeaux européens, rien.
16:17Je ne vois pas le rapport avec les subventions.
16:21Hélas, l'Union européenne ne fabrique pas l'argent dans ses caves.
16:24Et l'argent, il vient directement de la poche des Français.
16:27Alors ça, c'est vrai, l'argent de l'Union européenne
16:29vient directement de la poche des Français.
16:30C'est d'ailleurs ce que reprochent les adversaires de Marine Le Pen
16:33dans le cadre de l'affaire des assistants dits fictifs du Rassemblement national.
16:37Justement, ces détracteurs l'accusent d'avoir,
16:39puisqu'elle est poursuivie pour détournement de fonds publics,
16:42détourné l'argent des Français.
16:43Pour en revenir au drapeau européen,
16:46alors il ne date pas de la Constitution de 2005.
16:48Il a été créé dès 1955, avant même la naissance de la CE,
16:51avant de devenir l'emblème officiel des institutions européennes en 1986.
16:54Mais ce qui est vrai, c'est que rien ne contraint dans la loi
16:57les maires à accrocher un drapeau européen au fronton de leur mairie.
17:00Alors pourquoi les maires évennes décident-ils de le retirer ?
17:04Est-ce que ça signifie que le Rassemblement national souhaite quitter l'Union européenne, par exemple ?
17:08Quel sens donner à cet acte ?
17:10Quel sens vous donner à...
17:12Parce que c'est assez symbolique quand même, Aurélie Hervement.
17:14Est-ce qu'il y a une rediabolisation discrète à travers ce geste ?
17:19Ce qui est intéressant, c'est que le drapeau européen pour le Rassemblement national,
17:24c'est un épouvantail, et ça depuis longtemps.
17:26Je ne sais pas si vous vous souvenez, début 2022,
17:28quand la France prend la présidence de l'Union européenne pour six mois,
17:31il y a le drapeau européen qui flotte sous l'arc de triomphe.
17:35Et parmi les premières personnalités assez indignes à l'époque,
17:38c'est Marine Le Pen qui parle de provocation
17:40en voyant cette bannière étoilée sous l'arc de triomphe.
17:44Donc c'est un peu l'épouvantail pour le Rassemblement national.
17:47C'est toute l'Europe telle qu'il la déteste.
17:49Sauf que ce qui a changé aujourd'hui par rapport à des campagnes précédentes
17:53de Marine Le Pen, je pense à 2017,
17:55c'est qu'en 2017, Marine Le Pen, elle est pour le Brexit,
17:58elle est pour la sortie de l'euro.
18:00C'est vraiment très hostile à l'Union européenne.
18:03Sauf qu'en fait, depuis, le Rassemblement national a changé.
18:06Ils ne sont plus du tout sur une ligne de vouloir quitter l'Union européenne.
18:09Ils veulent la changer de l'intérieur.
18:11Parce qu'en fait, ils ont vu qu'électoralement, ce n'était pas porteur.
18:14Ça pouvait inquiéter des électeurs potentiellement pour les rejoindre.
18:18Et donc aujourd'hui, c'est très paradoxal
18:19de voir comme premier acte de maire RN nouvellement élu
18:24arracher ce drapeau et puis en faire une opération de communication.
18:26Ceux qui l'ont fait, par exemple, à Carcassonne,
18:29ce n'était pas du tout discrètement...
18:30Non, c'est filmé et je revendique d'enlever cet emblème européen.
18:36Donc sachant que ça n'a pas du tout été une consigne
18:39passée par le Rassemblement national.
18:40La semaine dernière, Jean-Dane Bardella et Marine Le Pen ont réuni
18:43tous leurs maires au siège du RN.
18:46On leur laisse la liberté, on ne leur tient pas la main, etc.
18:49Mais les deux seules consignes passées par le parti pour gérer les villes,
18:53c'est renforcer la sécurité, évidemment,
18:55et ne pas augmenter les impôts locaux.
18:58Il n'était pas du tout question dans leur idée
19:00que tout le monde se mette à arracher les drapeaux européens.
19:02Donc c'est ça qui est un peu paradoxal
19:03quand le RN essaye de se respectabiliser.
19:07Vous connaissez la fameuse stratégie de la cravate,
19:09c'est un peu contre-intuitif d'arracher les drapeaux européens à ce moment-là.
19:13Et ça peut rebuter des électeurs qui se disent
19:15« Ah, quand même, c'est un peu particulier d'arracher des drapeaux ».
19:19D'autant plus que ces communes, elles bénéficient aussi de fonds européens,
19:233 millions par exemple pour Carcassonne,
19:25dont 300 000 euros perçus par le maire RN lui-même, agriculteur.
19:30Donc il a aussi bénéficié des fonds.
19:33Adrien Braché, est-ce que ce n'est pas un peu contre-productif ?
19:36Oui, c'est sûr qu'il y a un paradoxe.
19:38Mon collègue Saïd Maran au point dit que c'est potentiellement une erreur
19:41qui peut être politiquement coûteuse pour le RN
19:45parce qu'en effet, dans leur stratégie de notabilisation,
19:48de stratégie de la cravate,
19:51cet euroscepticisme, ce souverainisme affiché,
19:54il le faisait un peu moins vocal ces derniers temps.
19:56En effet, on n'est plus comme en 2017,
19:59le RN ne propose plus la sortie de l'euro,
20:02Florian Philippot a quitté le RN,
20:04on n'est plus du tout sur cette ligne-là.
20:07Donc là, il y a quand même quelque chose d'assez paradoxal
20:10qui peut coûter au RN qui cherche notamment
20:14à concréer dans la dernière ligne droite vers 2027
20:17un électorat de cadres, de retraités,
20:20qui sont plutôt des gens attachés à l'Union européenne.
20:24Et là, ça peut, dans ce moment-là, poser un problème,
20:26encore plus dans un moment où l'Union européenne
20:30est sous la menace des États-Unis, de la Chine,
20:34ou de la Russie, ou toutes les grandes puissances,
20:37finalement, mettent la pression sur l'Europe.
20:40Au même moment, sans prendre au symbole européen,
20:45ça peut provoquer, chez ce nouvel électorat
20:48que cherche le RN, des réticences.
20:51Donc c'est vrai que c'est assez surprenant
20:53que cela intervienne à ce moment-là.
20:55En fait, chasser le naturel, il revient au galop.
20:57C'est-à-dire qu'on voit que la nature profondément anti-européenne
20:59du RN et de l'extrême droite demeure.
21:01Là où c'est vrai, vous avez raison,
21:03c'est que ça souligne, cette décision assez étrange,
21:05souligne la contradiction inhérente au programme du RN désormais,
21:07c'est-à-dire dénoncer l'Europe, je cite,
21:09comme un carcan, une prison,
21:10mais surtout ne pas vouloir en sortir.
21:12Et vous le disiez, effectivement,
21:13les maires, les responsables de collectivité locale RN
21:16veulent continuer, et c'est bien naturel,
21:18c'est la loi à percevoir les subsides
21:21de l'Union européenne pour leur commune.
21:22Donc là, il y a une contradiction fondamentale.
21:25En fait, on le voit, la position de Marine Le Pen
21:28vis-à-vis de l'Union européenne,
21:29ce n'est pas d'en sortir, mais c'est de l'affaiblir.
21:32Et on l'a vu, par exemple, la semaine dernière,
21:33lorsqu'elle est allée à Budapest soutenir Viktor Orban,
21:36qui est lui-même en difficulté
21:37pour les élections législatives hongroises du 12 avril,
21:40et qui est lui-même, évidemment,
21:42le premier point de blocage, en quelque sorte,
21:44de l'Union européenne,
21:45et qui contribue largement, Viktor Orban,
21:46à affaiblir l'Europe au profit de son allié, Vladimir Poutine.
21:50– Merci beaucoup, les informés.
21:52Merci, Adrien Brachet, journaliste au Point,
21:56rédacteur en chef-adjoint du service politique.
21:57Vous avez la une de votre journal.
21:59– Oui, vont-ils réussir à tout gâcher ?
22:01Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau,
22:04y aura-t-il une candidature unique
22:06de la droite et du centre à la présidentielle ?
22:08– Merci beaucoup, Aurélie Herbemont,
22:10chef-adjoint du service politique de France Info.
22:11– Merci, Renan.
22:12– Merci, Agathe.
22:12– Les informés reviennent ce soir à 20h avec Viktor Metter.
22:15– Sous-titrage Société Radio-Canada
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