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  • il y a 9 heures
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:03Générique
00:05Ravie de vous retrouver dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité aujourd'hui consacrée aux municipales
00:12après le premier tour.
00:14Quelles leçons en tirer ? Comment expliquer la percée de la France insoumise ? Quelles sont les villes à suivre
00:20? Celles qui pourraient basculer ?
00:22On vous explique tout avec nos informés aujourd'hui. Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos BVA. Bonjour Brice.
00:31Bonjour Agathe.
00:31Jean-Rémi Baudot, chef du service politique de France Info. Bonjour Jean-Rémi.
00:34Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:35Et Elisabeth Pinault, journaliste à Reuters. Bonjour Elisabeth.
00:39Bonjour Agathe.
00:39On commence donc Renaud avec cette question. Quelles leçons tirer de ce premier tour ?
00:44Alors des élections municipales avec d'abord évidemment des résultats qui sont liés aux situations locales.
00:49difficiles dans un premier temps d'en tirer des leçons nationales extrêmement claires.
00:53Mais ce préalable, cette précaution étant posée, il y a quand même un certain nombre de lignes de force
00:57qui peuvent sortir de ce premier tour avec, disons, une progression du Rassemblement national d'abord dans ces zones de
01:04force d'ailleurs,
01:04du sud-est et du nord-est de la France.
01:07Une percée des insoumis dans les métropoles de plus de 100 000 habitants
01:10où Jean-Luc Mélenchon lui-même avait obtenu de bons résultats lors de la présidentielle de 2022.
01:15De bons résultats dans l'ensemble du Parti Socialiste et du reste de la gauche,
01:18mais qui vont se retrouver par endroits soumis à la pression de la France insoumise.
01:22Et puis un net recul de l'alliance macroniste LR, le bloc central et la droite, dans beaucoup de grandes
01:29villes.
01:29Alors pas d'accord national ni au premier ni au second tour entre les socialistes et les insoumis.
01:35C'est ce qu'a répété Olivier Faure, le patron du PS hier soir,
01:38qui a appelé, je le cite, les socialistes à se rassembler dans la clarté, dans le respect de nos principes.
01:43Mais ce n'est pas toujours clair, ça semble l'être à Paris et Marseille,
01:47mais peut-être pas dans d'autres grandes villes où les socialistes soit sont arrivés derrière,
01:51les insoumis, par exemple à Toulouse ou à Limoges,
01:55soit ont peut-être besoin des insoumis pour garder leur ville comme à Lille par exemple.
02:02Alors quelle sera la situation à gauche ?
02:04Va-t-on vers des rapprochements, des alliances entre l'ensemble de la gauche et les insoumis ?
02:10Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes, celle qui était votre invitée sur ce plateau,
02:13la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier.
02:16On m'a appris qu'au premier tour, on choisissait et qu'au deuxième tour, on éliminait.
02:21Donc au premier tour, nous avons choisi, on a pu avoir des votes de cœur dans plein d'endroits en
02:25France.
02:26Au deuxième tour, on doit éliminer.
02:28Et moi, je sais que j'ai à éliminer des politiques publiques,
02:31des gens de droite qui font du mal à ce pays.
02:34Du poule.
02:34Alors est-ce que finalement, après une campagne de premier tour extrêmement conflictuelle,
02:38en particulier entre les socialistes et les insoumis,
02:41avec notamment un certain nombre de polémiques qui ont été liées,
02:44notamment au soutien de Jean-Luc Mélenchon à la Jeune Garde,
02:46dont des membres d'anciens membres ont été impliqués dans le lynchage du militant d'extrême droite Quentin de Ranck,
02:51ou encore des polémiques liées à ces propos qualifiés d'antisémites par le Parti Socialiste,
02:55des propos lors desquels il avait en meeting ironisé sur la prononciation des noms de Jeffrey Epstein et Raphaël Glucksmann
03:02?
03:02Est-ce que finalement, c'est l'heure du grand rabibochage à gauche pour essayer de sauver un certain nombre
03:07de grandes villes
03:08ou d'en conquérir de nouvelles ?
03:10C'est un peu la question existentielle à gauche en ce moment, Brice Tinturier.
03:13Faut-il s'allier avec LFI ce qui serait la condition pour gagner ?
03:18C'est ce que pense Marine Tondelier.
03:19Ou faut-il acter une rupture ferme avec LFI ?
03:22Ce qui serait la condition pour gagner ?
03:23C'est ce que pense François Hollande ou Raphaël Glucksmann.
03:25Qu'en pense le sondeur, l'expert en opinion ?
03:28Les résultats du premier tour montrent quand même que la pression que va exercer la France Insoumise
03:33sur le Parti Socialiste est réelle et qu'elle est fondée sur des rapports de force qui ont bougé.
03:39Je crois que c'était un des enjeux aussi des municipales.
03:41Et incontestablement, il y a une percée de la France Insoumise qui met en difficulté les socialistes.
03:46Donc dans un certain nombre de villes, s'il n'y a pas d'accord, il peut y avoir des
03:51bascules,
03:51soit en faveur de la droite, soit ailleurs.
03:54Mais une fois qu'on a dit ça, le fait de nourrir certains accords s'ils devaient avoir lieu
04:00conduirait à une accentuation du rejet du bloc de gauche par toute une partie de la population.
04:06Parce que dès que vous sortez du noyau à 10-15% des électeurs de la France Insoumise
04:13et que vous pensez en élargissement, à ce moment-là c'est une toute autre vision que vous avez.
04:17Les Français ne veulent pas d'alliance avec LFI ?
04:19Au niveau national, surtout pas. On a dans notre enquête testé justement ces questions d'alliance.
04:25On voit bien que chez les sympathisants, notamment du PS, vous n'en avez que 36%,
04:31je dis bien 36% qui sont favorables à une alliance au second tour avec la France Insoumise
04:35et que dans l'ensemble du pays, c'est encore plus bas.
04:38Donc il ne faut pas mélanger les municipales où incontestablement il y aura des besoins d'alliance
04:44si la gauche veut garder certaines villes ou en conquérir.
04:47Et puis la situation nationale, où là ce sera une toute autre figure,
04:512027 n'est pas inscrit dans les municipales qui restent des municipales malgré tout.
04:56Juste une petite question, comment vous expliquez Brice Tinturier ce regain de LFI
05:00que tout le monde avait beaucoup critiqué ces dernières semaines ?
05:04Le regain il est très fort dans les villes de 100 000 et plus.
05:08Et là nous avions bien identifié qu'il y avait deux mécaniques à l'oeuvre dans ces municipales.
05:12La mécanique classique on va dire dans les villes de moins de 20 000 habitants
05:16où le local prime, où les bilans des sortants sont plutôt bons et on va vers un renouvellement.
05:21Et puis j'ai lourdement insisté sur le fait qu'on avait un autre modèle
05:24dans les villes notamment de plus de 100 000, où là l'étiquette partisane jouait,
05:28où les élections étaient extraordinairement polarisées et personnalisées
05:32et où dans ce cadre-là on voyait au contraire que la France Insoumise
05:36ou le Rassemblement National mais que la France Insoumise surtout
05:39pouvait nettement progresser.
05:41Alors je n'avais pas imaginé, soyons très clairs, que dès le premier tour par exemple
05:44Saint-Denis serait une ville conquise par la France Insoumise.
05:47C'est encore plus fort que ce que j'imaginais.
05:49Mais l'idée que ces élections étaient aussi un petit laboratoire
05:53pour tester la pertinence de la stratégie de la France Insoumise,
05:57à savoir la mobilisation d'une partie de la jeunesse, notamment la jeunesse étudiante,
06:01où les quartiers populaires avec une forte présence de populations
06:07dont les parents ou les grands-parents sont d'ascendance maghrébine,
06:10cet alliage de ces deux Frances, c'était un test que ces élections municipales
06:15pour voir si la stratégie de la France Insoumise fonctionnait, la réponse est oui.
06:18Elisabeth Pinault, vous avez l'habitude de suivre le Président.
06:21Dans ce municipal, au lendemain du premier tour, on parle beaucoup du Rassemblement National,
06:24de LFI et des Macronistes dans tout ça.
06:26– Ah ben, ils sont passés plutôt une mauvaise soirée, mais c'était un peu prévu.
06:30Et en même temps, la bonne surprise est venue du Havre,
06:33avec Édouard Philippe qui est en ballotage favorable,
06:36avec je crois 44% des voix, c'était quand même inespéré,
06:40et ça donne un peu d'espoir pour l'année prochaine,
06:43mais enfin on est encore loin de l'élection présidentielle.
06:47Hier soir, quand on était écouté sur les plateaux télé,
06:51tous les partis avaient des raisons de se réjouir,
06:53y compris Gabriel Attal qui disait qu'il y avait une centaine de maires Renaissance qui avaient été élus,
06:58et puis il a rappelé la position de son camp qui était de n'avoir aucune alliance avec les extrêmes.
07:06Cela dit, lui, Gabriel Attal, il continue son petit bonhomme de chemin,
07:10on sait qu'il pense à l'Élysée, qu'il s'éloigne de plus en plus d'Emmanuel Macron,
07:14il ne prononce jamais son nom.
07:15Voilà, donc on sait très bien que pour le bloc central, c'est de toute façon compliqué,
07:22puisque LR joue sa propre partition, Bruno Retailleau hier, qui lui aussi pense à l'Élysée,
07:28a donné comme seule consigne de ne pas voter LFI, il n'a pas parlé du RN,
07:32donc on va voir ce que ça donne.
07:34Bon, le bloc central est en très mauvaise posture, ça c'est certain.
07:37Une personne du bloc central pourrait peut-être influer sur le scrutin à Paris,
07:41c'est Pierre-Yves Bournazel, Jean-Rémy Baudot.
07:43On attend de savoir, il est soutenu à la fois par horizon et par renaissance.
07:47À Paris, tout n'est pas joué.
07:49Alors tout n'est pas joué, d'autant que Pierre-Yves Bournazel continue à consulter,
07:52il va recevoir ses colistiers ce matin, il a eu des appels hier soir d'Édouard Philippe notamment,
07:58il a échangé avec Rachida Dati, y compris encore des textos cette nuit, nous fêtons savoir.
08:03Sa position, elle est évidemment importante, parce qu'il peut être celui qui apporte un regain
08:10et des réserves de voix à Rachida Dati, sauf qu'il faut quand même se rappeler
08:14qu'on sort d'une campagne qui a été assez violente
08:16et que les deux ne se sont pas ménagés pendant plusieurs semaines.
08:21Donc voilà.
08:22Après, néanmoins, il faut bien comprendre que ce qui se joue autour de la personnalité de Pierre-Yves Bournazel,
08:26que beaucoup de Français ont découvert à l'occasion de cette campagne,
08:29c'est aussi effectivement, et vous en parliez il y a quelques instants,
08:31la stratégie d'Édouard Philippe, qui donc lui est le patron d'horizon.
08:35Pierre-Yves Bournazel est un maire, enfin se souhaite en tout cas,
08:38c'est un candidat horizon, et Édouard Philippe ne souhaite pas que Paris échappe à la droite
08:43à cause d'une stratégie qui ne serait pas la bonne.
08:46On sait qu'Édouard Philippe veut que Paris aille à droite,
08:50Édouard Philippe veut être celui qui incarne aussi le centre et la droite,
08:54et donc il a besoin d'une certaine manière que Pierre-Yves Bournazel
08:57mette un genou à terre et aille du côté de Rachida Dati.
09:00Renaud Delis ?
09:00Et ça risque d'être insuffisant si c'était le cas pour Rachida Dati,
09:03pour une raison assez simple.
09:04D'abord, il y a un lourd retard de Rachida Dati,
09:06une douzaine de points derrière Emmanuel Grégoire,
09:09c'est un score à lequel elle ne s'attendait pas,
09:11évidemment c'est une lourde déception pour Rachida Dati,
09:13et du côté d'Emmanuel Grégoire, il y a eu une vraie satisfaction.
09:16Ensuite, il y a les rapports conflictuels au premier tour
09:18entre Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati,
09:20qui évoquait à l'instant Jérémie Baudot,
09:22et on est très loin évidemment de voir comment il pourrait les surmonter,
09:25mais même si c'était le cas, la situation s'est encore un peu plus compliquée
09:27pour Rachida Dati, depuis que finalement,
09:29à l'issue d'un suspense tardif,
09:31Sarah Knafo, la candidate d'extrême droite,
09:33la candidate reconquête, a dépassé la barre des 10%.
09:36Pourquoi ? Parce qu'au-delà de 10%,
09:37elle peut se maintenir.
09:40Rachida Dati, on l'a vu déjà lancer un appel à ses électeurs,
09:42mais elle écarte toute fusion avec Sarah Knafo.
09:45Or, Sarah Knafo, je vous propose de l'écouter,
09:47évidemment, elle met la pression maximale sur Rachida Dati,
09:51et elle a encore lancé ce matin,
09:53justement, dans une vidéo,
09:55un appel justement à la fusion avec Rachida Dati.
09:58Je vous propose d'écouter Sarah Knafo.
10:00Je m'adresse directement à Mme Rachida Dati.
10:05Madame, l'heure est grave.
10:07Le combat va être serré.
10:09Les Parisiens qui ont vu les résultats hier
10:11se disent que l'élection semble déjà perdue pour la droite.
10:14Mais il nous reste une chance,
10:17et une seule,
10:18de battre la gauche.
10:19Le rassemblement de toutes nos forces.
10:23Dès lors, le problème pour Rachida Dati,
10:24c'est que si Sarah Knafo fusionnait avec sa liste,
10:27ce que ne veut pas Rachida Dati,
10:29ou même se retirer en appelant à voter pour Rachida Dati au second tour,
10:33dès lors, Pierre-Yves Bournazel aurait un motif,
10:35évidemment, extrêmement spectaculaire,
10:37pour justifier son maintien,
10:38en disant qu'il ne veut pas cautionner l'alliance
10:40entre la droite et l'extrême droite.
10:41Ça va donc être extrêmement difficile pour Rachida Dati,
10:45d'une part, de fusionner avec Pierre-Yves Bournazel,
10:47le candidat d'Oraison et d'Orison,
10:48et d'autre part, d'obtenir le soutien,
10:51ne serait-ce que sous forme de retrait,
10:52de la part de l'extrême droite de Sarah Knafo.
10:54Donc on voit bien que la situation est quand même très compliquée,
10:56peut-être encore plus ce matin qu'hier soir pour Rachida Dati.
10:59Brice Saint-Turier, là, vous misez plutôt sur Emmanuel Grégoire ?
11:02Il a, je crois, incontestablement l'avantage.
11:04Ça vient notamment du fait de l'écart très important
11:07dès le premier tour.
11:09Malgré tout, les écarts vont se resserrer au second tour,
11:11puisqu'il y aura des reports importants,
11:14fusion ou pas fusion,
11:15de l'électorat de Sarah Knafo
11:16en faveur de Rachida Dati.
11:18Ce qu'on sait moins, c'est comment va se diviser l'électorat
11:21de Pierre-Yves Bournazel.
11:22A fortiori, s'il maintenait sa liste,
11:24il y aura des électeurs qui, malgré tout,
11:26même en cas de maintien de la liste, voteront utile.
11:28Mais voter utile pour eux, qu'est-ce que c'est ?
11:30Est-ce que c'est un partage à parts égales
11:32entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati ?
11:35Est-ce que le tropisme est davantage du côté de Rachida Dati ?
11:38Quoi qu'il en soit, ça devrait se resserrer.
11:40Mais l'avantage, pour répondre à votre question,
11:42est évidemment du côté d'Emmanuel Grégoire.
11:44Dans un instant, on va voir quelle est la situation à Marseille,
11:48notamment on va poursuivre ce Tour de France.
11:50Mais tout de suite, il est 9h17 et c'est l'Info en une minute
11:52avec Maureen Sunia.
11:54Il déjoue les pronostics.
11:55Le maire sortant de Lyon, l'écologiste Grégory Doucet
11:58arrive en tête du premier tour des élections municipales
12:00devant Jean-Michel Aulas, l'ancien patron de l'Olympique lyonnais.
12:04À Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire devance de plus de 12 points
12:07l'ex-ministre Rachida Dati.
12:09À Marseille, le socialiste Benoît Payan se trouve juste devant
12:13Franck Adizio du Rassemblement National.
12:15Ils sont au coude à coude.
12:16Et du côté de Toulouse, les candidats de gauche
12:19annoncent à l'instant une liste commune pour le second tour.
12:22Et Anis est un allié du Rassemblement National
12:24qui est devant le maire sortant Christian Estrosi.
12:26Eric Ciotti devant son rival.
12:29« J'appelle clairement au front républicain,
12:31ni c'est en danger », affirme Christian Estrosi.
12:34Des explosions entendues à Kiev ce matin
12:36dans le centre de la capitale ukrainienne.
12:37Une attaque de drones russes, selon les autorités ukrainiennes,
12:41très rare en pleine journée.
12:43Au Moyen-Orient, l'armée israélienne continue de bombarder
12:46intensément l'Iran, tout comme le sud du Liban.
12:49Le président américain Donald Trump demande aux membres de l'OTAN
12:52d'aider les Américains à rouvrir le détroit d'Harmouz,
12:55« Zone stratégique pour le commerce mondial ».
13:03Les informés avec Brice Tinturier,
13:11directeur général délégué d'Ipsos BVA,
13:14Elisabeth Pinault, journaliste à Reuters
13:15et Jean-Rémi Baudot, chef du service politique de France Info.
13:19Renaud, penchons-nous sur Marseille maintenant.
13:21Avec un suspense total en vue du second tour,
13:24deux candidats arrivaient en tête au coup d'à-coup
13:26de le maire sortant socialiste Benoît Payan,
13:28très légèrement devant le candidat RN Franck Alizio,
13:31à peine un point d'écart, autour de 36-35%.
13:34Et puis, deux autres candidats qui, eux, ont très fortement régressé.
13:37Martine Vassal, soutenue par la droite et par Renaissance,
13:40qui termine autour de 12%.
13:42Sébastien Delogu, le candidat insoumis, un peu plus de 11%.
13:46Voilà donc que les insoumis, après avoir mené une campagne virulente
13:50contre Benoît Payan,
13:51Sébastien Delogu a multiplié les critiques pour la campagne au premier tour.
13:55Désormais, lui tend la main et appelle Benoît Payan
13:58à fusionner avec les insoumis face à ce qu'il appelle le danger fasciste.
14:02La réponse du maire de Marseille, Benoît Payan, hier soir.
14:06Je ne ferai aucune négociation de couloir.
14:09Je ne ferai aucune tambouille.
14:11Je veux être clair.
14:13Et vous m'avez parlé de main tendue.
14:14Cette main-là, elle m'a donné des coups de poing
14:17pendant des mois et des mois.
14:20Et au soir, de se partager les places, elle deviendrait tendue.
14:24Ça n'est pas ma conception de la politique.
14:27Alors, quelles conséquences à Marseille de ce premier tour ?
14:31La pression va s'exercer sur Sébastien Delogu et sur Martine Vassal,
14:35d'ailleurs. Vont-ils ou non l'un et l'autre se maintenir
14:37au risque de favoriser l'élection du RN dans la deuxième ville de France ?
14:41Et puis, est-ce que Benoît Payan a la bonne stratégie
14:44en refusant cette main tendue, comme il l'évoquait à l'instant,
14:47celle des insoumis ?
14:48Bref, le suspens semble total à Marseille en vue du deuxième tour.
14:51Ce n'est pas une surprise que Benoît Payan refuse la main tendue de LFI,
14:54Elisabeth Pinault ?
14:55En tout cas, on voit bien qu'il veut être clair dans son message.
15:01Marseille, voilà une ville qui intéresse Reuters.
15:03Ça passe les frontières.
15:04Marseille qui pourrait être prise par l'extrême droite,
15:07c'est vraiment...
15:08C'est un symbole ?
15:08Oui, c'est un symbole qui vraiment intéressait le plus,
15:12je crois, l'agence hier soir au niveau international.
15:15Voilà, cette espèce de bande dans le sud-est.
15:19On a Perpignan qui a été reprise hier,
15:22Cagnes-sur-Mer également dès le premier tour,
15:24et puis ça va jusqu'à Toulon.
15:25Et puis Marseille, si Marseille tombait dans l'escarcel de l'extrême droite,
15:28ça, ce serait un vrai grand symbole.
15:31Mais bien sûr, ce n'est pas fait,
15:33et tout va se décider cette semaine.
15:35Martine Vassal, bien sûr, son attitude va être observée de très près,
15:39puisqu'elle était soutenue par les Républicains et Renaissance.
15:42Donc son attitude va être regardée de très près.
15:47Est-ce que LFI cherche à piéger ses ex-alliés, Jean-Rémy ?
15:53LFI joue sa partition, et évidemment, on comprend bien que...
15:56Vous avez vu d'ailleurs le changement de rhétorique hier soir,
15:59l'introduction de cette expression de créer des listes de fusion antifasciste.
16:06Le fond antifasciste.
16:06Évidemment, et j'ai posé la question ce matin à Antoine Léaumont, LFI,
16:10de savoir, est-ce que ce n'était pas finalement une manière de surfer aussi
16:13sur toutes les tensions qu'il y a eu autour de la question de Lyon,
16:16de la mort de Quentin de Ranck,
16:17et de ces affrontements entre antifascistes et difascistes.
16:20Et il assumait très bien cet élément-là,
16:23et cette rhétorique-là de dire,
16:25il y a les antifascistes et il y a les autres,
16:27ça veut dire que tous ceux qui ne sont pas de leur côté
16:29sont en fait des fascistes.
16:30Et c'est une rhétorique qu'on retrouvait d'ailleurs dans les années 30,
16:32il y a un siècle,
16:33de, en gros, tous ceux qui ne sont pas d'accord avec les plus radicaux
16:36sont un peu déjà des fascistes.
16:37Et donc LFI joue très bien avec cette question-là,
16:41et joue ça à Marseille, évidemment,
16:43et joue ça ailleurs.
16:44Et c'est un piège évidemment dans lequel les socialistes pourraient tomber.
16:47Quand François Hollande dit qu'il ne faut pas d'alliance locale,
16:50moi j'ai parlé avec des socialistes ce matin
16:52qui étaient un petit peu gênés,
16:53parce qu'ils disent, en fait, au local, il faut faire de la dentelle.
16:56Voilà ce qu'on m'a dit ce matin.
16:57Et de la dentelle, c'est à Brest, c'est à Toulouse,
16:59et peut-être la question, je ne sais pas vous dire,
17:02mais cette dentelle, est-ce qu'elle va jusqu'à avoir de la dentelle marseillaise ?
17:05Je ne sais pas.
17:05Alors, Brice Saint-Turier, que doivent faire les socialistes ?
17:09Est-ce qu'ils peuvent conserver cette ville sans alliance avec LFI ?
17:13C'est les électeurs qui, indépendamment de l'alliance,
17:15vont véritablement décider,
17:18parce que vous pouvez avoir un maintien de la liste de l'Augu, par exemple,
17:21et des électeurs qui vont considérer,
17:24des électeurs de gauche et très à gauche,
17:26qu'un débordement des consignes de partis,
17:28eh bien il y a un réel danger d'une bascule de la ville
17:31en faveur des Rassemblements internationaux,
17:32et qui, à ce moment-là, voteront pour la liste paillant.
17:35Le vote utile, on l'avait vu au moment des législatives,
17:38il se met en place après le premier tour.
17:41Donc l'entre-deux-tours et les dynamiques d'entre-deux-tours
17:43peuvent considérablement changer la photographie
17:46que nous avons à l'issue du premier tour.
17:48Mais aujourd'hui, le RN peut gagner Marseille ?
17:51Aujourd'hui, je crois que l'avantage est malgré tout du côté de Paillant,
17:55du maire sortant,
17:55mais ça reste une ville, effectivement, ouverte,
17:59avec un second tour qui n'a rien de fermé.
18:01Vous savez, il y a cette classification,
18:03premier tour ouvert ou fermé,
18:05second tour ouvert ou fermé,
18:07eh bien à Marseille, premier tour ouvert,
18:09et second tour également ouvert.
18:11Il y a un risque indéniablement,
18:13mais je rejoins tout à fait ce que vient de dire Brice Tinturier,
18:14même si Benoît Payant conserve l'avantage.
18:16C'est vrai qu'il y a une pression sur Benoît Payant, bien sûr,
18:17mais il y a une pression terrible sur Sébastien De Laugue,
18:19parce que si jamais la ville bascule à l'extrême droite
18:22après que les Insoumis se soient maintenus,
18:24évidemment, ça pourrait avoir des conséquences politiques.
18:26Là où il y a d'éventuels accords
18:28qui vont se faire localement entre socialistes et Insoumis,
18:32on le voit, on voit ces villes se dessiner.
18:34Alors, est-ce que ce sera le cas à Limoges,
18:36où les Insoumis sont en tête de la gauche ?
18:37À Toulouse, où les Insoumis sont en tête de la gauche ?
18:40Peut-être à Lille, avec un rôle déterminant à Lille,
18:43qui va être joué, et d'ailleurs,
18:44Marie-Tondelier en parlait tout à l'heure,
18:46les écologistes, ils discutent avec tout le monde.
18:47Elle en parlait, mais elle n'a pas tranché.
18:49Oui, mais en gros, ils attendent de voir
18:50quel sera le plus offrant.
18:51Alors, sur le projet, j'ai bien entendu
18:52à ce qu'alternational des écologistes,
18:53c'est le projet qui compte.
18:54Bon, évidemment, c'est les places
18:55qui comptent aussi essentiellement.
18:56Donc, est-ce que les socialistes seront plus offrants
18:58que les Insoumis ou inversement ?
19:00On verra où tomberont les écologistes
19:01pour le deuxième tour à Lille.
19:03Donc, il y a des cas de figure comme ça.
19:05Je pense que Paris et Marseille
19:06ne sont un peu pas concernés
19:07au vu de la conflictualité
19:09de la campagne du premier tour.
19:10Ça pourrait même être contre-productif
19:12pour les socialistes.
19:13Alors, Emmanuel Grégoire,
19:14qui est très nettement en tête,
19:15mais aussi pour Benoît Payan.
19:16Finalement, que de s'entendre avec les Insoumis,
19:18ça ferait vraiment tambouille
19:19au vu de ce qu'ils se sont,
19:20passez-moi l'expression,
19:21envoyés au premier tour.
19:23Reste une autre ville,
19:23et même en Célyon,
19:24où là, en revanche,
19:26c'était beaucoup plus apaisé,
19:27le climat, on va dire,
19:28entre Grégory Doucet,
19:29le maire sortant écologiste,
19:30et la liste Insoumise,
19:31qui est à un peu plus de 10%.
19:32Là, on pourrait aller
19:33vers une fusion en vue du second tour.
19:35Brice ?
19:36Reste que ces accords dits techniques
19:38pèseront ensuite
19:39sur la campagne de la présidentielle.
19:40Ils seront réutilisés
19:41pour dénoncer des alliances
19:43ou des non-alliances.
19:44Donc, indépendamment de l'enjeu local,
19:47quoi que feront ces responsables politiques,
19:50s'il y a alliance avec la France Insoumise,
19:52les LR la dénonceront, par exemple,
19:54et le RN, et vice-versa.
19:56Je pense à Nantes,
19:57quel symbole ?
19:58Nantes, à gauche, depuis 1989,
20:01avec Johanna Roland,
20:01qui est en difficulté,
20:03qui, hier soir,
20:04a pris la parole très biaivement
20:05pour dire qu'il fallait rassembler
20:07la gauche humaniste,
20:09sans prononcer le mot
20:10la France Insoumise,
20:11mais elle aura besoin
20:13des voix des électeurs incontestablement.
20:15C'est quand même une très proche
20:16d'Olivier Fort,
20:17qui a répété hier
20:18qu'il n'y aurait pas d'alliance nationale.
20:19On voit vraiment ici la gêne.
20:21C'est vraiment l'exemple type
20:25du malaise qu'il peut y avoir à gauche.
20:26– Les socialistes iront par principe.
20:27– Exactement.
20:29Ils ont besoin des électeurs
20:32sans le dire, voilà.
20:33– Brice Tintone, évoqué à l'instant en 2027,
20:35juste un point quand même
20:36sur cette perspective.
20:37Alors c'est vrai que c'est très compliqué,
20:38on ne peut pas tirer
20:38de leçon nationale complète.
20:412027 ne sera pas la transposition
20:42des municipales.
20:43Mais ce qu'on voit,
20:44c'est que le face-à-face LFI-RN
20:49redouté par certains
20:50et souhaité,
20:50espéré par Jordan Bardella
20:52et Jean-Claude Melanchon,
20:53il franchit un petit pas de plus
20:54avec ses résultats
20:55au premier tour des municipales
20:56où le RN progresse,
20:57en particulier dans ses zones de force,
20:58et où LFI s'implante
21:00en particulier dans les grandes métropoles.
21:02Et on voit bien de surcroît
21:03que l'alliance macroniste droite,
21:06bloc central LR,
21:07ça ne fait pas une addition,
21:08ça fait une soustraction.
21:09C'est une très nette défaite
21:11à Paris, à Marseille
21:13et peut-être à Lyon aussi
21:15où ils sont en mauvaise posture
21:16et dans de nombreuses
21:16hautes grandes villes.
21:18– Brice Saint-Turier ?
21:18– Le dernier point
21:19pour mettre tous les responsables
21:20politiques d'accord
21:21mais sur un point extrêmement négatif,
21:23c'est le rapport
21:24à la politique des Français.
21:25Dans notre enquête
21:26« Comprendre le vote des Français »,
21:27on a 81% des Français
21:29qui expriment un sentiment négatif.
21:31Ils étaient 65% en 2020.
21:34Le sentiment négatif,
21:35c'est le dégoût,
21:3635% en hausse,
21:40la déception 36% en hausse,
21:42la colère 20% en hausse.
21:44Autre indicateur,
21:45quand vous demandez aux Français
21:45s'ils ont le sentiment
21:46d'appartenir à une France apaisée,
21:49ils ne sont que 3% à le dire
21:51et le reste se distribue
21:52entre une France
21:53qui se dit mécontente
21:55mais pas forcément en colère
21:56ou mécontente
21:57et contestataire et en colère.
21:59Donc le gros du pays bouillonne.
22:00Un tableau très très sombre.
22:02Le gros du pays bouillonne.
22:03Et tout ça,
22:04c'est un terreau pour les extrêmes,
22:05Brice Tinturier ?
22:05Absolument.
22:06Et c'est ce qui explique aussi
22:07en partie le record d'abstention.
22:09Merci beaucoup les informés.
22:11Merci Brice Tinturier,
22:13directeur général délégué d'Ipsos BVA.
22:15Merci Jean-Rémi Baudot,
22:16chef du service politique
22:17de France Info.
22:18Merci beaucoup Elisabeth Pinault,
22:19journaliste à Reuters.
22:21Et merci Jean-Rémi.
22:22Non, moi c'est Renaud.
22:23Merci Renaud.
22:24Merci à vous Agathe.
22:25Une minute très courte pour tout le monde.
22:27Les informés reviennent ce soir.
22:29Merci.
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