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Tous les matins, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:01Générique
00:07Bonjour à ceux qui nous retrouvent, bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de
00:11l'actualité.
00:12Bonjour Renaud Delé.
00:13Bonjour Agathe.
00:14A la une aujourd'hui, Donald Trump donne jusqu'à ce soir 20h heure américaine à l'Iran pour ouvrir
00:19le détroit d'Hormuz.
00:20Le pays entier pourrait être détruit en nul son lui, menace-t-il.
00:24C'est-il lui-même où il va ?
00:26Et puis, face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement planche sur de nouvelles aides.
00:32A quoi faut-il s'attendre ?
00:33Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Louis Ouzalder, journaliste politique au Figaro.
00:37Bonjour Louis.
00:38Bonjour.
00:38Aurore Malval, grand reporter à Marianne.
00:40Bonjour Aurore.
00:41Bonjour.
00:41Et Nicolas Teilhard, notre spécialiste journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
00:46Bonjour Nicolas.
00:47Bonjour.
00:47On commence donc Renaud avec cette question.
00:50Jusqu'où ira la guerre en Iran et puis jusqu'où ira Donald Trump ?
00:54Donald Trump, qui vous le disiez, a tenu une conférence de presse hier à la Maison Blanche,
00:58lors de laquelle il a de nouveau fixé à Téhéran un ultimatum qui s'achève ce soir à 20h, heure
01:04de Washington.
01:06Ultimatum pour ouvrir le détroit d'Hormuz.
01:09Si jamais l'Iran n'obtempère pas, eh bien Donald Trump, le président américain,
01:14s'engage à détruire les infrastructures civiles du pays.
01:17Voici la menace de Donald Trump hier lors de sa conférence de presse.
01:22L'Iran tout entier peut être anéanti en une nuit, et cette nuit, ça pourrait être ce soir.
01:29Nous leur donnons jusqu'à mardi soir, 20h, heure de New York.
01:32Après ça, ils n'auront plus de pont, plus de centrale.
01:35Ils reviendront à l'âge de pierre, oui.
01:37Ce soir, 20h, heure de New York, ça fait donc 2h du matin en France la nuit prochaine.
01:42Est-ce que Donald Trump, qui a changé plusieurs fois de ton ces derniers jours, tout au long du week
01:48-end,
01:48pourrait mettre sa menace à exécution ?
01:51Et puis, quelles seraient les conséquences d'une telle décision si le conflit changeait en quelque sorte à la fois
01:57de nature et d'ampleur ?
01:58Est-ce qu'elles sont sérieuses ces menaces, Nicolas, Téhéran ?
02:01Souvent, Trump varie bien folle qui s'y fit.
02:03On va reprendre la littérature française pour évoquer le président américain,
02:09qui a été effectivement très changeant ces derniers jours.
02:12Ce n'est pas le premier ultimatum qu'il fixe, en l'occurrence pour le Détroit d'Ormouz.
02:16Je crois que c'est la troisième fois déjà qu'il reporte cette question.
02:19Et on est obligé de rappeler que le Détroit d'Ormouz, il était ouvert avant le début de l'intervention
02:24américaine,
02:25il y a maintenant six semaines.
02:27Donc, on a l'impression qu'on navigue un petit peu à vue du côté de la Maison-Blanche,
02:31qu'on tente aujourd'hui de régler des problèmes qu'on a créés avec cette intervention.
02:34La question, c'est surtout qui est-ce qui a la pression avec cet ultimatum ?
02:38Est-ce que c'est vraiment les gardiens de la révolution, le régime iranien ?
02:41Est-ce que c'est Trump lui-même qui, à force de menaces, se met un peu dos au mur
02:45?
02:45Parce que si ce soir, 20h, il continue de repousser et qu'il n'obtient rien,
02:48c'est finalement une forme d'aveu de faiblesse.
02:51Et puis, d'une certaine manière, il y a le monde entier qui est aussi embarqué dans cette histoire
02:55parce que les conséquences de l'intervention américaine, israélienne
02:59et des faits et gestes de Donald Trump, ils ont une implication partout dans le monde.
03:04Évidemment, au Moyen-Orient, on a vu largement avec des alliés américains dans le Golfe,
03:09mais on le voit aussi à la pompe à essence et vous en parlerez ensuite.
03:12Exactement.
03:13Mais pourquoi Donald Trump dit, en parallèle, que les Iraniens négocient de bonne foi ?
03:19C'est-à-dire qu'il y a des menaces et il y a des négociations ?
03:22Il dit ça, alors c'est souffler le chaud et le froid, c'est entretenir le flou.
03:25On peut estimer que c'est une stratégie.
03:27La vérité, c'est qu'on a très peu d'informations.
03:29Peut-être qu'il y a des interlocuteurs iraniens aujourd'hui avec qui il y a des discussions.
03:34Maintenant, qui sont-ils ? Quel est leur poids réel ? Où en sont ces discussions ?
03:40Franchement, personne n'en a pas la moindre idée.
03:42Ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu des propositions qui ont été faites depuis deux semaines
03:46environ,
03:47mais que tout ça ressemble à une demande de capitulation.
03:49Et on a vu l'Iran tenir depuis six semaines.
03:52On ne voit franchement pas de raison de céder totalement aujourd'hui à ces demandes-là.
03:58Et puis, de la même manière, on se rappellera qu'en lisant les conditions américaines,
04:01ça ressemble beaucoup à celles qui étaient déjà présentes au moment où la guerre a débuté,
04:05alors qu'on était dans un cycle de négociations avec Téhéran.
04:09Donald Trump est sous pression.
04:12Et en même temps, hier, exercice d'auto-satisfait-cit, il a dit que c'était incroyable dix fois de
04:18suite.
04:20Il repousse sans cesse ses ultimatums et il a l'air très content de les repousser.
04:25C'est quoi la réalité, Aurore Malval ?
04:27Est-ce qu'il est fébrile parce que cette guerre a des conséquences aux États-Unis ?
04:30Ou est-ce qu'il est très sûr de lui ?
04:32Comme toujours, et vous l'avez bien décrit avec Donald Trump, on ne sait jamais à quoi s'en tenir,
04:38qu'est-ce qui fait partie, évidemment, de cette stratégie de communication,
04:42quand on voit ce discours aussi avec le lapin de Pâques à côté, avec la mascotte.
04:47Quelque chose de très, je dirais, pour les Européens, un peu lunaire,
04:50qui en fait fait aussi partie des traditions américaines de la Pâques,
04:56de cette façon-là et de cette façon, je dirais, formelle.
04:59Mais c'est vrai que savoir qu'est-ce qui se passe derrière, c'est assez compliqué.
05:04En tout cas, sur la question de pourquoi, dit-il, que des Iraniens négocient de bonne foi,
05:08moi je pense que c'est comme tout, Trump essaie quand même toujours de faire en sorte
05:13que les faits correspondent à son discours.
05:15Et donc, comme il va vouloir, si jamais la guerre,
05:18enfin si jamais il réussit à faire en sorte que cette guerre se termine,
05:21se féliciter d'avoir provoqué un changement de régime en Iran,
05:24eh bien il doit dire aussi, et ça il l'a dit déjà à plusieurs reprises,
05:27« ce ne sont pas les mêmes personnes à qui j'ai affaire aujourd'hui ».
05:30Et donc, ces Iraniens-là, en fait, acceptent de négocier avec moi,
05:34et c'est grâce aux États-Unis s'il y a un changement.
05:36Donc en fait, on voit que tout comme ça,
05:38comme il n'y avait pas de but de guerre au début,
05:40pas vraiment de stratégie,
05:41eh bien Donald Trump avance comme ça en modelant à la fois son discours et les faits,
05:45et en avançant.
05:46– Leuzelter ?
05:47– En fait, Trump jongle de manière très hasardeuse entre la guerre et la diplomatie.
05:51Je rappelle que la guerre, il l'a déclenché,
05:53alors même qu'il y avait des négociations en cours
05:55entre le régime iranien et les États-Unis,
05:58par l'intermédiaire d'Omane,
05:59qui servait de médiateur dans ces discussions.
06:03Et alors même que ces discussions étaient en cours,
06:05et que même parfois Trump disait qu'elles pourraient donner des résultats très positifs,
06:08il a déclenché la guerre,
06:09ce qui est assez inédit pour les États-Unis.
06:11Mais soit il passe par la voie de la diplomatie,
06:14et ça a déjà été fait avec l'Iran,
06:15avec l'accord sur le nucléaire iranien dénoncé par Trump en 2018,
06:19c'est peut-être d'ailleurs le péché originel de cette affaire,
06:22soit vous faites la guerre.
06:24Sauf que là, Trump donne l'impression,
06:26il a donné l'impression de vouloir faire les deux en même temps,
06:27ensuite il a choisi la guerre,
06:29et maintenant il se retrouve face à une impasse stratégique,
06:32c'est-à-dire à deux mauvais choix.
06:34Soit il renonce, il retire ses troupes,
06:37ce qui serait évidemment, donc il perdrait la face, bien sûr,
06:39vis-à-vis de son opinion publique et de l'opinion publique mondiale,
06:42mais surtout le résultat aurait qu'il n'aurait pas fait tomber le régime iranien,
06:45et l'étroit d'Ormoul se retrouve bloqué,
06:47il aurait déclenché une crise économique mondiale,
06:50pour rien en fait, sans atteindre ses buts de guerre.
06:53Soit il met à exécution ses menaces,
06:55et dans ce cas c'est l'escalade,
06:56avec toutes les conséquences que ça a derrière,
06:57pour les armées, pour les civils,
06:59également pour l'économie mondiale bien sûr,
07:01puisque si les bombardements sur les infrastructures énergétiques
07:03s'accentuent de part et d'autre,
07:05on peut s'attendre non pas à des semaines ou des mois,
07:06mais peut-être des années de conséquences,
07:09les prix des approvisionnements.
07:11Juste un mot pour inciter sur un point que vous avez évoqué brièvement,
07:14c'est vrai, je pense qu'il faut toujours intégrer
07:16dans la communication qui semble erratique de Donald Trump,
07:18et qu'il est d'ailleurs assez largement,
07:19en tout cas factuellement, on voit bien les changements de ton,
07:22les préoccupations de politique intérieure.
07:23C'est-à-dire que la première conséquence immédiate,
07:25c'est que l'envol des prix des carburants qu'on connaît en France et en Europe,
07:28il existe aussi aux Etats-Unis,
07:30avec une hausse à peu près en moyenne de l'ordre de 30% d'une part,
07:34et d'autre part on sait qu'il y a une large frange de sa base électorale
07:38qui est hostile à l'interventionnisme,
07:40qui défend une forme d'isolationnisme,
07:41et qui est hostile au fait qu'il projette les Etats-Unis en guerre à l'étranger.
07:46Donc je pense que ces deux préoccupations-là,
07:49évidemment, sont les siennes.
07:51L'image qu'il a dans le monde,
07:53le fait qu'il soit mis au banc par une grande partie des communautés internationales,
07:56je pense qu'il en a fait son deuil en quelque sorte.
07:59Il doit d'ailleurs au fond de lui croire qu'il mérite toujours le prix Nobel de la paix.
08:02Sa première préoccupation, elle est là, je pense d'abord une préoccupation intérieure.
08:04Après c'est vrai que cette communication,
08:05elle illustre aussi, enfin en tout cas elle conforte le sentiment
08:09que s'il a une vraie stratégie à moyen et long terme,
08:13il la cache bien en tout cas.
08:15Cette communication contribue à la masquer très clairement.
08:18Il y a plusieurs expressions qu'on a employées depuis un peu plus d'un an
08:21et son retour à la Maison-Blanche.
08:23C'est la paix par la force ou la diplomatie par la contrainte.
08:26C'en est un exemple criant en Iran,
08:29sauf qu'on ne sait pas à quel point il a été grisé,
08:31Donald Trump, par la réussite, je mets des guillemets,
08:34de son point de vue de l'opération menée au Venezuela.
08:37C'est-à-dire qu'en quelques heures, on a réussi à faire tomber une tête,
08:40on a trouvé quelqu'un au sein du régime qui était tout à fait prêt à collaborer avec Washington
08:45et on a aujourd'hui une situation où pour les Vénézuéliens,
08:48la situation n'a quand même pas beaucoup changé,
08:50mais où du point de vue américain, on peut faire des affaires,
08:54on a récupéré une partie du pétrole,
08:56surtout ce pétrole ne va plus à destination des Russes ou des Chinois à moindre coût,
09:01et donc cette opération est réussie.
09:03En Iran, c'est plus compliqué,
09:05notamment parce que la question de la capacité d'existence d'une opposition iranienne,
09:10elle reste entière.
09:11L'Iran, c'est un pays qui est immense,
09:13c'est un pays dont l'organisation de l'État derrière la théocratie
09:18et les gardiens de la révolution est extrêmement développée,
09:20ça fait 47 ans qu'il se prépare à cette situation,
09:23qu'elle est organisée.
09:24Or aujourd'hui, cet interlocuteur, on a l'impression qu'il n'existe pas.
09:29Et quand bien même il y aurait quelqu'un avec qui discuter,
09:31on serait loin d'avoir réglé une situation dans un pays de 90 millions d'habitants
09:35où il y a extrêmement de très nombreuses parties de la population
09:40qui ont aujourd'hui une peur bleue de sortir.
09:42On se souvient de la répression du mois de janvier.
09:44Aujourd'hui, ce message de Donald Trump,
09:47descendait dans la rue j'arrive et qui répète hier encore
09:50qu'il a envoyé des armes, mais on ne sait pas à qui,
09:53ça reste assez inaudible.
09:54Et en attendant, la population iranienne, elle voit des bombes passer.
09:57Peut-être qu'elle espère que ça continue et que le régime tombera,
10:00mais on a du mal à entrevoir une issue pour elle.
10:03Et quand Donald Trump dit que les Américains ont intercepté des messages d'Iraniens
10:06disant « s'il vous plaît, continuez à bombarder, nous voulons la liberté ».
10:10Qui est capable de dire ce que ces proportions représentent aujourd'hui ?
10:13C'est extrêmement difficile.
10:15Ça ne veut pas dire que c'est faux.
10:16Sans doute qu'il y a une partie de la population qui n'attend que ça,
10:19que le régime chute.
10:21Sauf qu'imaginer que le régime puisse uniquement tomber par une série de bombardements
10:26et par le fait d'écraser ce pays et son fonctionnement,
10:28c'est sans doute aussi illusoire que ça l'était il y a six semaines
10:32quand les premiers bombardements ont tué le guide suprême.
10:35Merci beaucoup Nicolas Teilhard, journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
10:42On vous libère parce que nous allons parler du deuxième sujet,
10:45ce que peut faire le gouvernement face à la flambée des prix à la pompe.
10:49Mais pour l'instant il est 9h16 et c'est l'Info en une minute avec Maureen Sunniar.
10:53Cécile Collère et Jacques Paris tiennent le coup dans des conditions extrêmement éprouvantes.
10:58C'est ce qu'affirme ce matin le ministre des Affaires étrangères.
11:00Les deux Français sont dans l'enceinte de l'ambassade de France à Téhéran.
11:03Après trois années de détention en Iran, ils avaient été accusés d'espionnage par le régime.
11:09La guerre en Iran qui se poursuit.
11:11Le président américain menace le pays de destruction s'il ne rouvre pas le détroit d'Hormuz.
11:15Ce conflit pousse les prix des carburants au plus haut.
11:18Après le week-end de Pâques, environ 18% des stations sont en rupture d'un ou plusieurs carburants en
11:23France.
11:24Mais il n'y a pas de pénurie, assure la porte-parole du gouvernement
11:27qui affirme de nouveau qu'il n'y aura pas d'aide universelle.
11:30Et puis Nicolas Sarkozy devant la cour d'appel de Paris ce matin.
11:33L'ancien président est soupçonné d'avoir financé une partie de sa campagne présidentielle de 2007
11:38avec des fonds libyens.
11:39Il a été condamné à cinq ans de prison ferme en première instance.
11:43Et puis l'association Addiction France demande des actions aux géants du numérique.
11:46Lorsque l'on écrit santé sur son smartphone, des émojis liés à l'alcool apparaissent.
11:51Addiction France rappelle que l'alcool est toujours la deuxième cause de mortalité évitable dans notre pays.
11:59France Info
12:02Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret
12:09Les informés avec Louis Ouzalter, journaliste politique au Figaro,
12:12Aurore Malval, grand reporter à Marianne.
12:14Renaud, on passe à notre deuxième débat.
12:18Que va annoncer le gouvernement ?
12:20Parce que cette guerre que l'on évoquait à l'instant et le blocage du droit d'Hormuz a des
12:24conséquences immédiates, évidemment.
12:26La crise énergétique, la pire que le monde ait connue, plus grave que celle de 1973, 1919 et 2022.
12:32Réunis ça, ce sont les mots du patron de l'Agence internationale de l'énergie dans une interview au Figaro.
12:37La situation s'aggrave en France.
12:39Un quart des stations-services en rupture de stock d'au moins un carburant,
12:43indique ce matin le président de l'Union française des industries pétrolières.
12:47Et donc, les prix qui continuent de s'envoler.
12:50Jeudi dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait considéré, je le cite,
12:53que les Français qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler méritent sans doute une aide ciblée.
12:57Il avait évoqué peut-être de nouvelles mesures en ce début de semaine.
13:01Roland Lescure, le ministre de l'économie et des finances, reçoit justement aujourd'hui à Bercy
13:05les syndicats qui réclament des mesures d'urgence, tout comme les insoumis.
13:10C'est ce qu'a répété il y a quelques minutes sur ce plateau celle qui a été votre invitée,
13:13la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot.
13:17Je crois que nous avons un gouvernement qui depuis plus d'un mois ne fait quasiment rien.
13:21Là, ils font des petits chèques par-ci par-là qui sont des petites urustines.
13:25Et nous, nous le disons, nous voulons un blocage des prix de l'énergie, notamment du carburant,
13:31avec un blocage des prix qui serait à 1,70€, c'est-à-dire...
13:34Comme la CGT.
13:34D'avant la guerre, comme la CGT.
13:36C'est la seule mesure qui ne prend pas dans les poches des Français,
13:39mais qui va prendre par contre dans les poches des profiteurs de guerre.
13:42Est-ce que le gouvernement est condamné à sortir le carnet de chèques, Louis,
13:45après avoir tergiversé, puis finalement lâché un tout petit peu ?
13:49Si on regarde les finances publiques, il est plutôt condamné à ne pas le sortir en réalité.
13:53Alors les oppositions, LFI et RN en tête, expliquent que l'État n'y a qu'à,
13:58c'est le grand réflexe, il n'y a qu'à faire ça, il faut qu'on fasse ça,
14:01il n'y a qu'à sortir le carnet de chèques.
14:03En réalité, non.
14:04Ce n'est pas possible de manière massive telle qu'on l'a connue
14:07lors de la grande crise énergétique de 2022,
14:09où je rappelle que l'État avait subventionné tous les pleins d'essence,
14:12quelles que soient les activités, quelles que soient les revenus des récipiendaires,
14:16et qu'y compris à l'époque poussé d'ailleurs par tout l'aspect politique,
14:20y compris la droite traditionnelle, qui, vous avez remarqué, ne le demande pas cette fois-ci.
14:24Preuve que certains ont peut-être tiré les leçons du dérapage budgétaire qu'on a observé.
14:28Si on fait un rapide tour d'Europe de ce qui a été mis en place,
14:31c'est vrai qu'il y a une pression sur la France parce qu'un certain nombre de pays,
14:33eux, ont soit baissé les taxes, soit pris des mesures pour aider temporairement les automobilistes.
14:38Mais il est intéressant de voir que les premiers qui ont pris ce type de mesures,
14:42ce sont plutôt des pays du Sud, Espagne, Italie,
14:445 milliards d'euros quand même en coup budgétaire pour l'Espagne.
14:48Or, ce sont des pays du Sud, vous savez, qui, il y a quelques années encore,
14:51étaient en déficit aggravé.
14:53Et ils avaient des grandes difficultés des finances publiques.
14:56Or, ils ont depuis redressé leurs finances publiques,
14:58ce qui leur donne un peu plus de marge de manœuvre que la France pour aider les automobilistes.
15:03Ailleurs, notamment les pays du Nord, et j'inclus dedans l'Allemagne,
15:07vous savez, les pays qui ont une réputation plus stricte en matière...
15:09Les frugaux.
15:09Les frugaux, exactement, ceux qui ont une réputation plus stricte en matière de gestion des finances publiques,
15:13pour l'instant, n'ont pas sorti de mesures.
15:15Quand l'Allemagne le fera, il y aura une pression encore plus grande sur la France.
15:19Mais pour l'instant, la coalition du chancelier MERS n'a pas encore pris de mesures d'aide aux automobilistes.
15:24Mais ça donne une idée du piège qui s'est refermé sur la France.
15:29Même des pays auxquels on faisait la leçon avant,
15:32tels que l'Espagne, l'Italie, le Portugal,
15:33sont aujourd'hui en capacité de débloquer quelques mesures.
15:36Là où la France, parce qu'elle est devenue un nouveau pays du Sud,
15:38avec un déficit qu'on connaît, avec une dette qui a été creusée,
15:44est extrêmement contrainte et donc ne peut pas sortir le carnet de tchèque.
15:48Mais d'où la stratégie du gouvernement de gagner du temps,
15:50de faire des concertations à chaque fois, de fixer des rendez-vous, des échéances,
15:54pour ne sortir des aides ciblées qu'au compte-gouttes.
15:58Le problème, c'est que la crise est partie pour durer, visiblement,
16:01et que le gouvernement devra se dépêtrer vis-à-vis de l'opinion publique.
16:04Mais encore une fois, et ça, ça ne changera pas en quelques semaines ou quelques mois,
16:07il est contraint par la situation budgétaire extrêmement préoccupante.
16:10On entendait l'insoumise Mathilde Panot.
16:12Elle, elle dit, mais en fait, ça ne coûte pas cher de plafonner les prix.
16:16Et pourquoi le gouvernement ne plafonne pas les prix,
16:18comme le réclament la CGT et la France Insoumise à Aurore Malval ?
16:21Ça ne coûte pas cher.
16:23Oui, effectivement, si on se sert, par exemple,
16:26si le gouvernement allait chercher cet argent dans les poches des raffineurs,
16:30qui, eux, effectivement, font d'énormes marges depuis le début de la crise.
16:35Parce que ce n'est pas tant, d'ailleurs, à la pompe à essence.
16:38Les profits n'ont pas tant augmenté que ça pour les distributeurs.
16:42Mais effectivement, les raffineurs, comme notamment le groupe Total, font d'énormes marges.
16:47Le problème, c'est qu'on a déjà essayé de les mettre à contribution, de les taxer.
16:51Ce n'est pas aussi simple que ça.
16:52En 2022, j'ai retrouvé les chiffres.
16:55On espérait 1,2 milliard, justement, en taxant les raffineurs.
17:00Eh bien, on a récupéré 69 millions.
17:02Pourquoi cet écart abyssal ?
17:04Précisément parce que les raffinaires ont trouvé un mécanisme d'optimisation
17:09en délégant l'étape du raffinage à des sous-traitants hors de France.
17:13Et donc, ils n'étaient plus assujettis à cette taxe.
17:16Et on n'a pas du tout pris le gain espéré.
17:20Donc, effectivement, sur le papier, ça semble en tout cas être une bonne idée.
17:24Peut-être que le gouvernement peut apprendre de cette leçon
17:27et regarder comment ce trou dans la requête s'est creusé
17:31et comment il peut les cibler de façon plus juste.
17:34Mais on ne peut pas...
17:35En tout cas, ça ne se décrète pas directement.
17:39Et il faut effectivement avoir les moyens de le contrôler et de le faire respecter.
17:43Autrement, moi, je suis d'accord avec lui.
17:45Effectivement, on a le sentiment que le gouvernement attend,
17:47surtout en croisant les doigts pour que les choses s'arrangent
17:50et de ne pas être obligé, à la fin, de sortir quand même quelques chèques.
17:55Et je pense d'ailleurs, parce que là, on parle des carburants,
17:57il y a le prix du gaz qui arrive, la facture en mai, qui aussi va flamber.
18:00Et là, peut-être que justement, le gouvernement sera aussi obligé de bouger.
18:05Renaud Deli ?
18:05Oui, le gouvernement, très clairement, est dans la nasse sur le plan budgétaire,
18:08sur le plan de regard de la situation des finances publiques.
18:10Alors, comme Louis Salter le disait,
18:12il y a une différence entre les pays qui ont déjà fait un effort considérable
18:15pour se désendetter, comme c'est le cas d'ailleurs de l'Italie ou de l'Espagne
18:18et de quelques autres qui ont retrouvé une petite marge de manœuvre
18:20et la France qui n'en a pas.
18:22Donc, très clairement, le gouvernement attend que d'autres pays européens
18:26soient contraints peut-être de prendre des mesures,
18:28justement d'ouvrir le carnet de chèques,
18:29peut-être pour envisager des mesures à l'échelle européenne.
18:31Mais sur le plan français, on voit bien que les poches sont vides
18:35et que, comme le disait un instant Ormalval,
18:38taxer les multinationales, les pétroliers, les raffineurs, les distributeurs,
18:43ça semble plus audible au regard des attentes de l'opinion.
18:48C'est vrai qu'un groupe comme Total, aujourd'hui, ne crie pas misère,
18:51pour résumer, et semble pouvoir participer peut-être à un effort
18:54qui serait indispensable, mais c'est beaucoup plus compliqué techniquement
18:57en termes de mesures.
18:58Donc, on voit qu'il y a vraiment une forme d'impasse
19:02et que face à ça, la stratégie à la fois de l'attente,
19:07du goutte à goutte, en quelque sorte, de ces mesures,
19:09comme par exemple le prêt Flash Carburant déclenché par le gouvernement
19:14vendredi, qui est à l'adresse des TPE et des PME,
19:18des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises,
19:21qui consistent en fait en un prêt de 5 000 à 50 000 euros
19:27avec un taux d'intérêt d'environ 3,8%, etc.
19:30Ce n'est pas une mesure, même dans quelques secteurs d'activité,
19:33ceux qui sont déjà touchés par la crise, agriculture, pêche, transport,
19:36ce n'est pas une mesure qui, évidemment,
19:38concerne l'ensemble des automobilistes
19:40qui ne peuvent pas se passer de leur voiture pour aller travailler.
19:43Il suffit de faire le plein,
19:45comme des millions de Français l'ont fait ce week-end à la pompe,
19:47pour constater que le coût est extrêmement lourd.
19:51Mais face à ça, aujourd'hui, le gouvernement semble un peu...
19:53Comme si, en fait, sans le dire, Emmanuel Macron espérait quand même
19:55que Donald Trump réussisse à débloquer rapidement les trois d'Ormoulis.
19:59Si je vous entends, tous les trois,
20:02on ne peut pas dire, comme le dit Marine Le Pen,
20:04que l'État est un profiteur de guerre, Louis Zalter ?
20:06Non, parce que les surplus ont été chiffrés.
20:08Alors, forcément, quand vous avez une hausse du prix,
20:09vous avez une hausse mécanique de la TVA,
20:11puisque c'est un pourcentage qui est prélevé sur le litre d'essence.
20:16Mais selon Bercy, c'est 270 millions d'euros en mars de surplus,
20:20là où certains, dans l'opposition, parlaient de plusieurs milliards de surplus.
20:23Donc, en réalité, même si vous redistribuez cette somme,
20:25vous n'allez pas aller très loin en termes d'aide aux automobilistes concernés.
20:31Il y a une autre loi économique qui est importante d'avoir en tête.
20:33Quand vous avez un problème d'offre,
20:34c'est-à-dire un rationnement de l'offre,
20:36en tout cas une augmentation du coût,
20:38il ne faut pas subventionner la demande
20:40parce que vous allez aggraver le problème.
20:42C'est-à-dire que la demande sera encouragée par le chèque
20:45que vous allez éventuellement adresser à un tel ou un tel,
20:47alors même que l'offre, parce que les trois d'Ormoulis sont bloqués,
20:49va encore se contracter.
20:51Donc, en loi économique, c'est une absurdité de subventionner la demande
20:53quand vous avez un problème d'offre.
20:56Le souci, effectivement, comme l'a souligné Renaud,
21:00c'est que le détroit d'Ormoulis, on ne sait pas combien de temps il va être bloqué.
21:04Emmanuel Macron, en effet, espère peut-être que le conflit se débloque d'une manière ou d'une autre
21:08parce que Trump, et on l'a évoqué dans le premier débat,
21:10sera contraint par sa propre opinion publique,
21:12pas par les Français qui font la queue dans les stations d'essence,
21:13mais par l'américain moyen automobiliste
21:16qui se préoccupe de l'augmentation du cours du gallon.
21:20et peut-être que ça poussera le président américain
21:25à sortir d'une manière ou d'une autre de cette guerre
21:27pour que l'économie mondiale retrouve une meilleure santé.
21:30Merci beaucoup les informés.
21:31Merci Louis Alter, journaliste politique.
21:34Au Figaro, vous avez la une de votre journal.
21:36La guerre en Iran creuse le fossé entre Trump et les Européens.
21:39Or, Malvaille, la une de Marianne ?
21:42Oui, la une de Marianne, on parle.
21:44Alors, le nouveau va sortir dans très peu de jours.
21:48Le nouveau sera en casque jeudi.
21:49Et là, on s'est intéressé aux mairies conquises par la France insoumise, notamment.
21:54Merci Aurore Malvaille, grand reporter à Marianne.
21:56Merci Renaud.
21:57Merci Agathe.
21:57Les informés reviennent ce soir à 20h avec Victor Metté.
22:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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