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Mardi 28 avril 2026, retrouvez Jeanne Lemoine (codirigeante et cofondatrice, groupe Lemoine) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:00– Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour,
00:07une personnalité qui compte dans notre économie,
00:10et aujourd'hui je reçois Jeanne Lemoyne, bonjour.
00:12– Bonjour.
00:12– Ravi de vous accueillir, vous êtes co-dirigeante du groupe Lemoyne,
00:15également co-présidente du club ETI Normandie.
00:19Je pose souvent la question aux invités du Grand Entretien
00:22sur ce mot « impact », auquel on peut donner beaucoup de sens différents.
00:27Quelle place vous donnez à l'impact dans votre stratégie finalement ?
00:31– Il y a plusieurs sens auxquels on peut donner au mot « impact ».
00:36Le premier, je dirais, il est pour moi d'abord sur le plan écosystème,
00:43c'est-à-dire que tout ce qu'une entreprise, notamment une ETI,
00:46qui a atteint une certaine taille, peut faire pour son territoire.
00:51Donc tout l'écosystème avec lequel elle peut travailler,
00:54et donc développer ensemble des process, développer ensemble des machines,
00:59développer ensemble de l'emploi indirect.
01:01Donc il y a un impact très fort de ce point de vue-là.
01:05Ensuite, l'impact, il est forcément aussi notre impact environnemental,
01:09social, sociétal.
01:12Donc quel est notre rôle sur le plan environnemental ?
01:15Comment ? Alors nous, on a choisi la sobriété.
01:17C'est une façon de gérer, alors après on est Covid-10, etc.
01:23Tout ça, c'est un système.
01:24– Il y a la question des labels, effectivement.
01:25– Voilà, la question des labels, mais il y a un choix dès le départ,
01:28et dès notre origine, on a choisi la sobriété,
01:32en choisissant nous-mêmes de dire, on va fabriquer un produit.
01:36Si on fabrique ce produit, on fabrique nos composants,
01:39nos matières premières, on les achète,
01:41mais nos composants tels que les tiges,
01:43puisque nous fabriquons des cotons de tiges, des disques à me maquiller.
01:46Nous choisissons de fabriquer nos tiges,
01:49de garder notre mèche, de fabriquer nos boîtes,
01:53et tout ça, nous choisissons de le fabriquer,
01:55alors une première usine, deuxième usine, troisième usine,
01:57et tout cela dans un rayon de 5 km.
02:00Donc pas de dépense de transport.
02:04Et quand nous avons choisi de nous étendre en Europe,
02:07nous avons choisi de dire, nous exportons notre savoir-faire
02:11dans les pays européens, et nous allons produire local,
02:15pour vendre local.
02:17– Pas une énorme usine en France qui va déployer les produits partout.
02:21– Voilà, et transporter.
02:23Non, la meilleure façon de pénétrer un marché,
02:27et la meilleure façon de le pénétrer de manière,
02:30j'allais dire, environnementale,
02:32c'est de produire local.
02:34– Quelques chiffres sur le groupe Le Moine,
02:37c'est assez impressionnant,
02:3830 milliards de bâtonnets ouatés produits chaque année,
02:41175 millions de sachets de disques à démaquiller,
02:4511 sites de production, vous venez de l'expliquer,
02:47en France bien sûr, mais en Europe,
02:49sur les continents américains, en Asie,
02:52près de 1000 salariés, dont 300 en Normandie.
02:54Vous êtes l'un des leaders mondiaux des produits à base de coton.
02:59Sur quoi vous, si vous regardez un petit peu dans le rétroviseur,
03:03sur quoi vous basez cette réussite ?
03:06Le fil rouge, c'est quoi ?
03:07– Le fil rouge, c'est une volonté industrielle,
03:11d'abord un choix, parce que l'industrie, c'est créateur,
03:17d'emploi, de produits, de richesse, de sens aussi,
03:21par ces biais-là.
03:23Et ensuite, cette volonté de l'industrie créatrice de valeurs et de richesses,
03:30c'est de la développer non seulement en Normandie, dans notre région,
03:35de permettre à nos collaborateurs de développer leur savoir-faire,
03:38dans plusieurs process industriels,
03:40et au-delà de décider, de dire,
03:43oui, on va pénétrer un marché.
03:44Alors, notre choix aussi a été de travailler avec la grande distribution
03:48et de travailler sur leurs marques distributeurs.
03:51Donc, c'était aussi un choix très particulier,
03:54une cible très particulière.
03:57Et après, ce modèle, on l'a développé dans les pays européens,
04:00puisque, avec l'Allemagne, on travaille avec Coffland, avec Réveux,
04:04en Espagne, on travaille avec Mercadona.
04:06Donc, franchement, c'est un choix de dire,
04:09on cible un produit,
04:11on le fait d'une manière la plus...
04:15sur le plan environnemental, la plus sobre possible.
04:19On y reviendra en détail là-dessus.
04:20Voilà.
04:20Et on le fait sur le plan humain,
04:23avec des tags d'entreprises qui restent humaines,
04:25et choisissant de développer nos collaborateurs,
04:29de donner un sens à leur vie professionnelle.
04:33Donc, avec cet impact, justement, que nous avons.
04:36Je veux bien rebondir là-dessus.
04:37Vous dites, créer une entreprise,
04:39c'est créer une communauté humaine.
04:41Exact.
04:42J'aime bien cette formulation.
04:44Et donc, ça veut dire aussi, en termes de taille,
04:47vous êtes co-présent du club des entreprises de taille intermédiaire en Normandie,
04:52ça veut dire aussi ne pas trop grandir.
04:55Enfin, vous voyez ce que je veux dire ?
04:56Est-ce que les deux sont compatibles ?
04:59Oui, les deux sont parfaitement compatibles,
05:02parce que c'est grandir sans grossir.
05:06Ça, c'est une évidence.
05:09Et c'est dans ce choix de développement,
05:12puisque c'est un choix de développement,
05:13pour pouvoir garder nos valeurs,
05:16notre éthique,
05:17c'est de garder justement ses tailles à chaque fois.
05:19Et chaque fois, nos tailles d'entreprises européennes,
05:22ce sont des entreprises qui font 120, 150,
05:26qui emploient 150 personnes au maximum.
05:29Donc, ils se connaissent tous,
05:30nous les connaissons tous,
05:31et c'est ça l'avantage,
05:32c'est qu'il y a ce lien de proximité,
05:34et puis cette facilité aussi de décision.
05:38Il y a un circuit court.
05:40Effectivement.
05:41Ce qui vous a permis,
05:42tiens par exemple pendant la crise sanitaire,
05:44de vous adapter,
05:45je crois que vous avez produit des écouvillons,
05:47c'est ça, ce qu'on a tous dû tester,
05:52dans différentes circonstances.
05:55Comment ça s'est passé ?
05:56Je veux bien que vous nous racontiez cette expérience,
05:59parce que vous n'en produisiez pas du tout avant.
06:01Pas du tout.
06:02Pas du tout.
06:02C'est cette agilité que savent montrer les ETI,
06:07et peut-être plus particulièrement dans l'industrie,
06:11parce que nous fabriquons nos composants,
06:14je crois que c'est vers le 20 mars,
06:16je vois un reportage sur une chaîne d'information,
06:19et je constate que nous manquons d'écouvillons.
06:24Et je vois ce qu'est un écouvillon,
06:26parce que comme vous le disiez,
06:26à l'époque on ne savait pas trop ce qu'était un écouvillon,
06:29je découvre un écouvillon,
06:30et je vois qu'on pourrait dire que c'est un lot contre une tige.
06:34Donc comme nous fabriquons nos tiges,
06:37comme nous cardons notre mèche,
06:40je me dis que ça doit être possible de transformer
06:43quelques process d'industriel chez nous,
06:45notamment la fabrication des tiges,
06:48le cardage de la mèche,
06:50et de faire en sorte qu'aussi dans l'assemblage,
06:53on puisse assembler un seul embout,
06:55au lieu d'assembler deux embouts.
06:59Et je me mets en relation tout de suite
07:02avec nos équipes R&D,
07:04et je leur dis, écoutez, il faut absolument...
07:05Voilà le défi, quoi.
07:06Voilà le défi, il faut qu'on trouve la solution.
07:09Alors on a commencé d'abord par l'hôpital de Flair
07:11aller chercher Annick Ouvillon pour le dépioter,
07:14et puis savoir exactement comment on allait pouvoir faire
07:17pour cette tige longue,
07:18qu'il fallait aussi rendre ses câbles,
07:20pour après le mettre dans le liquide,
07:23où on pouvait déterminer si...
07:25la personne était porteuse ou pas.
07:29Donc on décortique cet écouvillon,
07:34et on...
07:37Je demande ensuite aux...
07:39Justement à nos fabricants de pièces détachées,
07:43est-ce que vous pouvez nous aider
07:44à transformer nos machines
07:45pour pouvoir justement fabriquer ces tiges plus longues,
07:49et puis avec cette découpe à 7 cm,
07:52puisque un coton-tige,
07:54ça fait 7 cm.
07:56Un écouvillon fait 15 cm.
07:57Donc il fallait avoir ces 15 cm,
07:59et le poids sécable à 7 cm.
08:04Après, ils me disent,
08:05écoutez, oui, oui, on s'occupe de ce problème-là.
08:07D'abord, les équipes ont demandé,
08:09ils m'ont appelé,
08:09vous êtes sûre, sûre, sûre, de vous ?
08:11Oui, parce que c'est quand même
08:12une transformation du process industriel.
08:15Et tout ça en combien de temps ?
08:17En 8 jours.
08:18C'était assez exceptionnel,
08:20je veux dire,
08:20les équipes étaient toutes...
08:23D'abord, le 17 mars,
08:25quand ils sont arrivés à l'usine,
08:26elles étaient toutes...
08:28On est les seules ouvertes,
08:30parce que nous fabriquions des produits
08:32de première nécessité,
08:33donc nous étions obligés d'être ouverts.
08:35Nous sommes les seules ouverts,
08:36dans la zone industrielle,
08:38on va mourir,
08:38on va tous mourir.
08:39Je dis, non, non, non,
08:40on ne va pas mourir.
08:42Regardez, j'ai mon âge,
08:43je vais être là.
08:44On ne va pas mourir.
08:45Mon fils aussi était...
08:46Alexandre était au premier de cordée.
08:51Et nous décidons,
08:53quelques jours plus tard,
08:54de nous lancer.
08:55Et là, les collaborateurs ont dit,
08:57mais on va sauver notre pays.
08:59Oui, il y a une vraie fierté,
09:00j'en doute pas.
09:02De participer à cet effort collectif.
09:04De participer à cet effort collectif
09:05et de dire,
09:07grâce à nous,
09:08grâce à nous,
09:09on va pouvoir parvenir
09:11à aider notre pays.
09:13Bon, on va prendre un peu de temps, là.
09:15Oui, ça va,
09:15il nous reste plus d'un quart d'heure
09:16pour se concentrer un peu
09:18sur, justement,
09:19les questions environnementales,
09:21les choix que vous avez faits.
09:23Et évidemment,
09:23il y a beaucoup de questions.
09:24Et je voudrais commencer
09:25par faire un zoom
09:26sur votre nouvelle usine
09:27qui est à Argentan,
09:29dans l'Ordre,
09:30qui a été inaugurée, je crois,
09:31à la fin de l'année dernière,
09:32en novembre 2025, vous m'avez dit.
09:34Comment vous l'avez pensé ?
09:35Est-ce que...
09:36À quel point on pense
09:37une usine de 2025-2026
09:39différemment d'une usine
09:40d'il y a, je ne sais pas,
09:4115, 20, 30 ans ?
09:42En termes d'impact,
09:44d'économie,
09:46de, je ne sais pas,
09:47d'énergie, etc., etc.
09:50Alors après,
09:52il faut que vous sachiez
09:53que cette ouverture
09:54est liée à une opportunité
09:58qui...
09:58Dans une logique
09:59de réindustrialisation.
10:00Dans une logique
10:00de réindustrialisation
10:01et dans une logique
10:02de reprise d'une friche industrielle.
10:03C'est ça.
10:04Et cette friche industrielle,
10:05c'est, hélas,
10:06une entreprise qui ferme,
10:08des bâtiments qui restent,
10:10et ces bâtiments qui restent,
10:12il faut les réhabiliter.
10:13Donc, c'est la première...
10:14C'est le premier problème
10:15qui se pose.
10:15On part du bâti existant, quoi.
10:17On part du bâti existant.
10:18Parce que si vous voulez
10:20réindustrialiser,
10:21comme vous le savez,
10:21aujourd'hui, le foncier,
10:22c'est un problème.
10:23On n'en dispose pas.
10:26Très peu.
10:27Donc, il faut se servir
10:29du foncier existant.
10:32Et, a fortiori,
10:33des bâtiments qui existent
10:35sur ce foncier.
10:36C'est comme ça
10:36que nous est venue l'idée
10:38de dire,
10:39oui, on veut réindustrialiser.
10:41Il y a plus qu'une seule chose
10:43qu'on ne fabrique pas en France,
10:44c'est la découpe
10:45des disques à démaquiller.
10:47Donc, on connaît ce processus,
10:49on le connaît très bien
10:50puisqu'on l'a développé
10:51notamment dans une de nos usines européennes
10:56aux Pays-Bas.
10:57Donc, on connaît parfaitement
10:58ce processus,
10:59la fabrication de la nappe
11:00et ensuite, la nappe,
11:01ce sont ces grandes,
11:02grandes nappes de coton.
11:03On emploie le même mot
11:04pour une nappe pour la table
11:05que pour une nappe de coton.
11:07Et on découpe les disques.
11:10Et on découpe les disques
11:23puisque le territoire d'Argentan
11:25était des caractères d'industrie.
11:27On travaille avec, évidemment,
11:30France Travail
11:31pour les collaborateurs
11:32qui avaient été licenciés
11:34et qui étaient prioritaires
11:36dans la réembauche.
11:38Et tout ça se met en place
11:41dans un contexte,
11:42en effet,
11:43ce n'est pas une ouverture
11:45au sens propre du terme.
11:48C'est une réindustrialisation
11:50dans tous les sens du terme.
11:51Mais est-ce qu'il y a
11:52des impératifs environnementaux
11:54qui se rajoutent à l'équation
11:56qui est déjà compliquée ?
11:57Est-ce que,
12:00réglementairement,
12:01vous étiez obligé
12:02de rendre ce bâtiment,
12:05je ne sais pas,
12:05moins consommateur d'énergie,
12:07etc., etc.
12:08Non, non, pas forcément
12:09parce que, d'abord,
12:09on est très peu consommateur d'énergie.
12:12D'accord.
12:13Donc, pas forcément.
12:14Ce n'était pas quelque chose
12:15qui nous était demandé.
12:17Et puis, c'est quelque chose
12:18aussi, on connaît,
12:20je vais dire,
12:20avec nos machines,
12:21on a appris,
12:22dans l'amélioration continue,
12:23à diminuer.
12:24Mais ça aussi,
12:25parce que c'est un modèle
12:26que nous avons,
12:27j'allais dire,
12:28installé dès le départ,
12:29la sobriété.
12:31Quand vous travaillez déjà
12:32pour la grande distribution,
12:33quand vous travaillez
12:34en marque propre
12:35et que vous savez
12:35que vous devez,
12:36votre cahier des charges,
12:37c'est la même qualité
12:38que le produit leader
12:39et le prix,
12:40c'est un peu au-dessus
12:41du premier prix.
12:42Donc, vous savez
12:43que vous devez travailler
12:45sobrement
12:46sur tous les plans.
12:47Donc, à partir de là,
12:50sur le plan industriel,
12:51on a toujours eu
12:52les dernières machines
12:55sur le plan industriel
12:57qui étaient,
12:58qui avaient un process
12:58de production
13:00particulièrement
13:01sobre.
13:02Ok.
13:03Alors, il y a un principe
13:04dans cette émission,
13:05c'est que les invités
13:05du Grand Entretien
13:07posent une question
13:08à ceux de la semaine suivante.
13:10À votre place,
13:11il y avait Rosemary Bessnier,
13:12la dirigeante d'Abeille
13:13et Botanique,
13:14qui, on va parler,
13:16des filières de coton.
13:17Regardez.
13:18Bonjour Jeanne.
13:19Votre groupe s'engage
13:21dans des filières responsables
13:23en utilisant du coton bio.
13:25On aimerait savoir
13:26comment vous faites
13:28pour être sûr
13:30que votre sourcing soit responsable.
13:33Question centrale,
13:35le sourcing.
13:35Le sourcing,
13:36alors, le sourcing,
13:38ça rentre dans une politique
13:40globale d'achat responsable.
13:43Tout d'abord,
13:44alors, si on ne concentre
13:46que sur le coton,
13:48déjà, vous savez
13:49que c'est le produit producteur,
13:50c'est des producteurs
13:52assez lointains,
13:54tels que l'Inde,
13:55le Pakistan,
13:56la Turquie est plus proche,
13:58mais ce sont ces pays-là.
14:00Et pour nos fournisseurs,
14:02nous choisissons
14:02des fournisseurs
14:03qui sont reconnus,
14:06si vous voulez,
14:08par...
14:09s'ils ne sont pas compatibles
14:10avec l'Organisation internationale
14:12du travail,
14:13de toute façon,
14:14c'est évacué.
14:15Ensuite,
14:16il faut qu'ils correspondent
14:17exactement
14:18à nos chartes.
14:19On a une politique
14:20d'achat responsable
14:21et on a une charte
14:22d'achat responsable
14:23qui sont nos valeurs,
14:24notre éthique.
14:25Et il faut qu'ils correspondent
14:26à cette valeur,
14:28à ces valeurs
14:28et à cette éthique.
14:30Donc déjà,
14:30on prend des fournisseurs
14:32et ensuite,
14:33bien entendu,
14:34ils doivent correspondre
14:35à des règles fondamentales.
14:37S'ils ne correspondent pas,
14:39c'est évident,
14:40on ne les prend pas.
14:41Et sur le côté bio, alors ?
14:42Sur le côté bio.
14:43Alors, sur le côté bio,
14:45c'est...
14:45Alors,
14:46il y a différentes choses,
14:47si vous voulez.
14:48Déjà, nous,
14:49on utilise
14:50de la fibre
14:52courte.
14:53Donc, ce n'est pas
14:54la même chose
14:54que celle qui est utilisée
14:55dans le textile.
14:56D'accord.
14:56Donc, déjà,
14:57on est beaucoup moins
14:58consommateurs
15:00d'eau,
15:01d'énergie
15:03parce que nous travaillons
15:04sur de la fibre courte.
15:05Ça, c'est déjà
15:06un premier point.
15:07Sur le côté bio,
15:08vous avez une certification
15:10qui s'appelle GOT.
15:12Et on utilise,
15:13à ce moment-là,
15:13du côté
15:14et du coton
15:14certifié GOT.
15:15100% ?
15:16C'est possible ?
15:18Pour les produits
15:19qui sont considérés
15:21puisque, une fois de plus,
15:24FSC, GOT,
15:25ce sont des certifications
15:26de produits.
15:27Ce ne sont pas
15:28des certifications...
15:29Ce ne sont pas
15:29des labels entreprises.
15:31Oui, je comprends bien.
15:32Est-ce que cet impératif,
15:35ça vous perd...
15:36Parce que vous parliez,
15:37effectivement,
15:38de l'obligation
15:40pour une entreprise,
15:41pour un groupe
15:41comme le vôtre,
15:42d'être compétitif.
15:44Est-ce qu'on peut
15:45choisir le bio,
15:47avoir cette exigence
15:48en termes de label
15:48et rester compétitif ?
15:49Comment vous conciliez
15:51les deux ?
15:51Oui, parce que,
15:51si vous voulez,
15:53tous nos produits
15:53ne sont pas
15:54avec du coton bio.
15:56Alors, on fait
15:57de plus en plus
15:58avec du coton
15:58noblanchi, etc.
16:00Mais tous nos produits
16:01ne sont pas bio.
16:02Pour nos produits bio,
16:03de toute façon,
16:04ça va être fait
16:04avec du coton 100% bio.
16:05D'accord.
16:06On ne peut pas
16:06faire autrement.
16:07Oui.
16:07OK.
16:08Bien compris.
16:09L'innovation,
16:11est-ce que vous êtes
16:13dans un secteur
16:14qui continue...
16:15Il y a eu un bon exemple,
16:16l'exemple Covid
16:18dont vous parliez,
16:19et la capacité
16:19à s'inventer
16:20se réinventer très vite.
16:21Mais vous cherchez
16:22en permanence
16:23des nouveaux process
16:24ou c'est un métier
16:25un peu...
16:25Non.
16:26évolue assez peu.
16:27C'est un métier
16:28qui évolue en fait...
16:30Alors, ce n'est pas
16:30tout à fait toujours
16:31très visible,
16:32les gens ne réalisent pas,
16:33mais en fait,
16:35on se base
16:35sur l'éco-conception.
16:37Et l'éco-conception
16:38ou l'éco-innovation,
16:39comme vous voulez
16:41choisir de l'appeler,
16:43l'éco-conception
16:44ou l'éco-innovation,
16:45c'est-à-dire qu'on va changer
16:46de telle manière
16:47où on va avoir
16:48un produit
16:49plus éco-responsable.
16:51notamment,
16:52soit, par exemple,
16:53mais ça,
16:54ce n'est pas visible,
16:55mais par contre,
16:55ça demande des process
16:56industriels à modifier,
16:58on va utiliser
16:59du plastique recyclé
17:01au lieu d'utiliser
17:02du plastique non recyclé.
17:04D'accord.
17:04On va utiliser
17:05pour les sticks
17:06du papier recyclé,
17:07puisqu'aujourd'hui,
17:08comme vous le savez,
17:08c'est passé à base de papier,
17:10au lieu d'utiliser
17:11du papier non recyclé.
17:13Pour les sachets de disques
17:16qui sont des sachets
17:17toujours à l'heure actuelle
17:18en plastique,
17:18on va utiliser
17:19des sachets
17:22de plastique recyclés.
17:24Donc, à chaque fois,
17:24si vous voulez,
17:24ces petites améliorations,
17:26ce ne sont pas visibles
17:28pour le consommateur.
17:30Alors,
17:31elles sont écrites,
17:31mais je ne sais pas
17:32s'ils prêtent
17:33beaucoup d'attention.
17:34Elles ne sont pas visibles
17:35pour le consommateur,
17:36mais néanmoins,
17:36demandent de notre part,
17:38d'une part,
17:39qu'on sélectionne
17:40un nouveau fournisseur
17:40et d'autre part,
17:41qu'on adapte
17:42nos machines
17:43à ce nouveau produit
17:45et qu'on crée,
17:46du coup,
17:46un nouveau packaging.
17:47Oui,
17:47avec aussi
17:48l'aiguillon
17:50ou l'impératif
17:51réglementaire.
17:52L'impératif réglementaire
17:53réglementaire
17:54et l'impératif prix.
17:56Oui.
17:56Et l'impératif prix.
17:57Bien sûr,
17:57on ne perd pas de vue.
17:58Sur l'impératif réglementaire,
18:00la fin des tiges plastiques
18:02dans les cotons-tiges,
18:03ça a été une grosse révolution.
18:04J'imagine.
18:04Comment vous avez intégré ça ?
18:06C'est alors,
18:08autant,
18:09nous avions décidé
18:10de fabriquer nous-mêmes
18:11nos tiges en plastique
18:13et c'est par le viet
18:16du plastique
18:16de l'injection
18:19et nous avons choisi
18:21de faire après
18:24quand, justement,
18:26la loi du 1er janvier 2020
18:29interdisait les cotons-tiges
18:31dont les tiges étaient en plastique.
18:32Les gens ont dit
18:33non, non,
18:33on va interdire les cotons-tiges,
18:35on ne va plus en trouver.
18:37Comment ça ?
18:37Vous allez disparaître.
18:39Non, non, non,
18:39c'est simplement la tige
18:41où elle ne peut plus être en plastique.
18:43Donc, vous la remplacez par quoi ?
18:45Par une tige en papier.
18:45D'accord.
18:46Et il a fallu,
18:47à quel point il a fallu
18:48modifier le processus industriel ?
18:51C'est un processus,
18:51et si vous voulez,
18:51heureusement que nous avons su
18:54que cette loi allait paraître,
18:56nous l'avons su
18:56grâce au député maire de Flair
19:01qui travaillait à l'Assemblée nationale
19:04et savait que la loi biodiversité
19:06allait être mise sur la table
19:08et donc interdire trois produits,
19:11typiquement,
19:12les cotons-tiges,
19:13les pailles
19:13et les couverts jetables.
19:16Donc, nous faisions partie
19:17de ces produits-là
19:19et à partir de là,
19:21il a fallu transformer
19:21un process industriel
19:23mais pour en apprendre
19:24un tout à fait différent.
19:25En combien de temps ?
19:26Et heureusement,
19:27alors,
19:27on a mis un peu plus
19:29de deux ans.
19:31On a réussi,
19:32par contre,
19:33à modifier
19:33nos chaînes de production
19:35avant la date
19:37du 1er janvier,
19:39même,
19:39j'allais dire,
19:41pratiquement
19:41neuf mois avant
19:42et à embarquer
19:45certaines centrales
19:46de la grande distribution
19:46parce qu'au départ,
19:49certaines centrales
19:49étaient inquiètes
19:50en se disant
19:51comment ça va se passer,
19:52comment le consommateur
19:53va réagir,
19:54comment vous allez faire
19:56et en fait,
19:57en achetant
19:58des tiges papier
19:59puisqu'il n'y a qu'un seul fournisseur
20:01de tiges papier
20:02en Europe.
20:03Donc,
20:03on n'avait pas le choix.
20:05Nous,
20:06on les fabriquait,
20:06mais avec le temps
20:07de refaire
20:09ce process industriel
20:10qui est totalement différent
20:11du process industriel
20:12à base de plastique.
20:13Ça a été un coût important ?
20:15Un coût très important
20:16notamment de recherche.
20:18Oui.
20:19D'accord.
20:20Qu'il a fallu digérer.
20:21De recherche et développement.
20:22Qu'il a fallu digérer
20:23dans le temps,
20:24j'imagine.
20:25Exactement.
20:26En évidence d'entreprise.
20:27Est-ce qu'il y a d'autres changements
20:28comme ça,
20:29réglementaires,
20:30qui sont en cours
20:31ou que vous anticipez
20:32pour les prochains mois,
20:34pour les prochaines années ?
20:35Ou est-ce que vous vous dites
20:36qu'on est plutôt
20:37dans une période
20:37un peu posée ?
20:39Notre rôle,
20:41et notamment
20:42quand on a su
20:43pour ces tiges
20:44en papier au lieu du plastique,
20:46notre rôle,
20:47ça avait été d'anticiper.
20:48Parce que si au 1er janvier 2020,
20:50on avait dit
20:50bon, c'est très bien,
20:51on peut en acheter.
20:53Non.
20:53Non, il faut anticiper.
20:55Et c'est très long
20:55le temps de changer
20:56un process industriel,
20:58d'en inventer un
21:00et de pouvoir produire
21:03avec une productivité
21:04et un prix intéressant,
21:05c'est sur plusieurs années.
21:07Donc, à partir de là,
21:09par exemple,
21:11nous,
21:11nos modifications,
21:12on savait aussi supprimer
21:13le plastique.
21:14Alors, supprimer le plastique,
21:16on a modifié nos boîtes,
21:18certaines de nos boîtes plastiques,
21:21notamment rectangulaires,
21:22on les a modifiées,
21:23on les a passées en carton.
21:25Et c'est pareil,
21:26ça, c'est une modification gigantesque
21:29du process industriel.
21:30Parce que quand vous aviez
21:32une boîte plastique,
21:34vous aviez le couvercle,
21:36le robot qui mettait un
21:38et le robot qui mettait le couvercle.
21:40Dans une boîte en carton,
21:41elle arrive pliée,
21:43il faut la déplier,
21:44pour pouvoir...
21:45Donc, c'est pas du tout
21:46le même circuit
21:48de robotique de production.
21:51On ne l'imagine pas toujours.
21:52Non, non, non, non, non.
21:53J'adore ouvrir le capot
21:55des entreprises,
21:56pour comprendre,
21:57effectivement,
21:57les difficultés
21:57Quand vous avez un couvercle plastique
22:00qui arrive sur le...
22:01J'allais dire le...
22:04Comment dirais-je ?
22:05Le trajet.
22:06Et puis que le robot
22:07met les deux sens,
22:08puis après qu'un autre robot pose,
22:10ça vous paraît assez simple.
22:11Quand après,
22:12vous avez une boîte carton
22:13qui arrive plate,
22:15c'est là que ça se complique.
22:16Il faut l'ouvrir.
22:16Il nous reste trois minutes.
22:18Je voudrais qu'on parle quand même
22:18de votre rôle de présidente
22:19du club ETI
22:21des entreprises intermières
22:22en Normandie,
22:23et notamment des sujets
22:24autour de l'intelligence artificielle.
22:26Je sais que vous travaillez
22:27sur ces sujets.
22:28Ah oui, oui.
22:28Nous en sommes très fiers.
22:29Et alors, sur quel...
22:32Notamment sur quoi ?
22:33Sur les processus de recrutement,
22:35sur la formation des salariés ?
22:37Alors, on a créé
22:38une démarche tout à fait inédite,
22:40dans le sens où on a choisi
22:42de faire du collectif.
22:43Et via un appel à projet
22:47de RACAR,
22:48spécifique à la Normandie,
22:49où on a candidaté
22:50pour déposer en effet
22:52notre accélérateur
22:53d'intelligence artificielle.
22:55Et là,
22:56une vingtaine de nos adhérents
22:58nous ont suivis.
22:59Et on a décidé
23:00de choisir ensemble
23:02les sujets
23:03sur lesquels
23:03on travaillerait ensemble,
23:05qui sont des sujets communs,
23:06sur lesquels on pouvait avoir
23:07une valeur ajoutée
23:07tous ensemble,
23:08mutualiser nos ressources,
23:09nos compétences.
23:10Et on a décidé,
23:11ce choix a été fait ensemble,
23:12sur un copilote financier,
23:15sur un formateur,
23:18une aide
23:18à formation DRH,
23:19sur les données structurées
23:22et non structurées,
23:24sur la gestion des emails
23:27et les flux de production.
23:29Aujourd'hui,
23:30on a bien avancé
23:32sur tous ces sujets,
23:34et on est en train
23:35de travailler
23:35sur les données structurées
23:37et non structurées.
23:38de manière à avoir,
23:40puisque ça,
23:40c'est quelque chose
23:40qui peut être
23:42parfaitement transverse.
23:43Après,
23:43puisque apprendre à chacun,
23:45et on le sait
23:46dans l'intelligence artificielle,
23:47c'est une question de data.
23:48Bien sûr.
23:49Et si les datas
23:50ne sont pas toutes
23:52mises au bon endroit,
23:53et c'est le cas
23:54dans les données structurées
23:54et non structurées,
23:55puisque vous les trouvez
23:56dans les fichiers Excel,
23:57dans les tableaux de bord,
23:59de la comptabilité,
24:00etc.
24:00et les données non structurées,
24:02c'est tout ce qui est
24:03email,
24:04échange d'email
24:05où il y a des informations
24:06dedans,
24:06c'est vidéo,
24:07photo,
24:08etc.
24:09de produits.
24:10Il faut aller regrouper
24:11tout cela
24:12pour en faire des datas.
24:13Et on est en train
24:13d'ouvrir une plateforme
24:15sur laquelle
24:16on pourra tous aller
24:18et même d'ouvrir
24:19avec l'université de Caen
24:20une formation
24:23où même
24:23on pourra avoir
24:24peut-être
24:24une première
24:29avec,
24:30j'allais dire,
24:31une...
24:31Oh,
24:32je n'arrive pas à trouver.
24:32Une IA.
24:33Mais l'idée,
24:33c'est quoi ?
24:34C'est d'avoir une sorte
24:34d'IA autonome
24:35que vous allez pouvoir
24:36collectivement utiliser ?
24:37C'est une sorte,
24:38si vous voulez,
24:39alors l'IA,
24:40elle se développe
24:41comme vous le savez
24:41dans tous les secteurs
24:42de l'entreprise.
24:43Mais là,
24:44c'est d'avoir,
24:44j'allais dire,
24:45pour les données
24:46structurées et non structurées,
24:47de permettre,
24:48parce que c'est vraiment complexe
24:50et la data,
24:51et autant on a avancé
24:54en numérique
24:55sur un certain nombre
24:56de sujets,
24:56aujourd'hui,
24:57dans beaucoup d'entreprises,
24:58les données sont réparties
25:01un peu partout.
25:02Donc,
25:02c'est aider les entreprises
25:03à compiler
25:05ces données
25:07et à faire en sorte
25:09que,
25:10j'allais dire,
25:10il y ait un modèle
25:11qui puisse les aider.
25:13D'accord.
25:13Voilà.
25:14Parce que c'est compliqué
25:15à l'intelligence artificielle.
25:17On en est convaincu.
25:18Merci beaucoup,
25:19Jeanne Lemoyne,
25:19d'avoir participé
25:20à notre émission.
25:21A bientôt sur
25:22Bsmart4Channel.
25:23C'est l'heure
25:23de notre rubrique
25:24Startup.
25:24Tout de suite.
25:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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