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  • il y a 2 jours
Ce mardi 28 avril, l'utilité du Conseil économique, social et environnemental au regard de son coût institutionnel, a été débattue par Jean-Marc Daniel et Frédéric Bianchi, dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00C'est une préchauffe ce débat avant celui de 8h40 où Claire Toury et Dominique Carlac
00:05viendront défendre leur place, elles veulent prendre la tête du CESE, le Conseil économique et social.
00:10D'où cette question avant ces élections du 20 mai, à quoi ça sert ?
00:14Jean-Marc a décidé de le défendre, donc je commence avec Frédéric.
00:17Et je le remercie, je le remercie, ma position est la plus facile.
00:21Vous, vous allez en dire du mal.
00:22Je ne pense pas.
00:23En du mal, peut-être pas, mais on va commencer peut-être par Jean-Marc, non ?
00:25Non, non, on commence avec vous, parce que d'abord les critiques.
00:28D'abord l'attaque.
00:28Oui, d'abord l'attaque.
00:29Non, alors le CESE, moi je ne vais pas l'attaquer, simplement, il y a souvent une question qui revient
00:33dans le débat, ça coûte cher.
00:35Bon, je vais regarder un petit peu le budget, pas tant que ça, c'est 35 millions d'euros.
00:39Ce n'est pas énorme par rapport à l'Assemblée, évidemment, par rapport au Sénat, c'est beaucoup moins cher.
00:43Donc ce n'est pas si cher que ça dans l'absolu, même si on peut se poser des questions
00:47sur certaines opérations.
00:48On se souvient de la Convention climat, c'est en 2021, j'ai regardé le budget, là pareil, on était
00:52de l'ordre de 5 et quelques millions d'euros.
00:55Ce n'est pas si cher que ça, sauf qu'en même temps, le Royaume-Uni faisait à peu près
00:57la même chose
00:58pour 10 fois moins cher.
01:00Donc, ce n'est pas cher, mais c'est quand même des dépenses, c'est ça, plus ça, plus ça.
01:03Bon, alors le coût, mais si c'était efficace, s'il y avait des avis qui étaient suivis par le
01:07gouvernement,
01:07parce que c'est consultatif, si ça nourrissait le débat public,
01:10sauf que, pas vraiment, pas vraiment.
01:13C'est quand le dernier rapport du CESE, Jean-Marc, que vous avez lu, avec attention, le soir, dans votre
01:19appartement,
01:19et qui va nourrir votre réflexion sur les sujets.
01:22Moi, j'avoue, personnellement, et après, je vais vous laisser la parole,
01:25ce n'est pas arrivé si souvent que ça.
01:27Alors, pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on croule un peu sous les informations,
01:32sous les avis de consultants, parce que le CESE, aujourd'hui, il est concurrencé par plein de choses.
01:37Il y a les cabinets ministériels qui font des rapports,
01:40il y a les entreprises, il y a des lobbies en voiture, en voilà,
01:43il y a des think tanks, il y a le haut commissariat, aussi, en France,
01:46il y a France Stratégie, donc voilà, dans cette masse énorme d'informations,
01:51d'avis, de consultations citoyennes, qu'on voit arriver de partout,
01:57on se demande, finalement, le CESE, là-dedans, à quoi il sert ?
02:00Alors, Jean-Marc, c'est quoi, le dernier rapport du CESE qui vous a bouleversé ?
02:02Oui, je vais vous répondre à ça, parce qu'effectivement, dans mes livres, dans mes articles,
02:06et tout ça, je cite assez souvent le rapport du CESE,
02:09qui a été fait à l'époque où Jean-Matteoli était le président,
02:11qui était le rapport sur la lutte contre le chômage,
02:14qui était une forme de réponse à la déclaration de François Mitterrand contre le chômage,
02:22on a tout essayé, et le Premier ministre de l'époque, Édouard Valadieu,
02:26a dit, on va demander aux partenaires sociaux ce qu'ils pensent,
02:28au genre de terrain au CESE, qui était à l'époque uniquement CES,
02:33donc qui n'était pas encore environnemental,
02:35il avait effectivement, il avait dit, écoutez, il y a des chefs d'entreprise,
02:38il y a des syndicalistes, il y a des représentants de l'économie concrète,
02:41on va leur demander ce qu'ils pensent,
02:43et un certain nombre de mesures avaient été présentées,
02:46et alors après plus ou moins...
02:49Donc c'est 94 le dernier...
02:50Le dernier sur lequel je m'appuie,
02:53et ce qui est important dans cette affaire,
02:55c'est qu'effectivement, ça ne coûte pas cher,
02:58et ça coûte encore moins cher que les 30 millions,
03:02parce que maintenant, une partie du régime de retraite
03:04a été récupérée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse,
03:07donc à l'État stricto sensu,
03:08même si la Caisse nationale vieillesse,
03:10c'est des dépenses publiques,
03:13mais enfin, l'affichage est très faible,
03:15et en plus, il y a toute une partie du budget qui consiste à entretenir un bâtiment,
03:19qui est un bâtiment historique,
03:21fait par Auguste Perret,
03:22qui est un des bâtiments les plus emblématiques de l'architecture des années 30.
03:27Donc, de toute façon, si on supprime le CESE,
03:30il faudra quand même entretenir ce bâtiment.
03:32Alors, sur le fond, indépendamment de ces aspects-là,
03:35je pense qu'il y a un état d'esprit.
03:37Le CESE a été créé en 1925,
03:38et c'était une des obligations pour le soutien au gouvernement de Cartel-les-Gauches,
03:43présentée par la SFIO, par le Parti Socialiste de l'époque,
03:46et donc il y a un discours de Léon Blum
03:48qui justifiait l'existence de ce Conseil,
03:51en expliquant justement que ça va être un moyen pour le gouvernement
03:55d'avoir un lieu où pourront s'exprimer,
03:57où pourront faire partager leur point de vue,
03:59les gens qui sont au contact de la réalité au travers de leur militantisme syndical,
04:03à la fois patronal et du côté des travailleurs,
04:07et puis de faire venir des personnalités qualifiées.
04:11Si Edouard Balladur avait eu l'idée d'aller vers Jean-Mathéoli et le CES de l'époque,
04:16c'est parce qu'il considérait qu'il y avait cette mission définie au départ par Léon Blum
04:20qui était toujours pertinente.
04:22On vient de le voir, effectivement,
04:24il y a énormément de lieux de réflexion.
04:27Beaucoup de rapports.
04:28Beaucoup de rapports.
04:29Et puis régulièrement, on les supprime.
04:31Le commissariat général du plan a été supprimé.
04:34On a mis, après, au bout d'un moment,
04:35on a décidé de faire stratégie.
04:37Et puis on a nommé un haut commissaire,
04:39au travers de François Béroud,
04:41et tout le monde avait dit,
04:42oui, mais finalement, c'est un costume ad hoc,
04:47on le fait pour lui faire plaisir.
04:48Et puis un certain nombre de gens disent,
04:50non, mais on va garder la fonction,
04:51non pas uniquement pour rémunérer quelqu'un à haut niveau,
04:54mais aussi parce qu'on a besoin de lieux
04:57où s'exprime une certaine forme d'expertise.
04:59Et je pense qu'indépendamment de cette forme d'expertise,
05:02strictement entre les mains de spécialistes,
05:05l'avantage d'une structure comme le CESE,
05:07c'est de mettre en place également la consultation de gens
05:11dont l'expertise n'est pas théorique,
05:13mais elle répond à une réalité pratique, à un vécu.
05:16D'ailleurs, la conséquence de ça,
05:17c'est qu'il y a des comités,
05:18il y a un comité économique et social et environnemental européen
05:23qui est présidé par un Irlandais,
05:25il y a un ECOSOC qui est le comité économique et social
05:28pour les Nations Unies,
05:29et vous avez dans chaque région
05:31des comités économiques et sociaux régionaux,
05:33et j'ai regardé juste par curiosité,
05:36celui d'une région à laquelle...
05:38Alors celui de Bordeaux, qu'est-ce qu'il fait ?
05:39Voilà, celui de la région Nouvelle-Aquitaine,
05:40il a exactement les mêmes effectifs que le national.
05:43Donc, de toute façon, il y a tout un tas de lieux
05:46où on a jugé utile de faire en sorte que les gens se réunissent
05:50et que les gens effectivement échangent.
05:52Alors si j'ai bien compris,
05:52les comités régionaux sont un peu sur la sellette aussi,
05:54on en reparlera justement avec nos deux candidats.
05:56Oui, oui, tout à fait.
05:58Ça fait beaucoup de monde qui réfléchit quand même à l'avenir du...
06:01Est-ce qu'on prend des décisions ?
06:03Le véritable enjeu, c'est une fois qu'on a réfléchi,
06:06c'est que font les décideurs de vos réflexions.
06:08C'est-à-dire que ce n'est pas la responsabilité du comité.
06:09Ce n'est pas la responsabilité du comité
06:11si on n'utilise pas ses travaux.
06:13Là, il faut s'en servir.
06:14Bon, elles sont deux.
06:15Pensez qu'il faut booster le CESE.
06:17Dominique Carlac et Claire Toury débat à partir de 8h40
06:21sur BFM Business et sur AMC Live.
06:23Merci à tous les deux.
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