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  • il y a 2 jours
Ce lundi 27 avril, la proposition du Medef visant à inscrire une règle de limitation du déficit public dans la Constitution, a été abordée par Jean-Marc Daniel et Frédéric Bianchi dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Jean-Marc Daniel, vous deviez débattre mais vous êtes tout seul, comme ça, ça vous évitera d'avoir une contradiction,
00:04on sera tous d'accord avec vous-même.
00:06On va parler à ce matin...
00:07Ça c'est pas sûr.
00:08Ah oui c'est vrai, peut-être que vous allez avoir des contradictions personnelles.
00:11Exactement.
00:11Le MEDEF prend les devants sur les questions budgétaires.
00:13Ils ont envoyé une lettre à Sébastien Lecornu, le Premier ministre, qui a été dévoilé ce matin par Les Echos,
00:17dans lequel ils écrivent que le déficit public devrait être inscrit dans la Constitution.
00:22On considère qu'on ne peut pas faire confiance aux politiques, il faudrait leur mettre des bornes à ne pas
00:27dépasser.
00:28Est-ce que vous êtes d'accord ?
00:29Alors je ne suis pas immédiatement d'accord pour trois raisons, comme toujours.
00:33La première raison c'est qu'on a déjà testé la chose, puisqu'à l'heure actuelle, le débat européen
00:38se construit autour d'un traité qui s'appelle le TSCG,
00:43le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire.
00:48Et ce traité prévoit dans son article 3, je lis le début,
00:52la situation budgétaire des administrations publiques d'une partie contractante est un équilibre ou un excédent.
00:57Donc c'est déjà, puisqu'on a signé un traité, ce traité d'ailleurs a été un des textes qui
01:01a été adopté par le plus de voix sous la présidence de François Hollande,
01:05et depuis aucun budget n'a correspondu au texte de ce traité.
01:10Alors la raison en est, et ça c'est un des deuxièmes arguments,
01:13c'est que, en fait, le traité prévoit des aménagements, du fait qu'on parle d'une situation donnée,
01:20et qui est le déficit qui est très important en ce moment,
01:22donc il prévoit un sentier de retour à l'équilibre,
01:27il fait une distinction entre le déficit structurel et le déficit conjoncturel,
01:30et donc il finit par y avoir un certain nombre de dispositions à prévoir,
01:34qui ne sont pas forcément du niveau de la constitution,
01:36plutôt de la technicité des spécialistes de la politique budgétaire.
01:41La troisième raison, c'est que, normalement, c'est le Parlement qui est souverain en matière budgétaire,
01:47et quand on a mis des conditions sur le fonctionnement du Parlement,
01:50c'était notamment au XIXe siècle, dans la charte qui avait été octroyée par le roi Louis XVIII,
01:56donc ce n'était pas une constitution, parce que c'était le roi, donc c'était une charte,
02:00et donc il était prévu que l'engagement budgétaire que s'imposait le roi et qu'imposait le roi aux
02:05représentants du peuple,
02:07c'était de ne pas faire manqueroute.
02:09C'est-à-dire qu'il pouvait déséquilibrer les comptes, s'il y a des circonstances...
02:12Oui, mais tant qu'on veut bien vous prêter, vous ne faites pas manquer.
02:14Voilà, et donc, exactement, le seul engagement, c'était effectivement de faire en sorte de pouvoir payer des intérêts sur
02:21la dette publique.
02:22Alors ce qui est intéressant, c'est que cette condition qui était dans la Constitution,
02:25donc dans la charte de Louis XVIII, a été reprise sous la Seconde République,
02:29et non seulement son rang dans la Constitution est monté,
02:33puisque ça s'est retrouvé l'article 14 de la Constitution de la Seconde République,
02:36où il est dit, il est expliqué que le véritable enjeu, c'est de respecter,
02:40non pas tellement le contribuable en tant que tel, mais le créancier.
02:44Et donc je pense que le véritable enjeu, c'est de considérer qu'il faut avoir des dispositifs
02:48qui font en sorte qu'on ne fasse plus banqueroute.
02:50Frédéric Bianchi, vous nous avez rejoint.
02:52La question, c'est quand même de savoir si les politiques sont suffisamment responsables
02:56pour avoir le déficit public en main et pouvoir jouer avec les bornes.
03:00C'est quoi votre point de vue ?
03:00Non mais c'est un enjeu politique.
03:02Alors déjà, l'enjeu politique, il est, comment on ferait passer une telle mesure ?
03:07Je crois qu'en 2011, Nicolas Sarkozy avait voulu le faire,
03:10avait voulu mettre en place, dans la Constitution,
03:14il n'en avait été pas possible évidemment,
03:17il fallait la majorité des 3 cinquièmes du Parlement, on ne l'avait pas eu,
03:21donc on a du mal à imaginer comment, dans les prochaines mandatures,
03:25alors qu'on n'arrive pas à avoir une simple majorité simple,
03:28comment on pourrait avoir une telle mesure qui serait votée par le Parlement dans la Constitution.
03:35Donc ça, c'est le premier enjeu politique, il est fondamental,
03:38ça ne passera jamais une telle mesure.
03:40Il y aura toujours des oppositions de gauche, du RN, du LFI ou je ne sais quoi,
03:43qui s'opposeront à une telle mesure.
03:45Ensuite, regardons ce qui se fait ailleurs.
03:48L'Allemagne a, je crois, l'impossibilité d'avoir un déficit structurel supérieur à 0,35% du PIB.
03:56Je crois que c'est dans sa Constitution, on voit très bien que l'Allemagne a réussi à contourner avec
04:00des fonds spéciaux de temps en temps.
04:02Alors certes, elle n'a jamais le déficit français de 5% du PIB comme nous,
04:06mais malgré tout, il existe toujours des outils pour contourner de telles mesures.
04:13Enfin, moi je regarde les collectivités territoriales.
04:15Les collectivités territoriales en France, il y a la règle d'or.
04:17On ne peut pas boucler un budget en déficit en France,
04:21et pourtant on voit qu'elles ont des difficultés de financement,
04:24on voit qu'elles sont endettées, on peut parler de la ville de Paris,
04:26on peut parler de la métropole ex-Marseille,
04:28j'ai vu qu'ils cherchaient 123 millions d'euros pour boucler leur budget.
04:31Là, ils ont deux jours pour trouver ces 123 millions d'euros.
04:33Donc, on voit malgré tout que quand il y a des règles d'or,
04:37on arrive très facilement à les contourner en France,
04:39et c'est finalement plus un enjeu politique qu'un enjeu constitutionnel.
04:42On ne sait pas respecter les règles d'or en France, Jean-Marc ?
04:44Non, on ne sait pas respecter, encore une fois,
04:46on ne sait pas respecter les traités que l'on signe.
04:47Mais je crois qu'on vient de parler des collectivités territoriales,
04:51le véritable enjeu, c'est effectivement qui va sanctionner un dérapage
04:55par rapport aux engagements qu'ils ont pris dans la Constitution.
04:58Pour une collectivité territoriale, il y a le préfet.
05:00Mais pour les engagements européens, on l'a vu,
05:02c'est-à-dire que c'est le théorème de Chirac,
05:05que la première fois que la France a été menacée par Bruxelles de sanctions,
05:08il aurait dit à ses collaborateurs,
05:10vous savez, il ne faut pas s'inquiéter,
05:11parce qu'ils ne vont pas nous envoyer les chars à Bruxelles,
05:13ils n'en ont pas.
05:14Et donc, la capacité de rétention de ceux qui sont supposés faire appliquer ce genre de texte,
05:18– Mais encore l'année dernière, on a été en procédure de déficit accessibles.
05:21– Oui, mais ça n'a aucun impact.
05:23– Ça n'a aucun impact.
05:23– Strictement rien, on en est rentré, on en est sorti, on ne sait pas pourquoi.
05:26– Et donc, le conseil que je donne au MEDEF,
05:28c'est de dire, rappeler systématiquement à nos élus
05:31qu'ils ont pris des engagements vis-à-vis de l'Europe
05:34et que la sanction n'est pas immédiate,
05:36mais l'image de marque de la France, l'influence de la France…
05:39– C'est l'OAT qui monte doucement, c'est ça ?
05:41– S'éloigne régulièrement.
05:42– Merci beaucoup à tous les deux.
05:43– Sous-titrage ST' 501
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