00:00Face à Emmanuel Le Chiffre, c'est Jean-Marc Daniel et on a des réponses très hétérogènes à la crise
00:04énergétique en Europe,
00:06qu'il y a l'Espagne, il y a l'Italie et maintenant il y a l'Allemagne qui annonce
00:08des mesures d'urgence pour le pouvoir d'achat.
00:11Là-bas on a quand même un diesel qui est autour des 2,50€ le litre et pourtant Emmanuel Le
00:16Chiffre, la Commission européenne avait dit
00:17de ne pas sortir le carnet de chèques, nous on tient en France, on est les bons élèves, ce qui
00:22est plutôt assez marrant.
00:23Mais combien de temps on peut tenir ?
00:24Moi je ne sais plus quoi vous dire, c'est-à-dire que s'il y en a bien qui
00:29font à contre-temps de façon régulière et continue,
00:35c'est quand même les Français, c'est-à-dire qui dépense trop quand il ne devrait pas dépenser, c
00:40'est les Français
00:40et qui ne dépense pas quand il devrait dépenser, c'est toujours le gouvernement français.
00:46Pourquoi la position elle est intenable aujourd'hui pour le gouvernement français ?
00:51C'est d'abord que le premier pari qui était le pari du quoi qu'il n'en coûte pas,
00:55il faut s'en rappeler,
00:56c'est-à-dire en gros on table sur le fait que cette guerre va être courte, une semaine, deux
01:01semaines,
01:02on fait le dos rond, on essaie de montrer qu'on s'agite un peu, on va faire les méchants
01:06dans les stations-service,
01:07on donne l'injonction aux distributeurs de répercuter très vite à des épris et on se disait ça va passer,
01:13etc.
01:14Bon manifestement ça ne passe pas, donc ça c'est un premier pari perdu.
01:17Donc le deuxième pari perdu c'est qu'effectivement vous ne pouvez pas rester le seul pays européen à ne
01:24rien faire,
01:24même si vos finances publiques sont dégradées.
01:27Pourquoi ? Parce qu'on l'a déjà dit ici, les dépenses de carburant encore une fois ce sont quasiment
01:32des dépenses contraintes,
01:33c'est un choc violent sur des dépenses que vous ne pouvez pas arbitrer.
01:38Vous avez quand même derrière un risque de crise sociale qu'il est plutôt bon d'essayer de ne pas
01:44attiser,
01:44surtout avant de grandes échéances électorales.
01:48Il y a une question, même cette idée qui est recevable de dire,
01:52mais si vous faites une baisse des taxes, ça va profiter à tout le monde, même à ceux qui n
01:56'en ont pas besoin.
01:58C'est vrai, mais c'est quand même un geste aussi en faveur des territoires,
02:02et c'est demander une contribution à ceux qui ont de l'argent.
02:06Et puis, il faut tuer dans l'œuf aussi toutes les anticipations d'inflation.
02:10Donc il faut tuer dans l'œuf toutes les répercussions possibles de cette flambée des prix des carburants,
02:16parce que les taux d'intérêt c'est important.
02:17Et puis, je rappelle encore une chose, c'est que la meilleure trajectoire,
02:22parce que l'argument c'est aussi de dire,
02:24bah oui mais si vous baissez les taxes sur les carburants,
02:28vous ne facilitez pas la transition énergétique.
02:30Mais il faut rappeler que la transition énergétique, ça ne marchera que si c'est une autoroute,
02:34pas un chemin de campagne.
02:37Donc il faut, pour aller vers la transition énergétique,
02:40une trajectoire visible, solide, robuste, sans à-coups et sans choc.
02:46Et donc ça n'est certainement pas compromettre la transition écologique
02:49que de baisser temporairement les taxes sur les carburants.
02:51Avant de donner la parole à Jean-Marc, je voulais juste redonner ce chiffre
02:53qui a été donné par la Commission européenne hier.
02:55Après la guerre en Ukraine, on a mis 2,2% du PIB européen dans des aides au carburant.
03:00Ça n'a bénéficié qu'à un quart des ménages fragiles.
03:04Donc dans le genre, on arrose le sable et on permet à Jean-Marc et moi de partir en vacances.
03:08Mais trouvons un moyen de cibler.
03:11C'est pour votre tour.
03:11Jean-Marc.
03:12Oui, alors effectivement, par rapport aux arguments d'Emmanuel,
03:15je vais répondre juste sur cet argument premier.
03:16D'abord, moi, quand je pars en vacances, je prends le train.
03:19Et donc, récemment, en prenant le train, puisque c'est les gens qui travaillent,
03:23récemment l'auteur, revenant d'une ville bénie, à laquelle je tiens beaucoup,
03:27de Bordeaux, le TGV longe l'autoroute à l'auteur du péage de Saint-Arnoux.
03:32Il y avait un peu de monde.
03:33Il y avait un peu de monde.
03:34C'était le lundi de Pâques et ça m'a rassuré, puisque tous ces gens utilisent leur voiture,
03:38comme vient de le dire Emmanuel, de façon contrainte,
03:40parce qu'ils sont obligés de l'utiliser pour aller travailler.
03:42Et donc, malgré tout ce qu'on nous a raconté,
03:44les Français travaillaient le lundi de Pâques,
03:46puisqu'ils étaient en embouteillage au péage de Saint-Arnoux.
03:48Quelle mauvaise foi, Jean-Marc.
03:49Oui, non, mais tout ça n'est pas sérieux.
03:51Écoutez, franchement, trois remarques, les trois remarques habituelles.
03:54Vous l'avez dit, effectivement, s'il y a la gentille infirmière qu'il faut aider,
03:58en réalité, on aide le méchant propriétaire de SUV avec ça.
04:01C'est ce que vient de constater la Commission européenne.
04:03Donc, effectivement, il faut maintenir un prix qui est un prix
04:05qui répercute la réalité économique
04:08et puis, traité au cas par cas,
04:10les gens ont des difficultés qui correspondent véritablement
04:13à leurs besoins en termes d'activité.
04:15L'infirmière, eh bien, si elle a un problème de coût,
04:19elle répercute dans ses prix,
04:20et ses prix, c'est la sécurité sociale qui les assure.
04:22Donc, si l'État veut intervenir,
04:24il réfléchit à la façon dont on rémunère les infirmières.
04:27La deuxième remarque que je ferai, c'est que,
04:29effectivement, Emmanuel l'a dit,
04:30si on veut lutter contre le réchauffement climatique,
04:33il faut avoir une visibilité dans laquelle on n'annonce pas aux gens.
04:35De toute façon, le prix de l'essence, à partir de 2 euros,
04:382,20 euros, 2,30 euros, est trop élevé.
04:40Non, il n'est pas assez élevé.
04:42Et donc, je pense qu'effectivement,
04:44il faut considérer que,
04:46quelle que soit l'origine de la hausse du prix,
04:48ce n'est pas forcément une origine qui soit favorable
04:50à l'ensemble du pays,
04:51puisque cette hausse des prix,
04:53elle favorise les pays producteurs,
04:55elle favorise les compagnies pétrolières,
04:57elle ne favorise pas le fisc.
04:59Mais quelle que soit l'origine de cette hausse de prix,
05:01elle est nécessaire.
05:02Et donc, s'engager dans un processus
05:04qui fait adapter à la population des prix de plus et plus élevés
05:07est une bonne sorte.
05:09Puis, le dernier élément que je mettrai en avant,
05:11c'est le fait que, effectivement,
05:13il y a...
05:15On est le seul pays à ne pas...
05:17Donc, on est montré du doigt.
05:19Mais enfin, quand on est le seul pays
05:21à avoir un déficit structurel supérieur à 5%,
05:23c'est peut-être là qu'il faut être montré du doigt.
05:26C'est peut-être à ce moment-là...
05:27Les deux sont un peu ensemble, quand même.
05:28Ils vont mieux être montrés du doigt
05:30pour les erreurs...
05:30Pas la même chose que j'ai dit pour les Allemands.
05:32Voilà.
05:32Il faut être montrés du doigt
05:33du côté de notre forme de rigueur en la matière.
05:37Juste, dernière réflexion.
05:41Mi cura futori.
05:43C'est une phrase au vide
05:45quand Ulysse apparaît.
05:47Il lit ce qui symbolise l'intelligence.
05:49À chaque fois qu'il apparaît,
05:51il commence en disant ça,
05:52qui veut dire
05:52« Moi, ma grande préoccupation, c'est le futur. »
05:55La préoccupation d'économistes,
05:57normalement, c'est la génération d'après
05:59et pas l'élection d'après.
06:00Donc, c'est le plan d'électrification, c'est ça ?
06:03Donc, c'est le plan d'électrification,
06:04la transité écologique,
06:05la lutte contre le réchauffement climatique
06:07et pas l'élection de l'année prochaine.
06:09Sauf qu'encore une fois,
06:10l'Inde va pas sans l'autre
06:11et que la trajectoire vers la décarbonation
06:14ne nous permettra d'arriver
06:17à destination de cette décarbonation
06:19que si nous ne sommes pas confrontés
06:21à des accidents majeurs en cours de route.
06:24Et là, nous sommes confrontés
06:25à un accident majeur
06:26qu'il faut temporairement traiter.
06:28Il faut des véhicules pas chers.
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