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  • il y a 14 heures
Ce mardi 14 avril, les différentes mesures prises par les pays européens face à la crise énergétique actuelle, ont été abordées par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Emmanuel Le Chiffre, c'est Jean-Marc Daniel et on a des réponses très hétérogènes à la crise
00:04énergétique en Europe,
00:06qu'il y a l'Espagne, il y a l'Italie et maintenant il y a l'Allemagne qui annonce
00:08des mesures d'urgence pour le pouvoir d'achat.
00:11Là-bas on a quand même un diesel qui est autour des 2,50€ le litre et pourtant Emmanuel Le
00:16Chiffre, la Commission européenne avait dit
00:17de ne pas sortir le carnet de chèques, nous on tient en France, on est les bons élèves, ce qui
00:22est plutôt assez marrant.
00:23Mais combien de temps on peut tenir ?
00:24Moi je ne sais plus quoi vous dire, c'est-à-dire que s'il y en a bien qui
00:29font à contre-temps de façon régulière et continue,
00:35c'est quand même les Français, c'est-à-dire qui dépense trop quand il ne devrait pas dépenser, c
00:40'est les Français
00:40et qui ne dépense pas quand il devrait dépenser, c'est toujours le gouvernement français.
00:46Pourquoi la position elle est intenable aujourd'hui pour le gouvernement français ?
00:51C'est d'abord que le premier pari qui était le pari du quoi qu'il n'en coûte pas,
00:55il faut s'en rappeler,
00:56c'est-à-dire en gros on table sur le fait que cette guerre va être courte, une semaine, deux
01:01semaines,
01:02on fait le dos rond, on essaie de montrer qu'on s'agite un peu, on va faire les méchants
01:06dans les stations-service,
01:07on donne l'injonction aux distributeurs de répercuter très vite à des épris et on se disait ça va passer,
01:13etc.
01:14Bon manifestement ça ne passe pas, donc ça c'est un premier pari perdu.
01:17Donc le deuxième pari perdu c'est qu'effectivement vous ne pouvez pas rester le seul pays européen à ne
01:24rien faire,
01:24même si vos finances publiques sont dégradées.
01:27Pourquoi ? Parce qu'on l'a déjà dit ici, les dépenses de carburant encore une fois ce sont quasiment
01:32des dépenses contraintes,
01:33c'est un choc violent sur des dépenses que vous ne pouvez pas arbitrer.
01:38Vous avez quand même derrière un risque de crise sociale qu'il est plutôt bon d'essayer de ne pas
01:44attiser,
01:44surtout avant de grandes échéances électorales.
01:48Il y a une question, même cette idée qui est recevable de dire,
01:52mais si vous faites une baisse des taxes, ça va profiter à tout le monde, même à ceux qui n
01:56'en ont pas besoin.
01:58C'est vrai, mais c'est quand même un geste aussi en faveur des territoires,
02:02et c'est demander une contribution à ceux qui ont de l'argent.
02:06Et puis, il faut tuer dans l'œuf aussi toutes les anticipations d'inflation.
02:10Donc il faut tuer dans l'œuf toutes les répercussions possibles de cette flambée des prix des carburants,
02:16parce que les taux d'intérêt c'est important.
02:17Et puis, je rappelle encore une chose, c'est que la meilleure trajectoire,
02:22parce que l'argument c'est aussi de dire,
02:24bah oui mais si vous baissez les taxes sur les carburants,
02:28vous ne facilitez pas la transition énergétique.
02:30Mais il faut rappeler que la transition énergétique, ça ne marchera que si c'est une autoroute,
02:34pas un chemin de campagne.
02:37Donc il faut, pour aller vers la transition énergétique,
02:40une trajectoire visible, solide, robuste, sans à-coups et sans choc.
02:46Et donc ça n'est certainement pas compromettre la transition écologique
02:49que de baisser temporairement les taxes sur les carburants.
02:51Avant de donner la parole à Jean-Marc, je voulais juste redonner ce chiffre
02:53qui a été donné par la Commission européenne hier.
02:55Après la guerre en Ukraine, on a mis 2,2% du PIB européen dans des aides au carburant.
03:00Ça n'a bénéficié qu'à un quart des ménages fragiles.
03:04Donc dans le genre, on arrose le sable et on permet à Jean-Marc et moi de partir en vacances.
03:08Mais trouvons un moyen de cibler.
03:11C'est pour votre tour.
03:11Jean-Marc.
03:12Oui, alors effectivement, par rapport aux arguments d'Emmanuel,
03:15je vais répondre juste sur cet argument premier.
03:16D'abord, moi, quand je pars en vacances, je prends le train.
03:19Et donc, récemment, en prenant le train, puisque c'est les gens qui travaillent,
03:23récemment l'auteur, revenant d'une ville bénie, à laquelle je tiens beaucoup,
03:27de Bordeaux, le TGV longe l'autoroute à l'auteur du péage de Saint-Arnoux.
03:32Il y avait un peu de monde.
03:33Il y avait un peu de monde.
03:34C'était le lundi de Pâques et ça m'a rassuré, puisque tous ces gens utilisent leur voiture,
03:38comme vient de le dire Emmanuel, de façon contrainte,
03:40parce qu'ils sont obligés de l'utiliser pour aller travailler.
03:42Et donc, malgré tout ce qu'on nous a raconté,
03:44les Français travaillaient le lundi de Pâques,
03:46puisqu'ils étaient en embouteillage au péage de Saint-Arnoux.
03:48Quelle mauvaise foi, Jean-Marc.
03:49Oui, non, mais tout ça n'est pas sérieux.
03:51Écoutez, franchement, trois remarques, les trois remarques habituelles.
03:54Vous l'avez dit, effectivement, s'il y a la gentille infirmière qu'il faut aider,
03:58en réalité, on aide le méchant propriétaire de SUV avec ça.
04:01C'est ce que vient de constater la Commission européenne.
04:03Donc, effectivement, il faut maintenir un prix qui est un prix
04:05qui répercute la réalité économique
04:08et puis, traité au cas par cas,
04:10les gens ont des difficultés qui correspondent véritablement
04:13à leurs besoins en termes d'activité.
04:15L'infirmière, eh bien, si elle a un problème de coût,
04:19elle répercute dans ses prix,
04:20et ses prix, c'est la sécurité sociale qui les assure.
04:22Donc, si l'État veut intervenir,
04:24il réfléchit à la façon dont on rémunère les infirmières.
04:27La deuxième remarque que je ferai, c'est que,
04:29effectivement, Emmanuel l'a dit,
04:30si on veut lutter contre le réchauffement climatique,
04:33il faut avoir une visibilité dans laquelle on n'annonce pas aux gens.
04:35De toute façon, le prix de l'essence, à partir de 2 euros,
04:382,20 euros, 2,30 euros, est trop élevé.
04:40Non, il n'est pas assez élevé.
04:42Et donc, je pense qu'effectivement,
04:44il faut considérer que,
04:46quelle que soit l'origine de la hausse du prix,
04:48ce n'est pas forcément une origine qui soit favorable
04:50à l'ensemble du pays,
04:51puisque cette hausse des prix,
04:53elle favorise les pays producteurs,
04:55elle favorise les compagnies pétrolières,
04:57elle ne favorise pas le fisc.
04:59Mais quelle que soit l'origine de cette hausse de prix,
05:01elle est nécessaire.
05:02Et donc, s'engager dans un processus
05:04qui fait adapter à la population des prix de plus et plus élevés
05:07est une bonne sorte.
05:09Puis, le dernier élément que je mettrai en avant,
05:11c'est le fait que, effectivement,
05:13il y a...
05:15On est le seul pays à ne pas...
05:17Donc, on est montré du doigt.
05:19Mais enfin, quand on est le seul pays
05:21à avoir un déficit structurel supérieur à 5%,
05:23c'est peut-être là qu'il faut être montré du doigt.
05:26C'est peut-être à ce moment-là...
05:27Les deux sont un peu ensemble, quand même.
05:28Ils vont mieux être montrés du doigt
05:30pour les erreurs...
05:30Pas la même chose que j'ai dit pour les Allemands.
05:32Voilà.
05:32Il faut être montrés du doigt
05:33du côté de notre forme de rigueur en la matière.
05:37Juste, dernière réflexion.
05:41Mi cura futori.
05:43C'est une phrase au vide
05:45quand Ulysse apparaît.
05:47Il lit ce qui symbolise l'intelligence.
05:49À chaque fois qu'il apparaît,
05:51il commence en disant ça,
05:52qui veut dire
05:52« Moi, ma grande préoccupation, c'est le futur. »
05:55La préoccupation d'économistes,
05:57normalement, c'est la génération d'après
05:59et pas l'élection d'après.
06:00Donc, c'est le plan d'électrification, c'est ça ?
06:03Donc, c'est le plan d'électrification,
06:04la transité écologique,
06:05la lutte contre le réchauffement climatique
06:07et pas l'élection de l'année prochaine.
06:09Sauf qu'encore une fois,
06:10l'Inde va pas sans l'autre
06:11et que la trajectoire vers la décarbonation
06:14ne nous permettra d'arriver
06:17à destination de cette décarbonation
06:19que si nous ne sommes pas confrontés
06:21à des accidents majeurs en cours de route.
06:24Et là, nous sommes confrontés
06:25à un accident majeur
06:26qu'il faut temporairement traiter.
06:28Il faut des véhicules pas chers.
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