00:00Face à Méné le Chiffre, c'est Jean-Marc Daniel.
00:02Aujourd'hui, il y a cette grande réunion dans un château belge avec les chefs d'État européens.
00:07Ils sont enfermés pour trouver des solutions sur la compétitivité européenne.
00:11Cette proposition d'Emmanuel Macron faite dans la presse européenne en début de semaine sur des euro-bonds.
00:17Est-ce que la France aurait mieux fait de se taire, Jean-Marc ?
00:20Je pense que oui, mais hélas, elle a tendance à régulièrement revenir sur le sujet.
00:26Sur le plan politique et institutionnel, je ne commencerai pas ça.
00:30Je ferai simplement cette remarque que la presse allemande est en train de faire
00:33en disant que le couple franco-allemand n'en est pas encore au stade du divorce,
00:36mais il en est quand même au stade de la chambre à part.
00:38C'est-à-dire qu'on n'est plus d'accord sur rien, même plus de scène de ménage.
00:43C'est-à-dire qu'on n'envisage même plus de se disputer.
00:45On constate qu'on n'est plus d'accord sur rien.
00:47De même, dans la presse allemande, vous savez que les défenseurs de ces euro-bonds,
00:51de cette dette prise au nom de l'Union européenne ou de la zone euro,
00:56disent qu'on parle de mouvement Hamilton.
00:58C'est-à-dire qu'Hamilton, c'était le secrétaire au Trésor des Etats-Unis
01:01qui avait créé une dette publique américaine des 13 colonies juste après l'indépendance.
01:06Et un certain nombre de gens disent que ça a été à l'origine de la création véritablement
01:10d'un état d'esprit national des Etats-Unis,
01:12puisqu'il y avait quelque chose partagé par les 13 colonies.
01:15Et donc, ce partage est à l'origine du sentiment national américain.
01:19Et donc, aux Etats-Unis, on parle donc de...
01:22Mais ça c'est bien, non ?
01:23Et alors, en Allemagne, on dit que c'est plutôt un moment Lehmann qu'un moment Hamilton.
01:27C'est-à-dire qu'on prépare la prochaine crise financière plutôt que l'unification européenne.
01:31Alors, sur le fond et sur le plan strictement économique, je ferai les trois remarques du jour.
01:36La première remarque, c'est qu'en termes de compétitivité,
01:38je rappelle que normalement, la compétitivité se mesure au résultat du commerce extérieur.
01:43Donc, on n'a pas de problème de compétitivité ?
01:44On n'a pas de problème de compétitivité.
01:46On a un excédent de la balance des paiements courants de 280 milliards d'euros en zone euro.
01:50Et non seulement l'excédent de la balance des paiements courants,
01:53mais un excédent commercial, ce qui n'est pas tout à fait la même chose,
01:55véritablement sur les biens.
01:57Là, l'excédent s'est légèrement amélioré, malgré l'offensive chinoise.
02:01Donc ça, c'est la première remarque ?
02:02La première remarque.
02:03La deuxième remarque, c'est qu'effectivement, cet excédent traduit de l'épargne.
02:07Et cette épargne sera mieux utilisée par le secteur privé que par le secteur public au travers des eurobonds.
02:13On ne sait pas très bien comment on va régler les problèmes de remboursement de ces dettes.
02:17Le précédent volet du programme eurobonds, qui était Next Generation EU,
02:23on n'a toujours pas véritablement trouvé un moyen de rembourser la dette
02:27qui doit être remboursable à partir de 2028.
02:30Et puis, le troisième élément, c'est qu'effectivement,
02:32l'expression d'une volonté publique en termes d'investissement,
02:36on l'a en France au travers du France 2030.
02:39Or, le Parlement français vient de supprimer une partie des crédits de France 2030
02:45en disant que ce n'était pas forcément le bon moyen de lancer l'activité économique
02:49et de préparer l'avenir que de confier de l'argent au secteur public.
02:52Il fallait véritablement se tourner vers le système traditionnel des banques,
02:57des fonds de placement, des entreprises,
02:59pour préparer effectivement la compétitivité et la croissance économique.
03:03Emmanuel Lechypre, les eurobonds, ce n'est pas une bonne idée parce qu'elle est proposée par la France
03:07et qu'à cause de nos finances publiques, on n'a qu'à se taire.
03:10Mais est-ce que c'est quand même une bonne idée si elle avait été proposée par quelqu'un d
03:13'autre ?
03:14Alors, je ne peux pas enlever à Jean-Marc, effectivement,
03:16le point de savoir qui parle et qui propose.
03:20Et c'est vrai que la France est un peu discréditée sur ce plan.
03:23Mais autant la France est allée trop loin dans le creusement de déficits
03:28qui ne faisait que financer des dépenses de fonctionnement,
03:32autant l'Allemagne, elle, est allée beaucoup trop loin
03:34dans les excédents frileux qui ont, en partie, détruit sa compétitivité.
03:40Puisque quand vous regardez tout ce qui est infrastructures allemandes,
03:44regardez les infrastructures téléphoniques, autoroutières, etc.,
03:47l'Allemagne n'a rien fait.
03:49Mme Merkel n'a dépensé aucun argent pour moderniser le pays.
03:52Et résultat, c'est un pays qui a un besoin de modernisation considérable.
03:55Donc, entre les deux, il y a quand même un chemin raisonnable
03:58pour des dépenses d'investissement.
04:01Ensuite, collectiviser ces dépenses d'investissement européens,
04:05moi, je ne trouve pas ça si stupide.
04:07Au moment où on se plaint en permanence
04:09qu'on n'arrive pas à faire un marché européen des capitaux,
04:12les 27 pays, tout est trop petit, etc.,
04:15pour une fois qu'on fait quelque chose en commun,
04:17ce n'est pas si mal.
04:19Et puis, moi, je ne suis pas aussi sévère que Jean-Marc
04:23sur le Next Generation EU,
04:25il y avait tout le financement possible.
04:28Les gens se sont précipités pour le financer,
04:30donc ça ne posait pas vraiment de problème.
04:33Et puis, encore une fois,
04:34si c'est le moyen...
04:37Moi, j'achète, en plus, l'argument,
04:39le moment Hamilton.
04:41Oui, mais il dit que c'est un moment
04:42de l'Eman Brothers, plutôt.
04:43Oui, mais pas du tout, ça n'a rien à voir.
04:45Si ces pays s'endettent pour financer des projets...
04:47C'est le fait de faire du lien européen.
04:49Exactement, ça fait du lien européen.
04:52Et puis, si ça permet, surtout,
04:55de stimuler les autres fronts
04:56sur lesquels il faut avancer,
04:58et qu'on dise, par exemple,
04:59non, non, non, attendez, non,
05:00tout sauf les eurobondes,
05:01mais par contre, allons-y.
05:02Moi, je ne sais pas, Madame Mandelaïm,
05:04quand Jean-Marc dit
05:05l'Europe n'a pas de problème de compétitivité,
05:07ce n'est pas ce qu'on dit,
05:07les 1300 grands patrons européens...
05:09Hier, envers.
05:10Hier, qui disaient, grosso modo,
05:12le fameux rapport Draghi,
05:14il y en a 83% qui n'ont pas été...
05:17Oui, mais vous allez me relancer Jean-Marc
05:18qui s'en fiche de l'industrie.
05:19Non, ce n'est pas ça.
05:20Et de dire que jamais
05:21on ne s'est désindustrialisé
05:22à un rythme aussi élevé
05:23avec tout ce que ça génère
05:24comme termes d'emploi, etc., détruit,
05:26non, je sais, mais Jean-Marc
05:27sont très comptables et financières.
05:29Il n'y a pas de honte
05:30à dire rien de musée,
05:31c'est ça qu'il va vous dire Jean-Marc.
05:32Mais exactement,
05:34assis sur son confortable tas d'épargne
05:36de boomers européens,
05:38c'est sûr que Jean-Marc, lui,
05:39peut attendre sereinement
05:41que les travailleurs de Mumbai
05:43ou de Kinshasa,
05:46lui, fabriquent une belle retraite.
05:47Mais tout le monde ne sera pas dans ce cas.
05:49Et encore une fois,
05:50l'industrie, c'est aussi du tissu économique,
05:52c'est aussi de la vie,
05:53c'est aussi des externalités positives.
05:55Vous n'avez pas besoin de répondre,
05:56j'ai fait toutes les réponses à votre place,
05:57je suis votre intelligence artificielle.
05:59Oui, oui, absolument, c'est bien, c'est bien.
06:00Je suis satisfait, très satisfait.
06:02Simplement, je rajouterais une chose,
06:03on a un excès dans les pattes,
06:05ce n'est pas une raison pour le gaspiller
06:06et ce n'est pas une raison
06:08pour avoir comme programme
06:08de faire perdre du pouvoir d'achat
06:11au travers du protectionnisme
06:12comme on le réclame la France en ce moment
06:14à la génération présente
06:15et de faire perdre du pouvoir d'achat
06:16à la génération future
06:17en lui mettant sur le dos
06:18des dettes qui ne correspondent
06:20à aucune nécessité.
06:21Ce n'est pas à Bordeaux
06:22qu'il faut émigrer, Jean-Marc,
06:23c'est en Allemagne ?
06:25À Bordeaux, ce n'est pas mal.
06:26Il y a une tradition britannique
06:27qui fait qu'on reste raisonnable.
06:29C'est ça, c'est le côté britannique.
06:30Mais c'est ça, c'est le côté britannique.
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