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  • il y a 12 heures
Ce jeudi 12 février, la réunion des chefs d'État européens visant à trouver des solutions sur la compétitivité européenne, a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Méné le Chiffre, c'est Jean-Marc Daniel.
00:02Aujourd'hui, il y a cette grande réunion dans un château belge avec les chefs d'État européens.
00:07Ils sont enfermés pour trouver des solutions sur la compétitivité européenne.
00:11Cette proposition d'Emmanuel Macron faite dans la presse européenne en début de semaine sur des euro-bonds.
00:17Est-ce que la France aurait mieux fait de se taire, Jean-Marc ?
00:20Je pense que oui, mais hélas, elle a tendance à régulièrement revenir sur le sujet.
00:26Sur le plan politique et institutionnel, je ne commencerai pas ça.
00:30Je ferai simplement cette remarque que la presse allemande est en train de faire
00:33en disant que le couple franco-allemand n'en est pas encore au stade du divorce,
00:36mais il en est quand même au stade de la chambre à part.
00:38C'est-à-dire qu'on n'est plus d'accord sur rien, même plus de scène de ménage.
00:43C'est-à-dire qu'on n'envisage même plus de se disputer.
00:45On constate qu'on n'est plus d'accord sur rien.
00:47De même, dans la presse allemande, vous savez que les défenseurs de ces euro-bonds,
00:51de cette dette prise au nom de l'Union européenne ou de la zone euro,
00:56disent qu'on parle de mouvement Hamilton.
00:58C'est-à-dire qu'Hamilton, c'était le secrétaire au Trésor des Etats-Unis
01:01qui avait créé une dette publique américaine des 13 colonies juste après l'indépendance.
01:06Et un certain nombre de gens disent que ça a été à l'origine de la création véritablement
01:10d'un état d'esprit national des Etats-Unis,
01:12puisqu'il y avait quelque chose partagé par les 13 colonies.
01:15Et donc, ce partage est à l'origine du sentiment national américain.
01:19Et donc, aux Etats-Unis, on parle donc de...
01:22Mais ça c'est bien, non ?
01:23Et alors, en Allemagne, on dit que c'est plutôt un moment Lehmann qu'un moment Hamilton.
01:27C'est-à-dire qu'on prépare la prochaine crise financière plutôt que l'unification européenne.
01:31Alors, sur le fond et sur le plan strictement économique, je ferai les trois remarques du jour.
01:36La première remarque, c'est qu'en termes de compétitivité,
01:38je rappelle que normalement, la compétitivité se mesure au résultat du commerce extérieur.
01:43Donc, on n'a pas de problème de compétitivité ?
01:44On n'a pas de problème de compétitivité.
01:46On a un excédent de la balance des paiements courants de 280 milliards d'euros en zone euro.
01:50Et non seulement l'excédent de la balance des paiements courants,
01:53mais un excédent commercial, ce qui n'est pas tout à fait la même chose,
01:55véritablement sur les biens.
01:57Là, l'excédent s'est légèrement amélioré, malgré l'offensive chinoise.
02:01Donc ça, c'est la première remarque ?
02:02La première remarque.
02:03La deuxième remarque, c'est qu'effectivement, cet excédent traduit de l'épargne.
02:07Et cette épargne sera mieux utilisée par le secteur privé que par le secteur public au travers des eurobonds.
02:13On ne sait pas très bien comment on va régler les problèmes de remboursement de ces dettes.
02:17Le précédent volet du programme eurobonds, qui était Next Generation EU,
02:23on n'a toujours pas véritablement trouvé un moyen de rembourser la dette
02:27qui doit être remboursable à partir de 2028.
02:30Et puis, le troisième élément, c'est qu'effectivement,
02:32l'expression d'une volonté publique en termes d'investissement,
02:36on l'a en France au travers du France 2030.
02:39Or, le Parlement français vient de supprimer une partie des crédits de France 2030
02:45en disant que ce n'était pas forcément le bon moyen de lancer l'activité économique
02:49et de préparer l'avenir que de confier de l'argent au secteur public.
02:52Il fallait véritablement se tourner vers le système traditionnel des banques,
02:57des fonds de placement, des entreprises,
02:59pour préparer effectivement la compétitivité et la croissance économique.
03:03Emmanuel Lechypre, les eurobonds, ce n'est pas une bonne idée parce qu'elle est proposée par la France
03:07et qu'à cause de nos finances publiques, on n'a qu'à se taire.
03:10Mais est-ce que c'est quand même une bonne idée si elle avait été proposée par quelqu'un d
03:13'autre ?
03:14Alors, je ne peux pas enlever à Jean-Marc, effectivement,
03:16le point de savoir qui parle et qui propose.
03:20Et c'est vrai que la France est un peu discréditée sur ce plan.
03:23Mais autant la France est allée trop loin dans le creusement de déficits
03:28qui ne faisait que financer des dépenses de fonctionnement,
03:32autant l'Allemagne, elle, est allée beaucoup trop loin
03:34dans les excédents frileux qui ont, en partie, détruit sa compétitivité.
03:40Puisque quand vous regardez tout ce qui est infrastructures allemandes,
03:44regardez les infrastructures téléphoniques, autoroutières, etc.,
03:47l'Allemagne n'a rien fait.
03:49Mme Merkel n'a dépensé aucun argent pour moderniser le pays.
03:52Et résultat, c'est un pays qui a un besoin de modernisation considérable.
03:55Donc, entre les deux, il y a quand même un chemin raisonnable
03:58pour des dépenses d'investissement.
04:01Ensuite, collectiviser ces dépenses d'investissement européens,
04:05moi, je ne trouve pas ça si stupide.
04:07Au moment où on se plaint en permanence
04:09qu'on n'arrive pas à faire un marché européen des capitaux,
04:12les 27 pays, tout est trop petit, etc.,
04:15pour une fois qu'on fait quelque chose en commun,
04:17ce n'est pas si mal.
04:19Et puis, moi, je ne suis pas aussi sévère que Jean-Marc
04:23sur le Next Generation EU,
04:25il y avait tout le financement possible.
04:28Les gens se sont précipités pour le financer,
04:30donc ça ne posait pas vraiment de problème.
04:33Et puis, encore une fois,
04:34si c'est le moyen...
04:37Moi, j'achète, en plus, l'argument,
04:39le moment Hamilton.
04:41Oui, mais il dit que c'est un moment
04:42de l'Eman Brothers, plutôt.
04:43Oui, mais pas du tout, ça n'a rien à voir.
04:45Si ces pays s'endettent pour financer des projets...
04:47C'est le fait de faire du lien européen.
04:49Exactement, ça fait du lien européen.
04:52Et puis, si ça permet, surtout,
04:55de stimuler les autres fronts
04:56sur lesquels il faut avancer,
04:58et qu'on dise, par exemple,
04:59non, non, non, attendez, non,
05:00tout sauf les eurobondes,
05:01mais par contre, allons-y.
05:02Moi, je ne sais pas, Madame Mandelaïm,
05:04quand Jean-Marc dit
05:05l'Europe n'a pas de problème de compétitivité,
05:07ce n'est pas ce qu'on dit,
05:07les 1300 grands patrons européens...
05:09Hier, envers.
05:10Hier, qui disaient, grosso modo,
05:12le fameux rapport Draghi,
05:14il y en a 83% qui n'ont pas été...
05:17Oui, mais vous allez me relancer Jean-Marc
05:18qui s'en fiche de l'industrie.
05:19Non, ce n'est pas ça.
05:20Et de dire que jamais
05:21on ne s'est désindustrialisé
05:22à un rythme aussi élevé
05:23avec tout ce que ça génère
05:24comme termes d'emploi, etc., détruit,
05:26non, je sais, mais Jean-Marc
05:27sont très comptables et financières.
05:29Il n'y a pas de honte
05:30à dire rien de musée,
05:31c'est ça qu'il va vous dire Jean-Marc.
05:32Mais exactement,
05:34assis sur son confortable tas d'épargne
05:36de boomers européens,
05:38c'est sûr que Jean-Marc, lui,
05:39peut attendre sereinement
05:41que les travailleurs de Mumbai
05:43ou de Kinshasa,
05:46lui, fabriquent une belle retraite.
05:47Mais tout le monde ne sera pas dans ce cas.
05:49Et encore une fois,
05:50l'industrie, c'est aussi du tissu économique,
05:52c'est aussi de la vie,
05:53c'est aussi des externalités positives.
05:55Vous n'avez pas besoin de répondre,
05:56j'ai fait toutes les réponses à votre place,
05:57je suis votre intelligence artificielle.
05:59Oui, oui, absolument, c'est bien, c'est bien.
06:00Je suis satisfait, très satisfait.
06:02Simplement, je rajouterais une chose,
06:03on a un excès dans les pattes,
06:05ce n'est pas une raison pour le gaspiller
06:06et ce n'est pas une raison
06:08pour avoir comme programme
06:08de faire perdre du pouvoir d'achat
06:11au travers du protectionnisme
06:12comme on le réclame la France en ce moment
06:14à la génération présente
06:15et de faire perdre du pouvoir d'achat
06:16à la génération future
06:17en lui mettant sur le dos
06:18des dettes qui ne correspondent
06:20à aucune nécessité.
06:21Ce n'est pas à Bordeaux
06:22qu'il faut émigrer, Jean-Marc,
06:23c'est en Allemagne ?
06:25À Bordeaux, ce n'est pas mal.
06:26Il y a une tradition britannique
06:27qui fait qu'on reste raisonnable.
06:29C'est ça, c'est le côté britannique.
06:30Mais c'est ça, c'est le côté britannique.
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