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  • il y a 2 mois
Ce mercredi 18 février, leurs points de vue sur la nécessité des ruptures conventionnelles et sur les projets de durcissement des règles proposés par le patronat, ont été abordés par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le Chypre, c'est Jean-Marc Daniel. Le patronat veut changer les règles pour les ruptures conventionnelles,
00:05mettre en place un système spécifique pour ceux qui en ont signé une.
00:09Est-ce qu'on peut continuer à financer l'entrepreneuriat et les congés sabbatiques avec les ruptures conventionnelles ?
00:14Emmanuel.
00:16Quelle présentation caricaturale.
00:19Attention, attention, on ne s'attaque pas.
00:21Vous voulez les profils quand même, des gens qui ont des ruptures conventionnelles ?
00:25Si vous voulez, c'est toujours pareil.
00:28Pour quelques abus, vous avez un nombre d'avantages qui sont quand même assez substantiels à ce qui est devenu
00:35finalement une sorte de monument historique de notre patrimoine social.
00:40Mais bien sûr, c'est devenu un outil considérable.
00:42Alors l'argument massue, c'est ça coûte cher, c'est un quart de l'indemnisation d'assurance chômage, 9
00:48milliards, il faut mettre fin aux abus.
00:50Mais la réalité, c'est que quand vous mettez bout à bout tous les avantages que procure finalement cette rupture
00:55conventionnelle,
00:56vous vous rendez compte que si on ne l'avait pas, ça coûterait beaucoup plus cher.
01:00C'est quand même un outil qui a permis de sortir du face-à-face un peu stérile entre démission
01:09et j'ai pas de chômage, licenciement, conflits contentieux.
01:13Vous ne pouvez pas nier que s'il y a beaucoup moins de prud'hommes aujourd'hui, moins de tensions,
01:18moins de licenciements à billets, etc.
01:19C'est quand même grâce à la rupture.
01:20C'est rien qui passe.
01:21Voilà, bon, très bien.
01:22Donc déjà, regardez ce que ça économise.
01:24Vous ne pouvez pas dire que dans le pays qui, rappelons-le, est le pays de l'OCDE qui a
01:30la plus mauvaise allocation de son capital humain,
01:33c'est le pays, la France, qui gaspille le plus son capital humain,
01:37puisque c'est le pays dans lequel vous avez le plus de gens qui sont surqualifiés par rapport aux postes
01:42qu'ils occupent.
01:43Vous avez, grâce à la rupture conventionnelle, une meilleure allocation des compétences.
01:48Et ça aussi, ça ne se voit pas, ce n'est pas palpable, mais macroéconomiquement, ça a un effet positif.
01:52Vous ne pouvez pas nier que ça améliore quand même la mobilité professionnelle,
01:56mais ça c'est un peu dans le même ordre que ce qu'on a dit précédemment.
01:58Sauf que quand des salariés ne sont pas heureux dans leur boulot actuel et que ça pourrit le climat social
02:03de l'entreprise,
02:04que ça pourrit l'avis du patron qui se dit « comment je vais m'en débarrasser ? »,
02:07c'est quand même un outil bien pratique.
02:08Bon, bref, tout ça, moi je veux bien qu'on se batte contre quelques abus, etc.
02:13Mais grosso modo, c'est devenu un outil extrêmement précieux.
02:16Enfin, Caroline Morrison nous racontait que même les syndicats disent qu'il y a beaucoup trop d'abus
02:20et que justement, le problème, c'est le profil des gens qui sont en rupture conventionnelle.
02:23Mais je ne veux pas ôter le pain de la bouche de Jean-Marc.
02:25Mais oui, je pense que vous avez raison de décrire ce qui se passe.
02:29au travers de phénomènes qu'Emmanuel définit comme caricaturaux.
02:33Mais c'est peut-être des détails, mais le diable est dans les détails.
02:36Et donc, il faut quand même regarder la situation de l'UNEDIC.
02:38L'UNEDIC, c'est 60 milliards d'euros de dettes.
02:41C'est encore un déficit qui va cette année être aux alentours d'un milliard, un milliard et demi.
02:46Et donc, le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de regarder de près la gestion de l'UNEDIC
02:50pour essayer de faire des économies et d'amorcer de façon concrète le désendettement.
02:57Et donc, c'est une proposition du patronat, de l'ensemble d'ailleurs des organisations patronales
03:01qui sont d'accord sur les réformes, qui visent essentiellement à réduire les durées d'indemnisation
03:06et à durcir les conditions d'accès à ces ruptures conventionnelles.
03:10Alors, je rappellerai à ce propos de nouveau trois choses, comme d'habitude.
03:14La première, c'est la formule de Manuel Valls.
03:16Pour qu'il y ait des employés, il faut qu'il y ait des employeurs.
03:19Donc, si on veut véritablement réduire le chômage,
03:21dans une période qui est une période où il a plutôt tendance maintenant à réaugmenter,
03:25il faut effectivement écouter ce que disent les employeurs.
03:29C'est-à-dire essayer de faire en sorte que la parole des gens qui vont créer les emplois soit
03:34mise en œuvre.
03:35La deuxième remarque que je ferai, c'est que les travaux académiques sur l'indemnisation du chômage
03:40je t'y avais donné notamment, il y a toute une série de travaux qui ont débouché en 2010
03:43sur le prix Nobel de Peter Diamond et de deux autres personnes.
03:46Ils ont mis en avant qu'un des enjeux autour de la durée d'indemnisation.
03:50Et ce qu'ils ont proposé, c'est qu'il y ait une durée d'indemnisation qui ne soit pas
03:53nulle.
03:54On ne va pas réclamer aux gens d'être immédiatement sur le marché du travail
03:57parce qu'on retrouverait cette situation que décrit, mais qui est dans la bouche d'Emmanuel probablement exagérée,
04:02une surqualification des gens par rapport aux emplois qu'ils exercent.
04:05Parce qu'il faudrait vérifier la qualification objective et réelle des gens qui détiennent,
04:10certains diplômes.
04:10Mais si on va...
04:11Vous êtes durs là !
04:14Si on va effectivement dans l'analyse...
04:16Les gens se croient super surqualifiés !
04:19Quand on va dans l'analyse des durées...
04:20Tous les étudiants n'ont pas fait Sciences Po, Jean-Marc.
04:22Oui, oui, oui.
04:24Oui, c'est sûr.
04:25Sciences Po, pour Jean-Marc, il y en a déjà...
04:27Il y en a qui ont fait des études, c'est sûr.
04:29C'est autodidacte pour Jean-Marc.
04:31Oui, oui, totalement.
04:32Minimum, c'est polytechnique.
04:34Et donc, la durée qui est évaluée par ces travaux, c'est entre 12 et 14 mois.
04:40Et donc, un des enjeux, effectivement, de notre système d'une édic, c'est de revenir
04:44à des modes d'indemnisation, qu'ils soient des modes d'indemnisation, autour d'une
04:49durée de 12 à 14 mois.
04:51Et le troisième élément, puisque j'ai trois éléments, je pense qu'effectivement,
04:56c'est un des derniers endroits où le paritarisme fonctionne encore, même si l'État s'en
05:00mêle de plus en plus.
05:01Je pense que les partenaires sociaux ont intérêt, y compris les syndicats, à trouver
05:05un accord, et que faire un milliard d'économies sur des situations qui sont des situations
05:09qui ont généré beaucoup d'abus, c'est une façon aussi de sauver le système
05:13et de permettre à ce système, qui n'a pas totalement démérité, de continuer
05:17à vivre, même si je pense qu'à terme, puisque c'est une assurance, comme toujours
05:22dans toutes mes chroniques, je vais conclure par le mot simple, prix, va, si, si, si, si.
05:28Non, moi je pense qu'il faut, je voulais souligner quand même un point, qui est que
05:32dans la période qu'on vit, qui n'est pas une période d'innovation incrémentale,
05:36mais une période d'invention, vous avez quand même la moitié des entreprises aujourd'hui
05:42qui ont été créées par des gens qui sont passées par ces périodes de chômage.
05:45Donc, la réalité, c'est qu'aujourd'hui, grâce à cette indemnisation généreuse,
05:50ok, de surdiplomés, ok, et bien vous avez des gens qui ont eu l'opportunité, le temps
05:57de créer leur boîte, de créer des emplois, etc.
06:01Et donc, si, mais...
06:03Quand on leur avait donné 12 ou 14 mois et pas 18 mois, ils auraient quand même créé
06:07une boîte.
06:08Peut-être, mais dans un contexte où vous avez par ailleurs beaucoup de vent contraire
06:12pour ceux qui veulent créer leur boîte, moi je pense que c'est une petite oasis, et
06:16attention, les oasis, ce sont des écosystèmes fragiles.
06:20L'entrepreneuriat remercie donc Pôle emploi et le système de chômage.
06:24Mais vous croyez que Pôle emploi...
06:25Non mais rien, je veux juste dire...
06:27Vous croyez que l'assurance chômage ne remercie pas tous ces créateurs d'entreprises
06:30d'apporter des généreuses cotisations grâce aux emplois qu'ils créent, etc.
06:33Donc, vous considérez que vous, que c'est un système positif qui s'auto-alimente ?
06:38Je ne nie pas qu'il y ait quelques abus, mais toujours cette volonté de jeter le bébé
06:42avec l'eau du bain, non, non, et non.
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