00:00Face à Emmanuel Le Chypre, c'est Jean-Marc Daniel. L'Europe cherche à se protéger de l'afflux de
00:04produits chinois.
00:06On réfléchit à un contenu européen, ça a été repoussé, ça devrait arriver la semaine prochaine.
00:10On a cet afflux de dirigeants qui vont rencontrer ces Jinping, ils sont quatre à y avoir été ces derniers
00:16mois.
00:17Merthe, Starmer, Macron, Carnet, qu'est-ce qu'il faut adopter comme stratégie face à la Chine ?
00:21Emmanuel Le Chypre, est-ce qu'il faut la séduire ou la rejeter ?
00:24Tout a changé face à la Chine.
00:26Il y a 20 ans, on allait en Chine parce qu'on y voyait le plus grand marché du monde.
00:30Maintenant, on va en Chine parce qu'on va rencontrer nos plus grands concurrents qu'on n'ait jamais connus.
00:36Et d'ailleurs, il faut bien voir à qui on a affaire.
00:39Cette économie chinoise, c'est quand même le plus gros rouleau compresseur qu'on ait jamais vu dans toute l
00:45'histoire de l'économie mondiale.
00:47D'abord, on n'a jamais vu un pays défier autant les lois du commerce et de la spécialisation.
00:54Jamais un pays n'a réussi à être aussi fort sur les technologies de pointe et à conserver un quasi
01:01-monopole sur des produits extrêmement simples comme les clous.
01:06Je vous donne par exemple l'exemple du textile ou des clous.
01:09C'est 45% du textile mondial, 65% de la production mondiale de boulons et de vis.
01:15Ça, jamais un pays n'a réussi à maintenir toutes ses spécialités.
01:18Ne nous trompons pas, la Chine est le pays qui est sans doute le plus efficace au monde aujourd'hui
01:22en termes de technologie de production.
01:24C'est-à-dire cette capacité.
01:25Regardez comment ils ont réussi à bâtir leur centrale nucléaire.
01:29Ils ont un savoir-faire de produire beaucoup en même temps sur des lignes parallèles.
01:35C'est très fort.
01:36C'est aujourd'hui le pays le plus concurrentiel du monde aussi.
01:39Donc, si on se fie finalement aux critères des avantages comparatifs, c'est très simple.
01:44Ils ont bien le Ricardo.
01:45La Chine produit quasiment aussi bien que nous, avec des technologies qui sont même parfois meilleures que nous, 30 à
01:5150% moins chères.
01:53Donc, si on ne fait rien, la Chine, voilà.
01:55Donc, vous êtes surprotégés.
01:56Nous vendons tout.
01:56Donc, Nicolas Dufourc n'a pas tort quand il dit, grosso modo, si on ne fait rien, il n'y
02:01aura plus une PME industrielle de la Pologne jusqu'à la Bretagne.
02:06Donc, évidemment, comme on n'a pas de démarche de négociation.
02:09Non, on ne ferme pas.
02:10Oui, il y a des sujets sur lesquels, il y a des domaines dans lesquels il faudra arrêter de produire.
02:14Il y a des domaines dans lesquels il faudra demander aux Chinois de nous envoyer l'eau technologie.
02:18Et je pense qu'il faut, oui, dans une certaine mesure, se protéger en utilisant des arguments qui sont, par
02:24exemple, les arguments environnementaux et écologiques.
02:26Oui, il y a des taxes qui doivent être imposées aux produits chinois.
02:30Et encore une fois, utilisons notre pouvoir de négociation.
02:32Donc, il faut faire monter les prix en Europe, parce que c'est ça qui est le point correspondant.
02:36Oui, mais encore une fois, cet arbitrage entre l'emploi et le consommateur, c'est quand même le consommateur qui
02:44le paiera.
02:44Il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, le consommateur.
02:46Jean-Marc.
02:46Oui, alors, juste une petite correction.
02:49Ricardo, c'est vraiment les avantages comparatifs.
02:51Et ce qu'a décrit Emmanuel, c'est ce qu'on appelle les avantages absolus.
02:55Contrairement à ce qu'il raconte, effectivement, les avantages absolus qui ont été théorisés à la fin du 18e siècle
02:59ont été de nouveau re-terrorisés en 1820.
03:02C'est contre ça que c'est levé Ricardo.
03:03Avec cette idée que le Royaume-Uni était en capacité, à lui seul, de produire ce dont avait besoin la
03:09terre entière.
03:10Et donc, cette idée qu'il y avait un pays, parce qu'il était le moins cher possible, qui était
03:13capable, effectivement, de produire.
03:15À l'époque, ce n'était pas les clous.
03:16À l'époque, c'était l'acier.
03:18C'était donc qui allait produire tout l'acier.
03:20Donc, il y en a qui n'ont pas besoin des avantages comparatifs.
03:23On peut être sur-spécialisé ?
03:25L'idée, c'est de dire que, naturellement, si elle laisse fonctionner le marché, il y a un moment où
03:30celui qui a l'avantage absolu, qui produit tout, ne trouve plus de débouché.
03:34Parce que, comme il produit tout, en face, il n'y a plus personne pour lui acheter.
03:37Parce qu'au bout d'un moment, la personne qui est en face n'a plus...
03:39Donc, c'est quand il n'y a plus de concurrence.
03:41Non seulement il n'y a plus de concurrence, mais effectivement, il y a un monopole sur tous les sujets.
03:44C'est-à-dire qu'il est en capacité.
03:46Et à ce moment-là, ce pays qui ne trouve plus de clients, puisqu'il a étouffé non seulement les
03:51producteurs, mais au travers de la production, il a étouffé les revenus des gens en face.
03:55Et donc, il a étouffé la capacité des gens en face d'acheter.
03:58Et donc, ce que dit bien Ricardo, il y a un moment où ça se corrige.
04:01C'est-à-dire qu'il y a un moment où, fondamentalement, il est obligé lui-même de se spécialiser
04:06dans un certain nombre de choses
04:07où il estime qu'il va être plus efficace pour essayer de faire baisser ses propres prix.
04:11Donc, il va faire baisser ses propres prix en se spécialisant.
04:14Et en se spécialisant, il va permettre aux autres de faire réémerger une production qui va être la production d
04:19'avantages comparatifs.
04:20Donc, la vraie débat, c'est qu'effectivement, il y a des gens qui commencent à nous dire qu'on
04:23est comme en 1820 avec le Royaume-Uni, on est en avantage absolu.
04:26Et ça va se terminer comme en 1830-1840 avec des avantages comparatifs.
04:31Ce que je veux dire par là, pour revenir à l'actualité plus immédiate, c'est-à-dire que je
04:35pense qu'effectivement,
04:36quand on regarde les chiffres, la Chine est en train d'avoir un volant d'exportation qui est un volant
04:41d'exportation très important.
04:43Mais là aussi, quand on regarde les statistiques qu'elle affiche, elle affiche plus d'excédents commerciaux que tous les
04:47autres en nom de déficit cumulé.
04:48Donc, il y a un moment où là aussi, les chiffres de la Chine sont plutôt à interpréter et à
04:53revoir.
04:53Mais grosso modo, le bilan de ce qui se passe, c'est une amélioration, vous l'avez souligné, considérable du
04:58pouvoir d'achat.
04:59C'est 30 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire en France, la Chine.
05:03C'est une amélioration considérable, effectivement, des conditions concurrentielles au niveau mondial.
05:07Parce que l'avantage absolu est en train de se grignoter.
05:09Donc, il y a un certain nombre de gens qui sont en train d'apparaître.
05:11C'est-à-dire que monsieur le chancelier allemand qui est en ce moment était en aide il y a
05:16un mois.
05:17Vous prenez le Premier ministre, il n'en a pas parlé, mais le Premier ministre espagnol qui est passé dans
05:21la liste qu'il a faite.
05:22Il y avait aussi le Premier ministre espagnol qui, à Pékin, a déclaré
05:25« Bienvenue à la Chine, merci à la Chine, grâce à vous, nous avons plus de pouvoir d'achat
05:30et nous avons une capacité, effectivement, de sortir de l'affrontement avec les États-Unis.
05:35D'avoir une espèce de relation commerciale qui ne soit pas centrée exclusivement sur les États-Unis.
05:39Donc, je pense qu'on a intérêt à garder une politique de libre-échange avec la Chine.
05:43Et le dernier élément, c'est qu'effectivement, c'est aussi des débouchés, la Chine.
05:47Je rappelle que la seule députée qui vote systématiquement en ce moment pour le libre-échange,
05:52quand on saisit le Parlement, c'est la députée de la deuxième circonscription de la Charente.
05:57Pourquoi la deuxième circonscription de la Charente ?
05:59C'est du Cognac.
06:00C'est la principale ville, c'est Cognac.
06:0380% du Cognac.
06:06On ne peut pas tout guider avec le Cognac.
06:08Non, non, mais...
06:09Il faut arrêter d'avoir des complexes vis-à-vis de ça.
06:11Il faut se rappeler que la Chine dépend aussi beaucoup de l'Europe
06:16pour tout un tas de produits stratégiques qu'elle ne produit pas.
06:19Et même, si vous regardez les statistiques du CEPI,
06:22le CEPI vous dit, mais attendez, la Chine,
06:24elle est deux fois plus dépendante de l'Europe que des États-Unis
06:27pour des produits vitaux dont elle a besoin et que la Chine ne fabrique pas.
06:31Ce que je veux dire, c'est qu'on a un pouvoir de négociation qu'on n'utilise pas.
06:36Et on pourrait quand même vendre plus chèrement notre pot que ce qu'on fait...
06:40Mais parce qu'on n'est pas d'accord.
06:41Si Sanchez, il dit ça, Macron, il dit le contraire.
06:44Non, mais la réponse à ce problème, c'est trois mots.
06:47C'est AND, Cognac, pouvoir d'achat.
06:51C'est-à-dire...
06:52Mais vous, vous acceptez que l'industrie disparaisse.
06:54Déjà, c'est votre prérequis, c'est votre prérequis.
06:56Oui, oui, oui, oui, oui, c'est pas un sujet, effectivement.
06:59C'est le prérequis.
06:59AND, pouvoir d'achat, Cognac.
07:01Merci à tous les deux, on se retrouve demain.
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