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  • il y a 17 minutes
Ce jeudi 26 février, la protection de l'Europe face à l'afflux des produits chinois, et la manœuvre à adopter vis à vis de cette concurrence, ont été abordées par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Emmanuel Le Chypre, c'est Jean-Marc Daniel. L'Europe cherche à se protéger de l'afflux de
00:04produits chinois.
00:06On réfléchit à un contenu européen, ça a été repoussé, ça devrait arriver la semaine prochaine.
00:10On a cet afflux de dirigeants qui vont rencontrer ces Jinping, ils sont quatre à y avoir été ces derniers
00:16mois.
00:17Merthe, Starmer, Macron, Carnet, qu'est-ce qu'il faut adopter comme stratégie face à la Chine ?
00:21Emmanuel Le Chypre, est-ce qu'il faut la séduire ou la rejeter ?
00:24Tout a changé face à la Chine.
00:26Il y a 20 ans, on allait en Chine parce qu'on y voyait le plus grand marché du monde.
00:30Maintenant, on va en Chine parce qu'on va rencontrer nos plus grands concurrents qu'on n'ait jamais connus.
00:36Et d'ailleurs, il faut bien voir à qui on a affaire.
00:39Cette économie chinoise, c'est quand même le plus gros rouleau compresseur qu'on ait jamais vu dans toute l
00:45'histoire de l'économie mondiale.
00:47D'abord, on n'a jamais vu un pays défier autant les lois du commerce et de la spécialisation.
00:54Jamais un pays n'a réussi à être aussi fort sur les technologies de pointe et à conserver un quasi
01:01-monopole sur des produits extrêmement simples comme les clous.
01:06Je vous donne par exemple l'exemple du textile ou des clous.
01:09C'est 45% du textile mondial, 65% de la production mondiale de boulons et de vis.
01:15Ça, jamais un pays n'a réussi à maintenir toutes ses spécialités.
01:18Ne nous trompons pas, la Chine est le pays qui est sans doute le plus efficace au monde aujourd'hui
01:22en termes de technologie de production.
01:24C'est-à-dire cette capacité.
01:25Regardez comment ils ont réussi à bâtir leur centrale nucléaire.
01:29Ils ont un savoir-faire de produire beaucoup en même temps sur des lignes parallèles.
01:35C'est très fort.
01:36C'est aujourd'hui le pays le plus concurrentiel du monde aussi.
01:39Donc, si on se fie finalement aux critères des avantages comparatifs, c'est très simple.
01:44Ils ont bien le Ricardo.
01:45La Chine produit quasiment aussi bien que nous, avec des technologies qui sont même parfois meilleures que nous, 30 à
01:5150% moins chères.
01:53Donc, si on ne fait rien, la Chine, voilà.
01:55Donc, vous êtes surprotégés.
01:56Nous vendons tout.
01:56Donc, Nicolas Dufourc n'a pas tort quand il dit, grosso modo, si on ne fait rien, il n'y
02:01aura plus une PME industrielle de la Pologne jusqu'à la Bretagne.
02:06Donc, évidemment, comme on n'a pas de démarche de négociation.
02:09Non, on ne ferme pas.
02:10Oui, il y a des sujets sur lesquels, il y a des domaines dans lesquels il faudra arrêter de produire.
02:14Il y a des domaines dans lesquels il faudra demander aux Chinois de nous envoyer l'eau technologie.
02:18Et je pense qu'il faut, oui, dans une certaine mesure, se protéger en utilisant des arguments qui sont, par
02:24exemple, les arguments environnementaux et écologiques.
02:26Oui, il y a des taxes qui doivent être imposées aux produits chinois.
02:30Et encore une fois, utilisons notre pouvoir de négociation.
02:32Donc, il faut faire monter les prix en Europe, parce que c'est ça qui est le point correspondant.
02:36Oui, mais encore une fois, cet arbitrage entre l'emploi et le consommateur, c'est quand même le consommateur qui
02:44le paiera.
02:44Il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, le consommateur.
02:46Jean-Marc.
02:46Oui, alors, juste une petite correction.
02:49Ricardo, c'est vraiment les avantages comparatifs.
02:51Et ce qu'a décrit Emmanuel, c'est ce qu'on appelle les avantages absolus.
02:55Contrairement à ce qu'il raconte, effectivement, les avantages absolus qui ont été théorisés à la fin du 18e siècle
02:59ont été de nouveau re-terrorisés en 1820.
03:02C'est contre ça que c'est levé Ricardo.
03:03Avec cette idée que le Royaume-Uni était en capacité, à lui seul, de produire ce dont avait besoin la
03:09terre entière.
03:10Et donc, cette idée qu'il y avait un pays, parce qu'il était le moins cher possible, qui était
03:13capable, effectivement, de produire.
03:15À l'époque, ce n'était pas les clous.
03:16À l'époque, c'était l'acier.
03:18C'était donc qui allait produire tout l'acier.
03:20Donc, il y en a qui n'ont pas besoin des avantages comparatifs.
03:23On peut être sur-spécialisé ?
03:25L'idée, c'est de dire que, naturellement, si elle laisse fonctionner le marché, il y a un moment où
03:30celui qui a l'avantage absolu, qui produit tout, ne trouve plus de débouché.
03:34Parce que, comme il produit tout, en face, il n'y a plus personne pour lui acheter.
03:37Parce qu'au bout d'un moment, la personne qui est en face n'a plus...
03:39Donc, c'est quand il n'y a plus de concurrence.
03:41Non seulement il n'y a plus de concurrence, mais effectivement, il y a un monopole sur tous les sujets.
03:44C'est-à-dire qu'il est en capacité.
03:46Et à ce moment-là, ce pays qui ne trouve plus de clients, puisqu'il a étouffé non seulement les
03:51producteurs, mais au travers de la production, il a étouffé les revenus des gens en face.
03:55Et donc, il a étouffé la capacité des gens en face d'acheter.
03:58Et donc, ce que dit bien Ricardo, il y a un moment où ça se corrige.
04:01C'est-à-dire qu'il y a un moment où, fondamentalement, il est obligé lui-même de se spécialiser
04:06dans un certain nombre de choses
04:07où il estime qu'il va être plus efficace pour essayer de faire baisser ses propres prix.
04:11Donc, il va faire baisser ses propres prix en se spécialisant.
04:14Et en se spécialisant, il va permettre aux autres de faire réémerger une production qui va être la production d
04:19'avantages comparatifs.
04:20Donc, la vraie débat, c'est qu'effectivement, il y a des gens qui commencent à nous dire qu'on
04:23est comme en 1820 avec le Royaume-Uni, on est en avantage absolu.
04:26Et ça va se terminer comme en 1830-1840 avec des avantages comparatifs.
04:31Ce que je veux dire par là, pour revenir à l'actualité plus immédiate, c'est-à-dire que je
04:35pense qu'effectivement,
04:36quand on regarde les chiffres, la Chine est en train d'avoir un volant d'exportation qui est un volant
04:41d'exportation très important.
04:43Mais là aussi, quand on regarde les statistiques qu'elle affiche, elle affiche plus d'excédents commerciaux que tous les
04:47autres en nom de déficit cumulé.
04:48Donc, il y a un moment où là aussi, les chiffres de la Chine sont plutôt à interpréter et à
04:53revoir.
04:53Mais grosso modo, le bilan de ce qui se passe, c'est une amélioration, vous l'avez souligné, considérable du
04:58pouvoir d'achat.
04:59C'est 30 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire en France, la Chine.
05:03C'est une amélioration considérable, effectivement, des conditions concurrentielles au niveau mondial.
05:07Parce que l'avantage absolu est en train de se grignoter.
05:09Donc, il y a un certain nombre de gens qui sont en train d'apparaître.
05:11C'est-à-dire que monsieur le chancelier allemand qui est en ce moment était en aide il y a
05:16un mois.
05:17Vous prenez le Premier ministre, il n'en a pas parlé, mais le Premier ministre espagnol qui est passé dans
05:21la liste qu'il a faite.
05:22Il y avait aussi le Premier ministre espagnol qui, à Pékin, a déclaré
05:25« Bienvenue à la Chine, merci à la Chine, grâce à vous, nous avons plus de pouvoir d'achat
05:30et nous avons une capacité, effectivement, de sortir de l'affrontement avec les États-Unis.
05:35D'avoir une espèce de relation commerciale qui ne soit pas centrée exclusivement sur les États-Unis.
05:39Donc, je pense qu'on a intérêt à garder une politique de libre-échange avec la Chine.
05:43Et le dernier élément, c'est qu'effectivement, c'est aussi des débouchés, la Chine.
05:47Je rappelle que la seule députée qui vote systématiquement en ce moment pour le libre-échange,
05:52quand on saisit le Parlement, c'est la députée de la deuxième circonscription de la Charente.
05:57Pourquoi la deuxième circonscription de la Charente ?
05:59C'est du Cognac.
06:00C'est la principale ville, c'est Cognac.
06:0380% du Cognac.
06:06On ne peut pas tout guider avec le Cognac.
06:08Non, non, mais...
06:09Il faut arrêter d'avoir des complexes vis-à-vis de ça.
06:11Il faut se rappeler que la Chine dépend aussi beaucoup de l'Europe
06:16pour tout un tas de produits stratégiques qu'elle ne produit pas.
06:19Et même, si vous regardez les statistiques du CEPI,
06:22le CEPI vous dit, mais attendez, la Chine,
06:24elle est deux fois plus dépendante de l'Europe que des États-Unis
06:27pour des produits vitaux dont elle a besoin et que la Chine ne fabrique pas.
06:31Ce que je veux dire, c'est qu'on a un pouvoir de négociation qu'on n'utilise pas.
06:36Et on pourrait quand même vendre plus chèrement notre pot que ce qu'on fait...
06:40Mais parce qu'on n'est pas d'accord.
06:41Si Sanchez, il dit ça, Macron, il dit le contraire.
06:44Non, mais la réponse à ce problème, c'est trois mots.
06:47C'est AND, Cognac, pouvoir d'achat.
06:51C'est-à-dire...
06:52Mais vous, vous acceptez que l'industrie disparaisse.
06:54Déjà, c'est votre prérequis, c'est votre prérequis.
06:56Oui, oui, oui, oui, oui, c'est pas un sujet, effectivement.
06:59C'est le prérequis.
06:59AND, pouvoir d'achat, Cognac.
07:01Merci à tous les deux, on se retrouve demain.
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