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  • il y a 32 minutes
Ce vendredi 24 avril, Daniel Gerino, président chez Carlton Sélection, économiste et actuaire, et François Monnier, directeur de la rédaction chez Investir, parlent des impacts de l'IA sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:02François Monnier est donc en plateau ce matin, directeur de la rédaction d'Investir avec Daniel Gérineau, le président de
00:07Carleton Sélection.
00:08Merci à tous les deux d'être là.
00:09Bonjour Étienne.
00:10On a beaucoup d'actualités à décortiquer avec une semaine qui est encore très riche d'enseignements.
00:16Avec en début de semaine, si on revient ça nous paraît très loin, c'est vrai, lundi Daniel, des questions.
00:22Est-ce que Donald Trump va trouver un accord avec l'Iran ?
00:25Il était question que Didi Vence aille du côté du Pakistan pour échanger avec une délégation iranienne.
00:30Finalement, rien du tout.
00:31Aujourd'hui, on est toujours sur un bras de fer.
00:33Les marchés actions ne paniquent pas, loin de là.
00:35Néanmoins, quand vous regardez le pétrole ce matin, c'est assez intéressant de voir qu'il retrouve les 105-106
00:39dollars.
00:40On est sur des plus hautes deux semaines.
00:41On était à 95 la semaine dernière.
00:43Donc, on a quand même repris des couleurs sur le pétrole.
00:46Oui, tout à fait.
00:46Ça a repris 1%.
00:48Le TTF a repris 2%.
00:50On n'est pas non plus sur des explosions.
00:52Mais par rapport au niveau qu'on avait vendredi, évidemment, ça a fortement remonté.
00:56Il faut s'habituer pendant quelques temps, parce que je pense que le conflit ne va pas durer éternellement.
01:01Ça va être réglé, je pense, assez rapidement.
01:04Il faut s'habituer à vivre avec des séquences de hausse et de baisse du pétrole.
01:08Ça ne va pas impacter non plus magistralement l'inflation, parce que tout le monde se panique au niveau de
01:13l'inflation.
01:14Mais le marché des actions reste serein, parce qu'il entrevoit déjà l'issue, la sortie.
01:19Alors après, évidemment, ça a rebattu complètement les cartes.
01:23Aujourd'hui, on est sur des marchés qui sont complètement fracturés.
01:26On a des fractures géographiques et on a des fractures sectorielles.
01:30Et ça, c'est important, parce que quand vous regardez les performances depuis le début de l'année,
01:33le COSPI fait 53-54%.
01:37On a les indices italiens et anglais qui sont en gros à 7%.
01:42Et de l'autre côté, vous avez l'Allemagne qui est à moins 1,5%.
01:45Donc, il y a une véritable fracture.
01:47On avait les pays du nord qui donnaient un peu le cap.
01:49Maintenant, c'est presque les pays du sud.
01:51Et vous avez des pays comme le Brésil, qui a aussi une très, très bonne performance.
01:56Alors, quand on regarde cet ensemble, guidé, drivé, parce que le driver macro, c'est le pétrole,
02:02eh bien, on voit aujourd'hui que l'impact de ce pétrole a fait un peu changer la donne
02:09et les réflexes que l'on avait avant sur les secteurs ont complètement changé.
02:13Aujourd'hui, je citais le COSPI, mais on peut voir également le Top X,
02:20mais également d'autres indices qui ont très bien performé, dont notamment le Nasdaq.
02:26La composante semi-conducteur dans ces indices-là est énorme.
02:3124% pour le Nasdaq, 38% pour le COSPI, et tout vient de là.
02:38On en parlera dans un instant, parce qu'il y a une telle, hier, qui était en hausse de 20%,
02:41en après-bourse, après ces résultats.
02:42Mais si on enlève les semi-conducteurs et, bien sûr, cette composante très importante
02:47sur la hausse des indices actions actuellement,
02:49qu'est-ce qui fait que les marchés se disent
02:51« Non, mais la situation ne va pas déraper au Moyen-Orient et tout ira bien,
02:54on sera à nouveau dans un scénario Goldilocks où, au final, les banques centrales ne vont pas se montrer ?
02:57»
02:57Oui, tout à fait, parce qu'en fait, il est de l'intérêt de personne.
03:01L'Iran est quasiment arrivé au bout de ses possibilités.
03:04Bon, l'armée est complètement à plat.
03:06Il ne reste plus que quelques petites vedettes, ça ne va pas durer éternellement.
03:09Il y a un problème de blocus, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent plus alimenter aujourd'hui leur
03:13population.
03:14Et ça, c'est vraiment l'arme fatale contre l'Iran.
03:17Alors, moi, je suis du côté des Américains et des Israéliens.
03:20Je dis clairement que si on veut éviter que certains pays émergents,
03:24des pays du Sud, se dotent de la bombe nucléaire ou de l'arme nucléaire,
03:30il faut intervenir et c'est le moment d'intervenir.
03:33Imaginez que nous ayons certains pays assez peu cadrés
03:37qui revendiquent également l'acquisition de la possibilité de faire des armes nucléaires.
03:43Il y a un danger pour la planète qui est colossal.
03:46Donc, il était grandement temps de le faire.
03:47Donc, le marché, lui, intègre la réussite de cette opération.
03:50Quand vous regardez les cours du pétrole sur les forward,
03:53ils sont à 66, 67 dollars.
03:56On n'est pas non plus sur une explosion.
03:57Le marché parie sur une guerre assez courte.
04:00Vous pariez aussi sur une guerre assez courte, François Monnier ?
04:04Donc, c'est la vision du marché.
04:06Le marché, en fait, pourquoi...
04:07Et ça peut paraître paradoxal qu'on a une guerre et on a un Wall Street
04:11qui a touché un nouveau plus haut historique
04:13et un CAC 40 qui, finalement, reste dans le vert depuis le début de l'année.
04:17Il y a cette conviction que cette crise, ce conflit, cette guerre
04:21ne peut pas durer éternellement
04:23et qu'il y aurait probablement une résolution rapide
04:26parce que c'est l'intérêt de tout le monde.
04:27Ça, c'est ce qu'on voit sur le papier.
04:29Et il y a aussi une raison technique.
04:31Bien sûr, les cours du pétrole ont flambé.
04:33Mais ce qui est vraiment très important pour les investisseurs,
04:37c'est que cette flambée des cours du pétrole et du gaz,
04:40ça a fait augmenter, en estimation, de 35 %
04:45les profits des compagnies pétrolières dans le monde.
04:48Ça a fait augmenter de plus de 60 %
04:51les perspectives de croissance bénéficiaire de Total Energy
04:54rien que pour l'exercice 2026.
04:56Donc, entre fin février, le début du déclatement de la guerre,
05:00et aujourd'hui, les analystes ont révisé de plus de 60 %
05:03à la hausse des profits de Total.
05:05Quand vous révisez de plus de 60 % à la hausse des profits de Total,
05:08qu'est-ce qui se passe ?
05:09Total, c'est une composante essentielle du CAC 40.
05:12Eh bien, vous avez un impact positif sur le bénéfice net par action
05:17du CAC 40 de près de 5 %.
05:19Quand on regarde ce qui se passe au niveau de l'Eurostox 600,
05:22des 600 plus grandes entreprises européennes,
05:24là aussi, on a, depuis le début du conflit,
05:27des révisions à la hausse de la trajectoire bénéficiaire de l'ordre de 3 %.
05:31Donc, résultat, quelques six semaines et quelques après le début de cette guerre,
05:38on a une croissance européenne estimée par les analystes
05:42d'ordre de 15 % pour les entreprises en Europe,
05:44de l'ordre de 19 % aux États-Unis,
05:46parce qu'aux États-Unis, c'est bien sûr plus dynamique,
05:49parce qu'on a du semi-conducteur,
05:50parce qu'il y a une accélération des investissements
05:52dans le domaine de l'intelligence artificielle.
05:54Donc, sur le papier, le scénario est extrêmement rassurant.
05:58Mais, pour que ça tienne, pour que ça soit durable,
06:01il faut qu'à un moment donné, ce conflit s'arrête dans les jours ou les semaines qui viennent,
06:05parce que si jamais ça continue de déraper,
06:08on joue contre le temps, c'est une course contre la montre.
06:10Il faut voir que déjà, les gouvernements, que ce soit les Allemands,
06:13ils ont révisé par deux leur croissance de leur PIB pour 2026,
06:18ils visaient un, maintenant on est à 0,5.
06:20Donc, en France, on est moins dépendants à l'énergie,
06:22parce qu'on a du nucléaire, on a quand même révisé de 1 à 0,9 %,
06:26donc on voit que tout le monde est en train de réviser un petit peu la croissance économique.
06:30Donc, pour l'instant, on a un impact positif sur les bénéfices
06:35avec les compagnies pétrolières qui pèsent très très lourd dans les indices,
06:37mais on sent que ça peut dériver.
06:39On a des inquiétudes sur la croissance, bien sûr, des compagnies aériennes,
06:43mais une compagnie aérienne, ça pèse pas très lourd dans les indices,
06:45donc il n'y a pas d'impact pour les investisseurs.
06:48Là où ça devient un peu plus grave, vous en avez parlé, c'est dans l'aéronautique,
06:52parce qu'une compagnie aérienne, c'est vrai que ça pèse pas lourd,
06:55mais les groupes aéronautiques, eux, ont un vrai impact sur les indices boursiers,
06:59et là on voit que si on utilise moins d'avions, notamment les avions les plus anciens,
07:03parce que ce sont eux qui consomment le plus de carburant,
07:06il y aura moins de maintenance, et la maintenance est une activité extrêmement rentable
07:10chez des acteurs comme Thalès, Safran, et ça, bien sûr, ça pèse sur les cours de bourse.
07:14Safran qui s'est montré positif pourtant hier.
07:16Qui s'est montré positif, oui, oui, parce que tout le monde se dit,
07:20à partir du moment où il y en a un qui dit, attention, j'ai peut-être un souci sur
07:23une maintenance,
07:24eh bien tout le monde se dit, ça risque de toucher l'ensemble de la filière,
07:29et même les bons élèves sont un peu pénalisés.
07:32Daniel Gérineau.
07:33Juste pour corroborer ce que dit très justement François,
07:36la croissance des bénéfices, c'est 3,2 sur le stock 600,
07:39si on retire l'énergie, il reste 0,3.
07:41Ça montre que la bourse et la macroéconomie...
07:44Elles trouvent des relais.
07:45Oui.
07:46Elles trouvent des relais, et aux États-Unis, c'est l'IA.
07:49Je prends le cas d'une société qui s'appelle Allbird.
07:52Allbird, c'est une société américaine qui s'appelle avec des chaussures.
07:57Elle a décidé de se mettre dans les infras de l'IA.
07:59Elle a fait 350% de hausse en un jour lors de la...
08:03Mais elle perdait 99% de son IPO.
08:06Enfin bon, elle était au tapis.
08:07Elle était au tapis.
08:09Je le permets de corriger plus vite.
08:10Mais voilà.
08:11C'est impressionnant de voir à quel point le monde est en train de changer.
08:15Regardez, toutes les boîtes de software, toutes, elles souffrent.
08:19Voilà, on allait en parler du software, parce que justement, ce n'est pas les magasins de chaussures,
08:25les fabricants de chaussures qui vont se mettre à l'IA, qui vont changer le monde.
08:27C'est surtout les DeepSeek.
08:29Cette nuit, DeepSeek annonce une nouvelle version de son modèle d'intelligence artificielle.
08:34On voit quand même qu'Enthropy est en train de tailler de sérieuses parts de marché à OpenEI, à ChatGPT.
08:40Et quand vous regardez les géants de la tech, hier, Meta vous dit qu'on va supprimer 10% de
08:44nos effectifs.
08:45Et Microsoft va lancer un plan de départ volontaire.
08:47C'est le premier depuis la création de la société.
08:50Ça va concerner 7% des effectifs.
08:52Donc, ils ne sont pas obligés de le prendre, mais ils peuvent le prendre.
08:54Ça concerne surtout des profils seniors.
08:56Ça montre bien que ça bouge même dans les GAFAM, les méga tech, Daniel Girineau.
09:00Oui, il va y avoir vraiment un gros bouleversement.
09:02Regardez Microsoft, qui a des logiciels qui vont devenir totalement obsolètes,
09:07ne serait-ce que déjà par leur maintenance.
09:10Outlook ne répond pas, World ne répond pas.
09:12Copilot qui a été un échec.
09:14Voilà, et ça coûte très, très cher.
09:16Aujourd'hui, avec Anthropique, vous faites des choses absolument incroyables à une vitesse phénoménale.
09:20Donc, ça rebat complètement les cartes.
09:22Et toute la population qui était des codeurs, des gens qui faisaient pas mal de programmes,
09:29sont aujourd'hui en suspens, vraiment en péril,
09:33parce qu'on arrive à les remplacer à une vitesse phénoménale.
09:35Donc, il y aura toujours besoin de spécialistes informatiques,
09:41mais je pense que ça va se réduire et on va se retrouver avec des sociétés qui,
09:45si elles n'ont pas fait le virage de l'IA, vont vraiment avoir beaucoup,
09:49beaucoup de difficultés à se tenir, parce que la concurrence va être extrêmement rude.
09:53Les barrières à l'entrée, d'une manière globale, vont sauter en grande partie,
09:57parce qu'une petite entreprise, aujourd'hui, va être capable, grâce à l'IA,
10:00de faire des choses que faisaient auparavant des très, très grosses entreprises.
10:04Et la grosse entreprise, qui avait un poids assez lourd,
10:08justement grâce à ses infrastructures d'effectifs très, très lourdes,
10:13ça va devenir quelque chose de pénalisant.
10:16Donc, il y a des rotations sectorielles qui sont fondamentales.
10:19Et les rotations géographiques, finalement, ce sont des rotations sectorielles implicites.
10:23Parce que vous allez sur le CAC 40, pas pour la techno.
10:27Vous allez sur le Nasdaq pour la techno.
10:29Aujourd'hui, le S&P 500, 45% de la capitalisation est liée à l'IA,
10:36alors qu'on était à 25% avant Tchadjpiti.
10:39Donc, il y a vraiment un bouleversement.
10:41Il y a des lignes de fractures qui se sont opérées depuis quelques mois,
10:45et notamment depuis 2026.
10:47Quand vous regardez des acteurs historiques, IBM, François Monnier, SAP, ce matin,
10:53c'est vrai que pour eux, ces paquebots de la tech,
10:55ils essayent de prendre le virage de l'intelligence artificielle,
10:58mais c'est sûr que par rapport à une start-up, ils sont beaucoup moins agiles,
11:01c'est compliqué à mettre en place, à former les salariés,
11:05à mettre également des clients dans cette sphère de l'IA.
11:08Ils ne parlent pas du tout du même point.
11:10Oui, ils ne parlent pas du même point, mais je ne suis pas certain que ce soit plus difficile pour
11:13eux.
11:14Simplement, ce qui a changé, d'abord, c'est le regard des investisseurs.
11:18Parce qu'avant, lorsque vous achetiez l'action SAP,
11:21ou vous achetez ces grands acteurs des logiciels,
11:25vous aviez une confiance dans un système où vous aviez des revenus récurrents.
11:30On vous vendait le fait qu'une entreprise, lorsqu'elle implémente SAP,
11:35ça va tenir 10 ans, 20 ans, 30 ans.
11:38Le fameux SaaS.
11:38On n'en change jamais.
11:40Donc, en gros, c'est pour la vie.
11:41Et donc ça, quand vous achetez un produit quasiment pour la vie,
11:45avec une maintenance, avec des upgrades, avec des mises à jour régulières, etc.,
11:49c'était le jackpot.
11:50Et donc, vous pouviez prétendre à des niveaux de valorisation
11:53et des ratios de valorisation extrêmement élevés.
11:55Aujourd'hui, avec l'IA, on ne peut plus dire,
11:57ce produit, on l'a pour la vie, on l'a pour 20 ans,
12:01peut-être que c'est uniquement pour 5 ans.
12:03Et donc, ça, ça change complètement la donne.
12:04Et donc, vous ne pouvez plus retrouver, aujourd'hui,
12:07les ratios de valorisation, les multiples de valorisation
12:09qu'on avait par le passé, avant l'IA.
12:12Et ça, c'est un vrai changement.
12:13Et ça a conduit à l'effondrement de la plupart des acteurs, des logiciels.
12:18Et donc, maintenant, voilà où on en est.
12:20Ça a plongé.
12:21Maintenant, on va regarder les acteurs qui vont pouvoir en bénéficier.
12:25Alors, tout le monde est en train de dire qu'ils implémentent de l'IA.
12:28C'est le langage à la mode.
12:30On implémente, on implémente pour pouvoir être compétitif.
12:32Donc, oui, il y a cette période de transformation
12:36qui s'accompagne par le départ des collaborateurs
12:39qui ont des rémunérations qui ne collent plus,
12:41aujourd'hui, à l'état du marché.
12:44Donc, dans cet écosystème,
12:47on voit que, bien sûr, les seniors
12:50qui ont les salaires les plus élevés
12:52vont probablement être poussés vers le départ.
12:54Il y aura peut-être un peu moins de recrutement de juniors
12:57parce qu'il y a des activités de code d'un junior.
13:00Maintenant, c'est fait par la machine.
13:01Donc, on voit que le modèle de la gestion des ressources humaines
13:04va être capital et central aujourd'hui.
13:07Donc, il faut innover, mais il faut aussi, aujourd'hui,
13:10beaucoup mieux gérer sa masse salariale et ses équipes.
13:13C'est exactement ce qui se passe, d'ailleurs, chez Microsoft.
13:15Les plans de licenciement, c'est essentiellement les seniors,
13:19c'est-à-dire les gros salariés.
13:21Daniel Girineau, comment, aujourd'hui, on peut s'exposer à la tech
13:23sans se prendre des portes de saloon sur, quand même, certaines valeurs,
13:27notamment le fameux segment du software,
13:30où c'est quand même très violent ?
13:31Si on regarde SAP, depuis ses plus hauts historiques,
13:33c'est moins 45 %.
13:34On a souvent parlé avec François de Dassault Systèmes,
13:36c'est un titre qui a été divisé par trois depuis ses plus hauts.
13:39Bref, on peut prendre plein d'exemples comme ça.
13:42Aujourd'hui, vous faites quoi ?
13:43Vous dites, allez, on y va ?
13:44Ou non, on continue ?
13:45Oui, on dit, on y va, pour une raison très simple,
13:48c'est que vous parliez de SAP.
13:49SAP, c'est surtout du software.
13:52IBM, c'est surtout du software, ce qu'expliquait très bien François.
13:56Aujourd'hui, il faut vraiment faire le tri.
13:58Maintenant, si on regarde les indices, l'indice Nasdaq,
14:03on regarde toujours la cherté d'une action par rapport à son PER.
14:07Il faut le regarder par rapport au PEG.
14:09Le PEG, c'est le PER qui est divisé par la croissance des résultats.
14:13Eh bien, le Nasdaq est l'indice le moins cher de tous les indices.
14:19Il est à 1,5, alors que la plupart sont entre 1,8 et 2.
14:23C'est la croissance promise.
14:25Et tenue.
14:27Voilà.
14:27Alors, il y a toujours des si, mais c'est pareil.
14:29Quand vous calculez un PER, vous cristallisez un dividende,
14:33vous ne savez pas si demain ce sera le même.
14:34Il y a des zones d'incertitude.
14:36Si le monde était parfait, on ne serait pas là.
14:38Donc là, on a des indices qui sont ce qu'ils sont.
14:40Mais je pense qu'il faut quand même regarder ce type de secteur
14:45sous l'angle du PEG plus que du PER.
14:48Parce que la croissance des résultats est quand même phénoménale.
14:52Et je pense qu'on n'est vraiment qu'au début.
14:54Donc nous, on a été acheteurs il y a 8-9 jours.
14:57On en parlait juste avant l'émission.
14:58Donc vous avez pris le train en marche.
15:00Sur le Nasdaq, oui, tout à fait.
15:03Et on est également investisseurs sur les matériaux,
15:06notamment aux États-Unis, parce que c'est un secteur qui nous plaît bien.
15:09Dans la mesure où il va y avoir quand même énormément de reconstruction à opérer.
15:13Donc c'est quelque chose qui nous intéresse.
15:14Après, on a certaines valeurs.
15:15On commence à regarder Kering, qui nous paraît être plutôt intéressant,
15:19parce que le plan de Dimeo est quand même très, très intéressant.
15:21Ce qui est moins le cas de Hermès,
15:24puisque Hermès dépend essentiellement du tourisme en France.
15:27La moitié de ses magasins en France, c'est le tourisme étranger.
15:31Il y a moins de touristes en France.
15:33Donc ça pèse sur les résultats.
15:35Donc il y a des secteurs sur lesquels on est tout à fait à l'aise.
15:39Notamment, je le citais, la tech, les matériaux, l'industrie dans certains domaines.
15:45Par contre, on n'est pas sur la santé.
15:49On n'est pas sur la consoce Apple,
15:50c'est-à-dire la consommation de base,
15:53parce qu'on a vu au mois de mars quelque chose de tout à fait remarquable.
15:57Les valeurs de défense n'ont pas défendu.
16:00La consoce Apple n'a pas performé.
16:04La santé non plus.
16:05L'or non plus.
16:06Enfin, il n'y a pas de valeur défensive, c'est du cash.
16:08Tout à fait.
16:09Et on a eu l'impact devise aussi.
16:11Il y a beaucoup joué sur la santé.
16:12Parce que le dollar s'était raffermi,
16:14puis il s'est redétendu.
16:17Aujourd'hui, on est à 17 et quelques.
16:19C'est important les devises.
16:20C'est la cour à transmission entre les économies.
16:22Et on a des choses assez importantes.
16:25Aujourd'hui, on a aussi des fenêtres de tir très intéressantes sur les taux,
16:29puisqu'il y a des anticipations de taux qui sont complètement démesurées
16:32par rapport à la situation macroéconomique de l'Europe.
16:35Donc, tout ça, on rebat les cartes et on peut faire son shopping.
16:39Il ne faut pas se tromper,
16:39parce que les écarts n'ont jamais été aussi importants.
16:43François Monnier, comment vous aidez vos lecteurs d'investir à faire leur shopping,
16:46dans tout ce bruit ?
16:47Parce que c'est vrai qu'en ce moment, c'est compliqué.
16:49Pour déjà faire son shopping, comme vous dites,
16:52il faut déjà suivre les publications des résultats trimestriels.
16:55Là, on est en pleine saison.
16:57Donc, c'est toujours un moment riche d'enseignement
17:00où vous avez validation ou pas, d'abord, de vos choix.
17:03Et ça vous aide, bien sûr, à faire des arbitrages.
17:06On voit que c'est vrai que le secteur de la santé a mal rempli son rôle.
17:11On a eu même parfois des excuses un peu surprenantes.
17:14Eurofins scientifiques nous a expliqué que c'est à cause du climat
17:17que la situation est un peu plus compliquée.
17:19On a eu encore des déceptions chez Biomérieux.
17:23Donc, on voit que finalement, la santé, ce n'est pas un secteur aussi facile
17:26qu'on pourrait l'imaginer.
17:29Et on est, bien sûr, toujours estomaqué par la tech et les semi-conducteurs.
17:33On est toujours dans une phase encore d'équipement,
17:36d'accélération, d'installation de data center.
17:39On voit qu'on a un besoin considérable de composants.
17:44Alors, Nvidia ne fait peut-être plus grand-chose en bourse,
17:46mais on voit que ça y est, ça se réveille enfin du côté de ST Microelectronics
17:49qui gagne 90% depuis le début de l'année.
17:51Infineon fait un super parcours.
17:54Micron, technologie, cartonne en bourse.
17:56Donc, on voit qu'on est dans une phase toujours d'équipement.
17:59Et ça, c'est quand même une thématique qui demeure.
18:01Et c'est la thématique qui a finalement le mieux marché depuis cette guerre
18:06puisque le côté, je vais prendre des valeurs défensives,
18:09notamment de la santé, ça, c'était un concept qui ne s'est pas bien déroulé.
18:14Et puis, il y a arbitrage au secteur de l'aéronautique
18:17où il y a beaucoup de débats.
18:19Les valeurs de défense n'ont pas non plus joué leur rôle dans ce contexte-là
18:23parce que maintenant, les investisseurs se disent
18:25si le coût de la dette devient plus élevé pour les États,
18:28eh bien, ils vont retarder leur programme de réarmement.
18:31Et donc, parce qu'on a quand même, on n'en parle pas suffisamment,
18:34mais on a un vrai problème de financement des dépenses publiques
18:37en France, mais un peu partout ailleurs,
18:40particulièrement, bien sûr, en France.
18:41Et donc, à un moment donné, quand vous avez plus d'un tiers de votre budget
18:44qui est mangé par les charges d'intérêt,
18:46il ne reste plus grand-chose.
18:47Il faut bien sûr en mettre pour l'éducation, pour la santé.
18:49Et donc, quid de l'armement, de la défense ?
18:53Et on voit que là, ça commence à coincé.
18:54Dès que les taux d'intérêt montent, les valeurs de défense baissent.
18:57Ça, c'est le phénomène nouveau qu'on a découvert depuis le début de cette guerre.
19:01Le secteur de la santé, Daniel Girino, souffre,
19:04alors que pourtant, ça pourrait être l'un des premiers secteurs
19:07à profiter de l'intelligence artificielle,
19:09dans la recherche, dans l'accélération des étapes de phase 1, 2, 3, etc.
19:14Pour l'instant, il n'y a aucun argument qui fait qu'il faut revenir sur la santé ?
19:17Aucun, parce que, d'abord, il y a quand même des déceptions.
19:20On voit, par exemple, chez Sanofi,
19:23le nombre de vaccins est en train de diminuer régulièrement.
19:27Il y a un médicament anti-inflammatoire
19:32qui tient 40% du chiffre d'affaires de Sanofi.
19:38Je crois que c'est du pixan,
19:41qui est une très belle réussite.
19:43Mais quand vous créez une nouvelle molécule,
19:46c'est plus d'un milliard de dollars qu'il faut mettre sur la table.
19:49Mais en dehors de Sanofi, il n'y a pas des valeurs dans le secteur de la santé ?
19:51Regardez Roche.
19:53Roche, ils ont eu un chiffre d'affaires qui a monté,
19:56mais avec l'effet dollar, ça fait moins 5%.
19:59On est quand même sur...
20:01C'est très...
20:02Alors, je ne parle pas de la biotech, parce que là, c'est un peu le casino.
20:04Mais sur la santé classique, c'est quand même très, très, très compliqué,
20:08parce que vous avez ces différentes phases.
20:11Dès qu'un médicament est rejeté par le régulateur,
20:15c'est terminé, vous êtes plombé.
20:17Et après, c'est quand même dépendant de l'État, des États.
20:23C'est quand même un secteur qui est très dépendant des États.
20:25Et comme le disait François,
20:28la plupart des États sont endettés.
20:30Aujourd'hui, les pays occidentaux, en moyenne,
20:32ils ont 105% de ratio d'aide sur PIB.
20:35C'est quand même énorme.
20:36Alors que les pays émergents sont à 75%.
20:39Donc tout ça, ça pèse, parce qu'on ne le dit pas assez,
20:41mais un pays comme la France,
20:43qui a 3 555 milliards de dettes,
20:46le taux embarqué de cette dette, il est à 1,80.
20:50Le taux aujourd'hui, il est à 3,63.
20:52Donc ça veut dire que quand on roule la dette,
20:54parce que cet horrible système de l'infiné,
20:57qui est une chaîne de pansies déguisée,
20:59on devrait revenir aux emprunts annuités constantes sur l'État,
21:02parce que ça obligerait les États
21:05à provisionner les remboursements dans leur budget.
21:08Parce qu'on a déjà, vous voyez,
21:09la toute petite croissance qu'on a de 0,9 avec 5% de déficit,
21:12ce n'est pas glorieux.
21:13Et on a aujourd'hui une sorte d'aveuglement
21:17sur les trajectoires des pays
21:19qui provoque une séparation totale
21:23entre les croissances économiques
21:25et les croissances des sociétés.
21:26Les sociétés peuvent, dans certains pays,
21:30avoir de très, très belles performances,
21:31parce qu'elles sont internationales,
21:32avec des États endettés.
21:34Et on ne regarde pas assez la balance
21:36des comptes courants des pays.
21:38Vous voyez, la balance des comptes courants de la France,
21:40c'est 0,1% du PIB, c'est-à-dire rien.
21:42L'Espagne est à 2,9 et l'Italie est à 2,2.
21:46Et c'est ça la richesse d'un pays.
21:47Quand vous avez un pays qui n'a que 2,
21:50que 0,1% de balance des paiements courants,
21:54ça veut dire qu'il s'appauvrit.
21:55Il nous reste une minute.
21:56François Monnier, les secteurs aujourd'hui
21:58qui vous intéressent, vraiment les valeurs
22:00que vous allez mettre en avant ce week-end
22:01dans l'investir.
22:02On met les valeurs qui offrent un beau
22:05et un joli rendement, un gros dividende.
22:08On part du principe que, là,
22:10on a eu quand même une accélération
22:11des révisions à la hausse de la croissance bénéficiaire,
22:13mais que ce n'est pas tenable.
22:15Ça peut se stabiliser au mieux,
22:17voire éventuellement se dégrader.
22:19Et un critère essentiel dans un portefeuille
22:21à action, c'est le dividende.
22:23Le dividende, c'est à peu près
22:25deux tiers de la performance
22:26si vous investissez sur plusieurs années.
22:28C'est deux tiers de la performance
22:30de votre portefeuille.
22:31Dividende réinvesti, bien sûr.
22:33Et donc, c'est une composante essentielle.
22:35Et il faut regarder ces sociétés
22:36qui sont capables de distribuer
22:38des généreux dividendes.
22:39Et attention au piège.
22:40C'est une grande thématique.
22:40Ce n'est pas parce qu'il y a un gros dividende
22:41qu'il faut acheter la valeur.
22:42Absolument.
22:43Il ne faut pas acheter les sociétés
22:44qui ont les plus gros dividendes
22:45parce que, généralement,
22:46ce ratio de dividendes, de rendement,
22:48il est obtenu par une baisse du cours.
22:49Non, il faut acheter une société
22:51dont le dividende est capable
22:52d'augmenter année après année,
22:54solide, récurrent.
22:55C'est pour prendre 8% de dividendes par an
22:58mais que le titre perd 20% chaque année.
23:00Absolument.
23:01Là, c'est un mauvais calcul.
23:01Un bon investissement.
23:02C'est un mauvais calcul.
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