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  • il y a 10 heures
L’entreprise ne doit pas se mêler de la vie privée de ses collaborateurs, mais, bien souvent, elle doit s’en accommoder. Sujet sensible ? Le divorce. Les politiques RH n’ont pas forcément encore appréhendé le phénomène, devenu une norme sociale. L’avocate en droit de la famille Nolwenn Leroux nous explique comment l’employeur peut adapter l’organisation du travail.

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Transcription
00:09BISMART
00:12Bien dans son job pour parler d'un sujet personnel, intime, douloureux parfois, le divorce.
00:19Oublier des politiques RH.
00:21On en parle avec vous Nolwenn Leroux, ravie de vous accueillir.
00:24Vraiment.
00:24Avocate en droit de la famille et du patrimoine, vous avez créé le cabinet SOA.
00:28Oui.
00:29Solution à l'amiable.
00:31Oui, pour solution amiable.
00:32Pour solution amiable, parce que c'est souvent des solutions qu'on essaie de trouver à l'amiable.
00:36Et vous avez choisi de nous parler, alors cette fois-ci, non pas de la partie juridique du divorce,
00:40le droit de la famille, non, de la relation entre quelqu'un qui divorce et sa situation en entreprise.
00:47Racontez-nous, parce que vous, vous avez les clients dans votre bureau, en larmes, effondrés,
00:52mais qui vont quand même, l'après-midi même, retourner au travail.
00:55C'est ça le sujet.
00:55C'est ça le sujet. Le sujet, c'est qu'on a des personnes qui vivent un moment de vie
00:58hyper traumatisant,
01:00où tout leur pilier de vie s'effondre, et tout est en train d'être redessiné.
01:06Et en même temps que ça, bien sûr qu'il faut continuer à aller travailler, il faut retourner au travail.
01:12Et quand on arrive au travail, ce n'est pas accueilli, ce n'est pas pris en charge,
01:17voire même, du coup, il y a une sorte d'omerta là-dessus, parce qu'il ne faut pas en
01:20parler,
01:20ou on n'ose pas en parler, et on est pressurisé au travail.
01:23Et donc, du coup, une situation qui est déjà compliquée, bien s'aggraver.
01:27Donc, mise en danger du salarié.
01:29Mise en danger. En tout cas, pressuriser quelqu'un qui est déjà pas mal,
01:32c'est le risque qu'il aille encore plus mal et qu'il s'arrête,
01:36ou voire même des accidents du travail, s'il y a des postes éventuellement dangereux ou autres.
01:40Ou en tout cas, derrière, un impact sur les relationnels au bureau, ne serait-ce que ça.
01:45Vous dites, vous, que c'est un angle mort. La question est double, c'est qui pose le sujet sur
01:50la table ?
01:51Est-ce que les RH doivent lancer des politiques de QVCT sur ce sujet ?
01:54Est-ce que le salarié doit s'autoriser à aller pousser la porte de son manager en disant
01:58« Écoute, je vais traverser une période qui n'est pas simple, je divorce,
02:02et on sait tous, pour ceux qui y sont passés, que c'est un moment difficile ? »
02:05Qui fait quoi ?
02:06Alors, moi, je pense qu'il faut les deux.
02:07C'est-à-dire qu'il faut que les entreprises s'emparent du sujet.
02:11Parce que, clairement, aujourd'hui, il est illusoire de penser que quelqu'un qui a des problèmes personnels
02:16et une crise familiale qui plus est s'arrête, vous voyez, à la porte de l'entreprise
02:20et quand il est au boulot, tout se passe bien.
02:22Ça, c'est illusoire et ça ne marche pas.
02:23C'est vrai pour tous les sujets, d'ailleurs.
02:25Pour tous les sujets. Mais celui-là, particulièrement, parce qu'il est traumatique.
02:27C'est un... Vraiment, on dit que le divorce ou la séparation, c'est un deuil hyper important
02:31après la perte d'un être cher. Donc, ce n'est pas pour rien.
02:34On ne parle pas du petit problème, on parle d'un énorme problème qui a un impact.
02:38Donc, on ne peut pas juste ne rien faire.
02:40Mais pour s'autoriser à en parler en entreprise, ça implique qu'il y a un management bienveillant,
02:45qu'on puisse s'autoriser et que chacun reste aussi à sa juste place.
02:49C'est-à-dire qu'on ne peut pas, sous couvert de « je prends en charge le sujet,
02:53mais je m'immise dans l'avis du salarié ». C'est-à-dire que c'est accueillir...
02:57Je prends la place de l'avocat, quoi.
02:58Non, mais c'est vrai.
02:58Oui, ou même, je vais dans l'avis, je vais lui régler ses problèmes,
03:01comme ça, ça ira plus vite et puis il passera plus vite à l'étape d'après.
03:03Danger.
03:03Oui, c'est ça. C'est-à-dire que c'est un peu le fil d'équilibriste.
03:08Mais on ne peut pas ne rien faire et il ne faut pas trop faire non plus.
03:11Mais en termes de chiffres et de data, on n'a pas de chiffres, on n'a pas de data,
03:14c'est un peu compliqué, mais on dit souvent un couple sur deux à Paris
03:17et en Ile-de-France, divorces un sur trois en province.
03:20Donc on peut imaginer que ça représente des centaines de milliers de salariés,
03:23femmes et hommes.
03:24Et même, or, si on est allergique à toute la séparation,
03:26c'est un million de personnes par an en France.
03:28C'est colossal.
03:29C'est énorme.
03:29Donc c'est des personnes impactées dans leur vie professionnelle.
03:31Oui.
03:32Qu'est-ce qui existe aujourd'hui ? Est-ce que vous avez fait une cartographie ?
03:34J'ai le sentiment, en ayant fait cette émission depuis presque six ans,
03:37que rien n'existe sur cette question du divorce.
03:39Alors, sur le divorce de manière spécifique, j'ai envie de dire rien.
03:43On est d'accord.
03:43Souvent, parce que nous, on commence à démarcher aussi des CSE et des RH
03:48pour essayer de sensibiliser, mais je me rends compte qu'à partir du moment
03:52où il y a une sorte de dispositif juridique qui est mis en place
03:54comme une sorte de protection juridique ou une hotline juridique, on peut appeler,
03:59on estime qu'on a fait le maximum de ce qu'on pouvait faire.
04:01Au moins, s'il y a des questions, il n'y a qu'à Faucon,
04:04ils peuvent aller se tourner vers ça.
04:06Mais moi, je sais bien en étant juriste que un divorce, c'est bien au-delà du simple juridique.
04:10C'est même quelque chose qui est de manière globale.
04:13Il y a des aspects émotionnels énormes.
04:15Donc, on ne peut pas juste dire, appelez la hotline juridique et c'est bon,
04:18et je suis au maximum de ce que je peux faire.
04:19On voit des faits divers dramatiques avec des enlèvements d'enfants,
04:22avec des enfants parfois tués avec l'épouse, l'ex-épouse.
04:25Enfin, ça va très très loin.
04:26Mais quelqu'un qui ne va pas bien et qui n'est pas pris en charge,
04:29alors on ne peut pas dire que c'est la faute que des entreprises, attention.
04:31Mais ce que je veux dire, c'est que l'entreprise peut jouer un rôle bénéfique.
04:34Donc, c'est là où...
04:35Sur ces sujets, on a le sujet des aidants, par exemple, l'endométriose qui est en train de monter.
04:40Les aidants, c'est un sujet similaire.
04:41Je souffre parce qu'une situation extérieure me fait souffrir.
04:45Laissez-moi du répit.
04:47Est-ce qu'on réfléchit à redonner des jours, à le faire rentrer dans les jours aidants ?
04:51Comment on peut organiser ?
04:52Alors, je sais que c'est une réflexion complexe, mais...
04:54Moi, je pense qu'il y a plein de dispositifs qui sont possibles,
04:57qui existent parfois déjà au sein de l'entreprise.
04:59C'est-à-dire que...
05:00Déjà, ne serait-ce que de mettre un peu de flexibilité et de souplesse,
05:03c'est-à-dire un peu d'huile dans les rouages dans un moment de vie compliqué.
05:06Ne pas être rigide sur des jours de vacances, des jours de congés,
05:10parce que justement, on sait que quand on est en train de rebattre l'écart de sa vie
05:13avec une organisation à repenser,
05:16il y a plein de choses où ça va tâtonner, où ça va être compliqué.
05:18Il peut y avoir des décisions qui vont fixer des jours, etc.
05:20Donc, il faut un peu mettre d'huile dans les rouages, dans les...
05:23De l'écoute.
05:24De l'écoute.
05:25Et puis, de l'organisation.
05:26Enfin, je veux dire, quelqu'un qui va devoir, par exemple, en résidence alternée,
05:30avoir ses enfants une semaine à temps plein, une semaine où il ne les a pas,
05:33si on peut organiser le temps de travail...
05:34Parfois, qu'il n'est pas dans la même ville.
05:35Exactement, mais qu'on peut organiser sur des temps de travail un peu plus souples
05:38pour ne pas exiger que ce soit tous les jours les mêmes horaires,
05:40mais qu'ok, une semaine, tu peux faire beaucoup, la semaine d'après, plus light.
05:43Ça peut être effectivement aussi les histoires.
05:45Vous savez, vous pouvez avoir des salariés qui offrent des jours de congés à un collègue.
05:49Sur un crédit de jour.
05:51Exactement.
05:51Enfin, ce que je veux dire, c'est qu'il est informé par rapport à des dispositifs
05:54qu'il peut y avoir par rapport au logement, relogement.
05:56Vous savez, les entreprises qui peuvent avoir, justement, des dispositifs pour aider.
05:59En fait, souvent, il va falloir ne serait-ce qu'informer le salarié
06:03en lui disant, voilà, nous, on a déjà ça en place.
06:05Alors, après, on peut compléter le panel.
06:06Et on l'autorise à s'exprimer.
06:09Merci, Noël Neuru.
06:10Je suis désolé parce que, évidemment, le temps file.
06:14Allez, allez, vous avez aussi une app, j'ai vu, pour sensibiliser les CSE qui jouent un rôle important.
06:20Alors, en fait, c'est pour les particuliers, mais les CSE peuvent l'offrir à leurs salariés
06:24pour les accompagner, justement.
06:25Elle s'appelle N-Care.
06:26N-Care, c'est important de le signaler.
06:29Merci, Noël Neuru, avocate, SOA, c'est votre cabinet ?
06:31Oui.
06:32Comme solution à l'amiable, entre autres, parce que ça cache, évidemment, un autre acronyme.
06:37Merci de nous avoir rendu visite, c'est un vrai plaisir.
06:40On tourne une page, on parle de l'actu.
06:41Dossier juridique qui intéresse les avocats, là aussi.
06:44Le 1er mai, faut-il permettre aux boulangers, aux salariés des boulangeries et des floristes,
06:50mais allons plus loin, des boulangers et des poissonniers,
06:52de travailler ?
06:53Le débat a fait rage, le gouvernement a reculé.
06:56Qu'est-ce que cela dit de notre relation au travail ?
06:59On en parle avec nos experts.
07:01C'est le débat d'actu, c'est le débat de SmartJob.
07:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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