Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 heures
Ce vendredi 22 mai, François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit MUTUEL AM, s'est penché sur la progression des marchés boursiers portée par les secteurs de l’énergie et de la technologie, malgré les inquiétudes sur le marché obligataire, et la dégradation des indicateurs PMI en mai dans la zone euro, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00François Rimeux nous rejoint à 15h44. Bonjour François, stratégiste senior pour Crédit Mutuel Asset Management.
00:06Au rythme actuel, le CAC 40 va signer une hausse hebdomadaire.
00:09Ce serait sa première hausse hebdomadaire en un mois.
00:12Le Dow Jones, lui, est sur un nouveau record aujourd'hui.
00:15Est-ce que vous trouvez finalement normal que les marchés viennent à nouveau tutoyer les records
00:19alors qu'il y a trois jours encore, le marché obligataire nous disait
00:21« Non, non, mais attendez, c'est l'euphorie, là il va falloir vraiment atterrir. »
00:24Et puis d'un coup, tout s'est à nouveau retourné à la hausse.
00:26Est-ce qu'on a raison quand on est haussier sur le marché ou plutôt quand on est prudent
00:29comme on l'était en début de semaine, d'après vous ?
00:31Des points positifs sur le marché.
00:33La saison des résultats a été très solide partout, tirée par l'énergie, tirée par la tech évidemment.
00:37Mais malgré tout, ça rassure les investisseurs.
00:40Ensuite, la tension obligataire, elle reste quand même finalement assez ordonnée.
00:44Et dernièrement, elle était plutôt tirée par les taux américains
00:47et plutôt pour des raisons, plutôt des bonnes nouvelles,
00:50plutôt le fait qu'une croissance solide aux États-Unis.
00:54Donc plutôt des bonnes nouvelles de ce côté-là.
00:56Et on voit une voile implicite sur les taux qui finalement ne bondit pas.
00:59Donc les niveaux sont importants, mais la vitesse d'ajustement est aussi importante.
01:02Donc c'est finalement assez logique que dans ce contexte-là, ça ne fasse pas trop peur.
01:06Et puis il ne faut pas oublier non plus les rumeurs persistantes de négociations, d'accords,
01:10et qui font que le marché a quand même globalement persuadé qu'à terme,
01:14on va trouver une solution et que tout ça sera derrière nous à horizon quelques mois.
01:19C'est quand même ça en sous-jacent qui soutient les marchés.
01:20Est-ce que vous êtes de ceux qui pensaient du coup que quand il y a une baisse de marché,
01:23un repli des marchés, ça offre à chaque fois systématiquement un nouveau point d'entrée ?
01:28C'est comme ça que vous voyez les marchés aujourd'hui, dans ce sens-là ?
01:31C'est un jeu qui a fonctionné depuis des mois, des trimestres et des années.
01:36On a des gouvernements qui ont, de manière structurelle, fait marcher la planche à billets
01:41pour éviter tout risque de récession et tout risque social,
01:43tout risque d'explosion du taux de chômage.
01:46Donc, in fine, on a toujours eu des marchés qui ont rebondi finalement assez rapidement
01:50et on voit bien que les creux sont de plus en plus rapides.
01:53Libération Day, ça avait duré quelques semaines.
01:55Là, ça a duré encore moins de temps sur la crise à Hormuz.
02:00Et on a quand même en sous-jacent cette toile de fond d'IA
02:03que personne ne veut loupé avec des résultats qui sont stratosphériques.
02:06Donc oui, jusqu'ici, ça marche.
02:08Maintenant, la question qu'il faut se poser, c'est est-ce que demain,
02:11la réponse budgétaire sera toujours la même ?
02:13Est-ce qu'on aura toujours l'attitude de faire des dépenses aussi fortes
02:17pour protéger la conjoncture ?
02:19Ça, c'est moins clair.
02:21Alors, depuis le début de l'année, entre les différentes dynamiques macroéconomiques,
02:25les effets de change, les effets de taux,
02:27on est passé de tentations de rotation géographique qui ont beaucoup varié.
02:34Du coup, à ce moment-là du cycle et à ce moment-là de l'histoire,
02:38est-ce qu'il vaut mieux privilégier Wall Street ou plutôt les actions européennes ?
02:44Alors, il faut pratiquement toujours privilégier Wall Street.
02:47Les phases de surperformance des équities européennes,
02:49elles sont finalement assez rares et assez courtes en durée.
02:53Mais aujourd'hui, je pense qu'entre l'allocation géographique
02:55et l'allocation sectorielle, là où il ne faut pas se tromper,
02:57c'est sur l'allocation thématique.
02:59On voit bien qu'aujourd'hui, investir aux États-Unis ou en Europe,
03:03c'est important, mais il faut surtout investir dans la tech,
03:05investir dans les semi-conducteurs.
03:07Il valait mieux avoir ASML qu'une société de santé américaine.
03:11Donc, ce qui est plus important aujourd'hui,
03:13c'est d'avoir ces thématiques-là en portefeuille,
03:15d'avoir toutes les thématiques qui tournent autour des matières premières,
03:18des métaux industriels, de l'énergie, des matériaux,
03:21parce que c'est ça finalement qui profite le plus de la crise actuelle,
03:25plutôt que de s'entêter sur une répartition géographique
03:29qui finalement n'est pas la plus importante,
03:31si ce n'est d'acheter finalement des répartitions électorielles
03:34très différentes entre les indices.
03:36Et ce que vous dites se vérifie même dans la grande distribution.
03:38Dans quelques minutes, on écoutera un extrait
03:40de l'interview de Pauline Tadevin avec Alexandre Bompard,
03:42le patron de Carrefour,
03:43parce que c'est l'Assemblée Générale de Carrefour aujourd'hui.
03:45Il se trouve que depuis le début de l'année,
03:47le titre Carrefour gagne 20%,
03:48alors que Walmart ne gagne que 8%.
03:50Il y a vraiment depuis le début de l'année la revanche discrète,
03:53mais la vraie revanche d'un certain nombre de secteurs
03:56et de valeurs européennes face à Wall Street.
03:58Il n'empêche que la croissance européenne
04:00est quand même bien moindre que la croissance américaine en ce moment.
04:02On a eu hier les PMI de la zone euro qui se dégradent à nouveau,
04:06surtout le PMI français.
04:06D'ailleurs, le PMI des services en France
04:07était un plus bas depuis la crise Covid quand même,
04:09ce n'est pas rien.
04:10Et Bruxelles a baissé sa prévision de croissance.
04:12Est-ce que ça, ça ne vous rend pas,
04:13même si vous dites que la location géographique,
04:14ce n'est pas le plus important,
04:15est-ce que ça ne vous rend pas un peu plus timoré ou prudent
04:17sur le potentiel européen que sur Wall Street pour le coup ?
04:22Forcément un peu.
04:24In fine, les bénéfices des entreprises
04:26dépendent des marges,
04:27dépendent de la croissance nominale de la zone
04:29en fonction de là où on fait son chiffre d'affaires
04:31et la croissance nominale européenne,
04:33elle est inférieure à la croissance nominale américaine.
04:35Donc évidemment que ça rend quand même
04:37un peu plus prudent en Europe.
04:40Globalement, la macro rend très prudent sur l'Europe.
04:44On a aujourd'hui des indicateurs avancés
04:46qui nous disent que la croissance
04:48va être plus basse qu'attendue.
04:50Bizarrement, la Commission européenne n'a pas bougé
04:52des prévisions quasiment pas à 0,8 sur l'année,
04:54ce qui paraît quand même encore assez élevé.
04:57Donc oui, sur l'Europe, on est en danger sur le côté croissance.
05:01Surtout que pour le moment,
05:01on a des réponses budgétaires qui sont très très faibles.
05:04À dessein, il y a sans doute à raison,
05:06parce qu'on ne peut pas se permettre
05:07un endettement supplémentaire,
05:09et on ne peut pas non plus subventionner
05:11la demande ad vitam aeternam.
05:12Mais il n'empêche qu'aujourd'hui,
05:14on a un impuls budgétaire européen qui est très très faible,
05:16mis à part en Espagne, il est quasiment de zéro.
05:18Et donc, on a un risque sur la continuité européenne
05:21qui est très clair.
05:22On l'a vu sur les PMI,
05:23les composants d'emploi sont très mauvaises,
05:24les composants de services sont très mauvaises,
05:26les composants de prix sont très très mauvaises.
05:28Oui, c'est clairement mal orienté en Europe.
05:30Bon, on va suivre tout ça, bien évidemment.
05:31Aujourd'hui, Wall Street est en hausse comme l'Europe.
05:33Pas de jaloux, une hausse de 0,6% sur le CAC.
05:36Sur le S&P 500, en revanche, l'Eurostock 50
05:38fait un peu mieux, lui.
05:38Il gagne 1,1% l'Eurostock 50.
05:40À 17h tout à l'heure,
05:42si vous êtes connecté et branché à BFM Business,
05:45vous ne serez pas déçus.
05:46Je vous le jure, on suivra en direct,
05:48depuis la Maison-Blanche,
05:49la prestation de serment de Kevin Walsh,
05:52le nouveau président de la réserve fédérale américaine.
05:54François, il faudra connecter tout à l'heure à 17h
05:55pour suivre sa prestation de serment à la Maison-Blanche.
05:58C'est tout le symbole.
05:59Ce sera la première fois depuis 1987
06:01qu'un nouveau président de la Fed
06:02prête serment à la Maison-Blanche, dites donc.
06:05Bonne chance à lui.
06:06Donald Trump sera présent en plus,
06:08il sera à ses côtés.
06:09Rendez-vous à suivre donc tout à l'heure
06:10dans l'émission au cœur de BFM Bourse,
06:12puis en replay bien sûr tout au long du week-end
06:14si vous voulez animer votre long week-end de Pentecôte.
06:16Merci François de nous avoir accompagné.
06:18Crédit Mutuel Asset Management.
06:19Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations