Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Ce lundi 9 mars, Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, s'est penché sur le portefeuille BFM Responsable et la place des valeurs "énergies renouvelables" face à la montée du prix du pétrole, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Alors quand le pétrole flambe, quand le pétrole devient moins attractif, les portefeuilles USG en profitent-ils ?
00:10Notre portefeuille BFM responsable justement se présente à vous, c'est chaque lundi et l'un de nos trois co
00:14-gérants nous rejoint.
00:15Il vient de nous retrouver, Frédéric Rosier, Mirabeau. Bonjour Frédéric.
00:18Bonjour messieurs.
00:18Est-ce que notre portefeuille BFM responsable profite entre guillemets de la mauvaise pub faite au pétrole avec cette flambée
00:24des cours en ce moment ?
00:25Non parce que c'est une des composantes mais ce n'est pas la plus grosse composante du portefeuille.
00:31Vous avez parlé de ça mais il y a eu des flux globalement qui se sont taris en Europe et
00:35le marché européen a sous-performé les autres marchés.
00:39C'est un réflexe quasiment plavolien qu'on a sur le marché, c'est-à-dire que dès qu'il
00:42y a un conflit, naturellement on revient à la maison, au bercail, on se protège.
00:47Et les flux US ont eu tendance à repartir aux US avec cet effet de dollars aussi positif et donc
00:53les marchés européens n'avaient plus de jus.
00:55Et on a eu des valeurs qui ont énormément progressé puisque la semaine précédente, je vous rappelle qu'on avait
00:58fait une semaine exceptionnelle.
01:00Et on s'aperçoit quand même dans le mouvement que ce sont surtout les gagnants qui ont le plus souffert.
01:05Et à l'inverse, c'est des perdants, récents perdants qui ont plutôt bien tenu.
01:09À l'image par exemple notamment des techs et logiciels qui ont eu tendance à rebondir dans des marchés en
01:14extrême souffrance.
01:15Oui, et comme on l'a vu en global sur le marché parisien, on a vu les solid techs et
01:19les performances, bref les losers du marché, bien résister la semaine dernière.
01:22Oui, des SAP qui ont rebondi, des choses comme ça, qui étaient assez étonnantes, ou d'assosystèmes aussi.
01:27Donc voilà, on a eu un phénomène de j'achète les casseroles quelque part, à bon compte, et je vends
01:33là où j'ai du profit pour ne pas perdre ces fameux profits.
01:37Oui, drill, baby drill ou pas, c'est maintenant qu'ils vont fourrer davantage les Américains ? Un baril à
01:41100 dollars, ça devient rentable, Frédéric ?
01:43Alors, je vais essayer d'être poli sur l'histoire.
01:48Je peux faire un peu d'histoire parce qu'on va faire du Steinbeck un peu sur du pétrole en
01:531940, raison de la colère.
01:56Donc en gros, qu'est-ce qui s'est passé ? C'est que le pétrole américain, vous savez, Texan,
02:01il a commencé à se tarer.
02:02Et les Américains ont reformaté finalement leur capacité de raffinage, pour finalement aujourd'hui raffiner essentiellement du pétrole avec des
02:12taux d'API de viscosité relativement fort.
02:14C'est pour ça que le Venezuela est intéressant pour les États-Unis.
02:18Donc ils importent maintenant du pétrole lourd. Pourquoi ? Parce que leur raffinerie, parce qu'ils se pensaient aussi à
02:23la fin du pétrole, avant l'arrivée du gaz de schiste,
02:25ils ont créé des raffineries et investi des centaines de milliards de dollars pour créer des raffineries avec un taux
02:31de pétrole lourd de 70% et 30% de pétrole léger.
02:35Donc ce qui se passe aujourd'hui, c'est que vous avez explosé en termes de production du gaz de
02:39schiste, mais ce gaz de schiste, ils ne peuvent pas le raffiner.
02:42Ils n'ont pas les moyens. Donc ils sont obligés de l'exporter.
02:45Trop léger ?
02:46Trop léger. Donc ils utilisent une partie.
02:48Donc si vous commencez à dire, je raffine derrière, je produis du gaz de schiste, parce qu'effectivement, c'est
02:55un coût de production,
02:56c'est autour de 60 dollars, ça devient intéressant de le faire à 100 dollars.
02:59Mais la vérité, c'est différent, c'est que vous ne pouvez pas le raffiner en interne.
03:02Donc vous êtes obligés de l'exporter.
03:04C'est ça la réalité du marché américain.
03:06Il y a trois zones de stockage, dans le cas des zones où on stocke le pétrole,
03:12où il arrive notamment d'Amérique latine et du sable bitumineux du Canada.
03:17Et là, vous le raffinez à 70-30, l'excédent, vous êtes obligés de l'exporter.
03:23Donc si vous dites, j'arrête les exportations, le phénomène qui va être immédiat,
03:29c'est que le prix du pétrole du WTI va avoir tendance à baisser.
03:32Vous allez commencer à mettre une pression, notamment pour ceux qui font la prospection aux États-Unis,
03:38mais vous n'allez absolument pas améliorer la situation de l'output du sortant des raffineries.
03:43Oui, parce qu'on se dit, Donald Trump pourrait être tenté.
03:45C'est vrai, les cours du pétrole flambent, du fait d'une guerre qu'il a lui-même lancée.
03:49Ça ne va pas faire plaisir aux consommateurs américains.
03:51Il y a des mid-termes dans quelques mois.
03:52On pourrait se dire, il pourrait décider de réserver le pétrole produit aux États-Unis
03:55aux seuls Américains pour limiter les prix à la pente.
03:57Mais ce n'est pas le raffiner. Il n'a pas les raffineries pour le faire.
03:59Il peut l'utiliser en partie, mais pas en totalité.
04:01Donc l'excédent, il ne va pas le stocker.
04:04Alors les stocks stratégiques, on a eu les chiffres il y a quelque temps,
04:07les Américains peuvent stocker à peu près 800 millions de barils.
04:11Bonso modo, on est à 400 et quelques millions de barils.
04:13C'est étonnant, d'ailleurs, ils ont lancé un conflit alors qu'ils n'ont pas reconstitué les stocks au
04:16maximum,
04:17qu'on avait pu le voir dans les événements précédents.
04:20Mais vous voyez, on a ce déséquilibre qui fait que la marge de manœuvre pour Donald Trump sur le pétrole
04:25est extrêmement limitée, sans avoir un impact même négatif s'il venait à bloquer les exportations.
04:31On voit qu'en plus, le stockage, c'est un problème qui est aussi prégnant au Moyen-Orient,
04:35puisqu'il y a énormément de pays producteurs qui sont complètement bloqués.
04:38Ils sont obligés de suspendre la production parce qu'ils ne peuvent plus stocker.
04:41Il n'y a plus d'espace et ils ne peuvent plus exporter parce qu'Hormuz est fermé.
04:44Attention, producteurs et raffineurs, c'est différent.
04:46Il y a des pays, on le sait, en Colombie, il y a des fois des problèmes de production,
04:51alors que c'est des pays extrêmement forts en termes de production.
04:55De production et d'autres qui sont pro au niveau du raffinage.
04:59L'impact sur le portefeuille...
05:01Parlons du portefeuille responsable, tout de même.
05:03Il va y avoir un impact évident, même si, on l'espère, la flambée sera de très courte durée du
05:11pétrole.
05:11Quels seront les secteurs et les valeurs les plus impactées et celles justement qui pourront faire office de valeur revenue
05:17?
05:17Je vais essayer de faire un travail de trois groupes.
05:20Le premier, c'est le prix de l'énergie et la défense qui montent.
05:24Donc la défense, on a sa fronte.
05:26Le prix de l'énergie, c'est tous ceux qui sont propres à l'efficience énergétique.
05:29Donc on a Eaton, Spie et Siemens, par exemple, qui sont concernés.
05:34On pourrait aussi, on parlait de stagflation, des taux d'intérêt qui ont tendance à remonter.
05:39Donc plutôt favorable au secteur financier, notamment de l'assurance.
05:42C'est ce qu'on appelle le float chez les assureurs, qui bénéficieraient globalement à ce secteur.
05:46En neutralité, on a du Sanofi.
05:48Voilà, on est en dehors de ces thématiques-là.
05:51Le pricing power qui est présent pour des Air Liquide ou Veolia, parce que c'est des contrats à long
05:55terme,
05:55même si on a un impact négatif d'une hausse des taux d'intérêt.
05:58Après, les SAP et Capgemini, parce que là, on a fait le travail de souffrance.
06:03Par contre, tout ce qui est consommation discrétionnaire, là, effectivement, parce qu'il y a de l'arbitrage.
06:08Le prix à la pompe augmente, vous consommez moins.
06:11Donc des L'Oréal, des Montclair, par exemple, dans le portefeuille.
06:14Et le paradoxe que j'appelle le paradoxe de l'énergie renouvelable,
06:17c'est que comme ce sont des entreprises extrêmement endettées, la plupart du temps fortement endettées,
06:21comme on est dans un scénario où les taux d'intérêt pourraient avoir tendance à remonter,
06:24ça impacte négativement. Donc ce que vous gagnez derrière sur le prix de l'énergie,
06:28vous le perdez derrière par le coût de l'endettement qui augmente.
06:31Donc c'est le cas notamment d'Enel, par exemple, dans le portefeuille.
06:34Autre cas également, on a Vonovia, c'est l'immobilier, aussi impact négatif si les taux venaient à remonter.
06:39Donc vous voyez, il y a plein de choses qui se mettent en place.
06:42Mais globalement, quand je regarde les gagnants et les perdants,
06:45ça fait quand même un portefeuille globalement bien équilibré.
06:48Plutôt pas mal équilibré pour affronter, au contraire, les imprévus, les aléas.
06:52Mais en plus, on voit les effets dominos de ce conflit.
06:54Par exemple, on parle tout le temps de pétrole et gaz, bien sûr,
06:56mais il y a d'autres matières premières impactées.
06:58Exemple, les engrais. Plusieurs institutions agricoles disent, attention,
07:01disent, attention, attention, cette année, on pourrait avoir de moindres récoltes
07:04dans plein de régions du monde parce que 30% des engrais dans le monde,
07:0830% transitent par le détroit d'Hormuz et donc leurs prix, leurs cours vont flamber
07:11et ils vont manquer en plus.
07:12Et le cuivre. Parce qu'il y a un procédé qui s'appelle la lixiviation hydrométallurgique.
07:17En gros, notamment en Afrique, vous utilisez des dérivés soufrés derrière
07:21pour sortir le cuivre. D'accord ? C'est le cas notamment dans des pays
07:27africains, du Congo et autres. Et ça, c'est effectivement quand vous avez
07:31la hausse du soufre ou la capacité à recevoir du soufre,
07:34vous n'êtes plus en capacité de produire du cuivre.
07:36Parce que là aussi, 50% du soufre transporté par un maritime,
07:3950% passe par ce détroit d'Hormuz. C'est vraiment dingue ?
07:42Oui, parce que le soufre est une dérivée du raffinage,
07:46de ce qu'on appelle du craquage des molécules de carbone
07:48lorsqu'on fait du raffinage de pétrole.
07:50Donc là, vous avez cette problématique derrière
07:51de sous-produits qui sont effectivement
07:53des produits sulfurés comme le soufre.
07:56Vous comptez la chimie, le plastique,
07:58la plasturgie.
07:59Oui, 15% des plastiques mondiaux sont produits
08:01dans cette région et passent par le détroit d'Hormuz.
08:04Parce que ce sont des dérivés pétroliers, tout simplement.
08:06Oui, c'est ça. Et le soufre aussi, dont on a besoin
08:08pour extraire le cuivre dans un certain nombre de fruits.
08:09Entre autres.
08:10Donc attention, le prix du cuivre aussi à suivre.
08:12Ça va vite, les effets dominants.
08:14C'est du billage à 18 membres.
08:15Oui, c'est fou.
08:16C'est vraiment la moelle épinière quand même
08:20de l'énergie et de l'approvisionnement mondial.
08:21Ce qui est fou, c'est qu'on savait que ça allait arriver
08:23parce que depuis 1986, les Iraniens bloquent le détroit d'Hormuz,
08:26en tout cas régulièrement.
08:27C'est qu'on n'ait pas trouvé des moyens
08:29de dérivation quelque part de ce pétrole.
08:33C'est ce qui est fou.
08:34En fait, c'est un expert la semaine dernière qui nous disait
08:36l'essentiel du pétrole dans la région du Golfe
08:38est produite justement le long du Golfe.
08:40Par exemple, en Arabie Saoudite, sur la côte Est,
08:42pour basculer ce pétrole vers la côte Ouest,
08:44vers la mer Rouge, il faut traverser tout le désert.
08:46Un gros pipeline.
08:48Et le pipeline, vous l'attaquez avec un drone très facilement.
08:49C'est quoi le projet de 2000 kilomètres
08:51qu'on avait, le The Line ?
08:52Ils sont capables, ils avaient quand même un projet
08:54de faire une ville de 2000 kilomètres.
08:56Ils sont quand même a priori capables
08:57de faire un pipeline qui coûte un peu moins cher
09:00le long de la péninsule arabique.
09:02Il y en a un apparemment, mais il n'est pas assez gros.
09:04Il faudra en faire d'autres.
09:04Et c'est facilement attaquable.
09:06Un petit drone suffit à tuer un pipeline.
09:08On peut le mettre sous le sable.
09:11Ah oui.
09:11C'est Frédéric Crozier.
09:12Et c'est Bonnes Idées régulièrement, Frédéric.
09:15Pour Mirabeau régulièrement à nos côtés,
09:16ce portefeuille BFM responsable
09:18à retrouver sur notre application BFM Business.
09:20Merci Frédéric d'être passé.
Commentaires

Recommandations