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  • il y a 4 heures
Ce mercredi 15 avril, Karl Pettersen, managing director chez Scope Group, s'est penché sur les risques sur les marchés avec le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, ainsi que les risques liés au carburant avec le blocus, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Carl Petersen est avec nous pour Scope Group, vous suivez tout ça avec vos équipes.
00:04Carl, on en est où sur l'échelle des risques aujourd'hui en bourse ?
00:07Aujourd'hui les risques s'amplifient, clairement.
00:10Et ce qu'on observe c'est que ce ne sont pas seulement les entreprises qui sont sous pression,
00:16mais toutes ces questions de pricing, etc. dont on vient de discuter,
00:20pour moi c'est symptomatique du fait que les structures de marché sont sous pression, aujourd'hui aussi.
00:25Et d'ailleurs les prix du pétrole en sont l'exemple parfait.
00:29Donc les prix de référence aujourd'hui aussi autour de 100 dollars le baril,
00:34mais les prix physiques atteignent déjà 150 dollars aujourd'hui.
00:38Un delta historique et bon nombre d'analystes et d'économistes,
00:43eux, voient le véritable prix du risque comme étant encore bien au-delà de ça.
00:48Oui, c'est cette divergence que vous venez de décrire qui vous interpelle.
00:52Tout à fait.
00:53Et pour moi cette divergence veut dire que le marché a du mal à presser les risques.
00:58Donc on parlait un peu du pétrole, quand on regarde le kérosène par exemple,
01:03nos recherches indiquent explicitement que le risque du kérosène est sous-évalué aujourd'hui.
01:07Et la raison pour cela, c'est qu'on voit simultanément des changements dans l'offre et la demande,
01:13donc sur les marchés financiers, mais aussi des changements physiques massifs dans l'infrastructure globale.
01:20Donc aujourd'hui, si je suis par exemple à une compagnie aérienne,
01:24je peux rapidement me poser la question de savoir s'il y a assez de carburant à l'aéroport de
01:28destination
01:29pour que mes avions puissent revenir.
01:31Donc on va très rapidement au-delà des questions auxquelles les marchés financiers ont l'habitude de répondre.
01:37Oui, mais la mesure du risque, elle va au-delà des simples cours de l'énergie.
01:42Il y a plein d'autres facteurs à prendre.
01:43Oui, tout à fait. Parce que les risques physiques s'étendent partout.
01:48Donc prenons l'exemple de Christine Lagarde, présidente de l'ABCE,
01:52qui a récemment évoqué les risques pesant sur l'approvisionnement de l'hélium via le détroit d'Hormuz.
01:59L'hélium, ressource essentielle pour la fabrication mondiale des puces électroniques,
02:04donc les investissements en IA.
02:06Et même dans cet écosystème, sachons que le pétrodollar
02:10est toujours une source très importante de capital pour les marchés de financement à échelle mondiale,
02:17donc pour tous ces investissements en IA.
02:20Donc ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que tous ces canaux de transmission
02:24sont en train d'arriver au grand jour,
02:26et les marchés ont beaucoup de mal à presser tout ça.
02:28Et je pense qu'une manière un peu élégante d'y réfléchir,
02:31c'est de dire que tous ces marchés physiques, en fait,
02:36sont l'hypothèse sur laquelle toute l'architecture des marchés financiers a été construite.
02:40Donc tout est en train de changer en même temps.
02:42Alors tout est dans un univers totalement mondialisé,
02:45mais est-ce qu'il y a des choses qui nous permettraient, en Europe et singulièrement en France,
02:50d'être un petit peu isolés d'un certain nombre de risques, on va dire ?
02:53Oui, alors si on regarde l'Europe, et si on fait la comparaison aux Etats-Unis,
03:01et qu'on regarde ça d'un point de vue physique et financier,
03:04donc l'Europe est plus exposée sur les risques physiques,
03:08et moins exposée sur les risques financiers.
03:10En partie parce que le marché est plus fragmenté.
03:13Donc cela veut dire que les risques structurels qu'on voit aujourd'hui
03:17peuvent durer plus longtemps en Europe,
03:19les corrections financières peuvent être moins sévères,
03:22mais en même temps, les marchés peuvent rebondir plus lentement.
03:26Et c'est pour ça qu'on n'arrête pas de parler des mêmes secteurs,
03:28de l'automobile, de la chimie,
03:30qui sont très vulnérables à ce genre de phénomène.
03:34Et au-delà de ça, à mesure que les risques s'intensifient,
03:38on va avoir des nouveaux canaux de transmission à paraître.
03:41Donc des canaux de transmission qui peuvent être du deuxième ordre, du troisième ordre,
03:44donc par exemple des changements dans la demande,
03:47des problèmes de prix ou d'approvisionnement sur les matières intermédiaires,
03:51des corrections de valeurs boursières ou même des taux d'intérêt plus élevés.
03:54Et à ce moment-là, on voit d'autres secteurs,
03:57comme on peut dire l'alimentation, la santé ou l'immobilier,
04:02qui deviendraient plus vulnérables.
04:04Comme principaux canaux de transmission.
04:06Mais c'est classique, l'Europe moins violemment affectée,
04:09mais potentiellement plus durablement.
04:10Voilà.
04:11C'est très français aussi ce que vous dites là.
04:14En pleine crise mondiale, la France moins affectée que les autres,
04:17mais ensuite a plus de mal à se relever,
04:19et le réveil est moins généreux qu'ailleurs aussi.
04:21C'est plus lent quoi.
04:23Comment vous voyez la France dans l'échelle des risques actuels,
04:25à l'échelle au niveau mondial ?
04:26Alors la France, prenons l'échelle européenne.
04:29Je pense que la France n'est pas épargnée de tous ces phénomènes.
04:35Mais par contre, toutes ces courbes de tendance
04:38devraient être moins irrégulières en France
04:40que par exemple dans la périphérie européenne.
04:43Car la France reste une économie importante, diversifiée.
04:48Bon nombre de ses effets devraient être plus atténués.
04:53Mais je pense que le plus important dans tout ça aussi,
04:55c'est que nous sommes dans un moment dans le temps
04:58où on ne doit pas se contenter de regarder les prix des marchés.
05:04En fait, il faut pouvoir comprendre la réalité physique sous-jacente
05:07qui nous dira à ce moment-là comment se propage le risque
05:10et donc comment il se propage dans les valeurs financières.
05:13Et la France a des poches de résilience et de vulnérabilité
05:17diversifiées dans le pays
05:18qui sauront sans doute trouver un équilibre
05:21que d'autres pays auront plus de mal à trouver.
05:23Si paix il y a, les cours du pétrole reculeront-ils ?
05:27Est-ce que ces risques que vous venez de décrire dans leur architecture
05:29s'apaiseront ou pas ?
05:30On posait aussi la question à Léa Daufaste,
05:32elle était dans l'écho du monde à 16h15 tout à l'heure.
05:34Si paix il y a, est-ce que les cours du pétrole se détendront ?
05:36Ou pas forcément ?
05:37Selon elle, pas forcément.
05:39On pourrait rester proche des 100 dollars.
05:40Elle nous a expliqué pourquoi.
05:41C'était donc dans l'écho du monde à retrouver en podcast et replay.
05:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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