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  • il y a 2 jours
Ce lundi 13 avril, Hortense Lacroix, gérant actions chez Montpensier Arbevel, s'est penchée sur les marchés optimistes face au coût du choc énergétique, le cours du pétrole en hausse avec le blocus du détroit d'Ormuz, et la bourse de Budapest après la défaite de Viktor Orban, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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00:0015h44, elle nous rejoint, Hortense Lacroix, bonjour Hortense, gérante d'action pour Montpensier Arbeuvel.
00:06Face à tous ces enjeux, vous allez maintenant rendre votre verdict, ce moment qu'on va vivre ensemble, ce verdict
00:10que vous allez prononcer.
00:11Est-ce que vous l'assumez ?
00:12Je l'assume.
00:13On vous écoute.
00:15J'estime et je l'assume que le choc énergétique actuel est très différent de la crise énergétique de 2022.
00:22Néanmoins, le marché semble considérablement sous-estimé.
00:26Ah ! Le marché, il a un peu corrigé depuis le début de la guerre en Iran, mais vous estimez
00:31qu'il sous-estime encore l'impact de ce qui se passe sur le front énergétique.
00:35Les indices sont encore au-dessus de là où ils étaient il y a six mois.
00:38Donc on est encore sur un marché qui reste très optimiste, en dépit d'un choc qui est considéré comme
00:47tout à fait temporaire par un grand nombre d'acteurs économiques.
00:51Alors, si je reviens un petit peu sur les trois différences, d'après moi, essentielles par rapport au choc de
00:552022.
00:56Donc en 2022, c'était avant tout une crise gazière, puisqu'il s'agissait de l'Europe qui avait décidé
01:02d'arrêter les flux de gaz russes.
01:06Donc quelque part, l'Europe, par sanction de l'invasion de l'Ukraine, s'est auto-punie, avec une conséquence
01:14très importante sur les prix du gaz.
01:15On était à l'époque 340, je crois, on est à 60 aujourd'hui, donc les prix du gaz sont
01:20très très peu montés par rapport à ce qu'ils étaient.
01:23Or, on sait que les prix du gaz déterminent directement les prix de l'électricité en Europe.
01:27Donc, premier point, c'est avant tout aujourd'hui un choc pétrolier et non pas un choc gazier comme en
01:332022.
01:35Deuxième point, et je pense que c'est le plus important, quand on regarde qui sont les acteurs les plus
01:39touchés, les zones les plus touchées,
01:40on avait vraiment l'Europe épicentre de la crise en 2022.
01:44On a désormais, dans le choc actuel, la Chine, qui est la plus concernée, si on regarde un petit peu
01:50les flux,
01:50et qu'on voit que 80% des flux du détroit d'Hormuz sont à destination de l'Asie du
01:56Sud-Est et en grande partie en destination de la Chine.
01:58C'est très important, puisqu'en fait, c'est un fait qui m'a été remonté par une société de
02:04chimie,
02:05parce que les rapports de compétitivité entre Europe et Chine dans certains secteurs seront considérablement modifiés.
02:12Alors qu'en 2022, la Chine a tiré son avantage d'une Europe qui était non compétitive.
02:18Je prends un exemple, on se souvient que les secteurs de l'engrais, par exemple, avaient dû fermer massivement en
02:23Europe.
02:24Le secteur de la chimie avait fermé énormément de capacités.
02:27Peut-être que cette fois-ci, modulo le fait que la Chine a trois mois de stock stratégique,
02:32une fois ses stocks consommés, peut-être que le rapport concurrentiel sera cette fois-ci un peu plus à armes
02:38égales entre Chine et Europe.
02:40Troisième point peut-être de différence, on part d'une situation, malheureusement cette fois-ci, c'est une comparaison négative.
02:46On part d'une situation macroéconomique qui est beaucoup moins positive,
02:52puisque, souvenez-vous, en 2022, on sortait du rattrapage Covid.
02:55On pouvait absorber les hausses de prix à l'époque.
02:57Exactement. On avait des taux négatifs encore.
03:00On avait des déficits budgétaires qui étaient de l'ordre de, je crois, 3,5 en 2021 et encore 2
03:06,5 en 2022.
03:07Donc on avait finalement relance budgétaire et monétaire pour aider quand même à absorber ce choc.
03:11Donc on vient là d'une croissance, on part d'une situation de croissance très très molle,
03:16d'États très endettés, de taux qui sont déjà tendus et on a vu qu'ils continuent de se tendre
03:21sur la partie 10 ans actuellement.
03:23Donc beaucoup moins de marge de manœuvre pour gérer cette crise.
03:26Oui, alors justement, Georgia Méloni, la présidente du Conseil italien,
03:30sa nouvelle idée, c'est de suspendre, demander à l'Europe de suspendre la règle des 3% de déficit
03:35compte tenu des enjeux liés à la guerre et des besoins de riposte budgétaire face à cette guerre et ses
03:39impacts.
03:40Est-ce qu'il faut effectivement suspendre la règle des 3% d'après vous ?
03:42Le problème, c'est que l'Europe n'est pas le seul juge.
03:44Les marchés sont les juges puisque c'est eux qui prêtent l'argent.
03:47Donc ça me paraît un petit jeu dangereux.
03:48Mais ce n'est pas la première fois qu'on essaie de le jouer.
03:50La France n'était pas la dernière à essayer de le jouer également.
03:54Donc les règles européennes étaient là pour asseoir une crédibilité.
03:57Effectivement, il y a déjà eu beaucoup d'entorses qui ont été faites.
04:00On part d'une situation qui est considérablement dégradée.
04:02Si on se souvient, dans mes années étudiantes, on nous parlait des 60% maximum de dettes sur PIB.
04:07On a quand même largement dépassé cette limite.
04:09Donc c'est effectivement un jeu qui me paraît dangereux sur des taux qui, encore une fois, sont très tendus
04:14en ce moment.
04:14Bon, en parlant de jeux dangereux, c'est dans maintenant 12 minutes que le blocus américain sur les navires liés
04:18à l'Iran,
04:19dans le détroit d'Hormuz, que ce blocus doit s'engager, doit se déclencher.
04:22C'est bras de fer sur un bras de mer.
04:24Mais vraiment énorme bras de fer.
04:25Mais oui, on est en plein dedans.
04:27Est-ce que vous vous préparez à ce que tout cela dure finalement ?
04:29Est-ce qu'au contraire, ou est-ce qu'au contraire, en tentant d'asphyxier l'économie iranienne,
04:33finalement le choix du blocus américain, même si à court terme il peut paraître contre-productif,
04:37finalement permettra d'aller plus vite vers la résolution du conflit ?
04:40Je voudrais bien pouvoir vous répondre, parce que je pense que c'est vraiment la question que tout le monde
04:44se pose actuellement.
04:45Le marché a l'air de considérer encore que c'est un choc temporaire et que c'est un bras
04:49de fer
04:50qui va déboucher sur une libération du détroit d'Hormuz,
04:56même si le consensus est que le prix du pétrole ne reviendra pas au niveau pré-crise.
05:03Il est difficile de penser qu'on ne va pas au moins avoir les stigmates,
05:07même si le détroit ouvrait à la fin de la semaine,
05:09ce qui est un scénario, je pense, qui semble relativement optimiste.
05:13On a quand même une inertie de cette crise qui est assez importante,
05:16puisqu'on aura consommé des stocks stratégiques qu'il faudra reconstituer.
05:20On aura quand même un petit début d'inflation qui est parti,
05:23puisque quand on rencontre les entreprises, elles vous disent toutes qu'elles ont maintenant,
05:26il n'y a pas de problème, puisqu'elles ont des contrats qui sont indexés.
05:28Alors du coup, l'effet boule de neige est quand même assez rapide.
05:32Cette hausse du prix de l'énergie se répercute à beaucoup de secteurs d'activité.
05:35Pour l'instant, on ne nous a pas tellement parlé de problèmes d'approvisionnement sur les chaînes de valeur.
05:41Si à la fin de la semaine, on a terminé, sans doute qu'il n'y aura pas de problème
05:44massif de ce point de vue-là.
05:45Si c'est plus durable, effectivement, on va commencer à avoir ces problèmes de rupture d'approvisionnement.
05:51Alors sur le terrain des fondamentaux, or, agitation géopolitique, géostratégique, énergie, etc.
05:57Et quand même, les fondamentaux, c'est les résultats d'entreprises qui commencent à tomber.
06:01Selon vous, est-ce qu'il y a des secteurs qui sont susceptibles de quand même bien résister à ce
06:05qui se passe,
06:06ou au moins de faire état de perspectives peut-être un petit peu porteuses ?
06:11Les secteurs qui ont des perspectives porteuses, c'est très malheureux,
06:14mais c'est l'énergie et c'est la défense.
06:17Cela étant dit, je pense qu'aussi le secteur financier,
06:20on discutait des publications des banques américaines tout à l'heure,
06:24secteur financier pour avoir un très bon trimestre,
06:27étant donné que finalement, le trading, l'action devrait s'être bien porté,
06:30avec des volumes assez importants.
06:33Les taux sont remontés, finalement, ça arrange le secteur bancaire,
06:37donc ça pourrait être aussi un secteur intéressant.
06:39Et après, ceux sur lesquels on va se réfugier en général quand il y a une crise comme ça,
06:44donc tout ce qui est consommation alimentaire, télécom, santé,
06:52ne jouent pas tellement leur rôle pour l'instant,
06:54parce qu'on a des chocs qui sont relativement homogènes en secteur,
06:58mis à part la défense et l'énergie dont on parlait.
07:03La santé a vraiment du mal à partir,
07:06bien qu'on soit toujours très positif sur ces secteurs,
07:08et la consommation alimentaire n'a pas fait tellement figure d'exception.
07:13Les télécoms sont quand même relativement chers,
07:15ont déjà bien performé en début d'année.
07:17Donc on ne distingue pas énormément de secteurs dans cette baisse,
07:22dans ces mouvements de montagne russe, c'est plutôt ça.
07:25Oui, et donc aucun secteur ne vous attire particulièrement aujourd'hui ?
07:28Si, c'est les deux thématiques qui nous attirent.
07:30Pétrole et défense.
07:30Oui, énergie, défense.
07:32C'est malheureux, mais effectivement, on resserre la concentration.
07:37Oui, tiens, d'après certaines agences,
07:40l'Iran serait en train de mettre de l'eau dans son vin,
07:42on dit ça avec beaucoup de prudence,
07:43mais les officiels iraniens étudient la possibilité d'abandonner l'enrichissement d'uranium,
07:50l'une des conditions posées par les États-Unis pour mettre fin à la guerre.
07:52Donc les officiels iraniens étudient l'abandon de l'enrichissement d'uranium,
07:56croient savoir le New York Post.
07:57On va rester nous très très prudents,
07:58mais ça permet aux indices de limiter peu à peu leurs pertes.
08:01Wall Street est presque dans le vert d'ailleurs,
08:02on ne perd plus que 0,1% sur le S&P,
08:04et le CAC 40, lui, a limité, divisé par deux ces pertes-là,
08:07en à peine une demi-heure,
08:08on ne perd plus que 0,47% en ce moment à la Bourse de Paris.
08:11Et alors à Budapest, c'est la fête,
08:13la Bourse de Budapest, Hortense,
08:15plus 3,5% après la défaite hier aux législatives de Viktor Orban.
08:21C'est quoi ?
08:21C'est l'espoir d'une plus grande intégration hongroise à l'Europe désormais,
08:25que le marché achète ?
08:26C'est quand même un bel espoir,
08:27parce qu'effectivement, dans ces difficultés du bloc économique européen,
08:31l'idée qu'ils arrivent à se fédérer un petit peu
08:34et à prendre des décisions qui intègrent ce bloc
08:37est vue comme une porte de sortie intéressante.
08:40Or, on voit sur le plan de la défense,
08:42les négociations sont difficiles entre les pays européens,
08:44on a du mal à s'émanciper des Etats-Unis.
08:47Sur le plan de l'énergie, finalement,
08:49c'était la Hongrie et la Pologne
08:50qui étaient tout le temps les empêcheurs
08:52de quitter le charbon
08:54parce qu'elles avaient un intérêt énorme sur leurs mines de charbon.
08:58sur le plan des politiques de migration,
09:00c'était toujours la Hongrie qui posait problème.
09:04Donc, effectivement, si on est un petit peu plus homogène
09:05avec des gouvernements pro-européens,
09:07on va peut-être réussir à accélérer un peu la construction européenne
09:10dont on a grand besoin.
09:12Donc, un pas peut-être intéressant,
09:14peut-être même l'espoir, certains en rêvent,
09:15d'une entrée de la Hongrie dans la zone euro
09:17parce que la Hongrie ne fait pas partie de la zone euro.
09:19Il en était question quand Victor Robin est arrivé au pouvoir
09:22puis il a dit dès sa prise de fonction,
09:23non, non, on ne va pas embarquer dans le Titanic.
09:26Lui, il voyait l'euro comme un truc qui allait couler, etc.
09:28Donc, on ne va pas embarquer la Hongrie dans le Titanic.
09:30Là, son successeur s'est montré ces derniers mois
09:32plus ouvert à l'intégration dans la zone euro aussi de la Hongrie.
09:35Ce serait tout à fait positif, effectivement.
09:37Budapest, la bourse de Budapest gagne 3,5.
09:39En ce moment, le CAC 40-0,5.
09:41Merci beaucoup Hortense de l'avoir accompagnée.
09:43Merci Guillaume.
09:43Hortense Lacroix, Montpensier, Arbevel.
09:45Merci à tous.
09:45Merci à tous.
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