- il y a 16 heures
Ce mercredi 25 mars, Benjamin Louvet, directeur des gestions matières premières chez OFI INVEST AM, s'est penché sur le plan de paix en 15 jours de Donald Trump pour apaiser la situation de guerre entre l'Iran et les États-Unis, l'autorisation par l'Iran aux navires "non-hostiles" de passer par le détroit d'Ormuz moyennant un règlement de leur cargaison en yuans, l'extrême volatilité du cours du pétrole, ainsi que l'inquiétude sur un risque d'escalade du conflit au Moyen-Orient, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00L'Iran, à l'instant, enfin il y a quelques minutes pour être précis, vient de proposer aux Américains 5
00:05points d'accord potentiel pour un arrêt de la guerre.
00:08Mais alors les points d'accord potentiel sont assez exigeants quand même.
00:11D'abord, premier point, première exigence iranienne, un arrêt complet de l'agression et des assassinats par l'ennemi.
00:18Deuxième exigence iranienne, des garanties complètes qu'il n'y aura plus de guerre sur l'Iran, plus d'attaque
00:23sur l'Iran.
00:24Troisième obligation fixée par les Iraniens et les Américains, des réparations de guerre clairement définies et garanties pour apporter une
00:34forme de compensation financière aux dégâts des bombardements.
00:38Également la fin des hostilités américaines vis-à-vis des proxys dans la région, des proxys de l'Iran dans
00:44la région pour tous les groupes de résistance, disent les Iraniens.
00:47Et enfin, cinquième condition fixée par les Iraniens pour cesser la guerre, des garanties et la reconnaissance internationale de la
00:54pleine souveraineté de l'Iran sur le détroit d'Hormuz.
00:58Voilà, et on sait que l'Iran là commence à faire payer les navires qui passent par ce détroit, qui
01:03transitent par ce détroit et qu'on ne compte sans doute les faire encore payer par la suite.
01:07Voilà les cinq conditions qu'aimait l'Iran pour une paix, en tout cas l'arrêt des hostilités, ça ne
01:13correspond pas tout à fait à ce que proposaient les Américains, on va voir comment les choses évoluent.
01:17Ici tout ça très près, de l'intérieur, il en est l'un des meilleurs spécialistes, la géopolitique de l
01:21'énergie, Benjamin Louvet. Bonjour Benjamin.
01:23Bonjour Guillaume.
01:24Au FI Investaim.
01:25Quand vous regardez, voilà, 15 conditions fixées par les Américains, 5 conditions là en retour proposées par les Iraniens.
01:31Comment vous regardez les choses ? Comment vous sentez l'avenir ?
01:34Là honnêtement, quand on regarde les conditions qui sont posées par les Iraniens, ça relève d'une capitulation, avec surtout
01:42un point très important, c'est le point de la pleine souveraineté des Iraniens sur le détroit d'Hormuz.
01:49C'est quand même le sujet majeur aujourd'hui dans ce conflit, c'est le point fort de l'Iran
01:56dans leur rapport de force avec les Etats-Unis, et donc si Donald Trump devait accepter un tel plan, ça
02:02reviendrait à une capitulation.
02:03Ce qui fait que ce n'est pas possible. Dans une négociation, il faut laisser une porte de sortie honorable
02:08quelque part à celui qui accepte d'aller vers une solution pacifiée.
02:14Et là, je ne vois pas ça dans les cinq points qui sont proposés par l'Iran. Donc je pense
02:18qu'on est encore très loin d'avoir un accord de paix.
02:22Mais la vraie question aujourd'hui, Guillaume, c'est de savoir si Donald Trump mettra sa menace à exécution d
02:28'ici trois jours, puisqu'il s'est donné un peu plus de temps.
02:32Et si tel devait être le cas, là on rentrerait dans une autre phase de la guerre qui serait probablement
02:36plus longue, probablement plus globale, et donc probablement beaucoup plus dévastatrice, et pour la croissance, et qui devrait pousser le
02:44prix du pétrole beaucoup plus haut.
02:45Je rappelle que les Saoudiens ont dit il y a quelques jours, il faut écouter les gens qu'ils connaissent
02:49dans ces situations-là.
02:51Il y a deux personnes qu'on parlait récemment qu'il faut écouter.
02:54Le premier, c'est Fatih Birol, le patron de l'Agence internationale à l'énergie.
02:58L'Agence internationale à l'énergie, c'est cet organisme qui conseille les pays de l'OCDE dans leur politique
03:03énergétique depuis les deux grands chocs pétroliers de 1973 et 1979.
03:06Fatih Birol dit « La crise énergétique que nous connaissons est la plus grande crise énergétique de l'histoire. Elle
03:13est l'équivalent de la crise réunie de 1973 et de 1979. »
03:17Il dit « Je pense que les gens ont compris qu'il se passait quelque chose, mais je ne pense
03:20pas qu'ils aient compris la profondeur et l'ampleur de ce qui est en train de se passer. »
03:25Ça, c'est un premier point.
03:26Le deuxième point, c'est les Saoudiens qui nous disent « Si la guerre n'est pas finie avant fin
03:30avril, le baril de pétrole va à 180 dollars. »
03:34Et là, si on a pu pour l'instant s'accommoder d'un prix du pétrole autour de 100 dollars
03:39pour quelques mois, s'accommoder d'un prix du pétrole à 180 dollars, ça oblige à revoir tous les scénarios
03:45économiques, bien évidemment.
03:46Et on parle du pétrole, mais on doit aussi parler du gaz, on doit aussi parler du NAFTA comme en
03:50parlait votre invité précédent.
03:51On doit aussi parler des fertilisants qui sont d'un énorme problème et qui pourraient préparer une crise alimentaire derrière
03:58les crises énergétiques que nous connaissons.
03:59Donc on est encore très loin de la fin de ce conflit clairement aujourd'hui.
04:02Et puis, parallèlement, il y a le jeu iranien qui, l'Iran, annonce autoriser les navires non hostiles, non ennemis
04:09à passer à franchir ce détroit d'Hormuz.
04:12Alors certains dans les médias disent « Ah, c'est bien, les Iraniens rouvrent le détroit. »
04:15Non, c'était déjà un peu rouvert à ces gens-là.
04:17C'était déjà un peu le cas.
04:17C'est ça, exactement.
04:18Donc les navires non ennemis, en tout cas l'Iran le répète, sont autorisés à passer.
04:22Est-ce que pour l'Iran, c'est une façon de faire diverger encore un peu plus ces intérêts des
04:27BRICS, par exemple, des intérêts américains, européens ou de la Corée du Sud et du Japon ?
04:32Est-ce qu'il y a, à travers le détroit d'Hormuz, une munition, un outil dont est séduisé les
04:35Iraniens pour séparer les BRICS des Occidentaux ?
04:38Mais c'est le gros point fort des Iraniens, avoir réussi cet exploit, j'ai envie de dire, entre guillemets,
04:44de bloquer le détroit d'Hormuz.
04:46Moi, je vous le dis très clairement, je ne pensais pas que c'était possible.
04:51C'était, ça ne s'est jamais fait, même pendant les crises précédentes, même pendant la guerre d'Irak, on
04:57n'avait jamais connu une telle fermeture.
04:59Et aujourd'hui, c'est un énorme point fort.
05:01Et alors, ils le rouvent sous certaines conditions.
05:03D'abord, c'est limité dans le nombre de bateaux, c'est limité dans les personnes qui peuvent passer.
05:08Ça fait l'objet d'un péage, donc ça leur permet de récupérer de l'argent.
05:12Et deuxième chose, ils ont aussi, je crois, imposé que les marchandises qui transitent soient payées en yuan.
05:17C'est aussi un moyen de mettre la pression.
05:19Aujourd'hui, il ne faut pas oublier une chose, c'est que tous ces pays du Golfe, quand ils vendaient
05:22leur pétrole, ils le vendaient en dollars.
05:24Et ils recyclaient ce qu'on appelait ces pétro-dollars en investissant notamment dans la dette américaine.
05:28Il faut savoir que ces gens-là, aujourd'hui, ne vendent plus de pétrole, ne pourront plus recycler cet argent
05:32dans la dette américaine.
05:34Et si, durablement, on fixe le prix du pétrole qui circule par le détroit d'Hormuz en yuan,
05:38eh bien, ça pose aussi un problème sur cet aspect-là.
05:40Sachant en particulier la problématique d'endettement qui est aujourd'hui celle des États-Unis.
05:45Donc, c'est clairement le point majeur de pression dont disposent les Iraniens aujourd'hui.
05:53D'autant plus que Donald Trump n'a trouvé personne pour venir l'aider aujourd'hui à essayer de débloquer
05:58ce détroit,
05:59les pays alliés ayant posé comme condition un cessez-le-feu avant toute intervention dans la zone.
06:04– Sur les réseaux sociaux, je voyais ce poste de Boulébert 13 qui disait tout à l'heure
06:08« L'Iran fait payer un droit de passage sur le détroit d'Hormuz désormais.
06:13Et finalement, il y a des droits de passage aussi dans le canal de Panama, le canal de Suez.
06:16Alors finalement, pourquoi pas, dit-il ? »
06:18C'est pareil ou c'est différent quand même d'un canal ?
06:20– Déjà, il y a une vraie question, c'est que pour l'instant,
06:22la souveraineté sur le détroit d'Hormuz, elle n'est pas reconnue à l'Iran.
06:26Donc, qu'il y ait un péage pour un passage dans une voie maritime, ça peut se concevoir.
06:31Mais la question est de savoir qui touche ce péage, comment il est réparti.
06:34Et aujourd'hui, la situation n'est pas très claire.
06:37Donc, pour moi, c'est quand même très différent de la situation qu'on peut avoir
06:41sur le canal de Panama ou le canal de Suez.
06:42– Et un autre auditeur nous disait, c'était avant-hier pour le coup, Alex02,
06:46il nous avait écrit « Et si demain, les Américains finissaient par remporter cette guerre,
06:50par faire chuter le régime iranien, est-ce qu'on peut imaginer un Donald Trump dire au monde
06:54« Ben voilà, j'ai sécurisé le monde, c'est moi qui ai payé, maintenant vous allez payer,
06:57je mets un péage sur ce détroit et l'argent ira aux États-Unis ? »
07:00Est-ce qu'on peut imaginer ça ?
07:00– Au tenu du caractère du personnage, aller essayer de récupérer l'argent
07:04qu'il aura dépensé pour sécuriser la zone en demandant un péage,
07:07ça me semble tout à fait quelque chose de plausible, oui.
07:09– Bon, le champ des possibles est encore très grand devant nous,
07:13on ne sait absolument pas vers quoi on va, du coup, chacun, malgré tout,
07:16tente de trouver des solutions pour l'avenir, diversifier ses futures sources d'approvisionnement.
07:20Giorgia Meloni, la première ministre italienne aujourd'hui, est à Alger, une visite à Alger.
07:24Demain, les Espagnols, le gouvernement espagnol à son tour sera à Alger.
07:28Le potentiel, il est très important.
07:30Pour l'Europe, il y a vraiment quelque chose à développer davantage en Afrique du Nord
07:33pour nos approvisionnements.
07:34– Il y a clairement un moyen, diversifier ses sources d'approvisionnement est important,
07:38mais il ne faut quand même pas oublier une chose, Guillaume,
07:40c'est qu'il y a deux problèmes différents dans tout ça.
07:43Il y a obtenir la marchandise et avoir des contrats, je dirais, privilégiés
07:50avec certains producteurs peut être un plus,
07:53mais après ce marché reste mondial et donc il y a un prix mondial.
07:56Donc si on a durablement le détroit d'Ambus qui est fermé,
07:59on aura peut-être un accès privilégié, d'ailleurs,
08:01c'est un argument dont Trump s'est servi pour mettre la pression sur les Européens.
08:04Il y a quelques jours, il a dit,
08:06signez l'accord commercial que nous avons conclu tel quel,
08:12ou alors vous perdrez votre accès privilégié au gaz naturel liquéfié américain.
08:16Donc c'est clairement un moyen de pression.
08:19Donc aller chercher des nouvelles routes, oui c'est intéressant,
08:21mais ça n'enlèvera pas le fait qu'il y a un prix de marché international
08:25et que si on peut trouver des sources d'approvisionnement,
08:29il faudra payer le prix de marché.
08:32Alors on peut signer des contrats à long terme qui peuvent permettre d'avoir un discount
08:35par rapport à ce prix de marché,
08:37mais malgré tout on a aujourd'hui devant nous le problème d'un prix global
08:41qui est un prix mondial et qui va s'appliquer à tout le monde.
08:45Oui, mais si on raisonne à moyen long terme, est-ce qu'on peut imaginer ?
08:49Alors l'Afrique du Nord, il faudrait déjà que les régimes soient davantage stables.
08:52On pense à la Libye, c'est pas stable du tout.
08:54Mais pourquoi pas aussi, alors l'Arctique c'est pas forcément très bon pour l'environnement,
08:57mais on a Equinor et le Canada là aujourd'hui
08:59qui sont en train de communiquer de plus en plus sur le besoin de développer davantage les ressources,
09:04aller exploiter davantage le gaz présent aussi en Arctique.
09:06Ils sont dans leur rôle de société commerciale.
09:08Eux ils veulent obtenir des degrés de liberté
09:10et aujourd'hui ils sont particulièrement bien positionnés pour le faire
09:15compte tenu de la crise que l'on traverse
09:16et compte tenu aussi du fait qu'il ne faut pas l'oublier,
09:19je rappelle que sur le pétrole on a dépassé le pic
09:21de production sur le pétrole conventionnel en 2008
09:24selon l'Agence internationale à l'énergie
09:25et que sur le pétrole de schiste américain
09:28qui est la principale source de croissance de la production
09:31depuis maintenant plus d'une quinzaine d'années,
09:34eh bien on serait tout proche du pic
09:35selon au dire même des producteurs de pétrole de schiste.
09:38Donc il va bien falloir trouver des nouveaux Eldorado
09:41si on veut pouvoir continuer
09:44à se baser, à baser nos économies sur les énergies fossiles.
09:46L'autre option, c'est celle que certains regardent aujourd'hui
09:49et que les Chinois ont commencé à prendre dès 2022,
09:52c'est l'option d'accélérer sur la transition énergétique
09:54pour regagner la souveraineté énergétique bien évidemment.
09:57Alors il y a l'option radicalement inverse
09:58qu'ont d'ailleurs mis en place certains pays d'Asie du Sud-Est,
10:02c'est de revenir à fond sur le charbon.
10:04Et ça c'est un vrai souci.
10:06Ça c'est un souci qu'on risque de rencontrer effectivement,
10:08je pense qu'il n'est pas du tout exclu que 2026
10:11soit une nouvelle année de record de consommation de charbon,
10:15parce que pour les pays qui ont la possibilité,
10:17c'est le cas pour la Chine,
10:19mais la Chine encore une fois a beaucoup progressé
10:21sur sa production de renouvelables.
10:24Donc c'est peut-être pas le pays qui sera le plus concerné,
10:26mais encore plus les pays d'Asie du Sud-Est effectivement,
10:31qui là pourraient utiliser des capacités excédentaires
10:33qui étaient peut-être un peu moins utilisées
10:35du fait du développement des renouvelables
10:37pour compenser le manque d'approvisionnement
10:39en gaz et en pétrole.
10:41Pour l'instant on a un pétrole qui se détend un peu,
10:43le baril de Brent à 96 dollars en ce moment.
10:45Le patron de Shell expliquait hier
10:47qu'en ce moment c'est l'Asie qui souffre le plus de ce qui se passe
10:50et des problèmes d'approvisionnement en pétrole,
10:52la hausse des cours du pétrole,
10:53l'Asie est la plus touchée.
10:54Mais le patron de Shell estime qu'au mois d'avril,
10:56si ce conflit perdure,
10:57c'est l'Europe qui dans le monde sera la plus touchée,
10:58plus que l'Asie.
10:59Oui, alors il y a deux sujets en réalité.
11:02Le premier c'est qu'on a une perte de pétrole
11:04dans un premier temps,
11:05mais encore une fois tous les pétroles,
11:06on en a déjà parlé,
11:07tous les pétroles ne se valent pas.
11:08Et aujourd'hui on va commencer à avoir un problème
11:10sur les produits raffinés.
11:12Le pétrole,
11:14on espère remplacer par exemple
11:15une partie du pétrole du Golfe Persique
11:18par du pétrole américain.
11:19Le pétrole américain c'est essentiellement du pétrole de schiste,
11:21c'est du pétrole très léger.
11:22Quand vous le raffinez,
11:23vous obtenez essentiellement de l'essence.
11:24Aujourd'hui ce qui nous manque,
11:25c'est du diesel,
11:26notamment pour le transport maritime,
11:28c'est du kérosène pour le transport par avion.
11:32Et donc tout ça va commencer à poser un problème.
11:34On l'a vu,
11:34les prix de ces produits ont beaucoup plus monté
11:37avec les prix du pétrole d'ailleurs.
11:39Et on commence à avoir un vrai problème aussi
11:40de disponibilité,
11:41de capacité de raffinage.
11:43Et donc là,
11:44une fois que ce conflit s'étend,
11:47qu'on a utilisé les stocks tant qu'on pouvait,
11:50eh bien il devient de plus en plus difficile
11:52d'arriver à assurer la production suffisante
11:56pour répondre à l'ensemble des besoins d'une économie,
11:58notamment pour tout ce qui est transport maritime
12:00et transport aérien.
12:01Alors on voit les impacts sur le marché,
12:04Total Energy qui surperforme pas mal maintenant
12:05depuis 2-3 semaines,
12:06au point que Total Energy talonne Hermès
12:08en capitalisation désormais.
12:09Total Energy va peut-être passer dans les prochains jours,
12:11on verra, ça dépendra des cours du pétrole,
12:13devant Hermès.
12:14Ce sera l'un des enjeux,
12:15on suivra,
12:16on regardera tout ça,
12:17on en reparlera dans un instant.
12:19Et pour terminer sur ce conflit au Moyen-Orient,
12:21quand même cette dernière question,
12:22parce que c'est peut-être le cœur battant de l'Iran,
12:24qui risque d'être retouché,
12:25l'île de Karg,
12:26cette fameuse île de Karg,
12:27dans laquelle les Iraniens stockent quoi ?
12:2990% de leur pétrole à l'exprimer.
12:31Oui, c'est le point de passage obligé, effectivement.
12:33Et on entend que les Américains
12:34prépareraient éventuellement,
12:35éventuellement,
12:36une opération terrestre sur l'île de Karg
12:38pour en prendre le contrôle.
12:39Là, ça signerait l'asphyxie du régime iranien,
12:41la vraie asphyxie financière.
12:42Il faut voir.
12:43D'abord, pour revenir sur ce que vous disiez sur Total,
12:45parce que c'est important,
12:47il est important de voir que les compagnies pétrolières
12:50représentaient au début des années 2000
12:51à peu près 20%, je crois, du S&P 500.
12:54Elles ne représentent plus que 3% du S&P 500.
12:56C'est important parce que ça veut dire que
12:59la part des pétrolières dans les grands indices
13:01était un peu une couverture naturelle
13:03dans des événements du type de celui qu'on connaît aujourd'hui.
13:06Aujourd'hui, avec 3% seulement de la capitalisation
13:08des grands indices,
13:09cette couverture, elle n'est plus là.
13:10Et donc, ce n'est pas totalement illogique de voir...
13:12Il y a Jeff Curie, l'ancien patron de la recherche
13:15matières premières chez Goldman Sachs
13:16pendant des années,
13:17qui disait il n'y a pas longtemps
13:18que c'est un peu la revanche de la vieille économie.
13:22On se rend compte que pour développer une économie,
13:23on a besoin de ces matières premières
13:24qu'on considérait comme acquises.
13:26Et donc, il va falloir rentrer dans un cycle d'investissement.
13:28Et ces grandes valeurs pourraient voir
13:29leur poids remonter dans les indices.
13:32Pour en revenir...
13:33À l'île de Cargue.
13:34À l'île de Cargue.
13:35Et les Américains qui apparemment envisageraient
13:38entre autres options, pourquoi pas,
13:40d'y débarquer des soldats pour en prendre le contrôle ?
13:42Est-ce que ça asphyxierait définitivement,
13:44j'ai envie de vous dire, le régime iranien, ça ?
13:45Alors, définitivement, non.
13:47Mais ça serait un coup très fort, effectivement,
13:48porté à la souveraineté iranienne.
13:52Et ça les obligerait, sans doute,
13:54à des réactions bien plus violentes.
13:56Mais ils l'ont dit, c'est un peu...
13:57Quand les Iraniens ont dit la semaine dernière,
14:00après l'ultimatum de Trump de 48 heures,
14:03nous frapperons des infrastructures,
14:06des autres pays alliés aux Américains
14:08ou proches des Américains,
14:10si vous faites ça,
14:11l'île de Cargue en fait bien évidemment partie.
14:13Et donc, ils ont parlé de frapper
14:14la plus grosse usine de désalinisation d'eau
14:16qui est dans l'Arabie saoudite,
14:18de frapper des usines de désalinisation
14:20dans d'autres pays,
14:22de frapper des installations électriques.
14:24Et là, on rentre dans quelque chose
14:25de beaucoup plus global et de beaucoup plus grave.
14:28Donc, faire ce mouvement de la part de Donald Trump
14:33entraînerait un risque d'embrasement,
14:35je dirais, de la zone extrêmement important.
14:37Parce que oui, ça toucherait
14:39aux capacités même financières de l'État iranien.
14:43Et donc, il ne pourrait pas rester sans réponse.
14:45Benjamin Louvet,
14:46directeur des gestions en matière première d'OFI Investa.
14:48Merci Benjamin d'être passé nous voir.
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