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  • il y a 4 heures
Ce mardi 14 avril, Victor Lequillerier, économiste et vice-président du Think Tank "BSI Economics", a abordé les prix à la production aux États-Unis plus bas que prévu, la Chine entravée par le blocus américain à Ormuz, et la baisse des prévisions du FMI sur la croissance économique mondiale, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Alors ce qui nous porte c'est qu'il y a de l'optimisme dans le marché sur les publications
00:06d'entreprises à venir, que ce soit aux Etats-Unis.
00:08On attend 12% de hausse des bénéfices pour le premier trimestre aux Etats-Unis, c'est beaucoup quand même.
00:1212% de hausse des bénéfices des entreprises du S&P, 4% de hausse des bénéfices des entreprises en
00:16Europe pour l'Eurostock 600.
00:17Donc plutôt de l'optimisme et en plus une inflation sous les attentes.
00:20Encore une fois aujourd'hui on a eu les prix de la production aux Etats-Unis et progressent moins que
00:24ce qu'on redoutait, les prix de la production au mois de mars.
00:26Victor Lequiller est avec nous pour BSC Economics. Bonjour Victor.
00:30Est-ce qu'on doit crier victoire face à l'inflation compte tenu de ces prix de la production qui
00:33ont été publiés ?
00:34Alors effectivement il y a deux grands enseignements à tirer de ces prix de la production qui sont moins élevés
00:38que ceux qui étaient attendus.
00:39C'était notamment les prix à la production sur les services qui ont été quasiment nuls en évolution d'un
00:44mois sur l'autre.
00:45Et ça c'est particulièrement important parce que ces prix sont scrutés directement par la Fed.
00:49Et en principe ça traduit ou pas d'une inflation plus ou moins structurelle dans l'économie.
00:53En revanche, un petit point d'inquiétude, c'est sur l'évolution très rapide des prix de la production liés
00:58à l'énergie.
00:58Il va falloir être particulièrement vigilant à l'écart entre ces prix de la production avec et sans énergie.
01:03Et potentiellement, est-ce qu'ils vont se répercuter d'ici deux à trois mois sur les prix à la
01:08consommation,
01:09sachant que ça va dépendre d'autres variables comme la concurrence, la capacité à absorber la hausse des prix dans
01:14les marges d'entreprise.
01:15Et ça je pense que même si cette nouvelle elle est plutôt positive,
01:18on a quand même une configuration mondiale inquiétante qui va amener la Fed à probablement adopter un statu quo d
01:24'ici la fin de l'année
01:25et probablement ne pas augmenter les taux. C'est en tout cas ce que price environ 60% du marché
01:29aujourd'hui.
01:30Victor, un des enjeux aussi cette semaine, c'est les statistiques en provenance de Chine.
01:36Est-ce qu'on va commencer à ressentir l'impact géopolitique, l'impact de la crise de l'énergie en
01:41ce moment
01:42sur les données en provenance de l'économie chinoise ?
01:47Alors nécessairement ça va avoir un impact parce que la Chine, elle importe près de 50% de son pétrole
01:53depuis la région touchée par le conflit.
01:56Ça va avoir des répercussions aussi parce que les entreprises chinoises ont déjà du mal à générer du profit
02:01alors même que les prix à la production, les prix à la consommation sont très bas.
02:05Donc c'est une source de préoccupation, ce n'est pas encore visible maintenant parce que les chargements de pétrole,
02:10ceux qui ont été livrés au mois de mars, c'était ceux qui dataient pré-conflit.
02:13Et après la Chine, elle a aussi quand même des capacités à absorber ce choc beaucoup plus facilement que d
02:18'autres pays
02:19parce qu'elle dépose de stock de près de 11,1 milliards de barils par jour
02:24alors qu'elle importe près de 12 millions de barils par jour.
02:27Et il y a quand même pas mal d'alternatives pour s'approvisionner.
02:29Là où il y aura peut-être plus une préoccupation par rapport au conflit et moins par rapport au pétrole,
02:33c'est justement la perturbation du commerce mondial parce que la Chine depuis 2024
02:38assoit sa croissance de plus en plus sur les exportations, on l'a vu l'année dernière,
02:42et dans un contexte de droits de douane et de demandes mondiales qui est revue à la baisse,
02:46ça, ça doit avoir une répercussion plus significative sur l'activité.
02:48Donc l'impact sur l'économie chinoise, cet impact est partiel de ce qui se passe dans le détroit d
02:53'Hormuz aujourd'hui.
02:54La Chine a les moyens de diversifier ses approvisionnements énergétiques, nous dites-vous.
02:58D'ailleurs, la Russie, véritablement, touche un jackpot avec ce qui se passe en mars.
03:03On apprend aujourd'hui qu'en mars, la Russie a doublé ses recettes d'exportation pétrolière.
03:07Elle a réussi à doubler ses recettes d'exportation pétrolière.
03:09On rappelle qu'en mars, Washington a donné son feu vert aux achats de pétrole russe par l'Inde, par
03:14exemple,
03:14et donc la Russie a pu doubler ses recettes d'exportation pétrolière en mars.
03:18Qu'en dit le FMI ? Il se trouve que le FMI vient de publier son rapport avec de nouvelles
03:21perspectives pour l'économie mondiale.
03:24Alors, sans grande surprise, le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026.
03:30C'est essentiellement lié, justement, à ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz.
03:34Là, le FMI prévoit une croissance mondiale de près de 3,1%.
03:40C'est 0,2 points moins élevé que ce qu'il prévoyait en janvier.
03:44Et ça, c'est comme hypothèse que le conflit ne va pas forcément durer.
03:48Ça, ça veut dire que ça va être à peu près un prix du baril autour de 82 dollars en
03:53moyenne en 2026.
03:54Mais bon, il y a quand même pas mal d'incertitudes.
03:56On l'a vu avec notamment ce qui s'est passé depuis ce week-end sur l'évolution du cessez
04:00-le-feu, des perspectives.
04:01Et c'est pourquoi, en fait, ça les amène à mettre en place un scénario, on va dire, deux types
04:05de scénarios adverses,
04:06où là, on aurait des prix du pétrole qui pourraient monter jusqu'à 100, 110 dollars.
04:10Et là, les implications seraient particulièrement fortes, surtout pour les pays émergents,
04:14parce qu'une hausse de l'inflation viendrait rompre avec tous les cycles de baisse des taux.
04:18Et ça, ça aura des répercussions significatives.
04:20Merci, Victor.
04:21Le Quillerier avec nous, Bessie Économie.
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