00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Et alors que les taux sont sous tension, parce que les investisseurs craignent un petit regain d'inflation,
00:08peut-être moins de baisse de taux, mais alors que les taux sont sous tension,
00:10la France a émis de la dette tout à l'heure.
00:11Florian Hielpau est avec nous, il a regardé cette adjudication française pour nous,
00:15pour l'ombarodier IM. Bonjour Florian.
00:17Bonjour, bonjour Hielpau.
00:18Comment ça s'est passé ? Parce que la France ce matin devait émettre quand même de gros montants
00:21dans un contexte où les taux sont en train de se tendre.
00:24Est-ce qu'on est sortis par le haut, nous, la France, de cette adjudication
00:27et de cette haie qu'il fallait franchir tout à l'heure ?
00:30Au vu des tensions qu'on voit aujourd'hui sur les taux d'intérêt,
00:34on peut dire que dans l'ensemble, ça ne s'est pas si mal passé que ça.
00:37Vous savez, pour juger de l'intérêt de ces émissions,
00:41on regarde le ratio entre la demande et ce qu'on doit émettre en termes de dette.
00:47Récemment, on a plutôt été sur des grosses demandes,
00:51je dis récemment, c'est-à-dire au cours des six derniers mois,
00:54il s'agit des 10 ans, 15 ans ou 20 ans, qui sont les émissions, qui sont les maturités,
00:58qui ont été émises ce jour.
01:00Globalement, on était plutôt sur 2,5 fois, 2,4, 2,5 fois le montant émis en termes de demande.
01:09Et ce qu'on a observé aujourd'hui, c'est plutôt proche des deux.
01:12Alors, est-ce que c'est grave ? Est-ce que ce n'est pas grave ?
01:14Oui, on a moins d'intérêt aujourd'hui pour la dette française,
01:17c'est ce qu'on lit en tout cas dans ses résultats d'adjudication,
01:20mais le niveau de l'intérêt actuel, il ressemble en fait au niveau d'intérêt moyen sur les 20 dernières
01:25années.
01:25C'est-à-dire que dans l'ensemble, on a juste une normalisation de l'intérêt de la dette française
01:30vers ces ratios qu'on appelle, vous savez, B2Cover,
01:33donc demande contre émission totale vers des moyennes de long terme.
01:38Pas spécialement d'inquiétude.
01:40Demain, Fitch doit actualiser quand même la note de la France là-dessus non plus, pas d'inquiétude.
01:45La situation, vous la connaissez aussi bien que moi.
01:48Pour l'instant, il y a très peu de pays du monde du G10
01:50qui donnent des signes d'amélioration de ses finances publiques.
01:53Je pense que vous connaissez le problème.
01:56Pour l'instant, ce qui est plus important encore que l'avis que Fitch va rendre,
02:01c'est l'avis que donnent les marchés vis-à-vis de cette dette.
02:04Parce que c'est ce qui fait la performance de nos portefeuilles
02:07et une dégradation de cet avis a des conséquences globales.
02:10On l'a bien connu en 2022, quand les taux montent globalement,
02:13c'est tous les marchés qui saignent.
02:14On n'en est pas là aujourd'hui.
02:16On a juste ce qu'on appelle un repricing,
02:18une réévaluation de la prime inflation
02:21qui est liée au choc de sacflationnistes auxquels on est en train d'assister.
02:26Florian, direction Pékin.
02:27La Chine a annoncé son nouvel objectif de croissance
02:29lors de l'Assemblée populaire du Parti communiste.
02:32Plus que 4,5% à 5% de croissance.
02:37Cette année, un objectif assez faible, plus faible depuis 1991.
02:41La Chine fait profil bas dans un monde
02:43où elle perd des partenaires commerciaux.
02:45Est-ce grave ?
02:48Alors, ça fait partie d'un long processus.
02:51Vous savez, maintenant, on a abandonné ce terme de soft landing,
02:54d'atterrissage en douceur.
02:55On a parlé d'atterrissage en douceur depuis à peu près 2015
02:58et on a cessé de l'évoquer.
03:00Il est naturel que le taux de croissance chinois,
03:04ciblé par le gouvernement,
03:06se mette à reculer progressivement au fur et à mesure des années.
03:10Cette croissance de long terme, elle est faite de trois ingrédients.
03:13Vous le savez, d'abord la démographie.
03:15En Chine, c'est compliqué.
03:17L'investissement.
03:18On a eu beaucoup d'investissements immobiliers.
03:20Maintenant, cette partie-là a considérablement reculé.
03:23Et la productivité, c'est probablement l'angle par lequel
03:27on peut sauver le soldat Chine en termes de croissance.
03:32Donc, simplement, sans l'énorme soutien de l'investissement
03:37auquel on a assisté au cours de la période qui s'est étendue
03:40de 2005 à 2015,
03:42il est naturel qu'on ait un reflux lent,
03:45mais certain, du niveau de croissance futur de la Chine.
03:48Est-ce que c'est une très mauvaise nouvelle ?
03:50Probablement pas.
03:51On rêve tous d'avoir entre 4,5 et 5% de croissance
03:54avec un investissement qui serait plutôt en train de s'affaisser,
03:59disons, de ralentir.
04:01Pourquoi ?
04:01Parce qu'on aimerait pouvoir faire des gains de productivité similaires
04:03à ce à quoi on devrait assister en Chine
04:06au cours des cinq prochaines années.
04:07Florian Yelpo et son analyse régulièrement sur notre antenne.
04:10Merci, Florian, de nous avoir accompagné pour l'Ombarodier IM.
04:12Merci.
04:13Merci.
04:13Merci.
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