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  • il y a 16 heures
Ce mercredi 13 mai, François Cabau, économiste senior chez GROUPE AXA, a abordé la progression des prix à la production bien plus que prévu sur un mois en avril aux États-Unis, la Fed sous pression à cause de l'inflation américaine, ainsi que la probabilité d'une hausse des taux de la BCE en juin, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Les marchés tiennent cet après-midi un peu mieux qu'hier alors qu'on a à nouveau une mauvaise nouvelle
00:08sur le front de l'inflation.
00:09Hier c'était les prix à la consommation, aujourd'hui les prix à la production, vraiment en forte hausse au
00:14mois d'avril, plus 6% sur un an.
00:16Plus 6% sur un an, on est très très largement au-delà de la cible de la Fed.
00:20François Cabot est avec nous pour Groupe AXA. Bonjour François.
00:24Ce rythme de hausse des prix à la production nous ramène à mars 2022, en pleine inflation post-Covid.
00:32Alors oui, effectivement, très forte augmentation à la fois sur, enfin vous le rappeliez hier, sur le CPI, sur les
00:39produits et la production ce matin,
00:42au début d'après-midi, au-dessus des attentes.
00:44Et puis ce qu'il faut rappeler c'est que c'est au-delà des impacts sur les éléments volatils.
00:48Donc hors alimentaire, hors énergie, donc ce que nous on appelle le PPI sous-jacent, donc le core PPI,
00:55on a effectivement augmentation de plus d'un point à 5,2.
00:57Et là en l'occurrence, on revient à un niveau qu'on n'a pas vu depuis printemps 2023.
01:02Donc là effectivement, c'est des pressions qui s'élargissent et qui sont effectivement inquiétantes.
01:06Et d'ailleurs, quand on met ensemble les différents éléments pour reproduire le core PC,
01:11qui est un peu la mesure préférée de la Fed, qui est un mélange de CPI et de PPI,
01:16on va a priori prendre 6 dixièmes pour aller vers 3,8% en rythme annualisé au cours de mois
01:22d'avril.
01:23Donc effectivement, un décollage très net et qui va certainement inculter la Fed d'autre côté-là.
01:27Et ça ne va pas aider Kevin Warch, qui doit succéder à Jérôme Powell en fin de semaine.
01:30Donald Trump l'attend sur des baisses de taux.
01:32Ce chiffre d'inflation, celui d'hier aussi, ne va pas le pousser à baisser les taux.
01:35Le marché même commence à presser potentiellement cette année, hypothèse à 30%.
01:40Ça reste minoritaire, mais 30%, ce n'est pas zéro.
01:42Pourquoi pas une hausse de taux ?
01:43C'est le pari à 30% des marchés.
01:45Est-ce que vous commencez, vous aussi, à voir une possible hausse de taux dans vos scénarios de cette année,
01:49François ?
01:51Alors nous, effectivement, on n'a plus de baisse de taux depuis déjà quelques semaines.
01:55Donc là-dessus, effectivement, on s'est bien rendu compte que cette histoire-là n'allait pas tenir.
01:59Après, sur la question de la hausse de taux, je pense qu'il y a deux considérations vraiment à avoir
02:02en tête.
02:02D'une part, effectivement, la pression passionniste qu'on vient d'évoquer.
02:05Mais par ailleurs, on a un marché d'emploi qui, lui, n'est pas flamboyant.
02:08On voit la stabilisation, on l'a eu avec le rapport sur l'emploi la semaine dernière,
02:11mais avec des scénarios qui sont quand même plutôt en phase de décélération.
02:14Donc le cas, l'argument d'une boucle prix-salaire et donc des salaires qui répondraient au prix
02:19est pour l'instant encore pas tout à fait évident.
02:22Et l'autre élément à avoir en tête, c'est que la productivité de cette économie américaine, du travail, est
02:27extraordinaire.
02:27On est quasiment à 3% au premier trimestre.
02:29Donc du coup, on a une économie qui tourne bien et qui, par ailleurs, ne génère pas beaucoup d'inflation
02:33sous-jacente.
02:34Donc là aussi, je pense que c'est un élément à prendre en compte qui, pour nous, en tout cas,
02:37ne justifie pas
02:39ou en tout cas, rend prématuré une évaluation de remontée des taux de la Fed d'ici la fin d
02:44'année,
02:44comme le marché est un peu en train de frapper.
02:46Alors du coup, pour la BCE, on semble privilégier le scénario d'une hausse de 25 points de base des
02:52taux le mois prochain.
02:55Bon, dans le contexte actuel, est-ce que le signal serait vraiment apprécié par les marchés ?
03:01Même si beaucoup de choses sont dans les cours, déjà, mais bon.
03:05Oui, je pense qu'effectivement, il y a eu un peu une euphorie, entre guillemets,
03:09dès le début de la crise avec des remontées des taux pour avril et pour juin.
03:13De notre côté, on a toujours dit qu'on aurait une hausse plutôt en juin seulement et pas les deux.
03:18Effectivement, c'était prématuré de ce côté-là.
03:21Et on a pour l'instant que cette hausse en juin.
03:23Donc il y a effectivement cette idée qu'il pourrait y en avoir plus.
03:26Il y en a quasiment trois qui sont prêts dans les marchés dans l'année qui arrive, jusqu'au printemps
03:30prochain.
03:31Et donc de ce côté-là, effectivement, les dernières nouvelles, à la fois sur les prix énergie,
03:35comme sur les ramifications, sur les produits dérives, effectivement, du pétrole,
03:38rendent ce type de considération de plus en plus probable et inquiétante,
03:44mais qui n'est pas dans sa base pour l'instant, avec une relation qui fait juste une colline, on
03:48va dire,
03:49en 26-27, mais qui revient à 2% d'ici le H2 2027.
03:53Donc du coup, pas besoin de la BCE d'en faire beaucoup plus que ça.
03:56Donc si elle relevait ses taux au mois de juin, parce que là, pour le coup, le marché commençait à
03:59pricer,
03:59ce serait pour vous une erreur de politique monétaire ?
04:03Non, je pense qu'en juin, elle est dans les clous.
04:06Par contre, là où j'étais, là, on n'est vraiment plus, on n'est pas d'accord avec le
04:10marché,
04:10c'est d'avoir ses hauts de taux un peu back-to-back jusqu'à la fin de l'année.
04:14Au moment, en avril, il y en avait jusqu'à la 3, d'ici la fin de l'année, ça
04:18me paraissait vraiment trop fort à ce moment-là.
04:20Là, maintenant, on est à la 3 jusqu'au printemps prochain.
04:22Pourquoi pas ?
04:23Mais effectivement, on sent bien qu'il y a une vérité d'en faire, de commencer un cycle.
04:28Mais le marché du travail est quand même relativement délicatesse en zone euro.
04:32On l'a vu en France ce matin, qu'est-ce que c'est du chômage ?
04:34En Allemagne, ça ne se passe pas très bien non plus.
04:36Donc la boucle prix scélère, là, pour le coup, est beaucoup moins évidente.
04:38Et l'économie, il faut se le rappeler, tient beaucoup moins bien que l'économie américaine.
04:42Il y a quand même un côté demande, on l'a vu.
04:44Oui.
04:45Un côté demande, on l'a vu, dans les indicateurs PMI, de confiance des consommateurs, qui sont largement dégradés.
04:50Et donc, du coup, est-ce qu'il y a vraiment une nécessité d'aller monter les taux de 3
04:53fois ?
04:53En tout cas, à court terme, certainement pas.
04:55Peut-être d'ici un an, un peu plus.
04:57Mais je pense qu'il y a un cycle de hauts autos qui sera un peu plus long que ce
05:00que le marché prévoit.
05:01Alors que le chômage monte, c'est vrai.
05:02En France, on refranchit la barre des 8% de chômeurs.
05:05Plus haut de 5 ans, le chômage en France.
05:07Pareil que l'inflation, vous y voyez une bosse provisoire, la hausse du chômage ?
05:10Ou c'est quelque chose, peut-être, d'amener à durer davantage ?
05:13Alors non, sur la hausse du chômage, malheureusement, en tout cas en France,
05:16on est effectivement sur une notion dynamique qui tient depuis quelques trimestres,
05:19qui est à la fois sur des revirements de politique budgétaire,
05:23sur le soutien qui a été retiré auprès de l'apprentissage, qui est très important.
05:28Et effectivement, une économie qui a mieux tenu qu'attendu vis-à-vis du stress et de l'institut politique,
05:34mais qui néanmoins croit en ce potentiel.
05:36Donc, ce n'est pas étonnant, effectivement, de voir le chômage monter et qui risque encore de continuer à monter
05:41quand on regarde les indicateurs avancés, en tout cas pour le deuxième trimestre.
05:43Il y a de bonnes chances que cette hausse du chômage continue, effectivement, dans les mois et les trimestres à
05:47venir.
05:48On refranchit les 8% de chômeurs ici en France.
05:50Merci beaucoup.
05:50François Cabot, économiste senior pour Groupe AXA, de nous avoir accompagné cet après-midi.
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