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  • il y a 2 heures
Ce jeudi 12 mars, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé la tension sur la production de pétrole, l'avantage de la Chine sur cette tension, et l'anticipation des marchés concernant les taux directeurs de la BCE, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Avec ses cours du pétrole qui restent tendus, 101 dollars pour le Brent en ce moment.
00:08Gilles Mouin qui est avec nous, chef économiste du groupe AXA.
00:10Bonjour Gilles.
00:11Les cours du pétrole continuent de se tendre, même si l'Agence internationale de l'énergie a annoncé des bloquets
00:16400 millions de barils.
00:17Est-ce que c'est un scénario écrit d'avance, à savoir des cours amenés à se tendre jour après
00:21jour,
00:22dans la mesure où chaque jour qui passe, l'équilibre off-demande va se tendre un peu plus ?
00:26Oui, je pense que c'est la conclusion qu'on peut tirer du mouvement de marché d'aujourd'hui.
00:31C'est-à-dire que la libération de ces réserves, elles ne parviennent pas à lutter contre le problème de
00:41fonds qui se pose à nous depuis le 28 février,
00:44qui est qu'on a une incertitude lourde sur l'approvisionnement, non pas pour quelques semaines, mais l'approvisionnement à
00:50plus long terme.
00:51C'est pour ça que l'effet est probablement assez limité.
00:54On a la libération de réserves qui représente, en gros, de mémoire, 20 jours de trafic qui passe par le
01:05détroit d'Hormuz.
01:06Les opérations militaires ont commencé il y a déjà à peu près 15 jours.
01:09Donc, on en viendrait aujourd'hui à compenser simplement à peu près les trois quarts de la rupture de provisionnement
01:17qui s'est déjà produite, sans visibilité du tout sur la suite des événements.
01:24Donc, voilà, je pense que la réaction de marché est logique.
01:27C'est une focalisation sur le retour à la libre circulation dans notre Indormuz.
01:35Et à part ça, je doute que le marché soit à peu près.
01:38– Oui, c'est sûr.
01:39Alors, la question, c'est de savoir, est-ce que certains pays, quand même, tirent les marrons du feu ?
01:43Il semble que l'Iran fasse passer ses propres navires, donc des pétroliers iraniens,
01:47en direction, malgré tout, de la Chine.
01:49Des navires qui, rares, c'est vrai, mais parviendraient à franchir le détroit
01:53pour aller alimenter la Chine.
01:54Est-ce que la Chine, mine de rien, là,
01:56et elle est très silencieuse et discrète sur ce conflit,
01:57est en train, peut-être, de tirer les marrons du feu, Gilles ?
02:00– En tout cas, ça, c'est une variante très intéressante
02:04par rapport au scénario que la plupart des gens envisageaient
02:08avant le déclenchement du conflit,
02:09parce qu'en fait, on a une approche souvent assez binaire
02:12d'une fermeture du trône d'Hormuz.
02:14C'est-à-dire, en gros,
02:16ses probabilités étaient toujours vécues comme extrêmement faibles,
02:19parce que, bien évidemment, l'Iran se tirerait lui-même dans le pied
02:24en se privant d'exportation de pétrole,
02:27qui lui sont absolument vitales économiquement,
02:29mais aussi politiquement, dans sa relation avec la Chine.
02:33Mais ce qui semble être en train de se produire dans le Golfe,
02:37ce n'est pas exactement ça.
02:38Ce n'est pas une fermeture complète,
02:40c'est une fermeture partielle,
02:41avec, effectivement, le passage de quelques tankers iraniens
02:46à destination de la Chine,
02:48avec, en plus, vous l'avez probablement vu,
02:51la mise en avant du pavillon chinois
02:55par un centre de tankers
02:56lorsqu'ils passent dans la région du Golfe.
02:59Au-delà des tankers iraniens eux-mêmes,
03:01c'est également utilisé par des tankers chinois.
03:05Donc, effectivement, pour l'instant,
03:07ça doit vouloir dire que la Chine n'a pas trop d'inquiétude
03:13sur son approvisionnement.
03:14La vraie question,
03:15mais là, je ne voudrais pas tomber dans le défaut
03:17de beaucoup d'analystes depuis le 20 février,
03:19c'est-à-dire de s'intituler expert militaire
03:21sur des questions sur lesquelles ils n'ont aucune compétence,
03:25peut-être qu'une limite,
03:26c'est qu'une fermeture partielle,
03:29c'est très compliqué à organiser.
03:31Et pourquoi est-ce qu'on a cette focalisation américaine
03:34sur la question du minage du Trois d'Ormose ?
03:36C'est parce qu'une fois que c'est miné,
03:38ça devient très, très compliqué
03:40pour les Iraniens eux-mêmes
03:41de se faire passer leur propre tanker.
03:44En tout cas, c'est un risque important.
03:46Mais ça fait partie de la discussion d'aujourd'hui.
03:50Beaucoup d'analystes comptaient en fait
03:53sur une pression de la Chine auprès de Téhéran
03:55pour arriver très rapidement
03:56à une résolution du conflit.
03:58Si la Chine continue à pouvoir s'approvisionner,
04:00en tout cas en partie,
04:01cette pression disparaît
04:02et donc malheureusement le conflit.
04:04Gilles, on va parler de toute autre chose.
04:07Si on regarde les courbes de taux en ce moment,
04:09on a l'impression que les marchés sont en train
04:12d'intégrer au cours
04:14deux hausses de taux de la BCE
04:15avant la fin de l'année.
04:16Une à l'été, une à la fin de l'année globalement.
04:19Est-ce que c'est dû au déséquilibre de marché
04:22du moment où il commence à y avoir dans l'air
04:24vraiment cette possibilité
04:25que la BCE ait besoin de redresser ses taux ?
04:28Je vous dis ça dans le sens où
04:29on passe notre temps à dire aussi
04:31que la croissance est faible,
04:33que l'inflation est contenue.
04:34Qu'est-ce qui se passe là en ce moment
04:35sur les marchés au niveau de ces anticipations ?
04:38Ça ne met pas vraiment au sens
04:41où on regarde par exemple
04:44les contrats futurs sur le pétrole.
04:47Au-delà de la volatilité quotidienne,
04:50on a quand même depuis le début
04:51une tendance à la hausse des contrats
04:56sur l'horizon fin d'année 2026.
04:59C'est-à-dire que ce qui est de plus en plus
05:00intégré par le marché,
05:01c'est l'hypothèse que même à la fin de 2026,
05:04on soit sur les prix du pétrole
05:06de l'ordre de 80 dollars le baril.
05:07Ce qui est effectivement significativement
05:10au-dessus des hypothèses qui avaient été retenues
05:13par la BCE lors de ses prévisions
05:15du mois de septembre 2025.
05:18Et donc, comme on sait par ailleurs
05:20que c'est exactement comme cela
05:21que la BCE procède,
05:22c'est-à-dire qu'elle utilise les contrats à terme
05:25sur le Brent pour réaliser ses propres hypothèses
05:29de travail lorsqu'elle fait ses prévisions,
05:31eh bien, le marché est cohérent avec lui-même.
05:33C'est-à-dire que si vous pensez
05:35qu'à la fin de 2026,
05:36on va avoir des prix du pétrole à 80 dollars,
05:38ça change effectivement la donne
05:40pour la lecture que la BCE aura de l'inflation
05:44et c'est effectivement cohérent avec un pricing.
05:46En revanche, la question,
05:48pour moi, la surprise n'est pas
05:50que le marché, le price,
05:51la question est de savoir
05:56si ça va embrayer quelque chose
05:58dans le discours de la BCE.
05:59Parce qu'on peut toujours,
06:00et c'est mon sérieux central,
06:02si d'ici à la fin du trip,
06:04on est sur une normalisation des comptes de contrôle,
06:07la BCE n'aura pas besoin.
06:10On est en train de vous perdre, Gilles.
06:12La liaison, malheureusement,
06:13est en train de se dégrader un tout petit peu.
06:15Mais on a compris ce phénomène,
06:16ce mécanisme par lequel le marché
06:18est en train de les anticiper
06:19les deux hausses de taux,
06:20a confirmé bien sûr.
06:22Gilles Moec avec nous pour Groupe AXA.
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