00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et Florian Lielpot nous rejoint pour l'embarro d'IIM. Bonjour Florian.
00:07Bonjour Guillaume, bonjour à tous.
00:08Incroyable, on n'en a peut-être pas assez parlé, mais la confiance des consommateurs américains est au plus bas.
00:11L'indice de confiance du Michigan au mois de mai est un plus bas depuis la création de cet indice
00:15du Michigan en 1952, au plus bas.
00:17Pendant que les marchés, eux, et Wall Street notamment, sont au plus haut,
00:21les marchés sont-ils en train de faire dissidence face aux consommateurs ?
00:25Est-ce que vous aviez, vous, déjà vu un tel écart entre les marchés au plus haut et au contraire
00:28un moral des consommateurs au plus bas ?
00:31Je pense que dans une journée comme aujourd'hui, où on retrouve l'espoir potentiel d'une réouverture d'Hormuz,
00:36ça sanctionne encore et toujours le grand divorce entre les investisseurs et les consommateurs.
00:41Le consommateur aujourd'hui, il est confronté, on le lit bien dans cette enquête du Michigan,
00:47il est confronté à un problème significatif d'inflation.
00:50Et ce n'est pas la première année pour laquelle il est confronté à ce type de problème-là,
00:54alors que l'investisseur de l'autre côté, quelque part, en partie, il la monétise,
00:59il transforme cette inflation en dividendes, en progression de marché,
01:03et pas seulement, il est exposé en fait à la progression, la productivité qui est liée à l'IA,
01:07à cet engouement pour l'IA global.
01:09Donc aujourd'hui, on a un divorce assez clair, on peut faire le graphique comme on veut,
01:13mais on voit assez bien, lorsqu'on corrige justement des tendances de ces deux séries,
01:17on voit assez bien qu'il y a un divorce patent entre la situation du consommateur
01:21et la situation de l'investisseur qui doit se résoudre.
01:23Elle peut se résoudre par le haut, si on réouvre le détroit d'Hormuz,
01:27elle peut aussi se résoudre par le bas, s'il y a affaissement de la demande.
01:31Mais pour l'instant, c'est la productivité qui tient les marchés.
01:34Question de philosophie économique, minute Florian.
01:38Est-ce qu'avec l'émergence et la montée en puissance de l'intelligence artificielle,
01:42on va vers une société où le capital rapporte mathématiquement plus que le travail ?
01:46Vous avez moins d'une minute.
01:48Alors ça, c'est vraiment la grande question.
01:51Il faut vraiment sensibiliser, je pense, le plus de gens possible, cette thématique-là.
01:55Il y a deux possibilités.
01:57La première, c'est les gains de productivité se sont transmis au travail
02:02et du coup, la progression de la productivité du travail grâce à l'IA
02:06est sanctionnée par un salaire plus élevé.
02:08Tout va bien.
02:09On vit dans un monde plus égalitaire que prévu.
02:12Il y a le scénario B qui, pour l'instant, est le scénario dominant.
02:15C'est-à-dire que c'est le capital qui incorpore en fait la productivité.
02:18C'est les outils qu'on utilise et ces outils-là, ils ne sont pas payés
02:22et donc, du coup, leur contribution se transforme en dividendes
02:25et en progression des marges et ce qui fait progresser le prix des actions globalement.
02:30Donc, ce qu'il faut bien avoir en tête pour préparer au mieux ces dix prochaines années,
02:33c'est que la seule façon de monétiser ces gains de productivité,
02:36c'est d'être un capitaliste.
02:38Un capitaliste, ça veut dire quoi ?
02:39Ça veut dire être détenteur des parts des sociétés
02:41qui génèrent des profits grâce à la productivité
02:44et Ali a gardé bien en tête cet élément-là.
02:47Je pense qu'on préparait les portefeuilles pour les dix prochaines années.
02:51On doit déforcer de monétiser justement cette productivité.
02:55Impressionnant, cette mutation qu'on est en train de vivre effectivement
02:57et qui se traduit dans la grande divergence des marchés actions au plus haut,
03:01un moral des consommateurs, lui, au plus bas.
03:02Et au milieu, Kevin Walsh, qui est désormais le président de la FED,
03:05ça y est, qui va entamer ses douze travaux d'Hercule.
03:08Quels sont vos deux conseils à Kevin Walsh pour son mandat ?
03:12Le premier des conseils, c'est très globalement,
03:15depuis le début 2025, tous les investisseurs le ressentent.
03:19Nous avons suffisamment d'incertitudes sur les bras.
03:24Inutile de rajouter en plus une difficulté de lecture
03:28d'une nouvelle fonction de réaction de la Banque centrale.
03:31C'est-à-dire, on voudrait gagner, on voudrait avoir le plus vite possible
03:34de la lisibilité vis-à-vis des objectifs réels de Kevin Walsh.
03:38Ça, c'est, je pense, quelque chose qui est demandé aux quatre coins des marchés financiers.
03:42Le deuxième conseil, c'est un conseil très suisse.
03:44Ce qui distingue la Réserve fédérale américaine d'autres banques centrales,
03:49c'est sa recherche de consensus.
03:50Briser cette recherche de consensus, c'est un facteur qui est éminemment perturbant pour les marchés.
03:56Garder le consensus, faire du consensus, garder le consensus au centre de la dynamique de la Fed
04:02aide à renforcer la perspective d'une Fed indépendante du Trésor américain,
04:09indépendante du gouvernement américain.
04:11C'est essentiel et il faut que Walsh parvienne à insuffler son modèle
04:15tout en préservant cette recherche de consensus.
04:18C'est essentiel pour l'indépendance.
04:20Les douze travaux de Kevin Walsh qui démarrent.
04:21Merci beaucoup de nous avoir accompagné.
04:23Florian Hielpaux, Lombard-Rodier hier.
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