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Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, était l’invité du face à face de BFMTV et RMC ce jeudi 28 mai.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Michel-Édouard Leclerc.
00:04Bonjour Apolline.
00:05Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:07Vous êtes le président du comité stratégique des centres Leclerc.
00:10On va évidemment parler prix du carburant, on va parler prix dans les rayons, on va parler inflation.
00:15Mais d'abord le comportement des Français avec cette extrême chaleur précoce.
00:21Est-ce que vous le voyez vous dans les rayons ? Est-ce que les choses ont changé ?
00:24Est-ce que les gens se déplacent pour faire leurs courses ?
00:26Est-ce qu'ils restent dans la fraîcheur de vos magasins ?
00:28Alors tant qu'on est dans les terres, oui, l'hypermarché, le centre commercial devient un havre avec sa climatisation,
00:37c'est de la fraîcheur, on peut s'asseoir.
00:40J'invite d'ailleurs à reconsidérer souvent la visite de l'hypermarché, j'invite mes adhérents à voir qu'il
00:45manque des bancs, c'est important de savoir accueillir, recevoir.
00:49Et quand on est au bord de mer, non c'est l'inverse, on va à la mer le matin,
00:55on va à la mer le soir
00:56et on va faire les courses dans un temps plus court, pour ne pas trimballer les enfants.
01:01Mais c'est un classique, sauf qu'aujourd'hui c'est un classique très chaud.
01:05Clim ou pas clim, vous ?
01:07Ah si, on a des clims dans les magasins et alors justement des clims dans le cadre d'un plan
01:12de rénovation
01:14où on utilise le froid pour faire du chaud et du chaud pour faire de froid.
01:17On va être pionnier, on va mettre près de 2,3 milliards d'ici 2035 dans la lutte anti-gaspi
01:24pour un plan de sobriété énergétique,
01:26chaque magasin, chaque armoire surgelée, chaque frigo, mais aussi pour récupérer ces chaleurs,
01:32récupérer les chaleurs du sol avec la géothermie, pour stabiliser la fraîcheur et la chaleur dans les magasins.
01:41C'est une vraie révolution pour diminuer les énergies fossiles, pour diminuer le gaz, pour diminuer le fuel
01:47et tout ce dont on va se séparer pour recongréer notre souveraineté.
01:51Le ministre de l'économie, qui était mon invité hier à ce micro, a parlé de vous comme d'un
01:56prophète de malheur
01:57et il a même dit qu'il fasse son métier.
02:01Vous aviez évoqué une perspective probable de remonter de l'inflation jusqu'à 3-4% d'ici probablement en
02:11juillet ou en août.
02:12Il dit à cela qu'il fasse son métier et qu'il fasse baisser les prix.
02:16Qu'est-ce que vous lui répondez ?
02:17Je pense que ces mots traduisent le désarroi de décideurs politiques qui n'arrivent pas à décider.
02:24J'ai fait une petite collette comme ça.
02:26Madame Genevard, qui était très contente de me retrouver, y compris pour le Tour de France pour défendre le chou
02:31-fleur,
02:32elle dit que certaines enseignes procèdent à un chantage mortifère.
02:36Lescure, je suis un prophète de malheur.
02:39C'est assez catho d'ailleurs comme sémantique.
02:41Ah, prophète, oui.
02:42Monsieur Papin, mon ministre du Commerce, mon ex-concurrent et néanmoins ami, E. Leclerc, faux apôtres du pouvoir d'achat.
02:50Président de l'ANIA, le lobby de l'agro-industrie, les patrons de la grande distribution menacent l'économie réelle,
02:56dont ils seraient sans doute les héros.
02:59On dirait du Maurras, enfin on dirait mon grand-père lisant du Maurras.
03:02La sénatrice Antoinette Guth et Anne-Catherine Lausier, qui étaient à la tête de cette commission à charge contre la
03:08grande distribution,
03:10parlent de pratiques prédatrices de la grande distribution.
03:14Alors là, vous mélangez les industriels et les politiques.
03:17Oui, mais en fait, ça veut dire que les élites françaises, je ne fais pas du lepénisme,
03:22les élites françaises dont je fais partie, qui ont fait des études, qui ont le pouvoir, qui savent parler en
03:28public,
03:29les élites françaises ont de tout temps été anti-commerce.
03:32Elles sont agrariennes, elles sont industrialistes, elles n'aiment pas le commerce.
03:37Et c'est pour ça que mon père, pendant très longtemps, on l'a appelé l'épicier de Landerneau,
03:41ce qui est un gentil petit sobriquet aujourd'hui, à l'époque, c'était un peu comme l'escure.
03:46Moi, je fais de l'économie, toi, reste à ta place, reste épicier.
03:49Et moi, on me demande de rester épicier, ce que je ne ferai pas.
03:52Alors, vous allez regarder, évidemment, on va regarder dans les détails,
03:54mais je trouve que la manière dont vous présentez les choses,
03:57pardon, quand vous dites, on dirait du Maurras, mais vous, on dirait du boulanger,
04:00au sens du boulangisme, c'est-à-dire, pardon, au sens aussi d'une forme de populisme,
04:04genre nous, les petits contre les grands, vous n'allez pas nous faire pleurer, quand même.
04:08Je ne vais pas vous faire pleurer, parce que nous, on ne marche pas.
04:10Les necs dont vous parlez comme d'un lobby, Elania, c'est-à-dire les représentants de la grande industrie,
04:14disent d'ailleurs, ils jouent les robins des bois.
04:16Oui, enfin, ils jouent les mauvais prévots, parce que quand même, on est les moins chers.
04:22Personne, mettez qu'on n'est pas le premier, mettez qu'on est le deuxième, mettez qu'on est le
04:26troisième.
04:27Moi, je crois qu'on est le premier, mais on est sur le podium de ce qu'il faut faire
04:31en France,
04:31aujourd'hui, en période d'inflation.
04:33Et donc, vous ne trouvez pas ça normal qu'on s'en prenne à ceux qui vendent moins cher,
04:38et pas à ceux qui vendent très cher.
04:40On ne s'en prend pas au luxe, on ne s'en prend pas à la distribution sélective,
04:44on s'en prend à ceux qui vendent moins cher.
04:46Et dites-moi, dans l'intérêt de qui ?
04:48Dites-moi, dans l'intérêt de qui ?
04:49Moi, je passe sur les plateaux de télévision, souvent, à la suite de commissions parlementaires,
04:53où on nous désingue.
04:56Il y a une quinzaine de lois en 20 ans qui sont sorties, qui sont anti-distribution.
05:00Moi, je vais vous dire, je m'en fous.
05:02Je m'en fous.
05:03Je fais un métier dans l'action, je fédère 700 chefs d'entreprise.
05:07La lutte pour le pouvoir d'achat par les prix bas, c'est nous.
05:11C'est nous.
05:12C'est Leclerc, c'est Systemus, c'est Intermarché, c'est Carrefour qui revient dans la courte.
05:16Ce sont les hard-discounters qui se sont installés en France.
05:19C'est nous qui faisons le bouclier contre l'inflation.
05:22On va regarder concrètement dans le détail des prix et de la construction des prix.
05:26Mais je voudrais vraiment comprendre les choses les unes après les autres.
05:28Il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites.
05:29D'abord, un sur le début de notre échange, prophète de malheur, il disait ça à propos de l'inflation.
05:36Est-ce que ce matin, Michel-Edouard Leclerc, vous maintenez votre prévision ?
05:40Vous maintenez qu'en l'état de ce que vous voyez, à la fois de la consommation et de la
05:44fabrication des prix,
05:45pour vous, en juillet-août, on pourra être à 3 ou 4 % d'inflation ?
05:51Sur la base d'un mois de conflit à Hormuz, les institutions européennes,
05:56Eurostat, je ne sais pas si c'est une institution, mais c'est une édition d'économistes qui fait foi,
06:04dit que l'inflation en Europe, en fin juin, sera entre 2,5 et 3,5.
06:09C'est repris par tous les journaux hier, d'accord ?
06:12Moi, je dis que si on rajoute encore un mois de percussions sur le prix des carburants,
06:17sur le prix des transports, la plasturgie, l'emballage en France,
06:21on sera aux alentours de 3 et 4 à la sortie de l'été.
06:23Donc, vous maintenez ?
06:25Est-ce que je suis prophète de malheur ? Je ne veux pas l'être.
06:28Je me dis que, puisque M. Lescour parle du réel, je suis dans le réel, j'anticipe ce réel,
06:33et donc je me mets en mode combat pour que les consommateurs ne se fassent pas avoir.
06:37Est-ce que lui est dans le déni lorsqu'il dit encore à ce micro hier matin,
06:41non, l'économie française résiste, elle résiste mieux que nos voisins,
06:45et d'ailleurs nous arrivons à contenir l'inflation ?
06:47Là, vous donniez les chiffres européens.
06:49Lui, il dit non, non, mais en France, ça va moins pire qu'ailleurs.
06:51En France, ça va moins pire qu'ailleurs, parce qu'on dépend quand même moins du pétrole
06:55que les pays de l'Europe de l'Est, par exemple.
06:58Mais ce que je veux dire, c'est qu'il n'y aura pas d'inflation si pas l'Europe,
07:03si pas la Banque Centrale, non, si les gens, si les gens d'action,
07:08se mettent face à cette spéculation, face à cette augmentation.
07:12Et moi, ce que je demande, c'est pas simplement que les industriels puissent venir me retrouver
07:16en disant j'ai des hausses à faire passer, ça on nous a fait le coup pendant la guerre en
07:20Ukraine,
07:21où on a eu des hausses de 25%, 30% sur l'EHPAD, le tournesol et tout ça.
07:26Donc je dis dès maintenant à tous les industriels, non, non, non, non,
07:29l'inflation n'a pas lieu de contaminer le reste de l'économie hors carburant.
07:33Par contre, vous, vous avez des problèmes, vous transporteurs, ok.
07:37Vous aurez des problèmes, vous agriculteurs, avec les engrais, ok, on prend date.
07:40Mais là, aujourd'hui, on ne prend pas votre inflation.
07:43Et donc, quand vous avez le président de la FNSEA, M. Rousseau, qui dit il faut rouvrir la négociation.
07:48Quand vous avez le président de la coopérative agricole française, M. Dominique Chargé,
07:53qui dit depuis un mois, il est urgent d'ouvrir les négociations, on leur dit non.
07:57D'abord, dans nos accords, nous aussi, on défend la ferme France.
08:00Mais dans les accords qu'on a signés, il y a des clauses d'indexation
08:03qui fait que pour le moment, ça peut tenir comme ça.
08:05Et je le témoigne, j'en témoigne auprès des consommateurs.
08:08Nous pouvons résister à cette première vague d'inflation.
08:11Il y a une petite inflation, 1%, 2%, mais pour la grande, on n'ouvre pas les vannes.
08:17On n'ouvre pas les vannes, vous ne rouvrirez pas de manière globale les négociations sur les prix.
08:22Cette fameuse commission dont vous parlez, qui effectivement a été une commission sur la grande distribution,
08:28commission parlementaire, elle arrive à la conclusion suivante.
08:31Quand on achète pour 100 euros de données, de denrées alimentaires,
08:35100 euros d'achat alimentaire, il y a 8 euros qui vont aux agriculteurs,
08:39il y a 14 euros qui vont aux industriels, dont vous parliez à l'instant,
08:43et il y a 40 euros qui vont à la grande distribution.
08:46Alors ça ne fait pas le compte, de toute façon.
08:49Non, mais parce qu'ils disent qu'une fois qu'on a enlevé les transports, 40%.
08:53C'est nul.
08:54Mais c'est vrai, ma question n'est pas que c'est nul ou que ce n'est pas nul,
08:57est-ce que c'est vrai ?
08:58C'est nul parce que c'est non.
09:00Enfin, n'importe lequel de mes étudiants à Neoma, à Rouen, à Reims,
09:04aurait à rédiger ce rapport, 400 pages, ils sauraient que ce n'est pas vrai.
09:09Enfin, je veux dire, déjà Alexandre Bompard a expliqué qu'un hypermarché prenait à peu près 26% de marge
09:14brute
09:15et se retrouvait avec 1% de bénéfice net avant impôt.
09:19Voilà, on ne reconstruit pas par derrière.
09:20Ce chiffre, c'est quoi ? C'est du mensonge ?
09:23Ce sont des confusions entre création de valeur, entre marge brute.
09:27Franchement, je n'en suis pas à la page 440 et j'ai lu la moitié du rapport.
09:31C'est inept.
09:33Il parle de vous comme de prédateur dans un système mortifère
09:38où en réalité vous intimidez vos interlocuteurs
09:42avec qui, lorsque vous négociez, vous menacez de les déréférencer, de ne plus les vendre.
09:48Et donc, il négocie en quelque sorte le couteau sous la gorge.
09:52Alors, vous imaginez ce que ce serait si je n'étais pas là, moi le méchant ?
09:55Vous imaginez l'inflation qu'il y aurait ?
09:57Non, il ne faut pas charrier.
09:58On est en Europe, nous achetons avec des points de comparaison.
10:02Leclerc est allié avec Copitalia qui a une très belle image en Italie.
10:07Intermarché est allié avec la Connade.
10:09C'est-à-dire que c'est très français pour vous ?
10:09Oui, c'est complètement français.
10:11Les industriels français, je vous dis, les décideurs français n'aiment pas le commerce.
10:15Là où les Chinois font d'abord la route de la soie pour vendre.
10:20Là où les pays anglo-saxons, protestants, visent beaucoup sur le régime des concessions avant de vendre.
10:27Là où, même autour de la Méditerranée, la fonction commerciale est première tout autour de la Méditerranée.
10:32C'est un peuple de commerçants.
10:33La civilisation s'échange avec le commerce, l'a dit Brodel, l'ont dit tous les historiens.
10:38En France, moi je croyais que c'était une vieille culpabilité catho quand le commerce était paralysique.
10:43Dis donc qu'aujourd'hui les cathos, ils empruntent dans l'embrane.
10:45Mais regardez bien, regardez bien.
10:47Mais de l'histoire de mon père à celle de Carrefour, à celle de Systému, c'est restez à votre
10:52place.
10:53Vous êtes essentiel ou vous n'êtes pas essentiel ?
10:55Vous êtes essentiel, vous restez ouvert.
10:55Vous avez l'impression qu'aujourd'hui d'avoir mon dos, d'être les boucs émissaires de cette crise ?
11:00Moi j'ai fait toute ma vie comme ça, ça ne me touche pas.
11:03Mais je pense à tous nos salariés.
11:05On a 180 000 salariés dans les centres Leclerc.
11:07Quand vous voyez qu'on est traité comme ça en haut lieu, ça ne vole pas.
11:11Par contre, il y a un bon modèle dont pourraient s'inspirer les ministres.
11:15C'est celui qu'a fait le président de la République lundi.
11:17Il a réuni toutes les filières de l'électrique.
11:21Vous voyez, ça allait depuis les producteurs de réacteurs nucléaires,
11:24ceux qui font fonctionner les réacteurs nucléaires,
11:26ceux qui fabriquent les pompes à chaleur,
11:28et ceux qui fabriquent les pompes à chaleur,
11:29et les distributeurs comme nous.
11:31Ça a fait corps.
11:32On est allé comme un seul homme, comme une seule femme.
11:34On est partis avec un plan.
11:36On n'a pas besoin de se taper les uns sur l'autre.
11:38Ça, c'est faire de la politique.
11:39C'est faire une coalition d'intérêts français
11:42et on marche ensemble, concurremment, mais ensemble.
11:45Et on n'a pas besoin de se tirer des bourgs.
11:47Total poursuit son plafonnement.
11:50Pardon, je vais vous reposer la question,
11:51mais est-ce que c'est un coup de com'
11:52ou est-ce que c'est vraiment un coup de pouce pour les Français ?
11:55Pour le moment, il n'y a que lui qui est capable de faire ça.
11:58Nous, on serait en vente à perte et ce serait illégal.
12:00Donc, allez faire vos courses chez Total pour le plein
12:03et revenez faire le reste des courses chez le moins cher.
12:05Ça reste une bonne nouvelle pour les Français ?
12:07Oui, ça ne compense pas les profits énormes qu'il a fait
12:12et sur le spectaculaire coût d'achat des 70 bateaux
12:15dont on a parlé ici,
12:17ni le cagnottage qu'il a fait pendant des années
12:19en vendant très cher sur le réseau français.
12:21Mais au moins, il se rachète une fonte huile.
12:23Vous voyez, tout ça, c'est un peu catho-coupable.
12:25C'est-à-dire quoi ?
12:26Il y a une forme pour laver la culpabilité du profit.
12:32Je pense que M. Lecornu n'est pas pour rien
12:33dans le fait que Total fasse un peu d'opérations commerciales.
12:37Sauf que de l'autre côté,
12:38quand vous dites M. Lecornu qui a donc voulu culpabiliser peut-être Total,
12:41il y a une autre forme de chantage
12:42qui est le chantage à la taxe.
12:44Mais ça, ça s'est arrêté hier,
12:45puisque à ce micro, à nouveau,
12:47le ministre de l'Économie a dit non seulement,
12:50un, il faut plafonner,
12:51donc ça, Total le fait,
12:52mais de l'autre côté,
12:53il y aura quand même vraisemblablement
12:54une taxation des super profits de Total,
12:57puisqu'il a dit qu'il ne s'y opposerait pas.
12:59Est-ce que, vous, les autres,
13:01il faut effectivement qu'il y ait une plus grande participation
13:05pour combler les déficits de l'État ?
13:07Est-ce qu'il faut surtaxer ?
13:08Les déficits de l'État, à mon avis,
13:10ça ne sert à rien d'en parler avant les élections présidentielles.
13:12Il n'y aura personne pour en parler avant les présidentielles.
13:15Donc, c'est un gros sujet majeur, la dette française et tout.
13:18Mettez ça après 2027, ça tiendra jusque-là.
13:20La France n'est pas en faillite.
13:21Elle a des beaux points de...
13:23La France n'est pas en faillite.
13:24Elle n'est pas en faillite.
13:25On fait des records.
13:26Il y a plein de trucs qui ne marchent pas,
13:28qu'il va falloir réformer.
13:29Mais il y a plein de trucs qui marchent.
13:30Le tourisme marche.
13:32C'est 100 millions de touristes en France.
13:34Si la restauration ne marche pas derrière ça,
13:36c'est la restauration.
13:37On n'a pas fourni des bons produits.
13:39Il y a eu un effet carte postale des Jeux Olympiques,
13:41un effet Notre-Dame.
13:43Le secteur de l'armement, on est devenu
13:45un des plus gros vendeurs d'armes,
13:47d'équipements marins, aéronautiques dans le front.
13:51Ça marche bien.
13:51La pharmacie marche bien.
13:53L'Oréal va bien.
13:54C'est la première entreprise mondiale.
13:56Donc, le truc aujourd'hui, plutôt,
13:58c'est de fédérer des Français sur des beaux projets.
14:00Il y a une chose pour la Maison France
14:02que je voudrais qu'on fasse.
14:04C'est que vous voyez, dans le débat
14:06qui nous anime avec les sénateurs,
14:08on nous demande, à nos distributeurs,
14:10d'afficher l'origine française des produits
14:12ou l'origine des produits.
14:13Et comme par hasard,
14:14on ne le demande pas aux industriels.
14:15Moi, je demande.
14:16Mais je demande fermement,
14:18afin d'éviter toute confusion,
14:21puisqu'on n'a pas le droit de négocier
14:22la matière première agricole.
14:24Puisque la loi française...
14:25Parce que ça, ça se passe avant.
14:25On a bien compris.
14:26Il y a trois éléments.
14:28Il y a la matière première agricole.
14:30Il y a l'industriel qui le transforme.
14:32C'est la charcuterie.
14:33C'est le laitage.
14:34C'est tout ce que vous voulez.
14:34Et ensuite, il y a vous, les commerçants,
14:36les distributeurs.
14:37Les deux premiers, ils se parlent entre eux.
14:39Et vous, vous parlez avec celui du milieu, l'industriel.
14:41Donc, je demande, en fait, deux choses.
14:42La première, c'est que la loi
14:44qui protège le revenu agricole,
14:46qui est censée protéger le revenu agricole,
14:47elle soit applicable aussi
14:50par la restauration,
14:51qui est un des plus gros acheteurs
14:53de l'agriculture,
14:55et par un giste, les grossistes,
14:57voire même les exportateurs
14:58d'agriculture française.
15:00Parce que quand ils exportent en Allemagne,
15:02moi, je retrouve les produits moins chers
15:04concurrentement aux produits français.
15:05Donc, extension de la loi EGalim
15:08à tous les acteurs
15:09de la filière agroalimentaire.
15:11Et le deuxième sujet,
15:13obligation pour les industriels,
15:15j'insiste là-dessus,
15:16pour qu'ils disent
15:16d'où viennent leurs produits.
15:18Transparence.
15:18Parce que moi, aujourd'hui,
15:19on me demande de mettre
15:21France, UE, Irlande, etc.
15:24Et ok, je le fais.
15:26Je suis pour l'indication d'origine.
15:27Mais qu'ils le fassent aussi.
15:28Mais qu'ils le fassent aussi.
15:30Parce que pour le moment,
15:31moi, je ne sais pas si le lait
15:33que j'achète de Nestlé,
15:34il a vraiment été acheté en France.
15:36Et quand on me dit
15:37qu'il ne faut pas négocier
15:38le lait à Bruxelles
15:40parce qu'il y aurait du lait français,
15:41jamais le fournisseur
15:42ne me dit la part de lait français.
15:44Le lait de Nestlé,
15:44le lait dans les yaourts,
15:46tout ça.
15:46Absolument.
15:46Quand vous achetez un sandwich
15:47sur l'autoroute hier soir,
15:49tout le monde revient.
15:51Sur l'autoroute,
15:51il y a des sandwiches
15:52Sodebo,
15:53des sandwiches Fleury-Michon,
15:54etc.
15:54Il faut qu'on soit sûr
15:56que ce soit du porc français
15:58qu'on rémunère plus
15:59et non pas du porc espagnol.
16:01Ça, c'est vraiment
16:02deux choses importantes.
16:03Extension de la loi EGalim,
16:05pas que à la distribution.
16:06On sent que vous rendez
16:07coup pour coup.
16:08Oui.
16:09Moi, mon philosophe,
16:10c'est Teddy Reiner.
16:11Tu tapes, je tape.
16:12Michel-Édouard Leclerc,
16:13les prix,
16:14est-ce qu'ils vont pouvoir baisser
16:16ou est-ce qu'ils vont se maintenir ?
16:17On a presque l'impression d'ailleurs
16:18que désormais,
16:19il y a un croisement des courbes
16:21essence diesel
16:22qui n'ont pas exactement
16:23le même comportement
16:24mais qui restent tous les deux
16:25désormais très hauts.
16:26Est-ce qu'on est sur
16:28vraiment désormais
16:28une sorte de plancher ?
16:31J'ai l'impression que...
16:32Alors, d'abord,
16:33si ça se libérait,
16:34il faut vous dire ça.
16:35Mais cette nuit,
16:35ça a frappé à nouveau.
16:37Oui, mais hier soir,
16:38on discutait avec des professionnels
16:40de Leclerc
16:40qui travaillent toute la nuit.
16:41Vous vous rendez compte
16:42qu'aujourd'hui,
16:43on achète notre gasoil
16:44dans le golfe du Mexique.
16:46Il faut 20 jours,
16:4725 jours pour le ramener ici.
16:48C'est plein de risques
16:49sur le dollar,
16:50sur le pétrole humain.
16:52sur le gasoil,
16:53sur les taux d'assurance.
16:55Donc,
16:56nos collaborateurs
16:57sont quand même
16:58des gens anxieux
16:58qui vivent dans l'attention.
17:00Et hier soir,
17:01on était relativement confiants
17:03et on se disait
17:04tiens, ça ne passe plus
17:05un certain cap.
17:06Peut-être qu'on va y arriver
17:07à revenir en dessous
17:08du 2 euros
17:09pour le consommateur
17:10et tout.
17:10Ils se sont tapés dessus
17:12cette nuit
17:12et là, ça repart.
17:14Donc,
17:15je vous dis,
17:16tant que ça reste
17:18comme ça,
17:19je t'aime moi non plus,
17:20je te tape,
17:21mais tu signes.
17:22On est dans ce niveau-là.
17:24Si ça se répète
17:24un peu trop longtemps,
17:26l'inflation va passer
17:27de tout ce qui est carburant
17:29au reste de l'économie,
17:30c'est clair,
17:31dans les emballages,
17:32les couches
17:32et les produits d'entretien.
17:34En même temps,
17:35on a l'impression
17:36qu'ils sont un peu épuisés
17:37de ce jeu de guerre
17:37et donc qu'ils cherchent
17:38une porte de sortie.
17:39Mais pour vous,
17:39on ne reviendra pas
17:40au prix d'avant ?
17:42On reviendra,
17:43je ne sais pas,
17:44il y a 1200 bateaux
17:45qui sont pleins de pétrole
17:47qui sont à l'intérieur
17:48du golfe de Persil.
17:49Le jour où on va libérer
17:51ces 1200...
17:52Ça ne peut pas l'inverse
17:52faire vraiment baisser.
17:53Oui, oui, oui.
17:54Alors, vous voyez,
17:55je ne suis pas qu'un prophète
17:55de malheur.
17:57Vous le rassurerez
17:57de ce point de vue-là.
17:59Merci en tout cas
17:59d'avoir répondu
18:00à mes questions.
18:01Michel-Edouard Leclerc,
18:02on est bien sur RMC
18:03et BFM TV.
18:04Merci.
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