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  • il y a 6 minutes
Romain Chayot, cofondateur et directeur général de Standing Ovation, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 14 avril. Il nous fait part de l'évolution de Standing Ovation, une pépite que nous avons reçu il y a deux ans, notamment spécialisée dans la fabrication de protéines laitières grâce à la fermentation de précision, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est une entreprise qu'on avait reçue en pépite il y a deux ans, qui est désormais dans la
00:03catégorie French Tech.
00:04Ça veut dire que ça avance. Romain Chaillot, bonjour.
00:06Bonjour à vous.
00:07Bienvenue dans la matinale. Vous êtes le cofondateur et directeur général de Standing Ovation.
00:11Vous fabriquez des protéines laitières grâce à la fermentation de précision.
00:16Alors Anthony Morel, vous les goûtez, c'est dommage. On n'en a pas en plateau. Il est prêt.
00:20La prochaine fois.
00:20S'il goûte, il ne va pas voir la différence avec un yaourt classique. On est d'accord ?
00:24Exactement. C'est le pari qu'on avait il y a cinq ans pour la création de l'entreprise.
00:27Et c'est pour ça qu'aujourd'hui ça fonctionne. C'est que nous fabriquons par fermentation de précision exactement
00:32la même protéine du lait.
00:33La caséine, c'est 80% des protéines du lait. Comme c'est la même protéine, le goût est identique,
00:38la fonction est identique, la texture est identique. On ne voit pas la différence.
00:40Vous levez 34 millions d'euros. Donc bravo déjà par ça. Soutenu par Bell et Danone, vous avez déjà les
00:46débouchés en fait.
00:48On dit souvent dans notre équipe, c'est un peu la dream team. C'est-à-dire qu'on ne
00:51pouvait pas rêver mieux.
00:52Aujourd'hui, ce tour de table, il est joli. Un peu plus de 34 millions, comme vous l'avez dit.
00:56On a autour de la table Bell, qui avait déjà investi il y a 4-5 ans. Ils remettent encore
01:01une participation avec Danone Venture.
01:03Et on a aussi la BPI, Crédit Mutuel. Ça commence à avoir fière allure.
01:07Donc la caséine, il faut réexpliquer. Est-ce que c'est ce qui donne au fromage le côté un peu
01:11coulant, crémeux, etc.
01:13On ne peut pas le reproduire en fait avec par exemple du lait végétal. On a plein de lait végétaux
01:16maintenant.
01:17Mais là, la particularité, c'est qu'on a du lait comme du vrai lait en réalité.
01:20Exactement. La caséine, c'est la protéine des produits laitiers. C'est 80% des protéines du lait, c'est
01:24de la caséine.
01:25Vous savez, c'est ce qui permet à une mozzarella de filet ou à un yaourt d'être bien ferme.
01:28Donc pour avoir un yaourt bien ferme, un fromage qui file, un coulant sous la croûte, il faut de la
01:33caséine.
01:33On ne peut pas l'avoir avec une autre protéine. C'était très difficile de le faire sans le recours
01:36à l'animal.
01:37C'est ce que nous avons craqué il y a quelques années. Et là, on a passé les étapes industrielles
01:41et on rentre en commercialisation.
01:42Et donc comment on fait concrètement ? C'est-à-dire qu'on part d'un peu de lait et
01:45on est capable, par fermentation, c'est dans des grosses machines, c'est ça ?
01:49Et on est capable de fabriquer de la caséine industriellement comme ça ?
01:52Exactement. Le principe, c'est d'utiliser des micro-organismes, des bactéries, des levures, des champignons pour multiplier cette protéine,
01:58pour la produire à grande échelle.
01:59Nous, on utilise avec nos partenaires industriels des cuves qui font 160 m3.
02:03C'est des cuves qui font la taille d'un immeuble de quatre étages.
02:07On a des partenaires qui sont gros. On a Aginomoto, qui est le leader mondial de la fermentation.
02:11Et on a aussi Tetra Pak, que vous connaissez certainement pour les briques.
02:14Et bien, c'est eux qui purifient avec nous cette belle protéine pour avoir à la fin une poudre bien
02:17blanche qu'on met dans tous les fromages et les gausses.
02:19Et après, à Bell ou Danone, vous leur donnez la poudre, vous leur vendez la poudre et ils se débrouillent.
02:23Exactement. Nous, c'est du B2B.
02:24Donc, on prend les matières premières, on les transforme par fermentation de précision, les sucres.
02:28On arrive jusqu'à la poudre et ensuite, on livre ces poudres-là par sac de 25 kg.
02:32Et ensuite, ils les transforment en lait moussant, en barres protéinées, en fromage ou en yaourt.
02:37Donc là, aujourd'hui, quand on achète des fromages de la marque Bell, par exemple, on mange de la caséine
02:43produite par vos soins, par fermentation ?
02:45Pas encore. Pas encore. Nous, on commence la commercialisation.
02:48On démarre déjà aux États-Unis dès 2026 parce que le réglementaire est un peu plus rapide là-bas.
02:53Et on arrivera en Europe plutôt fin 2027, début 2028.
02:56Mais je vous posais la question parce que est-ce que derrière, il y a une question d'acceptabilité sociale
03:00?
03:00Est-ce que c'est quelque chose qui sera inscrit, par exemple, sur le paquet ?
03:04C'est du lait, mais c'est du lait produit par caséine industrielle.
03:08Est-ce que c'est quelque chose qu'on dira aux consommateurs ? Est-ce que ça peut être une
03:11barrière ?
03:11Il le faut. Il le faut. Il faut être transparent.
03:13Nous, notre produit, c'est la caséine. On ne fait pas de lait.
03:16Le lait, c'est vraiment une substance qui sort du pied de la vache.
03:19Donc ça, on le laisse à nos amis éleveurs.
03:22Nous, on fait de la caséine par fermentation de précision.
03:24Ça sera spécifiquement indiqué.
03:26Et comme aujourd'hui dans les fromages, 7 fromages sur 10 utilisent de la présure.
03:29Vous savez, c'est ce qui sert à faire caguer le lait, qui est faite par fermentation de précision.
03:33Donc de la même façon que la présure est indiquée sur le petit emballage,
03:37la caséine faite par fermentation de précision le sera également.
03:39Vous ne faites pas de lait, mais ça répond à un problème autour de la question du lait.
03:43C'est qu'il n'y a pas assez de lait pour répondre à la demande, en fait.
03:46Oui, alors on voit bien, les demandes sont successives.
03:49Au début, on venait nous voir pour avoir de la caséine, la protéine plus durable.
03:52Après, on voulait la bonne protéine pour avoir le bon goût.
03:55Ensuite, il y a eu la tendance des produits hyper protéinés.
03:57Vous savez, les skirs, les baby-belles hyper protéinés.
04:00Là, ensuite, on parle de souveraineté alimentaire.
04:02Dans le contexte actuel, c'est extrêmement important de produire sur notre territoire
04:06la bonne protéine dont les Français ont besoin.
04:08Et donc, vous voyez, comme ça, il y a plusieurs tendances.
04:10À la fin, nous fabriquons localement, à partir des coproduits de l'industrie agricole française,
04:15la protéine identique à celle que nous consommons déjà.
04:17Donc, les 34 millions d'euros, là, ils vont du coup servir à quoi ?
04:20Parce que vous êtes déjà prêt à commercialiser, en fait.
04:23Oui, alors les étapes de R&D d'industrialisation sont dernières, nous.
04:27C'est pour ça que je passe de niveau chez BFM.
04:30Après, c'est le grand entretien.
04:31C'est 7h40, c'est vrai.
04:33Prochaine étape, c'est la commercialisation.
04:35US d'abord, parce que je disais, la réglementation est plus rapide.
04:38Donc, on peut déjà commencer dès maintenant.
04:40Donc là, il faut qu'on se démultiplie.
04:41Et c'est pour ça que les géants alimentaires, les Belles, les Danones,
04:44sont en train de venir pour rentrer dans cette phase-là.
04:47Il y a une sorte de consensus qui se met en place.
04:50Quand vous levez, dans le contexte actuel, cet argent-là,
04:52avec des acteurs comme ça, avec les banques qui se soutiennent,
04:54c'est qu'aujourd'hui, on sait que c'est la bonne protéine,
04:56le bon acteur, le bon écosystème.
04:57Et en Europe, alors, la réglementation, c'est quoi ?
04:59Il faut prouver, j'imagine, son innocuité, mais c'est quoi d'autre ?
05:03Qu'est-ce qu'il vous demande, en fait ?
05:04Comme nous produisons la même protéine,
05:06mais grâce à des ferments,
05:08il faut juste montrer à la fin
05:09que nous cochons toutes les cases d'un point de vue réglementaire.
05:11Nous l'avons déjà fait pour les États-Unis.
05:14Nous avons exactement le même dossier pour l'Europe
05:16qui met un peu plus de temps à être analysée.
05:17C'est la règle et on l'accepte bien volontiers.
05:19Mais à la fin, c'est assez simple
05:21puisqu'on n'est pas en train de proposer une protéine tout à fait nouvelle.
05:24On ne fait pas de la culture cellulaire.
05:25Nous, on fabrique la protéine que la vache produit déjà.
05:27C'est ça.
05:28Vous avez peut-être craqué le code de la foodtech, finalement,
05:30parce qu'on parle souvent des foodtech
05:32dont certaines ont connu un certain nombre de problèmes.
05:34Je pense à Beyond Meat, dont on a beaucoup parlé,
05:36qui est une très, très grosse boîte,
05:38qui faisait de la viande de synthèse.
05:39Et puis, finalement, on se rend compte que,
05:40du point de vue du consommateur, ça ne prend pas
05:42parce que ce n'est pas de la vraie viande.
05:43Là, en fait, c'est comme du vrai.
05:46Et donc, du coup, en plus, comme vous êtes B2B,
05:48ça passe beaucoup plus facilement d'une certaine manière.
05:50Et encore une fois, la fermentation de précision,
05:52c'est quelque chose qui existe dans notre assiette depuis 1990.
05:55Tout le monde mange de la fermentation de précision,
05:57des vitamines, de la présure pour faire cahier de lait.
06:00Là, la casine, la principale protéine de lait,
06:02c'était la suite logique, si vous voulez.
06:04Et il y a une filière qui se structure.
06:06C'est-à-dire que là, vous avez des concurrents
06:08qui font la même chose ou pas ?
06:10Oui, alors, on a surtout un concurrent américain
06:12qui travaille très bien, d'ailleurs,
06:13qui fait de la protéine de casine,
06:15mais uniquement pour les parts de pizza.
06:18Nous, on a décidé d'avoir une approche beaucoup plus large.
06:20C'est aussi pour ça qu'on peut travailler avec des fromagers,
06:22des yaourtiers, des gens qui font des barres protéinées,
06:24du lait moussant.
06:25On fait la casine, mais vraiment pour l'ensemble des produits laitiers.
06:28Donc, on a une approche un peu différente,
06:30mais parfaitement complémentaire.
06:31Mais c'est une technologie brevetée,
06:32parce que là, le marché potentiel, il est énorme.
06:35J'espère bien.
06:36C'est énormément breveté.
06:37Oui, c'est énormément breveté,
06:39avec des verrous et des cadenas.
06:40Il faut se protéger, parce que, comme vous le dites,
06:42la concurrence, elle est féroce.
06:44Et la France a une longueur d'avance dans les produits laitiers.
06:46Les principales entreprises laitières au monde sont françaises,
06:49les Lactalis, les Danone, les Bell.
06:50Donc, on essaye de garder un peu cette avance technologique.
06:53Et forcément, ça passe par de l'IP,
06:55ça passe par beaucoup de brevets.
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