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  • il y a 13 minutes
Pierre-Eric Leibovici, cofondateur et associé gérant de Daphni, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 24 mars. Il s'est penché sur les financements de l'innovation issue des entrepreneurs de la diversité et des laboratoires de recherches, et a parlé de deux levées de fonds de l'entreprise, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00L'invité de la French Tech ce matin c'est Pierre-Yves Lebovici, bonjour, vous êtes le cofondateur et associé
00:04gérant de Daphné.
00:05Votre obsession, comment financer l'innovation, qu'elle soit issue de la part d'entrepreneurs de la diversité ou des
00:11labos de recherche ?
00:12Vous êtes là ce matin pour deux actualités autour de deux levées de fonds différentes.
00:16Alors je commence avec le dossier diversité, comme ça je garde Anthony Morel en haleine, puisque lui c'est les
00:20labos de recherche qui le passionnent.
00:23Vous avez près d'un milliard d'euros d'actifs sous gestion sans participation
00:26et vous annoncez un premier closing de 50 millions d'euros pour le nouveau fonds Time4.
00:31Il est lancé avec les déterminés qu'on connaît bien ici sur BFM Business, mais aussi avec Life for Good
00:35et avec HEC Paris.
00:36Vous considérez qu'aujourd'hui les entrepreneurs de la diversité sont toujours sous-financés ?
00:41Alors on le considère et les chiffres le montrent, puisque aujourd'hui 1% simplement de l'argent issu et
00:48géré par les fonds
00:49est fléché vers les entrepreneurs issus de la diversité.
00:51Là où 15% des subventions et des aides diverses et variées qui existent sur le marché français
00:58sont fléchées vers des entrepreneurs issus de la diversité et de la ruralité.
01:03Le fonds Time4 a vocation à accompagner des entrepreneurs qui de manière générale n'ont pas accès aux capitaux.
01:10C'est-à-dire qu'ils arrivent à incuber, accélérer, initier leurs projets, mais ils font face à un plafond
01:15de verre très rapidement
01:18pour développer leurs projets à plus grande échelle et accéder à de l'equity, ce qu'ils n'ont pas.
01:23Donc on est là pour essayer de combler ce vide, cette absence totale sur le marché français.
01:29Or, quand on regarde des modèles à l'étranger, on voit que c'est une population qui a plein de
01:35talents,
01:35qui a énormément d'ambition, un potentiel qui est inexploité, on est là pour exploiter ce potentiel.
01:41Mais du coup, vous regardez, quand vous analysez justement ces dossiers,
01:45vous regardez le code postal, l'origine, ou vous regardez le business plan ?
01:48Parce que votre vocation, c'est quand même de générer du cash pour les investisseurs.
01:52Or là, on parle d'un critère qui est un critère purement social, qui n'est pas un critère de
01:55performance.
01:55Donc comment ça impacte vos décisions d'investissement ?
01:58En fait, on a des biais.
02:00Donc on parle d'un code postal en pensant que finalement, le potentiel n'est pas le même
02:04qu'un projet qui serait correct pour code postal 75-002.
02:10Et or, pourquoi on parle de code postal ?
02:14C'est qu'en France, on ne peut pas parler d'origine sociale,
02:19on ne peut pas parler de profil des entrepreneurs.
02:25Donc on est obligé de se limiter à la géographie qui est QPV, ZDRR.
02:29Donc les zones prioritaires, les quartiers prioritaires à la ville et les zones rurales.
02:36La question que vous posez, c'est quel est le profil finalement qu'on adresse ?
02:40Aujourd'hui, ce sont des entrepreneurs qui n'ont pas les codes.
02:42Ce sont des entrepreneurs qui viennent d'origine sociale,
02:44qui ne leur permettent pas d'accéder au bon réseau,
02:47qui ne leur permettent pas d'accéder au fond,
02:48qui n'ont pas obligatoirement la culture pour savoir que des acteurs comme nous existent
02:53et qui donc, pour seul réflexe, vont se tourner, et c'est une excellente chose,
02:58vers un maillage territorial d'associations, d'initiatives qui existent,
03:02dont celles que vous avez citées, qui sont partenaires du fond.
03:04Et qui remontent les dossiers en fait.
03:05Le for good, HEC, les déterminés.
03:08Mais il y en a plein d'autres sur le territoire qui nous remontent les dossiers
03:11parce que historiquement, ce sont des associations d'ailleurs qui existent depuis une dizaine d'années,
03:16elles les accompagnent pour les acculturer et leur donner les moyens de passer cette première étape.
03:21Nous, on intervient pour les aider à passer cette deuxième étape
03:26et casser un peu les biais cognitifs qu'on peut avoir et se dire
03:29finalement, ce sont des entrepreneurs comme les autres.
03:32Ils ont même encore plus d'ambition, ils sont plus frugaux
03:35que la grande moyenne des entrepreneurs que l'on rencontre.
03:38Et on va les aider à devenir rôle modèle
03:40et à dupliquer ce qu'on a connu historiquement il y a 25 ans
03:44quand la French Tech s'est montée.
03:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on connaît déjà qu'Antoine Grandjon,
03:48des Marc Simoncini, mon associé, des Xavier Niel, des Jean-Baptiste Rudel.
03:53C'est notre enjeu et on aura réussi Time4 le jour où on aura 4, 5 entrepreneurs
04:00issus de la diversité qui seront aussi connus que les noms que je viens de citer
04:05et qui auront développé des projets avec le même succès.
04:09Là, vous arrivez en deuxième partie de développement des entreprises.
04:12sur le fonds Blue, là où vous avez ajouté 60 millions d'euros,
04:16ça fait un closing final de 260 millions au total.
04:19Là, vous allez dans les laboratoires scientifiques chercher les dossiers au tout début.
04:24Exactement.
04:26Pourquoi on a ces deux produits en ce moment ?
04:30Notre raison d'être, c'est d'utiliser de nouvelles technologies
04:33pour avoir un impact sociétal et environnemental.
04:38Et aujourd'hui, comment on peut avoir cet impact sociétal ?
04:40On l'a vu avec Time4.
04:42Au niveau environnemental et plus largement économique,
04:47on a une sous-exploitation de toute la science qui est développée dans nos laboratoires.
04:52Premier constat.
04:53Le deuxième constat, c'est que finalement,
04:55beaucoup de choses se commoditisent dans notre écosystème.
04:57Quand on parle plus de digital, aujourd'hui, le digital, il est de partout.
05:01Il va se passer exactement la même chose que l'IA.
05:03L'IA est de partout, donc ce n'est pas une innovation de rupture
05:06que de dire « je développe une start-up dans le domaine de l'IA ».
05:09Or, notre objectif, c'est de soutenir des projets qui, dans dix ans,
05:16conserveront un avantage compétitif, créeront un actif durable.
05:19Et aujourd'hui, notre conviction, c'est que pour avoir ces actifs pérennes durablement,
05:24il faut ajouter une couche autour des sciences.
05:28Et les sciences, c'est de la biologie, c'est de la chimie, c'est de la physique,
05:31c'est des mathématiques, c'est des sciences du vivant.
05:32C'est pour ça qu'on a lancé notre troisième fonds principal.
05:37Avec des chercheurs, donc ce n'est pas forcément la culture d'aller créer une entreprise.
05:40Et là, pour le coup, il y a peut-être justement une transformation en France.
05:44Aujourd'hui, on commence à en voir.
05:46Oui, c'est ça, on commence à en voir, c'est vrai.
05:47Vous avez par exemple investi dans l'entreprise de l'ancien maître de thèse d'Arthur Mensch,
05:52le fondateur d'OpenIA.
05:53Alors lui aussi, peut-être en voyant son élève finalement réussir,
05:56il s'est dit « je vais lancer ma boîte ».
05:57Exactement, Bertrand Thirian, donc de l'INRIA, qui a été le maître de thèse d'Arthur Mensch,
06:02et qui monte Caravella avec deux ex-anciens étudiants,
06:08avec la volonté de comprendre le système, le fonctionnement du cerveau,
06:13à partir de données issues de DRM,
06:17et d'essayer de développer à très long terme une nouvelle IA qui fonctionnerait un peu comme le cerveau.
06:23Et puis à plus court terme, des thérapies pour l'Alzheimer, Parkinson,
06:33toutes les maladies liées au cerveau.
06:35Et pour rebondir sur ce que vous disiez,
06:37il y a effectivement un changement de paradigme au sein des labos.
06:40On a une génération de chercheurs qui s'inspirent de leurs amis entrepreneurs
06:47qui étaient plutôt dans les écoles de commerce,
06:48en se disant « finalement, je développe des projets autour de sciences fondamentales,
06:54comment les faire passer du stade fondamental au stade applicatif,
06:58et donc monter un projet dans ce domaine ? »
07:00Merci beaucoup Pierre-Éric.
07:01Les Bouvici d'être venus ce matin pour nous parler de Daphné.
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