00:00On vous retrouve sans plus tarder, Laure Closier, la journée va beaucoup tourner autour de Donald Trump.
00:03Bien sûr, le président américain qui est en route vers les Alpes Suisses, il doit s'exprimer sur scène en début d'après-midi.
00:10Mais ici, à BFM Business, sur RMC Live, on n'oublie pas que c'est un forum économique.
00:14Et la parole est donc aussi, bien sûr, au chef d'entreprise avec vous.
00:20Absolument, Erwann et les chefs d'entreprise, ils ont beaucoup parlé d'intelligence artificielle hier.
00:25C'était un peu la journée française.
00:26On est avec Denis Machuel, bonjour, vous êtes le directeur général d'ADECO.
00:30On va parler d'emploi évidemment avec vous dans un instant.
00:33Mais avant ce forum, dans une tension particulière quand même ce matin, hier, cette journée française,
00:37avec ses annonces sur l'intelligence artificielle, il y a deux sujets.
00:40Il y a l'IA, il y a Trump et Yann Lequin, c'est les deux sujets ici à Davos.
00:44Sur l'intelligence artificielle, vous qui regardez l'emploi de très près, on a des atouts clairement en France.
00:50Ce n'est pas uniquement de la communication de la part d'Emmanuel Macron ?
00:53Non, ce n'est pas un hasard si Yann Lequin a décidé de s'établir en France.
00:56C'est d'ailleurs une très très bonne nouvelle.
00:57Ça reflète assez nettement la qualité des talents déjà en France, puisque quand on parle d'IA,
01:04on parle aussi des hommes et des femmes qui la mettent en œuvre.
01:07Et donc c'est un choix stratégique qui a été fait et qui est une très bonne nouvelle pour la France,
01:11mais qui est simplement le reflet de la qualité du système éducatif,
01:15du fait que la France est aussi un territoire stable,
01:17qui offre un environnement pour le business qui est plutôt favorable.
01:23On est toujours attractif ?
01:25Bien sûr qu'on l'est, bien sûr.
01:27D'ailleurs, les chefs d'entreprise en France ou à l'étranger avec lesquels je parle aujourd'hui
01:31nous disent bien qu'il y a de l'incertitude.
01:35La politique en France n'a pas beaucoup aidé, il faut se le dire.
01:38On est un peu en recherche de stabilité.
01:40Néanmoins, les ingrédients fondamentaux qui font qu'un business se développe sont là en France comme en Europe d'ailleurs.
01:48Donc une annonce comme hier d'un sorte de hub européen en France sur l'intelligence artificielle.
01:54Potentiellement, est-ce que vous, Adéco, vous allez aller chercher des talents dans l'Europe entière pour les faire venir dans ce hub précisément ?
01:59C'est ce qu'on fait déjà.
02:00Nous, on est le leader mondial dans le domaine du talent.
02:05Et notre priorité, c'est toujours d'aller chercher les talents là où ils sont.
02:09On voit bien que, notamment en Europe, il y a une fluidité du marché qui l'est à ce marché unique,
02:14qui a apporté beaucoup, beaucoup d'atouts à l'Europe en elle-même.
02:18Donc, bien sûr qu'on va accompagner ce mouvement.
02:21On a notre filiale d'ingénierie à Codis qui est très avancée sur l'IA depuis des années.
02:28Et donc, c'est très, très prometteur tout cela.
02:29Bon, il y a quand même nos sujets budgétaires.
02:31Lundi, quand on est arrivé ici à Davos, c'était encore un peu un sujet dans la tête des chefs d'entreprise.
02:36À quel point aujourd'hui, vous avez l'impression que l'annonce de la surtaxe,
02:40le fait que sur les impôts, il n'y aura pas de baisse de la CVAE à attendre,
02:43ça a un impact direct sur les recrutements ?
02:45Alors, ce qu'on a vu sur ces derniers temps, et d'ailleurs, c'est plutôt lié à la macroéconomie et à la géopolitique,
02:51ce qu'on a vu, c'est qu'en 2025, le recrutement permanent a été ralenti à peu près partout,
02:58à part en Asie et en Amérique latine, mais en Europe et aux Etats-Unis.
03:02Les entreprises ont privilégié la flexibilité, l'agilité par rapport à ce qu'on appelle le recrutement permanent.
03:10C'est un indicateur de confiance sur l'avenir et de l'incertitude qui est prévalente aujourd'hui.
03:17Évidemment, on pose question sur est-ce que je vais vraiment recruter ?
03:20Néanmoins, on a vu une dynamique sur le recrutement temporaire à tout niveau d'ailleurs.
03:25Mais l'un alimentant l'autre peut-être, c'est-à-dire qu'on fait des choix,
03:27je ne fais pas de long terme pour faire des contrats courts.
03:31Absolument. Et d'ailleurs, on voit qu'il y a souvent des entreprises qui, une fois qu'elles ont ajusté leurs effectifs à la hausse ou à la baisse, d'ailleurs,
03:41sont plutôt sélectives après sur les personnes qu'elles recrutent de manière permanente.
03:46Mais oui, globalement, la bonne nouvelle, c'est qu'il y a eu une protection sur les baisses de charges sur le travail,
03:55ce qui est une bonne chose, ce qui est une très très bonne chose.
03:58Ça, ça aurait été dramatique. Je pense que le patronat a beaucoup insisté là-dessus.
04:03Et donc, voilà, après la surtaxe sur les entreprises, on va vivre avec.
04:06Mais est-ce que vous avez l'impression, du coup, qu'aujourd'hui, avec la macroéconomie, qui tient quand même,
04:10parce qu'on a fait 0,9 de croissance sur l'année, ça aurait pu être pire, on nous a annoncé une crise économique.
04:15Alors bon, 0,9, c'est quand même pas mal. Est-ce que vous avez l'impression que là, on a changé d'air ?
04:19C'est-à-dire que désormais, quand même, les employeurs ont repris la main sur le recrutement
04:24et qu'on a moins de talents qui font le marché ?
04:26Oui, alors ça dépend. Il y a une variété sur l'ensemble des talents.
04:31Il y a une pénurie sur certains profils.
04:34Il y a, on va dire, certains profils qui sont plus nombreux.
04:42Non, le point fondamental, je crois que ce qu'il faut avoir en tête, c'est l'incertitude.
04:50Ça fait trois ans qu'on vit l'incertitude.
04:52Et les chefs d'entreprise se disent, maintenant, je vais arrêter de faire 50 scénarios de planification.
04:56J'avance, je sais ce que j'ai à faire.
04:59Et donc, j'adapte mes ressources à mes objectifs.
05:02Mais il y avait cette idée que les entreprises avaient très peur de perdre des talents
05:06avec des contrats de rétention, avec cette envie de dire qu'il ne faut pas qu'ils bougent.
05:12Ça, ça existe toujours ou pas ?
05:13Alors, le marché a été assez calme jusqu'en 2023-2024
05:17parce qu'effectivement, les entreprises ont fait beaucoup d'efforts après le Covid.
05:21Après le Covid, il y a eu cette fameuse...
05:23Le nouveau monde.
05:24Le nouveau monde et puis la grande démission.
05:28C'est fini, ça.
05:29Ça, c'est fini.
05:30Et on voit un marché qui, effectivement, était beaucoup plus calme
05:33et qui est en train plutôt de s'activer justement sur la partie plutôt flexible, l'agilité
05:39que sur des grandes masses de recrutement qui étaient plutôt du 2021-2022.
05:48Aujourd'hui, vous me parlez de tensions.
05:49Où est-ce qu'il y a encore aujourd'hui des très très fortes tensions sur le recrutement ?
05:53Il y a des tensions.
05:54Alors, sur certains profils technologiques, notamment sur l'IA, on voit bien sûr qu'il y a...
05:59Malgré toutes les écoles d'IA, malgré...
06:01Oui, bien sûr, bien sûr.
06:02Mais vous savez, c'est des...
06:04C'est long.
06:05C'est long.
06:05Et puis, il faut le temps de former les gens, etc.
06:07Il y a aussi, dans certains domaines comme la santé, dans l'hospitalité, sur des profils
06:12moins qualifiés, mais néanmoins qui sont essentiels à la vie dans la société,
06:18il y a une vraie demande actuellement et une pénurie de talent.
06:20Merci beaucoup, Denis Machuel, d'avoir été avec nous ce matin dans la matinale de l'économie
06:24depuis Davos.
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