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  • il y a 11 heures
Denis Machuel, directeur général d'Adecco, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mercredi 21 janvier. Il s'est penché sur les atouts de l'évolution de l'intelligence artificielle sur le marché de l'emploi en France dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On vous retrouve sans plus tarder, Laure Closier, la journée va beaucoup tourner autour de Donald Trump.
00:03Bien sûr, le président américain qui est en route vers les Alpes Suisses, il doit s'exprimer sur scène en début d'après-midi.
00:10Mais ici, à BFM Business, sur RMC Live, on n'oublie pas que c'est un forum économique.
00:14Et la parole est donc aussi, bien sûr, au chef d'entreprise avec vous.
00:20Absolument, Erwann et les chefs d'entreprise, ils ont beaucoup parlé d'intelligence artificielle hier.
00:25C'était un peu la journée française.
00:26On est avec Denis Machuel, bonjour, vous êtes le directeur général d'ADECO.
00:30On va parler d'emploi évidemment avec vous dans un instant.
00:33Mais avant ce forum, dans une tension particulière quand même ce matin, hier, cette journée française,
00:37avec ses annonces sur l'intelligence artificielle, il y a deux sujets.
00:40Il y a l'IA, il y a Trump et Yann Lequin, c'est les deux sujets ici à Davos.
00:44Sur l'intelligence artificielle, vous qui regardez l'emploi de très près, on a des atouts clairement en France.
00:50Ce n'est pas uniquement de la communication de la part d'Emmanuel Macron ?
00:53Non, ce n'est pas un hasard si Yann Lequin a décidé de s'établir en France.
00:56C'est d'ailleurs une très très bonne nouvelle.
00:57Ça reflète assez nettement la qualité des talents déjà en France, puisque quand on parle d'IA,
01:04on parle aussi des hommes et des femmes qui la mettent en œuvre.
01:07Et donc c'est un choix stratégique qui a été fait et qui est une très bonne nouvelle pour la France,
01:11mais qui est simplement le reflet de la qualité du système éducatif,
01:15du fait que la France est aussi un territoire stable,
01:17qui offre un environnement pour le business qui est plutôt favorable.
01:23On est toujours attractif ?
01:25Bien sûr qu'on l'est, bien sûr.
01:27D'ailleurs, les chefs d'entreprise en France ou à l'étranger avec lesquels je parle aujourd'hui
01:31nous disent bien qu'il y a de l'incertitude.
01:35La politique en France n'a pas beaucoup aidé, il faut se le dire.
01:38On est un peu en recherche de stabilité.
01:40Néanmoins, les ingrédients fondamentaux qui font qu'un business se développe sont là en France comme en Europe d'ailleurs.
01:48Donc une annonce comme hier d'un sorte de hub européen en France sur l'intelligence artificielle.
01:54Potentiellement, est-ce que vous, Adéco, vous allez aller chercher des talents dans l'Europe entière pour les faire venir dans ce hub précisément ?
01:59C'est ce qu'on fait déjà.
02:00Nous, on est le leader mondial dans le domaine du talent.
02:05Et notre priorité, c'est toujours d'aller chercher les talents là où ils sont.
02:09On voit bien que, notamment en Europe, il y a une fluidité du marché qui l'est à ce marché unique,
02:14qui a apporté beaucoup, beaucoup d'atouts à l'Europe en elle-même.
02:18Donc, bien sûr qu'on va accompagner ce mouvement.
02:21On a notre filiale d'ingénierie à Codis qui est très avancée sur l'IA depuis des années.
02:28Et donc, c'est très, très prometteur tout cela.
02:29Bon, il y a quand même nos sujets budgétaires.
02:31Lundi, quand on est arrivé ici à Davos, c'était encore un peu un sujet dans la tête des chefs d'entreprise.
02:36À quel point aujourd'hui, vous avez l'impression que l'annonce de la surtaxe,
02:40le fait que sur les impôts, il n'y aura pas de baisse de la CVAE à attendre,
02:43ça a un impact direct sur les recrutements ?
02:45Alors, ce qu'on a vu sur ces derniers temps, et d'ailleurs, c'est plutôt lié à la macroéconomie et à la géopolitique,
02:51ce qu'on a vu, c'est qu'en 2025, le recrutement permanent a été ralenti à peu près partout,
02:58à part en Asie et en Amérique latine, mais en Europe et aux Etats-Unis.
03:02Les entreprises ont privilégié la flexibilité, l'agilité par rapport à ce qu'on appelle le recrutement permanent.
03:10C'est un indicateur de confiance sur l'avenir et de l'incertitude qui est prévalente aujourd'hui.
03:17Évidemment, on pose question sur est-ce que je vais vraiment recruter ?
03:20Néanmoins, on a vu une dynamique sur le recrutement temporaire à tout niveau d'ailleurs.
03:25Mais l'un alimentant l'autre peut-être, c'est-à-dire qu'on fait des choix,
03:27je ne fais pas de long terme pour faire des contrats courts.
03:31Absolument. Et d'ailleurs, on voit qu'il y a souvent des entreprises qui, une fois qu'elles ont ajusté leurs effectifs à la hausse ou à la baisse, d'ailleurs,
03:41sont plutôt sélectives après sur les personnes qu'elles recrutent de manière permanente.
03:46Mais oui, globalement, la bonne nouvelle, c'est qu'il y a eu une protection sur les baisses de charges sur le travail,
03:55ce qui est une bonne chose, ce qui est une très très bonne chose.
03:58Ça, ça aurait été dramatique. Je pense que le patronat a beaucoup insisté là-dessus.
04:03Et donc, voilà, après la surtaxe sur les entreprises, on va vivre avec.
04:06Mais est-ce que vous avez l'impression, du coup, qu'aujourd'hui, avec la macroéconomie, qui tient quand même,
04:10parce qu'on a fait 0,9 de croissance sur l'année, ça aurait pu être pire, on nous a annoncé une crise économique.
04:15Alors bon, 0,9, c'est quand même pas mal. Est-ce que vous avez l'impression que là, on a changé d'air ?
04:19C'est-à-dire que désormais, quand même, les employeurs ont repris la main sur le recrutement
04:24et qu'on a moins de talents qui font le marché ?
04:26Oui, alors ça dépend. Il y a une variété sur l'ensemble des talents.
04:31Il y a une pénurie sur certains profils.
04:34Il y a, on va dire, certains profils qui sont plus nombreux.
04:42Non, le point fondamental, je crois que ce qu'il faut avoir en tête, c'est l'incertitude.
04:50Ça fait trois ans qu'on vit l'incertitude.
04:52Et les chefs d'entreprise se disent, maintenant, je vais arrêter de faire 50 scénarios de planification.
04:56J'avance, je sais ce que j'ai à faire.
04:59Et donc, j'adapte mes ressources à mes objectifs.
05:02Mais il y avait cette idée que les entreprises avaient très peur de perdre des talents
05:06avec des contrats de rétention, avec cette envie de dire qu'il ne faut pas qu'ils bougent.
05:12Ça, ça existe toujours ou pas ?
05:13Alors, le marché a été assez calme jusqu'en 2023-2024
05:17parce qu'effectivement, les entreprises ont fait beaucoup d'efforts après le Covid.
05:21Après le Covid, il y a eu cette fameuse...
05:23Le nouveau monde.
05:24Le nouveau monde et puis la grande démission.
05:28C'est fini, ça.
05:29Ça, c'est fini.
05:30Et on voit un marché qui, effectivement, était beaucoup plus calme
05:33et qui est en train plutôt de s'activer justement sur la partie plutôt flexible, l'agilité
05:39que sur des grandes masses de recrutement qui étaient plutôt du 2021-2022.
05:48Aujourd'hui, vous me parlez de tensions.
05:49Où est-ce qu'il y a encore aujourd'hui des très très fortes tensions sur le recrutement ?
05:53Il y a des tensions.
05:54Alors, sur certains profils technologiques, notamment sur l'IA, on voit bien sûr qu'il y a...
05:59Malgré toutes les écoles d'IA, malgré...
06:01Oui, bien sûr, bien sûr.
06:02Mais vous savez, c'est des...
06:04C'est long.
06:05C'est long.
06:05Et puis, il faut le temps de former les gens, etc.
06:07Il y a aussi, dans certains domaines comme la santé, dans l'hospitalité, sur des profils
06:12moins qualifiés, mais néanmoins qui sont essentiels à la vie dans la société,
06:18il y a une vraie demande actuellement et une pénurie de talent.
06:20Merci beaucoup, Denis Machuel, d'avoir été avec nous ce matin dans la matinale de l'économie
06:24depuis Davos.
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