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  • il y a 7 minutes
Olivier Menut, directeur général et fondateur d'Orikio, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 10 mars. Il nous présente une innovation qui détecte en temps réel, grâce au son, toutes les situations anormales en cours d'assistance des personnes fragiles, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Ce matin avec nous dans la French Tech, une innovation qui détecte en temps réel toutes les situations anormales.
00:05Ça s'appelle Oricchio. Bonjour Olivier Menuh.
00:07Bonjour.
00:08Bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:10Vous détectez tout ce qu'il y a d'anormal sans capteur, sans vidéosurveillance grâce aux sons.
00:16Comment ça marche ?
00:17Oui, alors on a besoin d'un capteur, c'est un capteur de sons en fait.
00:19Nous on est spécialisés sur les sons et notre IA analyse les sons en temps réel
00:25pour comprendre tout ce qu'il y a besoin d'être compris pour assister les personnes fragiles.
00:30Donc là, l'image que je donne toujours, c'est quand vous êtes chez vous, par exemple,
00:34que vous êtes assise dans votre canapé, que vous fermez les yeux, que vous écoutez,
00:37rien qu'avec une oreille, vous serez capable de comprendre extrêmement finement ce qui se passe autour de vous.
00:42Et surtout, vous comprendrez si vous devez ou pas intervenir,
00:45ce que font les enfants dans le couloir, ce qui se passe dans les chambres.
00:48C'est vraiment ça la puissance du son.
00:50Et ça, c'est le point de départ de notre entreprise.
00:52Donc, votre marché, c'est par exemple un EHPAD où il y aurait ce capteur dans une chambre
00:58et puis comme ça, on sait s'il faut intervenir ou pas ?
01:01Tout à fait. Alors, on équipe les EHPAD, on équipe également les établissements handicap,
01:07on équipe aussi les domiciles, on colle littéralement le boîtier sur le mur de la chambre.
01:12Coller une oreille, quoi.
01:12Oui, c'est bon ça, coller une oreille en fait.
01:14On colle une oreille et puis l'oreille écoute, l'oreille analyse et l'oreille alerte
01:20lorsqu'il y a une situation anormale.
01:21Alors, c'est quoi ? Quel type de situation ? Jusqu'à quel niveau de finesse votre...
01:25Alors, vous dites capteur, mais en fait, c'est des micros, quoi.
01:27Exactement, c'est un micro.
01:29Et donc, qu'est-ce qu'on va pouvoir détecter comme situation anormale ?
01:31C'est une chute, j'imagine ?
01:32Alors, bien sûr, vous détectez les chutes, vous détectez les gens qui vomissent,
01:35vous détectez les gens qui pleurent, les gens qui crient, les gens qui appellent à l'aide,
01:40les gens qui s'étouffent, les gens qui sont en détresse respiratoire.
01:44Bref, tout ce qui fait que si un soignant avait pu avoir en permanence son oreille collée à la porte
01:50de la chambre,
01:50eh bien, ils seraient rentrés pour intervenir.
01:53C'est ça, Auricchio.
01:53Mais on peut tout détecter parce qu'il y a des chutes qui sont silencieuses
01:56ou qui ne font pas beaucoup de bruit.
01:57Donc, vraiment, là, votre oreille numérique, elle est capable vraiment de détecter,
02:02même si ça se passe à 20 mètres et que je suis tombé sur une moquette, par exemple ?
02:06Oui, exactement.
02:07En fait, notre système fonctionne un peu comme un rasoir qui aurait plusieurs lames.
02:11En fait, la première lame, c'est la détection du bruit de la chute.
02:14Bon, mais puis il y a des chutes qui ne font pas de bruit.
02:16Dans ce cas-là, on va détecter si la pecerone, après, verbalise, si elle appelle à l'aide,
02:21si elle pleure, si elle souffre.
02:25Bref, au fur et à mesure, on met toutes ces lames et à la fin, le poil est coupé, entre
02:29guillemets,
02:30la chute est détectée.
02:31Mais qui écoute ?
02:32C'est comme Securitas, il y a des gens et puis on appelle des soignants
02:36ou c'est directement dans l'EHPAD, par exemple ?
02:39Alors, c'est notre système qui analyse les sons, en fait.
02:41Notre IA, nous, elle analyse les sons au fur et à mesure
02:44et lorsqu'elle a trouvé quelque chose d'inormal,
02:46elle appelle soit un soignant de l'EHPAD,
02:50ce qu'on sait en établissement,
02:51ou alors elle appelle un prestataire de téléassistance
02:55quand c'est à domicile, en fait.
02:56Il y a toujours un humain au bout de la chaîne, là,
02:59pour déclencher l'intervention et la suivre.
03:01Il y a quand même une question d'acceptabilité sociale,
03:03parce qu'on parlait littéralement de coller une oreille au mur,
03:06mais c'est vraiment jusqu'à quel point on peut se poser la question
03:09de est-ce que ça porte atteinte à la vie privée,
03:12voire à la dignité des personnes ?
03:13Là, pour le coup, vous avez quand même un micro installé en permanence
03:16qui écoute ce que vous faites.
03:17Exactement.
03:19Déjà, notre oreille, elle écoute, elle analyse,
03:22mais elle ne conserve pas les sons.
03:24Donc, ça veut dire qu'elle analyse au fil de l'eau
03:25et elle alerte lorsqu'elle a trouvé quelque chose d'anormal.
03:28Et après, ce sujet-là, c'est vraiment de rendre un service
03:31qui est proportionné aux besoins des personnes.
03:33Il ne faut pas aller trop loin.
03:33Il faut vraiment analyser, ne pas vouloir fournir un service trop vague,
03:39mais par contre, un service qui soit proportionné
03:40vraiment aux besoins des personnes qu'on veut assister.
03:42Mais les conversations, par exemple, elles sont analysées ou enregistrées ?
03:45Non, elles ne sont pas enregistrées.
03:46Elles sont analysées si une personne s'exprime en disant
03:49« Ah, je vais mourir, aidez-moi, j'ai une urgence ».
03:52Bien sûr, ça va déclencher une alerte,
03:53mais après, le reste, on n'en fait rien.
03:55La finalité de notre système est vraiment l'assistance des personnes.
03:57Donc, il y a des mots sur lesquels ça se déclenche et pas d'autres.
04:01Bien sûr, bien sûr. Tous les mots qui signifient que la personne a besoin d'être assistée.
04:07Votre premier marché, c'est le Japon. C'est là où vous vous développez prioritairement.
04:11Pourtant, il y a des seigneurs partout, désormais.
04:13Notre premier marché, ce n'est pas le Japon.
04:14Notre premier marché, c'est la France et l'Europe.
04:16Mais maintenant, on commercialise et on accélère fortement au Japon.
04:19Et ça, c'est un élément qui est...
04:22En 2018, quand on a monté la boîte,
04:24on sentait bien que le son était quelque chose d'universel
04:27et que, quelque part, les cris de souffrance
04:28ou les expressions de souffrance d'une personne en France,
04:31quelqu'un qui parle français, qui a grandi en France,
04:33ça devait être à peu près la même chose
04:35que, quelque part, un Japonais qui appellerait à l'aide,
04:39qui crierait.
04:39Même si les mots sont différents, même si le contexte est différent,
04:43l'intention est la même.
04:44Donc, ça, c'était notre point de départ,
04:46être capable de...
04:47Qu'une intelligence universelle, française par exemple,
04:50soit capable de comprendre tout ce qui se passe,
04:52quelle que soit la langue, quelle que soit la culture.
04:54Donc, ça, c'était l'idée de départ et, au final, ça marche.
04:56Nos clients sont extrêmement contents du service,
04:59que ce soit en Europe, dans l'Europe du Nord ou au Japon.
05:03Et c'est la même IA qui est capable de comprendre tout ça.
05:06Je pense qu'il y a un truc comme, je ne sais pas moi,
05:08un cerveau reptilien qui est derrière ça,
05:11qui est universel, en fait.
05:13La douleur.
05:14Le cri de douleur, c'est quelque chose qui se comprend,
05:16quelle que soit votre culture, et ainsi de suite.
05:18Et en termes d'investissement, ça représente quoi ?
05:20Parce que là, on parlait...
05:21Alors, au Japon, je ne sais pas quelle est la situation dans les EHPAD,
05:22mais en France, on en parle assez régulièrement.
05:24Ils sont à compter les biscottes le matin pour le petit-déjeuner.
05:27Donc, est-ce qu'ils ont les moyens et l'envie d'investir
05:29dans des systèmes acoustiques de haute précision ?
05:32Oui. Alors, le prix de notre système est assez léger.
05:36Et nous, on vient remplacer des systèmes d'appels malades, en fait.
05:39Dans les établissements, vous avez des appels malades qui sont installés.
05:42C'est des petits boutons sur lesquels on appuie, et ainsi de suite.
05:44Ça, c'est quelque chose qui était très bien il y a 20 ans.
05:46Mais aujourd'hui, avec le niveau de dépendance qui monte,
05:49nos clients nous disent qu'il n'y a pas plus de 15% des résidents des EHPAD
05:52qui sont capables d'utiliser cet appel malade à bon escient.
05:54Donc, vous en avez 15% qui peuvent l'utiliser,
05:57et les 85% qui restent ne sont pas capables de l'utiliser, en fait.
06:02Donc, nous, on vient remplacer cet équipement
06:03qui marchait bien avant et devenu obsolète aujourd'hui.
06:06Merci beaucoup d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
06:09Olivier Menu, le directeur général et fondateur d'Oricchio.
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