00:00Ce matin avec nous dans la French Tech, une innovation qui détecte en temps réel toutes les situations anormales.
00:05Ça s'appelle Oricchio. Bonjour Olivier Menuh.
00:07Bonjour.
00:08Bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:10Vous détectez tout ce qu'il y a d'anormal sans capteur, sans vidéosurveillance grâce aux sons.
00:16Comment ça marche ?
00:17Oui, alors on a besoin d'un capteur, c'est un capteur de sons en fait.
00:19Nous on est spécialisés sur les sons et notre IA analyse les sons en temps réel
00:25pour comprendre tout ce qu'il y a besoin d'être compris pour assister les personnes fragiles.
00:30Donc là, l'image que je donne toujours, c'est quand vous êtes chez vous, par exemple,
00:34que vous êtes assise dans votre canapé, que vous fermez les yeux, que vous écoutez,
00:37rien qu'avec une oreille, vous serez capable de comprendre extrêmement finement ce qui se passe autour de vous.
00:42Et surtout, vous comprendrez si vous devez ou pas intervenir,
00:45ce que font les enfants dans le couloir, ce qui se passe dans les chambres.
00:48C'est vraiment ça la puissance du son.
00:50Et ça, c'est le point de départ de notre entreprise.
00:52Donc, votre marché, c'est par exemple un EHPAD où il y aurait ce capteur dans une chambre
00:58et puis comme ça, on sait s'il faut intervenir ou pas ?
01:01Tout à fait. Alors, on équipe les EHPAD, on équipe également les établissements handicap,
01:07on équipe aussi les domiciles, on colle littéralement le boîtier sur le mur de la chambre.
01:12Coller une oreille, quoi.
01:12Oui, c'est bon ça, coller une oreille en fait.
01:14On colle une oreille et puis l'oreille écoute, l'oreille analyse et l'oreille alerte
01:20lorsqu'il y a une situation anormale.
01:21Alors, c'est quoi ? Quel type de situation ? Jusqu'à quel niveau de finesse votre...
01:25Alors, vous dites capteur, mais en fait, c'est des micros, quoi.
01:27Exactement, c'est un micro.
01:29Et donc, qu'est-ce qu'on va pouvoir détecter comme situation anormale ?
01:31C'est une chute, j'imagine ?
01:32Alors, bien sûr, vous détectez les chutes, vous détectez les gens qui vomissent,
01:35vous détectez les gens qui pleurent, les gens qui crient, les gens qui appellent à l'aide,
01:40les gens qui s'étouffent, les gens qui sont en détresse respiratoire.
01:44Bref, tout ce qui fait que si un soignant avait pu avoir en permanence son oreille collée à la porte
01:50de la chambre,
01:50eh bien, ils seraient rentrés pour intervenir.
01:53C'est ça, Auricchio.
01:53Mais on peut tout détecter parce qu'il y a des chutes qui sont silencieuses
01:56ou qui ne font pas beaucoup de bruit.
01:57Donc, vraiment, là, votre oreille numérique, elle est capable vraiment de détecter,
02:02même si ça se passe à 20 mètres et que je suis tombé sur une moquette, par exemple ?
02:06Oui, exactement.
02:07En fait, notre système fonctionne un peu comme un rasoir qui aurait plusieurs lames.
02:11En fait, la première lame, c'est la détection du bruit de la chute.
02:14Bon, mais puis il y a des chutes qui ne font pas de bruit.
02:16Dans ce cas-là, on va détecter si la pecerone, après, verbalise, si elle appelle à l'aide,
02:21si elle pleure, si elle souffre.
02:25Bref, au fur et à mesure, on met toutes ces lames et à la fin, le poil est coupé, entre
02:29guillemets,
02:30la chute est détectée.
02:31Mais qui écoute ?
02:32C'est comme Securitas, il y a des gens et puis on appelle des soignants
02:36ou c'est directement dans l'EHPAD, par exemple ?
02:39Alors, c'est notre système qui analyse les sons, en fait.
02:41Notre IA, nous, elle analyse les sons au fur et à mesure
02:44et lorsqu'elle a trouvé quelque chose d'inormal,
02:46elle appelle soit un soignant de l'EHPAD,
02:50ce qu'on sait en établissement,
02:51ou alors elle appelle un prestataire de téléassistance
02:55quand c'est à domicile, en fait.
02:56Il y a toujours un humain au bout de la chaîne, là,
02:59pour déclencher l'intervention et la suivre.
03:01Il y a quand même une question d'acceptabilité sociale,
03:03parce qu'on parlait littéralement de coller une oreille au mur,
03:06mais c'est vraiment jusqu'à quel point on peut se poser la question
03:09de est-ce que ça porte atteinte à la vie privée,
03:12voire à la dignité des personnes ?
03:13Là, pour le coup, vous avez quand même un micro installé en permanence
03:16qui écoute ce que vous faites.
03:17Exactement.
03:19Déjà, notre oreille, elle écoute, elle analyse,
03:22mais elle ne conserve pas les sons.
03:24Donc, ça veut dire qu'elle analyse au fil de l'eau
03:25et elle alerte lorsqu'elle a trouvé quelque chose d'anormal.
03:28Et après, ce sujet-là, c'est vraiment de rendre un service
03:31qui est proportionné aux besoins des personnes.
03:33Il ne faut pas aller trop loin.
03:33Il faut vraiment analyser, ne pas vouloir fournir un service trop vague,
03:39mais par contre, un service qui soit proportionné
03:40vraiment aux besoins des personnes qu'on veut assister.
03:42Mais les conversations, par exemple, elles sont analysées ou enregistrées ?
03:45Non, elles ne sont pas enregistrées.
03:46Elles sont analysées si une personne s'exprime en disant
03:49« Ah, je vais mourir, aidez-moi, j'ai une urgence ».
03:52Bien sûr, ça va déclencher une alerte,
03:53mais après, le reste, on n'en fait rien.
03:55La finalité de notre système est vraiment l'assistance des personnes.
03:57Donc, il y a des mots sur lesquels ça se déclenche et pas d'autres.
04:01Bien sûr, bien sûr. Tous les mots qui signifient que la personne a besoin d'être assistée.
04:07Votre premier marché, c'est le Japon. C'est là où vous vous développez prioritairement.
04:11Pourtant, il y a des seigneurs partout, désormais.
04:13Notre premier marché, ce n'est pas le Japon.
04:14Notre premier marché, c'est la France et l'Europe.
04:16Mais maintenant, on commercialise et on accélère fortement au Japon.
04:19Et ça, c'est un élément qui est...
04:22En 2018, quand on a monté la boîte,
04:24on sentait bien que le son était quelque chose d'universel
04:27et que, quelque part, les cris de souffrance
04:28ou les expressions de souffrance d'une personne en France,
04:31quelqu'un qui parle français, qui a grandi en France,
04:33ça devait être à peu près la même chose
04:35que, quelque part, un Japonais qui appellerait à l'aide,
04:39qui crierait.
04:39Même si les mots sont différents, même si le contexte est différent,
04:43l'intention est la même.
04:44Donc, ça, c'était notre point de départ,
04:46être capable de...
04:47Qu'une intelligence universelle, française par exemple,
04:50soit capable de comprendre tout ce qui se passe,
04:52quelle que soit la langue, quelle que soit la culture.
04:54Donc, ça, c'était l'idée de départ et, au final, ça marche.
04:56Nos clients sont extrêmement contents du service,
04:59que ce soit en Europe, dans l'Europe du Nord ou au Japon.
05:03Et c'est la même IA qui est capable de comprendre tout ça.
05:06Je pense qu'il y a un truc comme, je ne sais pas moi,
05:08un cerveau reptilien qui est derrière ça,
05:11qui est universel, en fait.
05:13La douleur.
05:14Le cri de douleur, c'est quelque chose qui se comprend,
05:16quelle que soit votre culture, et ainsi de suite.
05:18Et en termes d'investissement, ça représente quoi ?
05:20Parce que là, on parlait...
05:21Alors, au Japon, je ne sais pas quelle est la situation dans les EHPAD,
05:22mais en France, on en parle assez régulièrement.
05:24Ils sont à compter les biscottes le matin pour le petit-déjeuner.
05:27Donc, est-ce qu'ils ont les moyens et l'envie d'investir
05:29dans des systèmes acoustiques de haute précision ?
05:32Oui. Alors, le prix de notre système est assez léger.
05:36Et nous, on vient remplacer des systèmes d'appels malades, en fait.
05:39Dans les établissements, vous avez des appels malades qui sont installés.
05:42C'est des petits boutons sur lesquels on appuie, et ainsi de suite.
05:44Ça, c'est quelque chose qui était très bien il y a 20 ans.
05:46Mais aujourd'hui, avec le niveau de dépendance qui monte,
05:49nos clients nous disent qu'il n'y a pas plus de 15% des résidents des EHPAD
05:52qui sont capables d'utiliser cet appel malade à bon escient.
05:54Donc, vous en avez 15% qui peuvent l'utiliser,
05:57et les 85% qui restent ne sont pas capables de l'utiliser, en fait.
06:02Donc, nous, on vient remplacer cet équipement
06:03qui marchait bien avant et devenu obsolète aujourd'hui.
06:06Merci beaucoup d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
06:09Olivier Menu, le directeur général et fondateur d'Oricchio.
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