00:008h22 sur BFBusiness et sur RMC Life. Notre invité dans la French Tech ce matin c'est Margot Chevière.
00:05Bonjour, vous êtes la fondatrice d'Aquest, toute jeune société de conseil en fusion acquisition dédiée aux entrepreneurs et aux
00:11investisseurs tech.
00:12Vous étiez auparavant chez Rothschild. Dans un papier, dans les échos que j'ai lu sur vous, on raconte que
00:17vous étiez chez Rothschild.
00:19Vous trouviez que ça manquait un peu d'agilité, qu'il y avait des segments qui n'étaient pas adressés
00:23type PME, éditeurs de logiciels, etc.
00:26Donc vous avez créé votre structure.
00:27Absolument.
00:28C'est ça l'histoire. Vous êtes lancée toute seule de votre côté en quittant quand même une grosse boîte,
00:33Rothschild, comme ça.
00:35Bonjour Laure, bonjour Anthony. Effectivement, j'ai passé un peu plus de 10 ans dans les grandes banques d'affaires
00:41françaises, Rothschild et d'autres.
00:44Et ce que j'ai constaté sur le marché, pas forcément chez Rothschild, mais en général, c'est que les
00:51entrepreneurs et entreprises tech sur le secteur, sur le segment small cap,
00:56donc plutôt sur des opérations entre 10 et 50 millions, n'étaient pas forcément bien adressés, notamment sur la tech,
01:04parce que c'est un métier de spécialiste.
01:06Il faut avoir une lecture sectorielle très fine pour bien comprendre les enjeux de l'IA, l'impact sur les
01:13business models, etc.
01:16Et du coup, j'ai décidé de fonder ma structure pour adresser ce segment spécifique.
01:21Donc le but, c'est de mettre en œuvre le savoir-faire des grandes banques d'affaires avec plus d
01:26'agilité pour pouvoir justement adresser ces petites entreprises.
01:30Est-ce que ce n'est pas justement parce que le segment entre 10 et 50 millions, c'est beaucoup
01:33plus difficile ?
01:34Il y a moins d'opérations ? Est-ce que ce n'est pas pour ça que ce n'était
01:36pas adressé ?
01:37Non, je ne dirais pas qu'il y a moins d'opérations. En France, il y a 2000 éditeurs de
01:40logiciels qui font entre 1 et 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.
01:44Donc c'est un vivier très important. Il y a beaucoup d'entreprises et d'entrepreneurs brillants et de transactions
01:52qui se font.
01:53Après, c'est juste que les grandes banques n'ont pas forcément le modèle économique qui permet d'adresser ces
01:58tailles de sociétés,
01:58puisqu'elles ont des armées juridiques, etc. derrière. Et donc le but, c'est vraiment d'être agile pour pouvoir
02:05servir ces entrepreneurs.
02:06Et le but, c'est de leur apporter les meilleures conditions de cession. Donc bien sûr le prix, mais il
02:12n'y a pas que le prix dans une cession.
02:14Il y a toutes les conditions qui vont autour, le paiement, la garantie juridique, etc.
02:19Anthony ?
02:20Alors agile, ça veut dire que vous êtes toute seule, donc c'est très agile là pour le coup.
02:23Alors pour l'instant, je suis toute seule effectivement en tant que personne d'Aquest.
02:28Après, sur les différentes missions, on procède de manière justement avec des ressources qui viennent pour renforcer les dossiers au
02:36cas par cas.
02:37Oui, parce que c'était ma question en fait.
02:40C'était parce que vous le disiez, il faut avoir une connaissance fine.
02:43En plus, on parle de la tech, mais la tech, c'est plein plein de choses en fait.
02:45Ça va de l'IA sur des modèles prédictifs à du logiciel.
02:49Enfin, il y a énormément, énormément de choses.
02:51Comment est-ce qu'on fait pour analyser ces dossiers et avoir une certitude sur le prix auquel va être
02:55revendue une startup ?
02:57Pour avoir un accompagnement qui est hyper précis ?
02:59En discutant avec les investisseurs que je côtoie déjà depuis un certain temps, on voit exactement ce qu'ils cherchent.
03:06Ce qu'ils cherchent quand ils regardent des éditeurs de logiciels, ça va être des éditeurs qui vont avoir de
03:12la data propriétaire,
03:14qui vont être imbriqués dans les workflows des clients.
03:16En fait, ils cherchent ce qu'ils appellent du mission critical.
03:19Et pour eux, c'est quoi ?
03:21C'est un logiciel qui est imbriqué tellement fort dans les process du client que si on le retourne, la
03:27société finalement cliente s'arrête de tourner.
03:29Et c'est ça justement, notamment, ça se renforce avec ce qu'on constate sur l'IA,
03:33où là, il y a un véritable tri qui se fait entre les éditeurs de logiciels.
03:36Vous avez d'une part les éditeurs qui vont être un peu horizontaux,
03:41perçus comme ayant peu de barrières à l'entrée.
03:43Et d'autre part, les éditeurs verticaux, avec de la data propriétaire,
03:48sont vraiment impliqués dans les workflows des clients.
03:50Mais moi, j'ai envie de vous suivre.
03:53Mais quand vous vous retrouvez dans des appels d'offres avec Rothschild en face de vous,
03:56des gros acteurs, vous faites quoi ?
03:58Comment vous arrivez à gagner le contraint ?
04:01Alors, on ne se retrouve pas dans les appels d'offres contre les Rothschilds et les sociétés.
04:06C'est des dossiers qui sont justement en dessous de leur modèle économique
04:11et donc qui ne sont pas forcément adressés, ou en tout cas, ce n'est pas leur cœur de métier.
04:15Et donc, pour nous, c'est nos dossiers prioritaires.
04:20Donc, on est totalement dédiés à cette tranche de valorisation entre 10 et 50 millions.
04:25Et donc là, vous qui avez une vision un peu transversale du secteur,
04:28c'est quoi les segments de marché, les plus porteurs et les pépites que vous avez dénichées ?
04:33Ce qu'on remarque, c'est qu'effectivement, c'est tout ce qui va être logiciel verticaux.
04:40Et donc, par exemple, vous avez tout ce qui est logiciel industriel,
04:43où ça va être lié à de la data propriétaire.
04:48C'est vraiment, il faut une connaissance sectorielle, métier très très fort
04:51pour pouvoir produire un logiciel industriel.
04:56Ça, pour l'instant, les LLM...
04:57Et les acquéreurs, ils viennent chercher ces technologies-là,
05:00ou est-ce qu'ils viennent chercher des talents ?
05:02On voit beaucoup dans la Silicon Valley, on parlait de Mark Zuckerberg à l'instant,
05:05qui débauchent dans le domaine de l'intelligence artificielle.
05:07Et parfois, il va acheter une entreprise, 1 milliard ou 2 milliards de dollars...
05:10Juste pour avoir le fondateur.
05:12C'est ça, pour avoir le fondateur, ou pour avoir une équipe d'ingénieurs,
05:14en estimant qu'il va pouvoir les recaser derrière sur sa recherche sur l'intelligence artificielle.
05:19Est-ce que c'est des choses que vous observez aussi sur le marché français ?
05:21Aussi, il y a les deux. Il y a les fonds d'investissement, bien sûr.
05:24Eux, ils cherchent des entreprises qui soient stables et dans lesquelles ils peuvent investir.
05:29Et après, il y a deux cas pour les investisseurs d'e-corporate.
05:33Eux, ils peuvent rechercher soit une brique technologique qui leur manque
05:36pour aller plus vite dans leur déploiement, ou ça peut être également une équipe.
05:41Il y a les deux configurations.
05:43Mais sur le marché du logiciel, on voit quand même des titres qui sont balayés en bourse
05:46ces derniers temps à cause des dernières mises à jour dans Tropik.
05:48Ce matin, c'est IBM qui a vécu une journée terrible en boursière,
05:52qui a perdu moins 13%.
05:53Vous dites quand même qu'une partie du marché va disparaître.
05:57Comment vous voyez ça ?
05:58Je ne sais pas si elle va disparaître, mais c'est clair qu'il y a un tri qui est
06:01en train de s'effectuer.
06:02Et effectivement, il y a IBM, il y a les ServiceNow, HubSpot, Snowflake, etc.
06:07C'est des valeurs qui ont perdu entre 30 et 50% de leurs cours.
06:12Et donc, effectivement, il y a un tri très très fort qui se fait entre ces deux volets des éditeurs
06:18de logiciels.
06:19Et sur la partie, on parle beaucoup de bulles de l'intelligence artificielle.
06:23Il y a eu des valorisations qui étaient probablement excessives.
06:27C'est quoi votre retour là-dessus ?
06:29Est-ce que vous avez l'impression qu'on est dans une bulle aujourd'hui ?
06:31Justement, je pense que quand on en parle, on mélange un petit peu les deux cas.
06:35Il y a effectivement la correction des éditeurs de logiciels SaaS dont on a parlé tout à l'heure.
06:39Et puis, il y a effectivement tous ces investissements massifs dédiés à l'IA.
06:44Il y a près de 700 milliards qui vont être investis par seulement 5 sociétés dans l'IA en 2026.
06:50Donc, c'est du jamais vu en termes d'investissement sur des technologies de rupture.
06:55C'est plus de 2% du PIB américain.
06:57Et juste pour donner un ordre de grandeur,
06:59c'est effectivement 10 fois ce qui avait été dédié au projet Apollo à l'époque.
07:03Donc, c'est vraiment énormissime.
07:04Et les investisseurs se posent des questions de savoir quel sera le retour sur ces investissements.
07:10Il y a effectivement des signaux positifs.
07:12Quand on regarde l'ARR, donc le revenu annuel récurrent d'Entropy,
07:16qu'il était de 9 milliards en décembre 2025,
07:19il est de 14 milliards en février.
07:22Donc, c'est déjà un signal positif sur ces investissements qui ont été mis en place.
07:26Et puis, on voit qu'il y a quand même une réelle bascule entre le retail et l'entreprise.
07:32On voit que les entreprises passent quand même massivement depuis la fin 2025 à ces modèles-là.
07:37Donc, pour eux, c'est positif.
07:40Mais quand on regarde les montants...
07:42Il y aura quand même des investissements qui ne seront pas rentables.
07:45Il y aura des pertes là-dedans.
07:46Il y aura des gagnants et des perdants.
07:47Merci beaucoup Margot Chevillard d'être venue ce matin dans la matinale de l'économie.
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