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  • il y a 11 heures
Margaux Chevillard, fondatrice d'Acquest, était l'invitée de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 24 février. Elle a expliqué la vision de sa jeune société de conseil en fusion-acquisition, qui se démarque par son agilité et sa volonté de cibler les investisseurs ou entrepreneurs tech négligés par les banques d'affaires, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h22 sur BFBusiness et sur RMC Life. Notre invité dans la French Tech ce matin c'est Margot Chevière.
00:05Bonjour, vous êtes la fondatrice d'Aquest, toute jeune société de conseil en fusion acquisition dédiée aux entrepreneurs et aux
00:11investisseurs tech.
00:12Vous étiez auparavant chez Rothschild. Dans un papier, dans les échos que j'ai lu sur vous, on raconte que
00:17vous étiez chez Rothschild.
00:19Vous trouviez que ça manquait un peu d'agilité, qu'il y avait des segments qui n'étaient pas adressés
00:23type PME, éditeurs de logiciels, etc.
00:26Donc vous avez créé votre structure.
00:27Absolument.
00:28C'est ça l'histoire. Vous êtes lancée toute seule de votre côté en quittant quand même une grosse boîte,
00:33Rothschild, comme ça.
00:35Bonjour Laure, bonjour Anthony. Effectivement, j'ai passé un peu plus de 10 ans dans les grandes banques d'affaires
00:41françaises, Rothschild et d'autres.
00:44Et ce que j'ai constaté sur le marché, pas forcément chez Rothschild, mais en général, c'est que les
00:51entrepreneurs et entreprises tech sur le secteur, sur le segment small cap,
00:56donc plutôt sur des opérations entre 10 et 50 millions, n'étaient pas forcément bien adressés, notamment sur la tech,
01:04parce que c'est un métier de spécialiste.
01:06Il faut avoir une lecture sectorielle très fine pour bien comprendre les enjeux de l'IA, l'impact sur les
01:13business models, etc.
01:16Et du coup, j'ai décidé de fonder ma structure pour adresser ce segment spécifique.
01:21Donc le but, c'est de mettre en œuvre le savoir-faire des grandes banques d'affaires avec plus d
01:26'agilité pour pouvoir justement adresser ces petites entreprises.
01:30Est-ce que ce n'est pas justement parce que le segment entre 10 et 50 millions, c'est beaucoup
01:33plus difficile ?
01:34Il y a moins d'opérations ? Est-ce que ce n'est pas pour ça que ce n'était
01:36pas adressé ?
01:37Non, je ne dirais pas qu'il y a moins d'opérations. En France, il y a 2000 éditeurs de
01:40logiciels qui font entre 1 et 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.
01:44Donc c'est un vivier très important. Il y a beaucoup d'entreprises et d'entrepreneurs brillants et de transactions
01:52qui se font.
01:53Après, c'est juste que les grandes banques n'ont pas forcément le modèle économique qui permet d'adresser ces
01:58tailles de sociétés,
01:58puisqu'elles ont des armées juridiques, etc. derrière. Et donc le but, c'est vraiment d'être agile pour pouvoir
02:05servir ces entrepreneurs.
02:06Et le but, c'est de leur apporter les meilleures conditions de cession. Donc bien sûr le prix, mais il
02:12n'y a pas que le prix dans une cession.
02:14Il y a toutes les conditions qui vont autour, le paiement, la garantie juridique, etc.
02:19Anthony ?
02:20Alors agile, ça veut dire que vous êtes toute seule, donc c'est très agile là pour le coup.
02:23Alors pour l'instant, je suis toute seule effectivement en tant que personne d'Aquest.
02:28Après, sur les différentes missions, on procède de manière justement avec des ressources qui viennent pour renforcer les dossiers au
02:36cas par cas.
02:37Oui, parce que c'était ma question en fait.
02:40C'était parce que vous le disiez, il faut avoir une connaissance fine.
02:43En plus, on parle de la tech, mais la tech, c'est plein plein de choses en fait.
02:45Ça va de l'IA sur des modèles prédictifs à du logiciel.
02:49Enfin, il y a énormément, énormément de choses.
02:51Comment est-ce qu'on fait pour analyser ces dossiers et avoir une certitude sur le prix auquel va être
02:55revendue une startup ?
02:57Pour avoir un accompagnement qui est hyper précis ?
02:59En discutant avec les investisseurs que je côtoie déjà depuis un certain temps, on voit exactement ce qu'ils cherchent.
03:06Ce qu'ils cherchent quand ils regardent des éditeurs de logiciels, ça va être des éditeurs qui vont avoir de
03:12la data propriétaire,
03:14qui vont être imbriqués dans les workflows des clients.
03:16En fait, ils cherchent ce qu'ils appellent du mission critical.
03:19Et pour eux, c'est quoi ?
03:21C'est un logiciel qui est imbriqué tellement fort dans les process du client que si on le retourne, la
03:27société finalement cliente s'arrête de tourner.
03:29Et c'est ça justement, notamment, ça se renforce avec ce qu'on constate sur l'IA,
03:33où là, il y a un véritable tri qui se fait entre les éditeurs de logiciels.
03:36Vous avez d'une part les éditeurs qui vont être un peu horizontaux,
03:41perçus comme ayant peu de barrières à l'entrée.
03:43Et d'autre part, les éditeurs verticaux, avec de la data propriétaire,
03:48sont vraiment impliqués dans les workflows des clients.
03:50Mais moi, j'ai envie de vous suivre.
03:53Mais quand vous vous retrouvez dans des appels d'offres avec Rothschild en face de vous,
03:56des gros acteurs, vous faites quoi ?
03:58Comment vous arrivez à gagner le contraint ?
04:01Alors, on ne se retrouve pas dans les appels d'offres contre les Rothschilds et les sociétés.
04:06C'est des dossiers qui sont justement en dessous de leur modèle économique
04:11et donc qui ne sont pas forcément adressés, ou en tout cas, ce n'est pas leur cœur de métier.
04:15Et donc, pour nous, c'est nos dossiers prioritaires.
04:20Donc, on est totalement dédiés à cette tranche de valorisation entre 10 et 50 millions.
04:25Et donc là, vous qui avez une vision un peu transversale du secteur,
04:28c'est quoi les segments de marché, les plus porteurs et les pépites que vous avez dénichées ?
04:33Ce qu'on remarque, c'est qu'effectivement, c'est tout ce qui va être logiciel verticaux.
04:40Et donc, par exemple, vous avez tout ce qui est logiciel industriel,
04:43où ça va être lié à de la data propriétaire.
04:48C'est vraiment, il faut une connaissance sectorielle, métier très très fort
04:51pour pouvoir produire un logiciel industriel.
04:56Ça, pour l'instant, les LLM...
04:57Et les acquéreurs, ils viennent chercher ces technologies-là,
05:00ou est-ce qu'ils viennent chercher des talents ?
05:02On voit beaucoup dans la Silicon Valley, on parlait de Mark Zuckerberg à l'instant,
05:05qui débauchent dans le domaine de l'intelligence artificielle.
05:07Et parfois, il va acheter une entreprise, 1 milliard ou 2 milliards de dollars...
05:10Juste pour avoir le fondateur.
05:12C'est ça, pour avoir le fondateur, ou pour avoir une équipe d'ingénieurs,
05:14en estimant qu'il va pouvoir les recaser derrière sur sa recherche sur l'intelligence artificielle.
05:19Est-ce que c'est des choses que vous observez aussi sur le marché français ?
05:21Aussi, il y a les deux. Il y a les fonds d'investissement, bien sûr.
05:24Eux, ils cherchent des entreprises qui soient stables et dans lesquelles ils peuvent investir.
05:29Et après, il y a deux cas pour les investisseurs d'e-corporate.
05:33Eux, ils peuvent rechercher soit une brique technologique qui leur manque
05:36pour aller plus vite dans leur déploiement, ou ça peut être également une équipe.
05:41Il y a les deux configurations.
05:43Mais sur le marché du logiciel, on voit quand même des titres qui sont balayés en bourse
05:46ces derniers temps à cause des dernières mises à jour dans Tropik.
05:48Ce matin, c'est IBM qui a vécu une journée terrible en boursière,
05:52qui a perdu moins 13%.
05:53Vous dites quand même qu'une partie du marché va disparaître.
05:57Comment vous voyez ça ?
05:58Je ne sais pas si elle va disparaître, mais c'est clair qu'il y a un tri qui est
06:01en train de s'effectuer.
06:02Et effectivement, il y a IBM, il y a les ServiceNow, HubSpot, Snowflake, etc.
06:07C'est des valeurs qui ont perdu entre 30 et 50% de leurs cours.
06:12Et donc, effectivement, il y a un tri très très fort qui se fait entre ces deux volets des éditeurs
06:18de logiciels.
06:19Et sur la partie, on parle beaucoup de bulles de l'intelligence artificielle.
06:23Il y a eu des valorisations qui étaient probablement excessives.
06:27C'est quoi votre retour là-dessus ?
06:29Est-ce que vous avez l'impression qu'on est dans une bulle aujourd'hui ?
06:31Justement, je pense que quand on en parle, on mélange un petit peu les deux cas.
06:35Il y a effectivement la correction des éditeurs de logiciels SaaS dont on a parlé tout à l'heure.
06:39Et puis, il y a effectivement tous ces investissements massifs dédiés à l'IA.
06:44Il y a près de 700 milliards qui vont être investis par seulement 5 sociétés dans l'IA en 2026.
06:50Donc, c'est du jamais vu en termes d'investissement sur des technologies de rupture.
06:55C'est plus de 2% du PIB américain.
06:57Et juste pour donner un ordre de grandeur,
06:59c'est effectivement 10 fois ce qui avait été dédié au projet Apollo à l'époque.
07:03Donc, c'est vraiment énormissime.
07:04Et les investisseurs se posent des questions de savoir quel sera le retour sur ces investissements.
07:10Il y a effectivement des signaux positifs.
07:12Quand on regarde l'ARR, donc le revenu annuel récurrent d'Entropy,
07:16qu'il était de 9 milliards en décembre 2025,
07:19il est de 14 milliards en février.
07:22Donc, c'est déjà un signal positif sur ces investissements qui ont été mis en place.
07:26Et puis, on voit qu'il y a quand même une réelle bascule entre le retail et l'entreprise.
07:32On voit que les entreprises passent quand même massivement depuis la fin 2025 à ces modèles-là.
07:37Donc, pour eux, c'est positif.
07:40Mais quand on regarde les montants...
07:42Il y aura quand même des investissements qui ne seront pas rentables.
07:45Il y aura des pertes là-dedans.
07:46Il y aura des gagnants et des perdants.
07:47Merci beaucoup Margot Chevillard d'être venue ce matin dans la matinale de l'économie.
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