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  • il y a 10 minutes
Célia Agostini, directrice de Cleantech for France, était l'invitée de Laure Closier dans French Tech, ce mercredi 28 janvier. Elle nous décrit la vision de son entreprise par rapport à l'avenir de l'industrie décarbonée, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h23 sur BFM Business et sur AMC Live, on va parler Clean Tech avec Célia Agostini.
00:04Bonjour, vous êtes la directrice de Clean Tech for France.
00:07C'est le premier sommet des industries vertes qui se le tient aujourd'hui au ministère de l'économie et des finances
00:12dans un climat compliqué pour les levées de fonds, pour le développement des Clean Tech en 2025.
00:17Les levées de fonds ont reculé. De quoi vous allez parler aujourd'hui ?
00:20Bonjour Laure Closier, merci pour votre invitation.
00:23Alors Clean Tech for France, peut-être déjà un petit mot.
00:25Nous, on représente tous les nouveaux champions industriels des technologies vertes en France
00:30qui sont en train d'ouvrir des usines, comme Vercors dans les batteries électriques,
00:33comme Gravity dans l'acier décarboné, comme Ecosem dans le...
00:37Pas de leur listage, c'est déjà avancé.
00:38On est déjà dans une phase d'industrialisation.
00:41Et nous, ce qu'on défend, c'est cette réindustrialisation verte
00:43parce qu'on est convaincus qu'on doit rouvrir des usines,
00:46redonner des emplois dans les territoires et recréer aussi de l'activité économique.
00:51Et donc le sommet aujourd'hui, pourquoi on l'organise ?
00:53C'est la première édition, vous l'avez souligné.
00:56L'enjeu pour nous, c'est de...
00:58On est dans une situation de décrochage face aux Etats-Unis, face à la Chine.
01:01Et l'enjeu, c'est de dire maintenant, il faut qu'on sonne la mobilisation générale,
01:05la mobilisation générale des investisseurs, des clean tech, des industriels,
01:09des experts, des décideurs publics, pour qu'on remonte cette pente
01:12et qu'on puisse réussir cette réindustrialisation.
01:15Anthony ?
01:15Alors justement, sur les clean tech, c'est quoi les secteurs les plus porteurs aujourd'hui ?
01:19On reçoit tous les jours des start-up, des deep tech.
01:21Là, on s'intéresse aux projets industriels, vous en avez cité quelques-uns.
01:24Vercors, c'est vrai qu'on parle beaucoup des batteries, mais il y a plein d'autres choses.
01:27C'est par exemple des matériaux bas carbone, c'est des nouveaux types d'énergie.
01:30Faites-nous rêver là avec deux ou trois projets très concrets
01:33où on est en phase d'industrialisation.
01:35Alors, on va commencer sur une usine, enfin sur un secteur qui est quand même un secteur traditionnel,
01:41très polluant, qui est l'acier décarboné, enfin qui est l'acier.
01:44Et donc, vous avez un projet de gravity du côté de fosses sur mer qui vient décarboner de l'acier
01:49grâce à l'hydrogène.
01:51Et ça, ça vous permettra demain d'avoir, de produire en fait du fer DRI à haute valeur ajoutée
01:56qui servira pour produire justement les véhicules électriques, les véhicules en Europe
02:01et justement qui va économiser énormément en matière d'énergie fossile.
02:07Et c'est là aussi que c'est directement lié à notre souveraineté énergétique.
02:11Les principaux secteurs dans les investissements aujourd'hui, ce sont des clean tech,
02:16ce sont le secteur de l'énergie.
02:17Et donc, je pense notamment au projet de Switch Energy, je pense au projet d'Eolink.
02:21Switch Energy, c'est de l'énergie osmotique.
02:24C'est les wagons.
02:24Osmotique, c'est la différence de salinité entre l'eau douce et l'eau salée
02:29quand vous êtes à l'embouchure d'un fleuve.
02:30On récupère ça et on fait de l'énergie à partir de ça.
02:32C'est absolument fascinant.
02:33C'est très prometteur parce que tout est naturel et presque illimité.
02:36Et ensuite, vous avez des projets comme Eolink qui sont des premières éoliennes flottantes.
02:41Et ça, c'est aussi très prometteur et c'est porté en France sur le porte de Brest.
02:453,5 milliards levés par les clean tech en 2023, 2 milliards en 2024, 1,5 en 2025.
02:50Votre crainte aujourd'hui, c'est vraiment qu'on ait des projets industriels
02:53qui ne puissent pas passer à l'échelle.
02:55C'est-à-dire que tout l'argent, même s'il est en baisse, levé,
02:58en fait, finissent à la poubelle avec des boîtes qui n'arrivent pas à passer à l'étape d'après.
03:02C'est exactement ça.
03:03En fait, l'enjeu, c'est que le risque aujourd'hui, c'est qu'on perde ces projets en cours de route.
03:08Des projets où on a quand même mis énormément d'argent public en phase d'amorçage,
03:12en phase d'early stage et qui aujourd'hui sont dans cette phase critique de l'industrialisation.
03:16Et c'est l'enjeu au moment où on doit justement trouver beaucoup de capitaux.
03:21Et c'est tout le défaut au niveau européen, c'est qu'on a du mal à avoir accès à ces financements.
03:25Et il est là aussi, en fait, le paradoxe.
03:28C'est parce qu'on n'a jamais autant parlé en Europe d'industrialisation,
03:32de recréer des chaînes de valeur.
03:33Et pourtant, les investissements chutent.
03:35Alors que quand vous regardez aux États-Unis,
03:37on est dans un plein blacklash écologique, économique avec Donald Trump.
03:41Et pourtant, les investissements dans les clean tech, dans ces secteurs-là, continuent de progresser.
03:45– Oui, ils n'arrêtent pas en cours, quoi. Ils continuent quand c'est lancé.
03:48– Mais parce que c'est une différence d'approche.
03:50On a fait de l'Europe une puissance réglementaire.
03:52Or, ce qu'on doit redevenir aujourd'hui, c'est une puissance de production.
03:56Et c'est là toute la différence avec la Chine et les États-Unis.
04:00Les États-Unis, ils ont été capables de mettre sur la table
04:03beaucoup d'argent avec l'Inflation Reduction Act,
04:05qu'ils ont couplé justement à des critères de « made in America ».
04:09Ce qu'a fait également la Chine dans les années 90 dans le secteur des éoliennes.
04:12Et nous, en Europe, on est encore en train de discuter sur ces sujets.
04:15Et pour qu'on réussisse, j'en suis convaincue,
04:17il faut qu'on arrive à fixer un cap clair.
04:19Donc, on arrête de dévier et de faire des marches arrières,
04:22par exemple sur la trajectoire des véhicules électriques,
04:25par exemple sur revenir sur la suppression de crédits du plan France 2030.
04:30et qu'on arrive à faire cette révolution économique qui est centrée sur le « made in Europe ».
04:35Justement, vous parliez de l'AERA, on a une réponse, normalement,
04:38qui s'appelle l'Industrial Accelerator Act.
04:41Est-ce que c'est une réponse suffisante ou est-ce que ça va être un énième texte
04:45et puis au final, ça ne servira à rien ?
04:46Alors, ce texte, il est pour nous extrêmement stratégique.
04:50Il découle du « clean industrial deal » qui a été déployé et annoncé il y a bientôt maintenant un an.
04:56La différence, justement, avec les États-Unis,
04:58c'est que vous vous retrouvez avec les États-Unis qui aligne tout de suite de l'argent,
05:01et un an après, en Europe, avec le « clean industrial deal »,
05:03il n'y a pas un euro d'argent public qui est arrivé sur un projet.
05:06Et donc, on est encore sur des discussions réglementaires.
05:09Mais pour nous, ce texte, il peut être « game changer ».
05:11Et c'est pour ça qu'on lance aujourd'hui, et je suis heureuse de vous la présenter,
05:16cette lettre signée par plus de 110 investisseurs et clean tech européennes,
05:21dont beaucoup de Français qui seront aujourd'hui au sommet des industries vertes,
05:25pour porter un message qui est clair.
05:27Maintenant, c'est le temps des clean tech, des industries vertes « made in Europe » qui est venu.
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