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  • il y a 11 heures
Olivier Jallabert, fondateur et président d'Amplitude, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mercredi 18 mars. Il est revenu sur le bras robotisé développé par son entreprise, baptisé "Andy", qui permet de réaliser des coupes osseuses d'une précision millimétrique sous le contrôle du chirurgien, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h21 sur VFM Business et sur RMC Life, on se dirige vraiment vers une chirurgie de plus en plus personnalisée
00:05grâce à la robotique.
00:07Notre invité c'est Olivier Jalaber, bonjour, vous êtes le fondateur et président d'Amplitude.
00:11Vous avez développé un bras robotisé qui s'appelle Andy et qui travaille, ça y est, il y a eu
00:16de premières interventions qui ont eu lieu.
00:18Ça s'est passé à la polyclinique de Saint-Roch de Montpellier au CHU de Nice.
00:22Alors racontez-nous, qu'est-ce qui fait concrètement ce bras robotique ?
00:25Merci tout à l'heure de m'accueillir. Ce bras robotique, il permet en fait au chirurgien d'avoir une
00:31précision, je dirais, submillimétrique, c'est-à-dire en dessous du millimètre,
00:34mais surtout aussi de faire exactement ce que le chirurgien aura choisi.
00:38Une prothèse de genou, la pose d'une prothèse de genou, elle doit être personnalisée.
00:42Pour que cette prothèse soit personnalisée, le chirurgien peut être amené à mettre 2 mm, 3 mm, 3 degrés.
00:47On comprend facilement qu'avec ses yeux, il ne peut pas avoir une telle précision.
00:51Et Andy, notre robot, va lui permettre de faire exactement ce qu'il veut et il va le faire surtout
00:56de manière automatique.
00:57Tant que le chirurgien appuie sur la pédale, bien sûr il le contrôle, mais le robot va couper exactement au
01:03bon endroit.
01:03Ça change tout pour le patient ?
01:05Ça change tout sur le patient, oui, parce que c'est une intervention qui va être un peu plus rapide,
01:10qui va nécessiter moins de matériel pour opérer, donc moins de matériel c'est aussi moins d'infection potentielle.
01:16Et puis c'est surtout une rééducation plus rapide, pas une absence de douleur, mais une réduction de la douleur.
01:22Léa ?
01:22On parle de chirurgiens augmentés maintenant qui sont assistés par des robots.
01:27Est-ce que vous pensez que ça change du coup le métier de chirurgien ?
01:29Est-ce qu'en école de médecine, il faut former justement ces jeunes à ce joystick pour piloter des robots
01:35?
01:35Est-ce que c'est le métier d'avenir de chirurgien qui est complètement bousculé avec l'arrivée de la
01:40robotique ?
01:40Oui, alors ce n'est pas encore un standard, la robotique c'est aujourd'hui à peine 5% des
01:45interventions chirurgicales orthopédiques
01:47qui sont réalisées avec un robot, mais ça va le devenir, j'en suis absolument convaincu.
01:51Ça change beaucoup de choses dans l'approche chirurgicale, puisque le chirurgien peut réaliser des choses
01:56qu'il était incapable de réaliser à la main.
01:58Je le disais tout à l'heure, faire une coupe à 3,5 degrés, c'était impossible avec ses yeux,
02:03c'est rendu possible
02:04et donc ça ouvre tout à fait un champ nouveau de typologie de chirurgie.
02:09Et quand on dit à un patient que vous allez être opéré par votre chirurgien, mais c'est le robot
02:14qui va vous toucher,
02:16tout de suite ils trouvent ça génial ou il y a une petite réticence ?
02:19Non, il y a plutôt un aspect positif, c'est un petit peu comme dans un avion,
02:23je pense que les gens n'aimeraient peut-être pas être conduits par un avion complètement autonome,
02:26il a besoin d'un pilote.
02:28En chirurgie c'est exactement la même chose, le patient il est content d'être opéré par un robot,
02:32mais tant qu'il y a quand même un chirurgien dans la salle,
02:34et ce qui est le cas parce que le chirurgien, c'est lui qui pilote le robot,
02:38le robot ne fera qu'exécuter la planification du chirurgien,
02:42c'est de la navigation chirurgicale et après la navigation, il y a un bras chirurgical qui réalise.
02:49Alors combien ça coûte ce bras robotique pour pouvoir s'équiper ?
02:52Alors ça a un coût certain, c'est assez élevé, on a plusieurs business models,
02:57on peut louer le robot, on peut le vendre, on peut le mettre aussi à disposition,
03:01enfin il y a beaucoup de business models qui sont prévus,
03:06mais notre ambition c'est vraiment de démocratiser la robotique.
03:09On ne veut pas réserver cette robotique à des gros CHU,
03:12c'est vrai qu'aujourd'hui un gros CHU comme Nice,
03:15avec le professeur Gonzales qui l'utilise en routine,
03:17c'est super, mais ce serait encore mieux que ce soit démocratisé.
03:20Et c'est notre ambition que chaque hôpital, chaque petite clinique,
03:25soit capable de s'équiper de ce robot.
03:26Et comment on fait alors ?
03:27Comment on fait ?
03:28Déjà on a un robot qui ne coûte pas cher,
03:30on a surtout un robot qui est multi-salles.
03:32Aujourd'hui les robots disponibles,
03:34ils ne peuvent pas passer d'une salle à l'autre.
03:36Dans une clinique vous avez souvent plusieurs blocs opératoires,
03:39et si vous avez trois salles d'opération,
03:41vous êtes obligé d'acheter trois robots.
03:43Dans le cas d'Amplitude avec Andy,
03:45ce robot permet de passer d'une salle à l'autre,
03:47puisque 90% de la chirurgie c'est de la navigation,
03:50qu'on a besoin d'un navigateur.
03:51Et en fait le temps de couple, le temps de robot,
03:53c'est à peu près 5 ou 10 minutes.
03:55Donc on utilise ce robot pendant 5 ou 10 minutes,
03:57et après il passe dans la salle d'à côté pour opérer un autre malade.
03:59Il est sur roulette quoi.
04:00Exactement, il est un peu sur roulette.
04:02Et là où il faut les trois robots,
04:03quand il y a les trois salles d'opération,
04:04avec nous il faudra simplement un seul robot.
04:07Léa ?
04:07Est-ce que ça demande plus de préparation avant l'opération,
04:10parce que par définition un bras robotique ne voit pas,
04:12ne peut pas toucher.
04:13Est-ce que vous avez besoin de faire, je ne sais pas,
04:15un jumeau numérique des scans 3D avant l'opération,
04:17pour qu'il puisse connaître le corps humain sur lequel il va opérer ?
04:20Alors c'est aussi l'innovation de Andy,
04:22c'est de ne pas utiliser de scanner pré-opératoire.
04:25Un scanner ça coûte cher, ça prend du temps,
04:27ça prend de la place de scanner pendant qu'on fait 100,
04:28on ne fait pas autre chose.
04:30Andy lui, il utilise des données pré-opératoires,
04:32que l'on prend pendant l'opération.
04:34Donc il n'y a pas de préparation particulière.
04:36Néanmoins il y a une préparation classique,
04:38le chirurgien bien évidemment réfléchit à ce qu'il veut faire comme geste.
04:42Chaque patient est différent,
04:43et je le disais tout à l'heure,
04:44en fait avec Andy on apporte une personnalisation de la chirurgie.
04:48Et la personnalisation de la chirurgie,
04:50c'est moins d'usure, moins d'infection, etc.
04:52C'est quoi l'avenir ?
04:53Vous avez obtenu le marquage CE,
04:55il y a eu plusieurs centaines, une centaine d'opérations.
04:57C'est ça, oui, aujourd'hui.
04:58Là vous partez à l'international maintenant.
04:59Alors on va déjà remplir la demande en France,
05:01parce qu'on a beaucoup de demandes.
05:03Ça fait à peine deux mois qu'on est sur le marché,
05:06on a effectivement une centaine de chirurgies,
05:09on est marqué CE, c'est le seul robot en Europe marqué CE automatique.
05:14On a des demandes en France,
05:16mais on a des demandes également en Belgique.
05:18On a des demandes en Australie, au Brésil,
05:20et également beaucoup de demandes en Inde.
05:23Nous avons un partenaire indien,
05:24et aujourd'hui cette demande est forte à l'international.
05:27Mais ça change quoi quand vous êtes marqué CE ?
05:28Ça dit quoi ce tampon ?
05:30C'est tout simplement une interdiction d'utiliser le robot
05:33si on n'est pas marqué CE.
05:34Ou plutôt, si vous avez le marquage CE,
05:36vous avez le droit d'aller opérer des vrais malades avec,
05:38ce qui est notre cas,
05:39et on est le seul aujourd'hui avec un robot automatique.
05:41Les autres robots tiennent des guides de coupe,
05:44ou animent des mouvements,
05:46mais la coupe automatique avec une lame de scie,
05:48il n'y a que Andy qui le fait aujourd'hui.
05:50Est-ce que le robot peut apprendre de ses erreurs,
05:52apprendre en temps réel,
05:53ou réagir si jamais il y a un problème au moment de l'opération,
05:56où là c'est vraiment le chirurgien humain
05:58qui stoppe tout et qui reprend la main ?
05:59Alors, le chirurgien a toujours la main,
06:01bien évidemment, c'est nécessaire.
06:03Mais il y a de l'intelligence,
06:04il y a de l'intelligence dans le robot.
06:06Par exemple, quand il coupe de l'os qui est un petit peu dur,
06:10il va ralentir.
06:10Quand il coupe de l'os plus tendre,
06:12il va accélérer,
06:14il va éviter les parties molles,
06:15parce qu'autour d'un genou,
06:16vous avez des muscles, des tendons.
06:18Et aussi, le but du robot,
06:20c'est d'éviter de taper bien évidemment ces parties molles.
06:23Et là, il y a beaucoup d'intelligence
06:24qui arrête le robot
06:25avant qu'il n'arrive un accident, bien évidemment.
06:27Vous nous avez dit pendant la pub,
06:29ça fait des années que je bosse en orthopédie.
06:31Ça, aujourd'hui, c'était de la science-fiction,
06:32il y a quoi, 10 ans encore ?
06:34Il y a une vingtaine d'années,
06:35une chirurgie de genou,
06:36d'une prothèse de genou,
06:37c'était 3 heures d'intervention,
06:39c'était 10 jours d'hospitalisation
06:40et 6 mois pour s'en remettre.
06:42Aujourd'hui, c'est la réalité
06:44dans les services que je vous citais tout à l'heure.
06:46Une prothèse de genou,
06:47vous arrivez le matin,
06:48vous pouvez l'avoir en ambulatoire,
06:50la chirurgie, elle dure 40 minutes
06:51et vous marchez le lendemain.
06:52Vous voyez, en 20 ans, voilà ce qui s'est passé
06:55et ça, c'est grâce à la technologie
06:56qu'on propose aujourd'hui.
06:58Merci beaucoup d'être venu ce matin,
06:59Olivier Jalaber, fondateur et président d'Amplitude.
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