00:008h21 sur VFM Business et sur RMC Life, on se dirige vraiment vers une chirurgie de plus en plus personnalisée
00:05grâce à la robotique.
00:07Notre invité c'est Olivier Jalaber, bonjour, vous êtes le fondateur et président d'Amplitude.
00:11Vous avez développé un bras robotisé qui s'appelle Andy et qui travaille, ça y est, il y a eu
00:16de premières interventions qui ont eu lieu.
00:18Ça s'est passé à la polyclinique de Saint-Roch de Montpellier au CHU de Nice.
00:22Alors racontez-nous, qu'est-ce qui fait concrètement ce bras robotique ?
00:25Merci tout à l'heure de m'accueillir. Ce bras robotique, il permet en fait au chirurgien d'avoir une
00:31précision, je dirais, submillimétrique, c'est-à-dire en dessous du millimètre,
00:34mais surtout aussi de faire exactement ce que le chirurgien aura choisi.
00:38Une prothèse de genou, la pose d'une prothèse de genou, elle doit être personnalisée.
00:42Pour que cette prothèse soit personnalisée, le chirurgien peut être amené à mettre 2 mm, 3 mm, 3 degrés.
00:47On comprend facilement qu'avec ses yeux, il ne peut pas avoir une telle précision.
00:51Et Andy, notre robot, va lui permettre de faire exactement ce qu'il veut et il va le faire surtout
00:56de manière automatique.
00:57Tant que le chirurgien appuie sur la pédale, bien sûr il le contrôle, mais le robot va couper exactement au
01:03bon endroit.
01:03Ça change tout pour le patient ?
01:05Ça change tout sur le patient, oui, parce que c'est une intervention qui va être un peu plus rapide,
01:10qui va nécessiter moins de matériel pour opérer, donc moins de matériel c'est aussi moins d'infection potentielle.
01:16Et puis c'est surtout une rééducation plus rapide, pas une absence de douleur, mais une réduction de la douleur.
01:22Léa ?
01:22On parle de chirurgiens augmentés maintenant qui sont assistés par des robots.
01:27Est-ce que vous pensez que ça change du coup le métier de chirurgien ?
01:29Est-ce qu'en école de médecine, il faut former justement ces jeunes à ce joystick pour piloter des robots
01:35?
01:35Est-ce que c'est le métier d'avenir de chirurgien qui est complètement bousculé avec l'arrivée de la
01:40robotique ?
01:40Oui, alors ce n'est pas encore un standard, la robotique c'est aujourd'hui à peine 5% des
01:45interventions chirurgicales orthopédiques
01:47qui sont réalisées avec un robot, mais ça va le devenir, j'en suis absolument convaincu.
01:51Ça change beaucoup de choses dans l'approche chirurgicale, puisque le chirurgien peut réaliser des choses
01:56qu'il était incapable de réaliser à la main.
01:58Je le disais tout à l'heure, faire une coupe à 3,5 degrés, c'était impossible avec ses yeux,
02:03c'est rendu possible
02:04et donc ça ouvre tout à fait un champ nouveau de typologie de chirurgie.
02:09Et quand on dit à un patient que vous allez être opéré par votre chirurgien, mais c'est le robot
02:14qui va vous toucher,
02:16tout de suite ils trouvent ça génial ou il y a une petite réticence ?
02:19Non, il y a plutôt un aspect positif, c'est un petit peu comme dans un avion,
02:23je pense que les gens n'aimeraient peut-être pas être conduits par un avion complètement autonome,
02:26il a besoin d'un pilote.
02:28En chirurgie c'est exactement la même chose, le patient il est content d'être opéré par un robot,
02:32mais tant qu'il y a quand même un chirurgien dans la salle,
02:34et ce qui est le cas parce que le chirurgien, c'est lui qui pilote le robot,
02:38le robot ne fera qu'exécuter la planification du chirurgien,
02:42c'est de la navigation chirurgicale et après la navigation, il y a un bras chirurgical qui réalise.
02:49Alors combien ça coûte ce bras robotique pour pouvoir s'équiper ?
02:52Alors ça a un coût certain, c'est assez élevé, on a plusieurs business models,
02:57on peut louer le robot, on peut le vendre, on peut le mettre aussi à disposition,
03:01enfin il y a beaucoup de business models qui sont prévus,
03:06mais notre ambition c'est vraiment de démocratiser la robotique.
03:09On ne veut pas réserver cette robotique à des gros CHU,
03:12c'est vrai qu'aujourd'hui un gros CHU comme Nice,
03:15avec le professeur Gonzales qui l'utilise en routine,
03:17c'est super, mais ce serait encore mieux que ce soit démocratisé.
03:20Et c'est notre ambition que chaque hôpital, chaque petite clinique,
03:25soit capable de s'équiper de ce robot.
03:26Et comment on fait alors ?
03:27Comment on fait ?
03:28Déjà on a un robot qui ne coûte pas cher,
03:30on a surtout un robot qui est multi-salles.
03:32Aujourd'hui les robots disponibles,
03:34ils ne peuvent pas passer d'une salle à l'autre.
03:36Dans une clinique vous avez souvent plusieurs blocs opératoires,
03:39et si vous avez trois salles d'opération,
03:41vous êtes obligé d'acheter trois robots.
03:43Dans le cas d'Amplitude avec Andy,
03:45ce robot permet de passer d'une salle à l'autre,
03:47puisque 90% de la chirurgie c'est de la navigation,
03:50qu'on a besoin d'un navigateur.
03:51Et en fait le temps de couple, le temps de robot,
03:53c'est à peu près 5 ou 10 minutes.
03:55Donc on utilise ce robot pendant 5 ou 10 minutes,
03:57et après il passe dans la salle d'à côté pour opérer un autre malade.
03:59Il est sur roulette quoi.
04:00Exactement, il est un peu sur roulette.
04:02Et là où il faut les trois robots,
04:03quand il y a les trois salles d'opération,
04:04avec nous il faudra simplement un seul robot.
04:07Léa ?
04:07Est-ce que ça demande plus de préparation avant l'opération,
04:10parce que par définition un bras robotique ne voit pas,
04:12ne peut pas toucher.
04:13Est-ce que vous avez besoin de faire, je ne sais pas,
04:15un jumeau numérique des scans 3D avant l'opération,
04:17pour qu'il puisse connaître le corps humain sur lequel il va opérer ?
04:20Alors c'est aussi l'innovation de Andy,
04:22c'est de ne pas utiliser de scanner pré-opératoire.
04:25Un scanner ça coûte cher, ça prend du temps,
04:27ça prend de la place de scanner pendant qu'on fait 100,
04:28on ne fait pas autre chose.
04:30Andy lui, il utilise des données pré-opératoires,
04:32que l'on prend pendant l'opération.
04:34Donc il n'y a pas de préparation particulière.
04:36Néanmoins il y a une préparation classique,
04:38le chirurgien bien évidemment réfléchit à ce qu'il veut faire comme geste.
04:42Chaque patient est différent,
04:43et je le disais tout à l'heure,
04:44en fait avec Andy on apporte une personnalisation de la chirurgie.
04:48Et la personnalisation de la chirurgie,
04:50c'est moins d'usure, moins d'infection, etc.
04:52C'est quoi l'avenir ?
04:53Vous avez obtenu le marquage CE,
04:55il y a eu plusieurs centaines, une centaine d'opérations.
04:57C'est ça, oui, aujourd'hui.
04:58Là vous partez à l'international maintenant.
04:59Alors on va déjà remplir la demande en France,
05:01parce qu'on a beaucoup de demandes.
05:03Ça fait à peine deux mois qu'on est sur le marché,
05:06on a effectivement une centaine de chirurgies,
05:09on est marqué CE, c'est le seul robot en Europe marqué CE automatique.
05:14On a des demandes en France,
05:16mais on a des demandes également en Belgique.
05:18On a des demandes en Australie, au Brésil,
05:20et également beaucoup de demandes en Inde.
05:23Nous avons un partenaire indien,
05:24et aujourd'hui cette demande est forte à l'international.
05:27Mais ça change quoi quand vous êtes marqué CE ?
05:28Ça dit quoi ce tampon ?
05:30C'est tout simplement une interdiction d'utiliser le robot
05:33si on n'est pas marqué CE.
05:34Ou plutôt, si vous avez le marquage CE,
05:36vous avez le droit d'aller opérer des vrais malades avec,
05:38ce qui est notre cas,
05:39et on est le seul aujourd'hui avec un robot automatique.
05:41Les autres robots tiennent des guides de coupe,
05:44ou animent des mouvements,
05:46mais la coupe automatique avec une lame de scie,
05:48il n'y a que Andy qui le fait aujourd'hui.
05:50Est-ce que le robot peut apprendre de ses erreurs,
05:52apprendre en temps réel,
05:53ou réagir si jamais il y a un problème au moment de l'opération,
05:56où là c'est vraiment le chirurgien humain
05:58qui stoppe tout et qui reprend la main ?
05:59Alors, le chirurgien a toujours la main,
06:01bien évidemment, c'est nécessaire.
06:03Mais il y a de l'intelligence,
06:04il y a de l'intelligence dans le robot.
06:06Par exemple, quand il coupe de l'os qui est un petit peu dur,
06:10il va ralentir.
06:10Quand il coupe de l'os plus tendre,
06:12il va accélérer,
06:14il va éviter les parties molles,
06:15parce qu'autour d'un genou,
06:16vous avez des muscles, des tendons.
06:18Et aussi, le but du robot,
06:20c'est d'éviter de taper bien évidemment ces parties molles.
06:23Et là, il y a beaucoup d'intelligence
06:24qui arrête le robot
06:25avant qu'il n'arrive un accident, bien évidemment.
06:27Vous nous avez dit pendant la pub,
06:29ça fait des années que je bosse en orthopédie.
06:31Ça, aujourd'hui, c'était de la science-fiction,
06:32il y a quoi, 10 ans encore ?
06:34Il y a une vingtaine d'années,
06:35une chirurgie de genou,
06:36d'une prothèse de genou,
06:37c'était 3 heures d'intervention,
06:39c'était 10 jours d'hospitalisation
06:40et 6 mois pour s'en remettre.
06:42Aujourd'hui, c'est la réalité
06:44dans les services que je vous citais tout à l'heure.
06:46Une prothèse de genou,
06:47vous arrivez le matin,
06:48vous pouvez l'avoir en ambulatoire,
06:50la chirurgie, elle dure 40 minutes
06:51et vous marchez le lendemain.
06:52Vous voyez, en 20 ans, voilà ce qui s'est passé
06:55et ça, c'est grâce à la technologie
06:56qu'on propose aujourd'hui.
06:58Merci beaucoup d'être venu ce matin,
06:59Olivier Jalaber, fondateur et président d'Amplitude.
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