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  • il y a 11 heures
Mikaël Delmas, cofondateur et directeur général de Quideos, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce lundi 9 février. Il est revenu sur l'objectif du levée de fond de 5,2 millions d'euros faite par Quideos, un fintech spécialisée dans la gestion des risques liés à l'agriculture, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h21 sur BFM Business et sur RMC Live, on va parler de gestion des risques dans l'agriculture.
00:05Notre invité c'est Mickaël Delmas, bonjour, vous êtes co-fondateur et directeur général de Kideos,
00:10vous venez de lever 5,2 millions d'euros, vous êtes une fintech spécialisée sur la question de la gestion des risques
00:15et vous signe un partenariat commercial avec le Crédit Aéricole qui rentre aussi à votre capital
00:20pour pouvoir développer votre solution, ça s'accélère.
00:25Concrètement, vous vous adressez à qui et pour faire quoi ?
00:28Très bonne question, André, merci beaucoup pour l'accueillir, aviez d'être là ce matin.
00:31On s'adresse à l'ensemble de la filière agroalimentaire, les exploitants agricoles, les éleveurs, les coopératives industrielles
00:35qui vont acheter ou vendre des produits agricoles et qui font face à une volatilité accrue depuis 5 à 6 ans.
00:40Volatilité qui tient au contexte géopolitique, on l'a vu, qui est de plus en plus instable,
00:43mais également un changement climatique qui devient concret, qui va impacter le niveau de production et le niveau de rendement
00:47et également une situation virale qui va impacter l'élevage.
00:49Donc les prix bougent de plus en plus, les revenus sont mis à mal, les coûts d'approvisionnement également,
00:54qu'on va leur permettre de sécuriser et d'amortir les fluctuations de prix.
00:57Mais vous n'êtes pas une assurance, vous êtes une fintech ?
00:58On n'est pas une assurance, nous on est une fintech.
00:59Donc on est une entreprise d'investissement de classe 2, pour être précis, qui est agréée par l'ACPR et pas par l'ORIAS.
01:04Nous on est une entreprise d'investissement qui vend des produits de couverture,
01:06donc des produits financiers qui permettent d'amortir ces prix.
01:09Imaginons que demain vous souhaitiez vendre des tomates, que vous reconvertissiez dans la production de tomates,
01:13vous allez vendre vos prix au prix de marché, sauf que ce prix fluctue beaucoup.
01:16Donc on va mettre en place un mécanisme qui va permettre de vous rembourser si le prix va en deçà d'un certain seuil.
01:21Et faire en sorte que même si le prix s'effondre, comme sur le chou-fleur au mois de décembre de 80% par rapport à décembre 24,
01:26vous puissiez avoir une compensation financière pour éviter de ponctionner votre durée.
01:29Et l'agriculteur est choisi si c'est en dessous de 2, en dessous de 5 ?
01:33Bien sûr, il est choisi parce que les bases de coûts de tous les agriculteurs ne sont pas les mêmes, comme un industriel.
01:37Donc il faut arriver à se caler par rapport à ça, c'est lui qui va dire.
01:40Au mois de juin, c'est entre 75 et 90 centimes.
01:42Au mois de juillet, 190, c'est un euro.
01:44C'est lui qui est maître à bord par rapport à ça, aussi bien l'acheteur que le vendeur.
01:47Mais alors vous, comment vous arrivez à modéliser ce risque ?
01:49Parce que j'imagine que c'est quelque chose que vous devez prendre en compte, vous,
01:52pour pouvoir justement mettre en place ces couvertures et les tarifier.
01:56Mais on est dans un monde qui est extrêmement complexe,
01:58il peut y avoir une guerre, il y a du dérèglement climatique
02:02dont on ne sait pas exactement quelles vont être les conséquences à court ou à moyen terme.
02:05Comment est-ce qu'on fait pour prendre ça en compte ?
02:07Alors nous, on est porteurs de risques.
02:10Comme vous l'avez dit, effectivement, quand on vend un produit, on est contreparti.
02:12Donc on doit arriver à modéliser ce risque-là et on fait des maths.
02:14Nous, on fait des maths en regardant des historiques de prix depuis 10-15 ans,
02:17où on fait des simulations.
02:18Et point important, nous, ce qu'on va sécuriser, c'est ce qu'on appelle des spreads.
02:21C'est un point un peu technique, c'est des intervalles de prix.
02:23C'est-à-dire que le risque que je porte, moi, en portefeuille, est KP, la largeur de l'intervalle.
02:27Donc je sais dire à un instant donné quel est mon risque maximal
02:29et que je peux mettre en adéquation par rapport à mes fonds propres.
02:31Donc je n'ai pas de risque systémique qui pourrait m'impacter,
02:33ni de risque de contrepartie, parce que je sais qu'en permanence,
02:36j'ai une assise financière suffisante pour faire face à mes...
02:39Votre problème, c'est le gros, gros, gros aléa climatique qui vous fait péter le spread.
02:43Imaginons que le prix, justement, de la tomate explose.
02:47Je vais rembourser mes acheteurs de tomates, mes industriels du ketchup,
02:50mais pas mes producteurs, qui, eux, pour le coup, justement, vont vendre leur prix assez cher,
02:53n'auront pas d'indemnités versées par Kideos.
02:55Donc moi, mon intérêt, c'est quoi ?
02:56C'est me diversifier sur de l'acheteur et du vendeur, sur différents produits.
02:59Alors, on a parlé de choux-fleurs, de tomates, mais je suis aussi sur du porcin,
03:03sur des engrais, sur du blé, sur différents produits qui font que...
03:06Moi, j'ai une résilience qui va au-delà de ce qu'on peut trouver sur les marchés listés.
03:09Aujourd'hui, on peut avoir de la couverture sur le matif,
03:11qui est un marché à terme, qui va concerner 4 à 5 produits.
03:14Moi, je peux travailler sur 5 à 600 produits.
03:16Donc l'effet de taille est tout à fait différent, et je travaille sur l'acheteur et le vendeur.
03:19Et vous financez comment, du coup ?
03:20C'est un pourcentage que vous prenez sur chaque...
03:23C'est ça, c'est une prime.
03:24Donc là, on s'apparente à un assureur, où on récupère une prime,
03:27qui s'appelle une prime de couverture, et on verse ensuite une indemnité
03:29en fonction d'évolution des prix.
03:31Et ça coûte combien à un agriculteur, en moyenne ?
03:33Ça va dépendre. Ça va dépendre de la volatilité historique du prix,
03:35de l'intervalle qu'il veut couvrir.
03:37Si il veut se couvrir sur un intervalle très large, ce sera plus cher.
03:39En moyenne, on va être entre 2 et 4 % de ce qu'on appelle le prix spot,
03:42soit le prix de marché.
03:43Et est-ce que, du coup, vous arrivez à voir
03:45le nombre de produits qui sont victimes le plus des aléas
03:49et qui tapent les...
03:51Bien sûr.
03:52Qu'est-ce qu'est le plus risqué ?
03:53Ça, on l'a modélisé.
03:54Alors, le plus risqué, je ne sais pas, en tout cas, le plus volatil.
03:56Si on regarde, par exemple, le porcin.
03:57Le porcin, il est passé d'un euro à 80 à un euro à 40 en quelques semaines.
04:00La faute à quoi ? La faute au contexte géopolitique avec la Chine,
04:02la faute à des circulations virales.
04:04Là, il y a un gros, gros impact.
04:05Et quand on a un éleveur, qu'on a repris justement le vache porcin,
04:07qu'on a dû investir 2 millions d'euros pour une exploitation
04:10et qu'on doit rembourser justement des trades chaque mois,
04:12c'est compliqué.
04:12Donc, les produits tels que qu'il doit se permettent effectivement
04:14d'amortir ses bases de prix, d'avoir une compensation.
04:17Et aujourd'hui, auprès des agriculteurs ou des éleveurs,
04:20c'est quelque chose qui fait partie de leur vie,
04:22le fait de se couvrir, de se hedger, comme on dit,
04:25ou est-ce qu'il faut faire de la pédagogie et de l'évangélisation ?
04:28Alors, ça va être nouveau pour partie.
04:29Aujourd'hui, on peut se hedger sur le blé, sur le maïs, sur le soja.
04:32Donc, ils connaissent le mécanisme sur les marchés à terme.
04:34Donc, pour certaines coopératives qui sont déjà présentes sur ces marchés-là,
04:37en fait, on tire un peu le trait.
04:38Pour d'autres, il y a de la pédagogie.
04:39Effectivement, c'est nouveau.
04:40Tout comme pour un industriel, par exemple un industriel de la filière porcine,
04:43il n'est pas habitué à se hedger.
04:44Donc, il faut lui expliquer comment ça marche.
04:46Il faut arriver à faire un peu de pédagogie, faire des simulations
04:47pour qu'il puisse le modéliser et l'intégrer dans un budget.
04:50Et votre client direct, c'est l'agriculteur ou c'est la coopérative
04:53ou c'est le Crédit Agricole qui va mettre ça dans ce qu'il propose ?
04:56Différents canaux.
04:57En fait, ça va être effectivement, ça peut être soit la grille en direct,
04:59la coopérative qui va agréger des volumes,
05:01qui va ensuite revendre la couverture auprès de ses exploitants,
05:03auprès de ses adhérents.
05:04Ça peut être l'industriel en direct
05:05ou ça peut être, demain, potentiellement des partenaires
05:08comme le Crédit Agricole.
05:09Et vous avez la taille nécessaire pour garantir cette couverture ?
05:11Là, vous venez de lever 5 millions d'euros,
05:13ce qui est une belle levée de fonds.
05:14Effectivement, on le dit souvent,
05:16les levées de fonds en lancement, c'est un petit peu compliqué.
05:18Mais on est sur des marchés agricoles qui pèsent des milliards.
05:20S'il y a un choc systémique, s'il y a une crise,
05:22vous avez les reins assez solides
05:24pour pouvoir justement répondre aux besoins de la couverture ?
05:28Alors, au début, nous, on ne pourra pas effectivement
05:29traiter sur l'ensemble du périmètre.
05:30Parce que 5 millions, c'est bien,
05:31mais ça n'a pas peine de couvrir la culture française.
05:34Donc, nous, on va travailler petit à petit.
05:35Ce qu'on arrive à avoir, ce qu'on cible,
05:37c'est arriver à couvrir et qui vendent 1 milliard d'euros
05:39de produits agricoles d'ici à 2029.
05:41C'est ça, effectivement, le chiffre à avoir en tête aujourd'hui.
05:43On a aussi des canaux, en plus de ces 5 millions,
05:45de la réassurance qui permet effectivement
05:46de faire levier sur nos fonds propres
05:47et d'aller plus loin rapidement.
05:4980% des produits agricoles ne sont pas protégés aujourd'hui.
05:53Donc, ça n'existe pas du tout, en fait.
05:54Ça n'existe pas du tout.
05:55On ne peut pas se hedger sur la carotte,
05:56on ne peut pas se hedger sur le porcin, sur le bovin,
05:58parce qu'il n'y a pas de marché à terme, en fait.
05:59Pour qu'il y ait un marché à terme, il faut qu'il y ait la liquidité.
06:01C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait beaucoup d'acheteurs et de vendeurs.
06:03Ce sont les conditions qui sont réunies sur le blé,
06:05sur le maïs, sur le soja, mais pas sur les autres filières, en fait.
06:07Donc, ça n'existe pas.
06:08Mais du coup, comment vous créez cette liquidité ?
06:09C'est vous, la liquidité ?
06:10C'est nous qui sommes contrepartis.
06:11Ah oui, mais ça fait peur, un peu.
06:13Pourquoi ?
06:13Parce que, justement, si vous disparaissez,
06:15c'est-à-dire que le marché est tellement petit que...
06:18Mais quand je vous dis que, moi, mon risque est capé, justement,
06:21à l'âge d'intervalle de couverture,
06:22donc je sais à chaque instant quel est mon risque en portefeuille
06:25et quels sont mes fonds propres,
06:26en fait, moi, je ne peux pas faire défaut.
06:27Pourquoi ?
06:28Parce qu'à un instant T, j'aurai toujours un risque en portefeuille
06:30qui est inférieur à mes fonds propres.
06:32Donc, ce risque-là, il n'existe pas.
06:33Ce qui se passe, c'est que je devrais dire non à des clients,
06:34potentiellement à des moments,
06:35qui disent non, là, j'irai au-delà de mon bilan.
06:37Donc, aujourd'hui, ce n'est pas un risque avéré pour nos clients.
06:39C'est l'ACPR qui vous oblige à avoir le fonds propres.
06:43C'est l'ACPR qui vous oblige, exactement.
06:44Et ce qui est intéressant avec l'ACPR,
06:45c'est que c'est un process qui est très exigeant.
06:4718 mois de process avec l'AMF pour arriver à avoir cette autorisation.
06:50Et c'est le début d'un voyage,
06:51parce que maintenant, tous les mois, tous les trois mois,
06:52on aura des reportings.
06:53Ils vont s'assurer que nos conditions financières sont assez saines.
06:56Donc, d'un point de vue clientèle, c'est assez fort.
06:57Et j'ajouterais aussi qu'on est en notre capital des acteurs
06:59comme le Crédit Agricole,
07:01qui font quand même référence sur le marché agri-agro.
07:03C'est aussi une garantie en plus pour nos clients.
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