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  • il y a 3 heures
Ce lundi 16 mars, Hortense Lacroix, gérante actions chez Montpensier ARBEVEL, s'est penchée sur le choc inflationniste créé par le conflit en Iran pouvant entraîner une forte correction des marchés actions, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Hortense Lacroix nous rejoint. Bonjour Hortense. Bonjour Guillaume.
00:03Gérant d'action pour Montpensière Beuvel. Vous venez rendre votre verdict là face au marché.
00:06Ce verdict que vous allez rendre, le moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Complètement.
00:12On vous écoute.
00:13J'estime et je l'assume que le choc inflationniste créé par le conflit en Iran
00:20devrait entraîner une très forte correction, pourrait entraîner une très forte correction des marchés actions
00:26par le billet du crédit notamment.
00:31Les marchés sont déjà englués dans le pétrole quand même.
00:33On perd 7% le CAC depuis le début de l'année.
00:35Désormais les marchés européens sont dans le rouge depuis le 1er janvier.
00:38Ça y est, on a une performance négative ici en Europe.
00:40Et vous venez de nous expliquer donc qu'on est peut-être qu'au début,
00:43si l'inflation effectivement se confirme du fait de la hausse des cours du gaz, du pétrole, etc.
00:47On est peut-être qu'au début de ce mouvement de correction ?
00:49Alors le peut-être est important. C'est un scénario.
00:52Mais si le conflit devait durer, effectivement, on pense que la correction qu'on a vue,
00:56qui est une correction qui, somme toute, reste assez modeste compte tenu de l'incroyable performance
01:01qu'on a eue depuis Libération Day en avril de l'année dernière,
01:06effectivement n'est rien à côté de ce qu'on pourrait voir.
01:09On pense qu'il y a une spirale un petit peu qui pourrait se mettre en place
01:13de l'inflation vers tout ce qui est crédit et resserré le financement des entreprises.
01:19Il faut voir qu'au départ, on avait vraiment un scénario qui reposait énormément en début d'année
01:23sur la désinflation. On surveillait scrupuleusement chaque chiffre d'inflation,
01:28surtout du côté des Etats-Unis, puisque le problème était quand même moins fort en Europe déjà.
01:32Et on avait absolument besoin de cette baisse des taux pour relancer un investissement
01:36qui tardait à venir.
01:38Donc avec l'intelligence artificielle vue d'un point de vue positif,
01:42on avait le meilleur des mondes, une relance budgétaire,
01:45des gains de productivité qui assuraient une croissance.
01:48Le marché de l'emploi se maintenait néanmoins avec des relances budgétaires
01:51et puis les politiques monétaires restaient accommodantes.
01:54Si vous mettez là-dessus un choc inflationniste externe,
01:58comme on a actuellement, effectivement par le biais de l'énergie,
02:02toute cette image idyllique s'effondre.
02:05S'effondre. L'énergie ne fait pas tout.
02:08Ce n'est pas l'énergie qui va créer une boucle d'inflation, prix-salaire, etc.
02:11Ce n'est qu'une branche de l'inflation,
02:14mais peut-être pas la branche la plus, on va dire,
02:16la plus systémique pour l'économie ici ?
02:18En fait, le pétrole lui-même, l'énergie elle-même,
02:21a déjà, on a vu, particulièrement visé.
02:24L'Europe qui est extrêmement vulnérable,
02:26on l'avait bien mesurée avec déjà la crise ukrainienne,
02:31c'est un facteur de compétitivité pour les pays qui sont autonomes
02:36et c'est un facteur de vulnérabilité considérable pour l'Europe.
02:39À côté de ce choc, effectivement, de productivité
02:42et pour le côté production et entreprise,
02:44on a également un choc sur le consommateur
02:47qui est déjà un petit peu grogui par tout ce qu'on lui raconte
02:50sur les évolutions de l'emploi à attendre
02:53de la révolution de l'intelligence artificielle
02:55qui va devoir supporter des prix à la pompe,
02:58des prix de chauffage considérablement plus importants.
03:02Alors, la force de rappel que le marché attend depuis le départ,
03:04et c'est la raison pour laquelle la correction est,
03:06somme toute, encore assez raisonnable,
03:08c'est qu'effectivement, cette fameuse thématique
03:10de affordability de Donald Trump
03:13suppose que la guerre soit relativement courte
03:15pour ne pas trop abîmer ce pouvoir d'achat.
03:17Oui, oui, il faut maintenir le pouvoir d'achat.
03:19Alors, dans le milieu financier, là, il y a une grande mode,
03:22c'est plutôt que de dire pouvoir d'achat,
03:23on dit affordability, il ne faut pas.
03:25Il faut garder le pouvoir d'achat, on parle à tout le monde.
03:27Il faut savoir parler français.
03:28C'est parce que c'est le moto de Donald Trump qui répète en route.
03:31Mais oui, mais d'accord.
03:32Est-ce qu'avant, même dans le milieu financier,
03:33vous disiez l'affordability est en haute ?
03:35Non, vous disiez pouvoir d'achat, pourquoi rajouter du jargon au jargon ?
03:39Bon, alors du coup, qu'est-ce qu'on fait ?
03:41Vous dites prudence parce qu'on est peut-être au bord d'une falaise, en quelque sorte.
03:45On pourrait très bien avoir, en effet, un cercle vicieux
03:49avec ce petit krach côté crédit, marché du crédit privé
03:54qui a déjà montré des petits signes de vulnérabilité.
03:58Alors, pourquoi est-ce que tout le monde le regarde ?
03:59Finalement, ce n'est pas très gros.
04:01Ce n'est même pas 5% du PIB aux Etats-Unis.
04:03Donc, ça n'a rien de systémique.
04:04Mais si ce crédit privé s'est développé
04:06depuis la dernière grande crise financière,
04:08c'est parce que les banques se sont délestées
04:10de la partie la plus risquée du crédit.
04:12Donc, c'est là qu'on retrouve un petit peu
04:16le crédit le plus risqué,
04:17la partie marginale.
04:19Quand les tendances s'infléchissent,
04:20c'est par là que ça arrive.
04:21Et effectivement, on a déjà vu des petits cracks.
04:23Si derrière, on a une augmentation des taux,
04:26on va avoir un signal un petit peu d'arrêt net
04:28à la croissance.
04:29Les banques elles-mêmes vont se montrer
04:31beaucoup plus réticentes à prêter.
04:32Le marché obligataire pourrait lui aussi
04:35commencer à se montrer très sélectif.
04:37Et on pourrait avoir quelque chose
04:38d'assez néfaste, assez autoréalisateur en fait,
04:42où le marché désigne tel, tel, tel, tel, tel secteur
04:46comme victime de l'IA
04:49et qu'il empêche de les financer
04:50ou qu'il augmente considérablement
04:52les coûts de financement.
04:53Mais est-ce que le marché ne craint pas
04:55trop de crises à la fois ?
04:56J'ai l'impression que le marché craint une crise énergétique
04:59comme en 2022 avec la guerre en Ukraine,
05:01une crise financière, pourquoi pas,
05:03avec ce qui se passe sur le marché du crédit privé,
05:04des fonds gelés, des retraits gelés dans certains fonds,
05:07et puis une crise tech comme en 2000,
05:09l'éclatement de la bulle tech à l'époque,
05:11aujourd'hui on a la même crainte.
05:12Est-ce qu'on craint pas ces bulles de 2000, 2008 et 2022,
05:15cette crise de 2022, à la fois ?
05:16Est-ce qu'il n'y en a pas une, voire deux,
05:18voire trois de trop dans ce qu'on craint ?
05:19On n'a jamais deux fois la même crise,
05:20c'est ça qui fait tout le charme.
05:22On a effectivement un choc énergétique
05:24qui, j'insistais quand même sur le pourret,
05:26c'est un scénario noir
05:28qui conduirait à une baisse
05:30beaucoup plus importante du marché.
05:31On n'y est pas encore,
05:33c'est vraiment la durée de la guerre
05:34qui va le déterminer.
05:35Si on nous annonce qu'on débloque
05:37le détroit d'Hormuz
05:38et que les opérations se pacifient assez rapidement,
05:42on aura un relâchement des prix de l'énergie
05:44qui feront qu'on n'aura pas de crise énergétique.
05:46Il faut quand même que ces éléments soient durables
05:49et ne soient pas simplement un pic.
05:52Ce n'est pas une prévision,
05:53c'est un scénario parmi d'autres
05:54que vous venez de nous présenter aujourd'hui.
05:56Absolument.
05:57C'est un scénario où on pourrait mélanger plusieurs choses.
06:00On a une petite musique sur l'IA
06:02qui commence à se faire de plus en plus insistante
06:03depuis le début de l'année,
06:04même dans un marché qui monte.
06:06On avait déjà des petites angoisses,
06:08mais on mettait ça pour un terme
06:10un petit peu plus lointain.
06:12Finalement, ce choc inflationniste,
06:14et c'était un petit peu le propos
06:16que je voulais tenir aujourd'hui,
06:17pourrait très bien venir servir de détonateur
06:19pour créer une autoréalisation de risques
06:22qu'on ne savait pas trop évaluer.
06:25Alors précisément, l'illustration de ça,
06:27ça pourrait être éventuellement,
06:28on voit de temps en temps des entreprises,
06:31par exemple Manitou, par exemple,
06:33qui annulent toutes ces prévisions
06:35pour cause de trop d'incertitudes.
06:36Est-ce que vous ne redoutez pas, justement,
06:38une sorte de série noire,
06:40d'annonce de profit warning,
06:42d'abaissement de prévision,
06:43d'annulation de prévision
06:44vu des incertitudes du moment ?
06:46Alors on a déjà,
06:47c'est une très bonne question,
06:49on a déjà eu en début d'année
06:50une déception sur la saison de publication
06:53parce que les sociétés étaient
06:54extrêmement réticentes à donner des guidance.
06:57Alors les pauvres,
06:57elles se livrent à un exercice compliqué,
06:59c'est-à-dire que si elles en donnent
07:00et des trop précises et qu'elles les ratent,
07:03c'est la sanction très très sévère.
07:06Si elles n'en donnent pas,
07:07c'est quand même une sanction
07:08parce que ça veut dire que c'est une mauvaise...
07:10Donc elles donnent des fourchettes
07:11extrêmement larges et extrêmement peu ambitieuses,
07:14en fait.
07:14Donc le premier trimestre,
07:16finalement,
07:18les publications annuelles
07:19étaient assorties de prévision,
07:21soit sur le premier trimestre,
07:22soit sur l'ensemble de l'année 2026,
07:24qui était très décevante,
07:25parce qu'on attend toujours,
07:27depuis quasiment 2022-2023,
07:30les années où on a récupéré post-Covid,
07:32depuis, on n'a plus de l'élan du tout
07:33et on attend, on attend, on attend
07:35l'impulsion de décisions d'investissement
07:38qui n'arrivent finalement jamais.
07:40Elles sont assez peu prônes
07:45à de nouveau nous faire des promesses
07:47qu'elles ne seront pas honorées
07:49et donc elles préfèrent effectivement
07:50être assez prudentes.
07:51Des vrais warnings sur la guerre,
07:53on n'en a pas eu beaucoup.
07:54On a quelques sociétés
07:55qui en ont vraiment beaucoup pâti,
07:57ce sont essentiellement des sociétés
07:57qui sont localisées au Moyen-Orient.
07:59Je pense à des maillets technimons,
08:03des tout-bassex en Espagne,
08:05même des techniques énergie
08:06qui ont des opérations là-bas.
08:08Ces sociétés-là ont été particulièrement
08:10sévèrement touchées
08:11parce qu'elles sont directement touchées
08:12par ces opérations.
08:14Est-ce que le métronome de la guerre,
08:15ce sont plutôt que les cours du pétrole,
08:17les taux obligataires ?
08:18Vous disiez, il y a un risque sur les taux,
08:19surtout si les banques centrales
08:20qui se réunissent presque toute cette semaine
08:22se montrent plus dures,
08:23moins accommodantes,
08:24un risque à la hausse sur les taux.
08:26Est-ce que c'est ça qui pourrait,
08:27si les taux continuaient de trop monter,
08:28notamment les taux US,
08:29freiner Donald Trump ?
08:30Est-ce que le métronome
08:31est sur les taux obligataires,
08:32le métronome de cette guerre ?
08:33On pense que le métronome,
08:35il est effectivement sur le sentiment
08:38des Américains d'un bien-être
08:40ou d'un moins bien-être
08:42par rapport à avant les opérations.
08:44Donc l'énergie est une partie de l'équation,
08:47les taux sont une autre partie de l'équation.
08:49En revanche, les taux sont un facteur
08:50de distribution de l'angoisse
08:52à l'intégralité de l'économie.
08:54En Chine, il y a des petits signes de...
08:56Alors bien-être, c'est un grand mot,
08:57mais d'un peu mieux-être qu'avant.
08:58Sur les ventes de début d'année,
09:00ça se passe bien,
09:01les ventes au détail,
09:01plus vigoureuses qu'attendues là-bas,
09:03ça inclut donc les ventes
09:04liées au nouvel an lunaire.
09:05C'est un signal favorable ?
09:06C'est un signal inattendu pour vous ?
09:08C'est plutôt très bien.
09:09On prend tout ce qui est positif en ce moment,
09:11il n'y en a pas beaucoup,
09:11alors on se régale.
09:13Après, il ne faut pas se surestimer non plus.
09:16Effectivement, c'est quelque chose
09:17qui est passé un peu au second plan,
09:18puisqu'il y a eu tellement d'inquiétudes
09:19sur le consommateur par ailleurs,
09:21que le consommateur chinois, finalement,
09:23est devenu un petit peu marginal.
09:26mais c'est certain que les sociétés
09:28qui sont exposées là-bas
09:29en parlent de façon positive
09:30et ça a été confirmé par les statistiques.
09:31Voilà, mais c'était avant le début de cette guerre
09:33et avant aussi les impacts
09:35en matière d'approvisionnement pétrolier
09:36pour la Chine.
09:37Merci beaucoup, Hortense,
09:38de nous avoir accompagné.
09:39Hortense Lacroix pour Montpensier Arbevel.
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