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  • il y a 19 heures
Ce mercredi 8 avril, Benoît Peloille, CIO chez Natixis Wealth Management, s'est penché sur la sortie de crise en vue avec un éventuel rebond économique et la possibilité d'une surperformance des actions européennes, ainsi que les manières de réagir face à la volatilité des marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Benoît Pelloyle, Matic 6 AM, bonjour.
00:04Bonjour Antoine.
00:04Vous êtes entré dans ce studio avec un verdict que vous assumez et en tout cas que vous allez défendre
00:12devant nous ce verdict, lequel est-il ?
00:14Et bien c'est qu'avec une sortie de crise en vue, les actions européennes pourraient bien renouer avec la
00:18surperformance.
00:22Je dois commencer par un grand bravo parce qu'avant même que vous nous diriez votre verdict, vous aviez raison.
00:27Donc là, la vérité elle est là, plus 4,75 pour le CAC 40, le Dow Jones plus 2,99,
00:32le Nasdaq plus 3,1%.
00:34Donc vous avez raison, donc il y a du levier du côté des actions européennes et ce qui est en
00:38train de se passer sur les marchés va peut-être avoir tendance à rendre cette dynamique pérenne.
00:43C'est ça que vous voulez dire ?
00:45Effectivement, c'est en tout cas ce qu'on pense puisqu'il faut bien avoir en tête qu'avec le
00:49déclenchement du conflit, au tout début les actions européennes ont beaucoup plus souffert que les actions américaines.
00:52Bien sûr, à cause de notre exposition au pétrole.
00:54Exactement, notre dépendance plus importante de l'économie européenne aux énergies, au pétrole.
01:01Mais le marché est allé très très vite pour essayer de valoriser justement l'impact macroéconomique direct.
01:07Sauf que là maintenant, avec une sortie de crise en vue, il va falloir aussi essayer de distinguer quelles sont
01:12les traces que va laisser justement cet épisode sur les marchés.
01:16Et il ne faut pas négliger justement les effets indirects, probablement un peu moins visibles et qui là pourraient paraître
01:22plus problématiques du côté des Etats-Unis.
01:25Effectivement, il y avait aussi de toute manière, ces derniers mois et avant même, tout ce qui s'est passé
01:33du côté de l'Iran, tout ce qui s'est passé du côté, ça date même de la guerre autour
01:40des droits de douane.
01:40Il restait de toute manière cette dynamique selon laquelle les actions européennes allaient devenir plus intéressantes que les actions américaines.
01:51On le sentait, on voyait les courbes et on se disait de toute manière, cette dynamique, elle devrait demeurer.
01:56La question, c'est jusqu'à quand ?
01:58En fait, nous, on pense effectivement que c'est quand même un peu plus structurel.
02:02Et c'est pour ça qu'on n'a pas changé justement notre positionnement malgré le conflit, quitte à subir
02:05justement en partie cette sous-performance probablement temporaire des actions européennes.
02:10Parce qu'il faut effectivement se plonger maintenant dans l'évaluation des dégâts de ce que va laisser ce conflit,
02:15maintenant qu'on a une possibilité de sortie de crise.
02:18Ça va laisser des traces quand même sur la croissance, même si ce n'est pas le scénario catastrophe.
02:22Il faut bien avoir en tête que l'ampleur du choc et sa durée, même si c'est finalement, on
02:26l'espère relativement bref, il est quand même important.
02:28Il faut bien avoir en tête qu'une telle déviation du prix du pétrole, historiquement, ça a toujours impacté négativement
02:33la croissance mondiale, voire mis en récession.
02:36Exactement.
02:37Mais la vraie problématique pour nous, en tout cas pour les marchés, elle est plus du côté des persistances des
02:41pressions inflationnistes en réalité.
02:44Parce qu'on est une économie américaine qui, avant même d'entrer dans ce conflit, était déjà victime de pressions
02:49inflationnistes persistantes.
02:51Alors que du côté de la zone euro, on avait réussi à regagner la maîtrise de l'inflation avec une
02:54inflation qui était tombée à l'objectif.
02:56Et donc si effectivement ce conflit, il n'a peut-être pas suffisamment duré pour bouger les anticipations d'inflation
03:02à long terme,
03:03donc qui n'impliquent pas forcément une réponse immédiate des banques centrales,
03:07il est probablement suffisant en tout cas pour dissuader de desserrer justement les conditions monétaires.
03:12Et ça, c'est typiquement une problématique qui concerne plutôt les États-Unis.
03:15Oui, d'autant que, et on le disait avec John Plassard il y a quelques minutes,
03:19les marchés ont tendance à intégrer au cours un certain nombre de choses
03:24que la banque centrale américaine ne va pas pouvoir suivre nécessairement.
03:27Et surtout en ce moment, il y a eu une détente assez violente des taux d'intérêt.
03:31Alors je disais de manière un peu anecdotique, là, du côté de l'OAT français,
03:35c'est comme si la BCE avait coupé ses taux de 25 points de base hier.
03:39Du côté américain, ce n'est pas aussi violent,
03:41mais on se met, encore une fois, à intégrer au cours des choses
03:44qui ne sont pas vraiment possibles d'un strict point de vue monétaire.
03:48Mais effectivement, c'est précisément ça le sujet.
03:50Encore une fois, tant qu'il n'y a pas de modification des anticipations d'inflation à long terme,
03:54il n'y a pas de raison d'avoir une réaction politique monétaire
03:58de resserrement immédiat des conditions de crédit.
04:02Mais donc ça, ça concerne plutôt la dynamique de la Banque centrale européenne.
04:05En revanche, cet argument, il est probablement suffisant
04:08pour couper l'herbe sous le pied, justement, aux espoirs de baisse de taux
04:10qui étaient construits, justement, du côté des États-Unis.
04:14Et c'est une problématique très importante pour les marchés
04:16parce qu'il faut bien avoir en tête que depuis plus d'un an, voire même deux ans,
04:19la progression des marchés américains,
04:21elle repose en très large part, justement, sur ces espoirs d'anticipation,
04:25sur ces anticipations d'ajustement de la politique monétaire,
04:28avec cet optimisme de dire, oui, effectivement, la croissance est appelée à ralentir,
04:32mais la Réserve fédérale va pouvoir baisser ses taux sans aucun problème.
04:36Or, on s'aperçoit qu'en raison de la persistance de l'inflation préexistante à ce conflit,
04:41les conséquences pour, justement, l'inflation de ce conflit
04:45rendent le scénario un peu plus compliqué,
04:46c'est-à-dire qu'au final, on a un résultat
04:48avec probablement un peu moins de croissance,
04:51un peu plus d'inflation et donc moins de possibilité
04:53d'ajuster sa politique monétaire aux États-Unis.
04:55Alors, de manière un petit peu plus générale,
04:58c'est vrai que, voilà, du plus 4,7% sur le CAC 40,
05:01ça se voit assez peu, c'est vraiment des conditions exceptionnelles,
05:05peut-être qu'on a vu ça lors des apaisements dans la guerre commerciale,
05:09c'est vrai qu'on avait des hausses parfois assez violentes,
05:12ou après quelques signes un petit peu plus encourageants
05:15pendant le conflit ukrainien.
05:20Quand on est trader, des traders, techniciens de marché,
05:23la volatilité, c'est de l'or en barre, on est d'accord.
05:26Maintenant, quand on fait de la gestion pour le compte de clients,
05:30quand on a une optique long terme sur les marchés,
05:32c'est des phases qui sont toujours délicates,
05:35parce qu'on a tendance à se mettre hors marché
05:37quand on voit que la volatilité est trop forte,
05:39mais parallèlement, il ne faut pas rester hors du marché
05:41pour ne pas louper des belles séances comme celles d'aujourd'hui
05:44qui sont structurelles de quelque chose.
05:45Donc, il faut prendre le train en marche.
05:47Comment trouver le bon équilibre entre les deux positions, en fait ?
05:51Justement, c'est précisément ce qu'on a essayé de recommander,
05:53notamment à nos clients,
05:55c'est de ne pas prendre des décisions très violentes
05:58en termes d'allocations actives dans un tel contexte,
06:00tout simplement parce que l'imprévisibilité est extrême,
06:04on le voit bien, ça change à peu près tous les jours,
06:06voire même d'heure en heure,
06:07donc l'incertitude est extrêmement forte,
06:09ça peut très vite se retourner contre nous.
06:10Nous, on conseille évidemment de rester globalement
06:12plutôt exposés au marché,
06:14mais plutôt que de prendre des paris directionnels
06:16qui soient très très marqués,
06:17on essaye d'insister sur le fait de prendre des paris en relatif.
06:22Et c'est pourquoi, justement,
06:24cette surpondération, notamment de l'Europe,
06:25par rapport aux États-Unis,
06:26on l'a maintenue durant toute la période relativement difficile
06:29et on considère qu'on a plutôt bien fait
06:31puisque justement, elle devrait maintenant,
06:33qu'on s'aperçoit qu'on a enfin une sortie de crise à ce conflit,
06:35elle devrait se matérialiser de façon un peu plus fondamentale
06:37parce qu'en fait, elle repose sur des choses
06:39qui sont plus solides,
06:40qui sont plus fondamentales que la simple volatilité de court terme
06:43générée par l'incertitude de ce conflit en Iran.
06:46Et voilà, et là, on parle de dynamique des actifs.
06:50Quand il s'agit de quantifier un petit peu sur les allocations d'actifs,
06:54là aussi, il n'est pas question de bouger grand-chose
06:55par rapport à une stratégie qu'on a conçue en début d'année.
06:59Exactement.
07:00Il faut bien avoir en tête,
07:01quand on construit une allocation d'actifs,
07:02on la construit sur le long terme.
07:03Ça dépend aussi et très largement des objectifs,
07:08mais aussi des contraintes de nos clients.
07:09Et ça, ce sont des choses qui restent relativement permanentes,
07:12peu importe le contexte de volatilité sur le court terme.
07:14Justement, nous, on insiste vraiment sur le fait
07:16d'essayer de s'extraire de cette volatilité de court terme,
07:18de rester fidèle, justement,
07:20à un scénario relativement long dans le temps
07:22et d'éviter de prendre des grandes décisions directionnelles
07:26d'allocations d'actifs dans un contexte aussi incertain.
07:28Benoît Pellois, merci infiniment.
07:30Natix, si c'est cette management,
07:32merci de ses commentaires et de ses bons conseils
07:33pour gérer au mieux la volatilité de marché,
07:35même quand elle est profitable,
07:36avec un CAC 40 qui gagne quasiment 5%.
07:39Merci.
07:39Merci.
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