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  • il y a 4 heures
Ce lundi 27 avril, Emmanuel Sales, président de la Financière de la Cité, s'est penché sur les marchés déjà sur le chemin de la paix et l'extrême volatilité des cours du pétrole, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Emmanuel Salle, financière de la Cité, est rentré dans ce studio.
00:04Bonjour Emmanuel.
00:04Bonsoir Antoine.
00:06Vous arrivez avec une sentence qui, bien évidemment, est totalement assumée et irrévocable.
00:10Quelle est-elle ?
00:11Écoutez, je pense que les valorisations des marchés,
00:14pour exubérante qu'elles puissent être considérées,
00:18ne manquent pas de rationalité.
00:20Bon.
00:22Alors, j'allais dire,
00:26les marchés, les valorisations que donnent les marchés,
00:30ne sont pas irrationnelles.
00:31C'est peut-être l'ensemble du monde qui est en train de devenir irrationnel,
00:35mais là, on a un des derniers trucs qui le soit,
00:38qui soit rationnel.
00:39C'est-à-dire la valorisation que donnent les marchés.
00:41C'est un petit peu ce que nous disait Frédéric juste avant.
00:43C'est-à-dire que, oui, ça a canardé au congrès des correspondants de presse
00:50à la Maison-Blanche ce week-end, ça n'inquiète personne.
00:54L'Iran, c'est toujours pas réglé.
00:56Mais voilà, il y a les fondamentaux d'entreprise,
00:58il y a l'action des banques centrales
01:00et finalement, cette semaine-là pourrait être celle du retour aux fondamentaux
01:03et finalement, à une forme de rationalité dans un monde qui est un peu déglingué,
01:07il faut bien dire.
01:07Je crois que vous avez tout dit.
01:09OK.
01:10Effectivement, on a d'abord les résultats des entreprises
01:12qui sont quand même très bien orientées,
01:14particulièrement aux États-Unis.
01:15On voit que sur un en glissant, la croissance des bénéfices est de l'ordre de 13 à 14 %
01:22suivant les analystes aux États-Unis.
01:24La croissance des revenus proche de 7 %.
01:26Donc, ce n'est pas véritablement la crise.
01:31Et la valorisation en bourse s'explique parce que, tout simplement,
01:34les entreprises gagnent de l'argent.
01:36Et pas simplement la tech.
01:38Pas simplement la tech.
01:39Et toutes les entreprises gagnent de l'argent aux États-Unis.
01:41La consommation, malgré finalement, des enquêtes qui incitent guère à l'optimisme
01:49et à un climat général encore moins, ne montre pas de signes de faiblesse.
01:53On voit que les dépenses, notamment des cartes de crédit, s'inscrivent en forte hausse.
01:57Donc, tout cela tient aux États-Unis.
01:59On a en tout cas une demande finale qui est poussée à la fois par la consommation
02:03et par l'investissement.
02:04Et cela se retrouve assez logiquement dans les cours de bourse.
02:06Alors, on peut avoir une inquiétude sur le fait qu'un petit nombre en profite.
02:10C'est la fameuse courbe en cas.
02:12Effectivement, ce sont essentiellement les grandes entreprises qui bénéficient de ces valorisations.
02:16Les petites entreprises, un peu moins.
02:19Et le secteur de la consommation souffre indéniablement.
02:23Néanmoins, globalement, l'économie se porte plutôt bien aux États-Unis.
02:26Et du côté des banques centrales, elles ont plutôt reporté à plus tard
02:30leur menace de remonter des taux d'intérêt.
02:34On sait bien que, dans le cadre d'une inflation importée,
02:38la remontée des taux, on l'a appris malheureusement à nos dépens en 2022 en Europe,
02:42ne fait qu'aggraver les choses, puisqu'on ajoute du mal au mal.
02:46Pour le consommateur, c'est la double peine, à la fois la hausse des prix et la hausse des taux,
02:50et le durcissement des conditions de financement.
02:53Donc, il y avait toutes sortes de bases doctrinaires, d'ailleurs,
02:55pour permettre aux banques centrales de prendre un peu de temps.
02:58Apparemment, c'est ce qu'elles vont faire, tout au moins aux États-Unis et au Japon,
03:02et vraisemblablement également, peut-être même en Europe.
03:04Nous le verrons bien. En tout cas, ça laisse un peu de respiration au marché,
03:09si bien que les valorisations, on doit le reconnaître tout à fait exceptionnelles,
03:14dans le contexte que l'on connaît, avec un rebond spectaculaire depuis trois mois,
03:19ne sont peut-être pas nécessairement dénuées de fondement.
03:24Oui, c'est quand même ce que j'allais dire.
03:26Il n'y a pas forcément d'irrationalité.
03:28Enfin, il y a quand même quelque chose de, je ne dirais pas d'inquiétant,
03:32mais de préoccupant quand on parle de ces niveaux stratosphériques,
03:38stratosphériques presque.
03:39Je ne sais pas, quand on parle de Microsoft, c'est une valeur value avec un PE de 28.
03:44Vous savez, le problème de la valeur en bourse, c'est qu'en bourse, il n'y a pas de
03:48valeur absolue.
03:49Les valeurs s'échangent contre les valeurs. La valeur est toujours quelque chose de relatif.
03:53Et il y a un élément quand même assez majeur, qui à mon sens vient rebattre les cartes,
03:58c'est l'intelligence artificielle. Vous en avez suffisamment parlé ici.
04:03Mais vous avez des gains de productivité associés à l'intelligence artificielle,
04:06au-delà des valorisations de court terme et des prévisions de résultats des GAFARM,
04:10qui sont considérables, et on le voit dans la vie des entreprises,
04:13dans nos usages à tout un chacun de tous les jours.
04:17Et donc, est-ce que ces gains de productivité sont véritablement pris en compte aujourd'hui
04:22par les marchés, se sont véritablement diffusés encore dans l'économie ?
04:27La question quand même mérite d'être posée.
04:29Et là, c'est un changement tout à fait considérable.
04:31Et récemment, on a vu que le Conseil monétaire de la Fed, le COMC,
04:36avait réévalué ses prévisions de croissance à long terme de façon assez significative.
04:41On est passé de 1,8% de croissance à long terme à 2% de croissance.
04:45Ça paraît faible, 0,2, mais ça représente quand même 10% d'augmentation.
04:49C'est tout à fait considérable, dans un contexte où la démographie américaine est en berne,
04:56compte tenu des politiques migratoires de la nouvelle administration Trump.
04:59Cela signifie que ce surcroît de croissance provient essentiellement de gains de productivité
05:08et donc exclusivement de la diffusion de l'IA dans les pratiques des entreprises.
05:16Et là, on a quand même un phénomène qui est quand même quelque chose de fond,
05:21une augmentation de la productivité absolument majeure
05:24et qui, à mon instant, s'explique à elle seule en très grande partie
05:29le comportement des marchés depuis quelques semaines.
05:31C'est quand même très, très difficile de se...
05:33Enfin, là, je fais appel au flair de celui qui observe le marché
05:37de constater cette espèce de paradoxe qui est de plus en plus les entreprises.
05:43On voit le PDG d'Entropie, qui nous dit, de toute manière,
05:45il y a deux tiers des emplois tech à l'avenir qui seront remplacés par l'IA.
05:48Et parallèlement, de se rendre compte au quotidien que l'IA, ça ne marche pas bien en tant que tel.
05:55Est-ce que c'est vraiment un gain de productivité quand on est obligé de passer derrière,
05:59de se mettre à plusieurs pour essayer de prompter correctement ?
06:01Croyez-vous, Antoine, nous avons, dans notre entreprise,
06:04nous avions un responsable informatique et deux développeurs.
06:08Maintenant, il est seul.
06:10Et il m'a confié récemment qu'auparavant, il avait deux développeurs.
06:14Maintenant, il en a une vingtaine qui travaillent pour lui en permanence.
06:17et qui lui font un travail d'excellente qualité.
06:21Donc, il me semble que les résultats sont quand même d'excellente facture.
06:29Et pour l'utiliser également, à titre personnel, dans mes recherches, dans mes analyses,
06:34je dois reconnaître que c'est un élément très positif.
06:37Et je dois considérer que, pour le moment, ce que j'en vois nous rend meilleur.
06:42Donc, j'ai un avis plutôt positif sur ces mutations technologiques.
06:47Ah non, je fais confiance aux professionnels.
06:49Non, mais vous en êtes également.
06:51Donc, c'est intéressant d'avoir votre point de vue.
06:54Dernière petite chose.
06:55Là, on a eu droit, quand même, ce week-end, sur les futurs,
07:00à une forte hausse des cours du brut.
07:02Là, ça a l'air de se calmer un petit peu.
07:05C'est le facteur X du reste de l'année.
07:09Vous avez parfaitement raison.
07:10Alors, c'est vrai que l'intensité pétrolière de l'économie a baissé.
07:13Néanmoins, on reste très dépendant, vous le savez, du Golfe.
07:16Pour le pétrole, pour l'hélium, pour les intrants,
07:18pour tout ce que vous savez, pour le gaz, un peu moins qu'avant.
07:21Néanmoins, effectivement, c'est la grande inconnue.
07:24Pour le moment, on peut considérer quand même que l'Iran conserve une certaine option.
07:28Et entre le consommateur américain et puis, comment dire, des chiites zoroastriens,
07:34je pense que la capacité de résistance est assez clairement établie.
07:40Néanmoins, il n'est pas non plus de l'intérêt de l'Iran
07:42de poursuivre éternellement le blocage.
07:46Et, comment dire, il y a un moment, pour savoir conserver la valeur d'une option,
07:50il ne faut pas l'exercer.
07:51Donc, vous le savez bien en tant que praticien des marchés financiers.
07:55C'est d'ailleurs ce que pensent, à mon avis, en grande partie les marchés,
07:58en anticipant plus ou moins un règlement du conflit.
08:01Maintenant, si le blocage se poursuit d'ici la fin du mois,
08:04ça va devenir beaucoup plus délicat.
08:06Et là, effectivement, on rentre dans un autre monde.
08:11Je ne sais plus d'où il vient ce proverbe.
08:13C'est le baril de pétrole le plus rentable, celui qui n'est pas encore sorti de terre.
08:17Donc, là-dessus, on a...
08:18Enfin, on aura 10 chiites, zoro, astriens dans cette émission.
08:23Et c'est...
08:24Je trouve ça formidable.
08:25On s'ouvre des horizons.
08:26Merci infiniment, Emmanuel Salle, financière de la Cité, pour ce point.
08:30Très complète.
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