00:007h45 sur BFM Business et SUAM, c'est live. Notre invité ce matin, c'est Cyril Fradin.
00:04Bonjour, vous êtes le président du groupe Fram, premier tour opérateur français.
00:08200 clubs à travers le monde, un milliard d'euros de chiffre d'affaires, plus d'un million de voyageurs
00:13chaque année.
00:14Ce matin, là, lundi, on est le 13 avril. Dans quel état est le tourisme français ?
00:21Est-ce qu'on est dans une situation d'attentisme ? Est-ce qu'il y a des reports ?
00:24Comment vous voyez le secteur ?
00:27Dans un contexte comme le nôtre, aujourd'hui, les clients sont très intéressés à préparer leurs vacances.
00:34Ils passent beaucoup de temps sur nos sites, soit Promovacances ou Fram, ils passent vraiment beaucoup de temps à aller
00:38surfer, à travailler leurs produits, à poser beaucoup de questions.
00:43Mais, clairement, aujourd'hui, l'acte d'achat, ils ne sont pas prêts à le prendre, puisqu'il y a
00:48quand même une incertitude associée à ces vacances qu'ils sont en train de préparer.
00:53Mais pour vous, les budgets sont là, mais ils sont juste en attente ?
00:57Les budgets sont là, les clients ne renoncent pas, ils préparent, ils sont prêts.
01:00D'ailleurs, on l'a vu très clairement il y a encore moins de quelques jours, dès qu'il y
01:04a eu l'annonce du cessez-le-feu, il y a eu un rebond immédiat sur les ventes,
01:08parce qu'il y a beaucoup plus de confiance. Ce qui dit confiance, dit acte d'achat immédiat.
01:11Les gens, ils cherchent quoi ? Ils regardent de quoi, aujourd'hui, son capacité de se projeter sur le Moyen
01:16-Orient ou sur l'Asie, par exemple ?
01:17Non, aujourd'hui, il y a des ajustements réels, il y a des zones qui sont beaucoup moins travaillées.
01:21Le Moyen-Orient, ce n'est pas forcément une destination qui est vraiment plébiscitée, mais très clairement, pour le reste
01:27du monde,
01:28on regarde véritablement en fonction de ses plaisirs, en fonction de ses envies, ce qui est le plus en adéquation
01:34avec son portefeuille.
01:36Ce matin, on disait, l'Espagne, l'Italie gagnent un petit peu. La France, non, c'est trop cher.
01:42La France, non, c'est clairement trop cher. Effectivement, aujourd'hui, les Français regardent beaucoup l'Espagne,
01:48regardent beaucoup la Sicile, regardent beaucoup la Sardaigne, l'Italie, la Croatie, beaucoup des pays européens,
01:53mais également, forcément, les Caraïbes et autres, ils recherchent un peu plus de soleil pour les vacances de Pâques.
02:01Mais véritablement, aujourd'hui, la France, ce n'est pas forcément une destination de report, en tout cas, ce n
02:05'est pas ce que l'on note,
02:06puisque, effectivement, il faut quand même associer à la France tous les coûts,
02:10notamment de transport, d'hébergement, de restauration, qui sont beaucoup plus chers que si vous partez à l'étranger.
02:15Et il n'y a pas des gens qui se disent, justement, OK, les coûts des carburants ont augmenté,
02:19mais peut-être que sur l'aérien, ça va se reporter aussi. Donc, je préfère ne pas prendre l'avion
02:24?
02:25Aujourd'hui, il faut vraiment nuancer les choses.
02:28Il y a, comme toujours, forcément, des destinations qui subissent plus que d'autres,
02:34le coût et la hausse des carburants.
02:37Mais il y a encore de belles opportunités, notamment sur le moyen courrier aujourd'hui,
02:41ce qu'on appelle les distances très proches de la France.
02:43Il y a des offres assez incroyables aujourd'hui.
02:47Comme toujours, en cycle bas, il y a des offres incroyables qui se dégagent.
02:50Et pour aller où, par exemple ? C'est l'Égypte, c'est le Maroc ?
02:52Aujourd'hui, vous pouvez partir en Égypte, ce qui est un pays très sûr.
02:55Depuis le début du conflit, il y a des prix, mais juste incroyables.
02:59On offre des packages en 4 étoiles aujourd'hui à moins de 500 euros sur l'Égypte.
03:02La même chose sur le Maroc, la même chose sur la Tunisie, la même chose sur les Baléars.
03:06Il y a quand même beaucoup de destinations qui profitent énormément de ce type d'offres.
03:10Pas qui profitent avec des offres, mais est-ce que les gens y vont ?
03:13Est-ce qu'ils prennent le risque que, là, vous nous dites psychologique, mais d'y aller ?
03:17Quand il y a un cessez-le-feu qui est annoncé, du jour au lendemain, on voit qu'on est
03:21prêt à...
03:22Parce que l'offre est présente, parce qu'il y a véritablement un appétit des Français pour partir.
03:27Donc, on est prêt, forcément, à franchir le pas.
03:29Sur l'Asie, vous dites que ça va être durable, parce que la question des hubs va rester compliquée.
03:35Comment vous regardez la destination ?
03:37Honnêtement, pour moi, la question des hubs va se régler à la fin du conflit.
03:41Dès qu'on a une accalmie sur le conflit, le hub de Dubaï et celui de Doha va reprendre immédiatement.
03:48J'ai aucun sujet sur le fait que l'Asie va reprendre dès la fin du conflit.
03:52Ce n'est pas du tout une problématique, selon moi.
03:54Aujourd'hui, le vrai sujet, c'est quand.
03:57Mais la question, c'est quand et uniquement quand.
04:00Comment vous répercutez aujourd'hui les prix sur l'aérien ?
04:03Quand on voit les annonces des compagnies aériennes en disant qu'on va faire un surcoût sur les billets,
04:07vous répercutez, vous, sur la clientèle directement ou pas ?
04:10Aujourd'hui, nous, on réajuste immédiatement les surcoûts qui sont appliqués.
04:14Donc, les prix, forcément, de nos packages augmentent en fonction de l'évolution des tarifs.
04:18Mais là encore, il y a des hausses de prix au sens hausses de taxes.
04:22Mais pour autant, les compagnies aériennes, ensuite, régulent forcément leurs tarifs en fonction du remplissage.
04:26On fait la même chose pour nos packages.
04:29En fonction du remplissage, il y a des offres qui se dégagent.
04:31Et encore une fois, il y a des opportunités incroyables.
04:33Ce n'est pas que des hausses de taxes.
04:34Il y a des compagnies aériennes qui ont annoncé des augmentations de tarifs de billets d'avion.
04:39C'est vrai, mais il loge ça sur une notion de hausse carburant qui est logée dans la taxe.
04:43C'est pour ça que je parlais de hausse de taxes.
04:45C'est un langage technique.
04:47Mais pour ceux qui ont déjà pris leur billet, leur voyage, certains reçoivent, finalement, ça sera tant d'euros de
04:53plus ou ça n'existe pas, ça ?
04:54Certains peuvent recevoir tant d'euros de plus, mais dans une très grande majorité, ils ne reçoivent rien du tout.
04:58Puisque tout simplement, le prix a été négocié initialement.
05:02Un prix qui a été agréé et qui ne bouge pas.
05:04Selon les chiffres des entreprises du voyage, en mars, on est à un volume d'affaires qui a chuté de
05:0920%.
05:11Finalement, ce n'est pas tant que ça au vu de la situation.
05:14C'est-à-dire qu'il n'y a pas un effondrement de 90%.
05:17On est mesuré quand même.
05:19Non, très clairement, on n'est pas du tout dans une réplique de ce qu'on a connu pendant le
05:22Covid.
05:23Donc, il y a toujours un marché qui, effectivement, a eu une cassure, mais modeste finalement.
05:28Modeste, puisque généralement, on a plutôt des cassures, ce qu'on a pu voir après le printemps arabe
05:33ou après les attentats de plus de 25-30%.
05:36Donc là, c'est quand même relativement modéré, même si c'est brutal.
05:39Et preuve en est, encore une fois, par rapport à mon propos, c'est que les gens sont toujours très
05:42intéressés.
05:43Donc, ils ne renoncent pas du tout à voyager.
05:44Ils attendent, ils sont prudents.
05:45Et en fonction, véritablement, du moment où ils veulent ou pas décider à prendre leur voyage, ils s'engagent.
05:52Dans les destinations qui pourraient voir un regain d'activité, il y a la Turquie, notamment.
05:58Est-ce que vous dites que la Turquie, c'est un peu la Nouvelle-Égypte, une nouvelle destination qui n
06:03'était pas du tout envisagée auparavant ?
06:04Alors, ce qui est assez hallucinant, c'est que la Turquie a vécu vraiment, pour le coup, le drame du
06:10conflit.
06:10Et comme il y a eu certaines attaques, il y a eu véritablement un mouvement où il y a eu
06:14un arrêt immédiat, en fait, des réservations sur la Turquie,
06:16post-début du conflit. Et là, depuis quelques jours, notamment après l'annonce du cessez-le-feu,
06:22la Turquie a repris, effectivement, ces belles tendances.
06:26Et on a véritablement, aujourd'hui, de bons chiffres sur la Turquie.
06:29Quel bilan vous faites de cette crise au Moyen-Orient, de ceux qui ont été coincés, qu'il a fallu
06:34rapatrier,
06:35ceux qui n'acceptaient pas forcément des vols qui étaient proposés ?
06:38Au final, vous vous dites que ça s'est plutôt bien passé, cette gestion de crise ?
06:43Écoutez, d'un point de vue purement financier, c'était douloureux.
06:46Puisque un groupe comme le groupe Fram a supporté plus d'un million de surcoûts associés à ces rapatriements de
06:52nos clients.
06:53Mais d'un autre côté...
06:54Parce que quand on a pris un opérateur, on est pris en charge, ce n'est pas le client qui
06:58paye.
06:58Exactement. L'effet, comme très intéressant, c'est de montrer véritablement l'intérêt d'un tour opérateur.
07:03Quand vous êtes sur un voyage qui est construit de par vous-même, ou qui est acheté en dématérialisé,
07:11finalement, la responsabilité de la complexité de voyage vous appartient.
07:13Donc vous devez assumer l'intégralité des coûts s'il y a un événement qui se produit.
07:18Et donc vous dites qu'on a perdu un million, mais finalement, c'est positif globalement sur la confiance peut
07:23-être ?
07:23Exactement, puisqu'en face de vous, vous avez un acteur professionnel qui assume l'intégralité des surcoûts potentiels associés à
07:29votre retour.
07:30Ce n'est pas rien.
07:31Moi, j'ai eu des exemples très probants, notamment en Thaïlande.
07:34Nous, on avait des clients, on a affrété un vol, on a mis beaucoup d'argent pour faire rentrer nos
07:39clients sur la France.
07:41Il y avait des amis qui étaient en Thaïlande, donc ils avaient acheté leur billet d'avion eux-mêmes.
07:45Donc ils avaient fait leur trip eux-mêmes.
07:47Ils ne pouvaient pas trouver de billet de retour.
07:49Donc ils n'en avaient qu'un seul, un billet, mais c'était à 4000 euros par personne.
07:52Nous, les clients, qui étaient chez nous dans un de nos clubs en Thaïlande, ils sont rentrés en France à
07:57nos frais, mais aux frais de Fram.
07:59Différence, au final, c'est un couple qui rentre avec Fram 0 euros, un couple qui rentre par ses propres
08:06moyens, c'est 8000 euros.
08:07La photo n'est pas la même.
08:08Merci beaucoup d'être venu ce matin, Cyril Fradin, pour nous parler de Fram.
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