00:00C'est Wilfried Galland qui nous a rejoint. Bonjour Wilfried, directeur général adjoint de Montpensier Arbevel.
00:04Je commence avec la fête, ça va être la dernière réunion de politique monétaire de Jérôme Poel.
00:08Ça y est, c'est fini, il va partir, il n'est plus poursuivi et Kevin Walsh va pouvoir prendre
00:12sa suite.
00:13Oui, c'est en fait la fin d'un épisode que je trouve assez triste en fait.
00:18Un épisode un peu à la fois de harcèlement politique monétaire judiciaire
00:24entre la Maison Blanche d'un côté et la Réserve Fédérale d'autre.
00:27Ce n'est pas la première fois dans l'histoire qu'on a des bisbilles entre la Maison Blanche et
00:31la Réserve Fédérale.
00:32Mais là, ça avait vraiment pris une tournure extrêmement personnelle, extrêmement violente aussi,
00:37sur des sujets qui n'en méritent, enfin, qui compte tenu des autres sujets monétaires extrêmement importants
00:42qu'on a en plus aujourd'hui sur la possible augmentation des prix, une récession américaine,
00:49comment équilibrer tout ça, on a quand même des sujets monétaires, conditions financières aux Etats-Unis,
00:54des sujets extrêmement importants. C'est une très bonne nouvelle qu'on mette enfin la...
00:59Il était poursuivi pour une histoire de travaux sur le bâtiment de la Fed.
01:02Voilà, les histoires judiciaires, là, en fait, tout le monde s'en sort à peu près en disant
01:06finalement on va transformer ça en une enquête administrative, ce qui est la procédure classique
01:11dans ce genre de sujet. On fait une enquête interne pour vérifier qu'effectivement
01:16les procédures ont été bien suivies, mais on ne met pas en branle le FBI et tout l'appareil judiciaire
01:21américain.
01:21Kevin Walsh, dont on attendait des baisses de taux, parce que c'était un peu pour ça qu'il avait
01:25été nommé,
01:25ce n'est pas ce qu'il va pouvoir faire à la prochaine réunion de la Fed ?
01:28Non, en fait, il est dans la même optique que Jérôme Powell, c'est-à-dire d'abord gagner du
01:33temps,
01:34d'abord jouer sur les deux aspects du mandat pour dire, en fait, j'ai deux volets à équilibrer,
01:40les deux vont dans un sens un peu différent, ça me donne l'opportunité de regarder un peu ce qui
01:45se passe,
01:45mais je trouve que le plus intéressant dans ce que nous dit Kevin Walsh, c'est effectivement d'être capable
01:50de se projeter.
01:50C'est un peu ce qu'on pouvait reprocher à Jérôme Powell et évidemment à la BCE dans la foulée,
01:55c'est de fonctionner avec des données très retardées, de fonctionner en disant,
01:59ben voilà, je suis le fameux réunion par réunion, je dépends des données,
02:04ça, ça veut dire qu'en fait, vous regardez l'avenir avec un rétroviseur,
02:06c'est pas comme ça que dans un monde extrêmement fluctuant, vous pouvez prendre des décisions.
02:10Il faut fonctionner à base de scénarios et à base de projections,
02:13quitte à prendre effectivement un certain nombre de risques.
02:15Kevin Walsh me paraît prêt à le faire, ça paraît bien,
02:18après, comment est-ce qu'il va le communiquer ?
02:19Il essaie de garder effectivement le côté très, je ne vais pas dire imprévisible,
02:24mais en tout cas moins transparent que certains présidents de la Fed
02:28pour garder cette espèce de mystère qui était historiquement celui de la réserve fédérale.
02:33On va voir comment il va se débrouiller.
02:34Il a quand même une très très bonne image, en tout cas extrêmement solide
02:38en termes de théorie monétaire, en termes d'économiste.
02:42On va voir comment ça va se passer.
02:43On l'attend quand même beaucoup parce que là, la situation commence à être un petit peu compliquée.
02:48Du côté des données macroéconomiques, on voit quand même dans les dernières données publiées
02:52par Washington, notamment sur la croissance économique,
02:55c'est quand même l'Europe qui va prendre le plus cher sur le plan mondial.
02:58On a quand même Patrick Pouyanné qui est de plus en plus inquiet sur les questions de pénurie.
03:02Il ne parle plus de prix, il parle de pénurie sur le diesel et sur le kérosène.
03:05Emmanuel Macron qui essaye de rassurer.
03:07Les deux ont un peu raison, c'est-à-dire qu'il y a un effet psychologique
03:10où il ne faut pas que les gens fassent du stock,
03:11mais à un moment donné, il va falloir parler de pénurie.
03:13C'est le vieux proverbe financier,
03:15« Don't panic, but if you panic, panic first ».
03:17C'est le premier élément.
03:19Mais en tout cas, ce qui est très clair, c'est que quand on regarde
03:21un certain nombre de blocs d'approvisionnement,
03:24Patrick Pouyanné a parlé effectivement du diesel, du kérosène,
03:27on pourrait parler de l'hélium ou d'autres sujets,
03:28on ne voit pas comment est-ce qu'on peut échapper au minimum
03:32à des réallocations pour faire face
03:35aux pénuries les plus fortes.
03:37On aura forcément des choix à faire parce que,
03:40il faut bien voir que la vitesse de fonctionnement d'un cargo,
03:46c'est le vélo en fait.
03:48Il fonctionne à la vitesse d'un vélo.
03:51Et donc, ça prend beaucoup de temps
03:53pour se rendre compte du choc qu'on va avoir.
03:57Le dernier cargo en provenance du Moyen-Orient
03:59à destination de l'Europe, c'était la semaine dernière,
04:02c'était le 11 avril.
04:04C'est celui qui était parti le dernier,
04:06avant le blocage.
04:07Donc depuis le 11 avril, on fonctionne sur des stocks.
04:11Soit des stocks qui sont dans la raffinerie,
04:12des stocks qui sont dans les dépôts de carburant,
04:14des stocks qui sont encore dans des barges flottantes,
04:17mais on fonctionne sur des stocks.
04:18Donc on peut fonctionner pendant un certain temps
04:19parce qu'effectivement, il y a des politiques de prudence
04:22qui ont été mises en place, et c'est très bien comme ça.
04:24Mais si on n'a pas une réouverture extrêmement rapide,
04:26et même si on avait une réouverture extrêmement rapide et totale,
04:29ce qui paraît quand même assez peu probable aujourd'hui,
04:31on va avoir des choix à faire sur des blocs
04:33qui sont difficiles à réallouer.
04:36C'est-à-dire effectivement, sur l'essence,
04:38sur un certain nombre de carburants, le kérosène,
04:42je pense qu'en Europe, on peut arriver à faire des réallocations.
04:45Sur le diesel, par exemple, c'est quand même beaucoup plus dur.
04:47Sur l'hélium, 30% de l'hélium,
04:50ce sont les services médicaux.
04:51Le reste, c'est effectivement la tech.
04:53La tech a l'habitude de payer extrêmement cher
04:55quand elle a besoin.
04:55Parce que c'est ça aussi, vous payez plus cher et puis...
04:58Donc en fait, si vous payez 10 fois le prix,
04:59vous allez être approvisionné.
05:00Mais est-ce que ça veut dire que vos machines à résonance nucléaire
05:04ne vont plus fonctionner
05:05pour que vos data centers puissent fonctionner ?
05:07Il y a des régions du monde où ça peut poser problème quand même.
05:09Donc il va falloir effectivement arbitrer tout ça.
05:12Qui va arbitrer ?
05:12Dans quel cadre ça va se faire ?
05:14Quelle réglementation, nous on adore,
05:16on va peut-être mettre en place des CERFA, je ne sais pas.
05:19Dans quel cadre est-ce qu'on va fonctionner ?
05:20Ça va être un bon test aussi sur la capacité
05:23à la fois du marché et des pouvoirs publics à travailler ensemble.
05:26L'événement du week-end, c'est cette attaque sur Donald Trump.
05:29À nouveau, une tentative d'assassinat.
05:32Vous avez regardé ça comment 5 fois en 10 ans
05:34il a été attaqué, Donald Trump, c'est beaucoup.
05:37Il y a un côté et encore...
05:39Oui, en fait, c'est vraiment le signal
05:41d'une polarisation extrêmement forte
05:43de la société américaine.
05:44Alors Alexis Karkin l'a dit ce matin sur cette antenne,
05:47ce n'est pas la première fois, loin de là,
05:48qu'un président américain est visé.
05:51C'est quand même le signal
05:52qu'on a aujourd'hui une société américaine
05:56extraordinairement clivée
05:56et qui fait rejaillir
06:00les sous-jacents de violences
06:02qui sont des sous-jacents extrêmement profonds
06:04dans l'histoire américaine.
06:05Et on voit dans les statistiques économiques,
06:09on le voit entre les Républicains et les Démocrates,
06:11on a une divergence qui n'a jamais été aussi forte
06:14et qui a grandi dans les 15 dernières années.
06:17C'est-à-dire que, autant les Républicains
06:19pensent que globalement, ça va à peu près dans l'économie,
06:21les Démocrates pensent que c'est une catastrophe.
06:24On n'a plus ce côté bipartisan
06:25qu'on avait aux Etats-Unis.
06:27C'est deux mondes différents.
06:28C'est deux mondes différents.
06:29Et j'ai noté quand même
06:31qu'effectivement, le discours de Donald Trump
06:35était plus tranquille.
06:37C'était quand même presque un appel à l'unité.
06:39On va voir si dans les prochains jours, ça va durer.
06:42C'est important pour la partie politique,
06:43mais aussi pour la partie économique aux Etats-Unis.
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