00:00Le grand entretien à 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live ce matin, c'est avec Romain Roy.
00:04Bonjour, vous êtes directeur commercial de NG Travel, troisième tour opérateur français.
00:08Vous avez des marques comme Promoséjour, Jet Tour, CE Évasion, Direct Tour ainsi que des clubs de vacances.
00:13450 millions d'euros de chiffre d'affaires, des destinations partout dans le monde, dont le Moyen-Orient mais aussi
00:18beaucoup en Asie.
00:20Et donc vous avez dû rapatrier, vous aussi, des clients qui étaient coincés.
00:24Combien vous en avez ce matin encore à rapatrier ? Combien vous en aviez au départ ?
00:27Alors, nous avions plus de 700 clients à rapatrier au début de la crise.
00:32Aujourd'hui, on peut annoncer que d'ici demain, 95% de nos clients seront rapatriés.
00:38Donc on a encore quelques clients que nous sommes en train de gérer.
00:40On est en train de voir directement avec les compagnies aériennes pour essayer de trouver des vols et les rapatrier.
00:44Mais la situation devrait être à la normale très rapidement.
00:48Des gens de votre côté qui étaient surtout en Asie et qui utilisent les hubs du côté du Golfe ?
00:53Tout à fait, tout à fait.
00:53Parce qu'on avait à la fois des clients qui étaient dans la région du Moyen-Orient, mais surtout en
00:58Asie.
00:58On avait beaucoup de clients en Asie qui utilisent les hubs du Golfe, en réalité, pour se rendre dans ces
01:03destinations-là.
01:03Et donc c'est surtout ces personnes-là qu'il a fallu gérer.
01:06Et pour cette raison, il a fallu échanger, discuter avec nos confrères, trouver des solutions.
01:11On a prêté deux vols.
01:12On a un vol qui est arrivé hier, on a un vol qui va arriver aujourd'hui, qui arrive directement
01:18d'Asie pour rapatrier leur ensemble de ces...
01:20Et alors là, le gros avantage quand vous êtes avec un tour opérateur, c'est que vous vous débrouillez pour
01:24me rapatrier.
01:25Mais je ne vais pas payer moi-même mon billet d'avion.
01:27Et dans ce cas-là, ça a un petit avantage.
01:29En fait, tout à fait.
01:30En fait, à chaque fois qu'il y a une crise, on remet en avant le tour opérating.
01:34Le tour opérating est très, très important.
01:35Parce qu'une de nos missions principales, c'est un, bien sûr, de gérer la sécurité de nos clients.
01:40Mais aussi, nous sommes responsables de notre client.
01:42Du moment où il réserve jusqu'au moment où il va revenir de vacances.
01:45Donc une de nos missions, c'est de faire en sorte que notre client puisse revenir en France.
01:48Et on va trouver tous les moyens possibles pour pouvoir le faire.
01:51Donc c'est un vrai avantage de réserver aujourd'hui avec un tour opérateur.
01:53Mais ce qui veut dire que c'est à vous que ça coûte très cher ?
01:55Aujourd'hui, ça nous coûte un coût.
01:57Mais le plus important, on va dire, ce n'est pas de regarder les coûts à date.
01:59C'est vraiment s'occuper de nos clients.
02:01C'est ça un coût pour vous de négocier avec les compagnies aériennes ?
02:03Alors exactement.
02:04En fait, soit on va trouver des solutions en affrétant des vols.
02:08Donc ça, c'est une solution très importante qu'on a trouvée et qu'on a mise en place.
02:11Nous a permis de rapatrier beaucoup de clients.
02:13Et après, c'est voir directement avec les compagnies aériennes
02:16pour voir comment on peut reprogrammer des vols pour ramener l'ensemble de nos clients.
02:20Ça a un coût important pour nous.
02:22Mais aujourd'hui, j'ai envie de dire, peu importe le coût,
02:24le plus important, c'est que nos clients puissent revenir en France.
02:27Mais c'est des vols qui, par exemple, sur les vols Air France, sur Dubaï, Paris,
02:32ça a pris combien ? C'est x2, x3, x4 ?
02:35C'est difficile parce que ça dépend vraiment de la compagnie aérienne, de la route.
02:40Donc en effet, dernièrement, les vols augmentent, les prix augmentent
02:43parce qu'il y a une demande qui est importante pour rapatrier tout le monde.
02:45À nous de suivre le cours, à nous de faire en sorte de ne pas payer non plus des sommes
02:49astronomiques
02:50et de voir comment on va pouvoir gérer ça.
02:52Alors il y a ceux qui veulent rentrer et puis il y a ceux qui ne pourront pas partir.
02:55Là, vous en êtes où en matière d'annulation, de réorganisation du tourisme ?
03:00Alors tout à fait.
03:01En fait, il fallait gérer le rapatriement de nos clients qui étaient à destination
03:05et maintenant, il va falloir gérer les prochains départs.
03:08On gère ça en toute transparence au jour le jour aujourd'hui.
03:11En fonction des informations que nous donnent les compagnies aériennes,
03:14il y a plusieurs situations.
03:16Un vol est annulé.
03:18De notre côté, on va appeler notre client,
03:19on va trouver une solution la plus adéquate possible pour lui
03:22et ça va être potentiellement d'annuler son voyage, le rembourser
03:26ou lui proposer une autre destination.
03:27Et tant que le vol n'est pas annulé, on n'annule pas le séjour ?
03:32Tant que le vol n'est pas annulé, aujourd'hui, on ne peut pas forcément annuler le séjour.
03:35Donc ça dépend.
03:36Peut-être que vous avez des assurances qui vous permettent d'annuler votre séjour,
03:38mais nous, on est vraiment dans l'attente d'informations de la part des compagnies aériennes
03:42pour savoir si le vol est annulé.
03:44Et à ce moment-là, on peut proposer une solution précise à notre client.
03:47Et aujourd'hui, quand le vol n'est pas annulé, qu'est-ce que vous remarquez sur le Moyen-Orient
03:52?
03:52Vous avez des demandes d'annulation fortes des gens qui ne veulent plus y aller ou pas ?
03:56Alors clairement, aujourd'hui, on a des demandes qui sont importantes
04:00pour annuler les séjours qui devaient avoir lieu au Moyen-Orient.
04:03Ça aujourd'hui, mais par exemple sur la tendance sur la suite de mars ?
04:06Alors sur la tendance sur la suite de mars, c'est intéressant parce que,
04:08en fait, quand on regarde les chiffres de la semaine dernière et nos résultats,
04:11on se rend compte qu'il n'y a pas eu un énorme décroché des réservations.
04:14En fait, je pense que le marché du voyage, c'est un marché très résilient.
04:18Et la semaine dernière, les réservations ont continué.
04:21On note un décrochage de seulement 10% du volume de réservations
04:24par rapport à l'année dernière.
04:26Mais le gros changement, en réalité, c'est le mix des destinations.
04:29C'est-à-dire qu'on a des destinations qui ont vu leur volume d'affaires être multiplié par deux.
04:33Leur volume de réservation, la République dominicaine, par exemple, le Cap Vert,
04:37des destinations qui sont assez éloignées, en réalité, de la zone de conflit.
04:40Mais on a aussi des destinations dans le bassin méditerranéen qui ont eu de fortes performances,
04:46notamment l'Italie, la Sicile, les Baleares,
04:48où en fait, le volume de réservation a été multiplié par presque deux la semaine dernière.
04:52En vrai, il y a des transferts, destinations…
04:53Tout à fait.
04:55Vous estimez que là, en 10 jours de crise, ça vous a coûté combien ?
04:59C'est dur aujourd'hui de mettre un chiffre précis sur ce que ça nous a coûté.
05:03Je pense qu'on fera les comptes à la fin de la crise,
05:05quand on aura, une fois de plus, rapatrié l'ensemble de nos clients.
05:08Et on verra combien ça nous a coûté.
05:10Aujourd'hui, c'est difficile de partager un chiffre.
05:11Et vous-même, vous êtes assuré pour ce type de risque ?
05:13Ça fait partie de l'assurance de l'entreprise ?
05:16Alors, on a des assurances, mais les assurances ne fonctionnent pas toujours.
05:20Donc, une fois de plus, c'est des choses qu'il va falloir qu'on anticipe,
05:22qu'on voit comment ça se passe demain.
05:24C'est difficile de partager des éléments à date,
05:27parce qu'on est plus sur la situation actuelle, nos clients,
05:30que la réalité de ce que ça nous coûtera dans les prochains jours, dans les prochaines semaines.
05:33Dans cette nouvelle zone qui voit, du coup, un afflux de touristes,
05:37ça se passe comment ?
05:38Les infrastructures sont là ?
05:41Chez NG Travel, on a la chance, parce qu'au travers de nos marques,
05:44comme Jet Tour, comme Kappa Club,
05:47aujourd'hui, on a plus de 140 clubs à travers le monde,
05:50au travers de 60 destinations.
05:52Donc, en fonction des situations,
05:54on peut réorienter nos clients sur un club ou un autre.
05:58Et ça, c'est la force d'un groupe comme NG,
06:00de pouvoir proposer ce type de solution à nos clients.
06:02Et après une crise, je ne sais pas si on peut avoir une estimation,
06:05mais combien de temps mettent certaines destinations
06:07à revenir sur le devant de la scène ?
06:08Je pense à l'Égypte, par exemple, aujourd'hui.
06:10C'est redemandé, un petit peu redemandé.
06:13Les gens ont un peu peur que ça se passe comment ?
06:16L'Égypte, c'est un très, très bon exemple,
06:17parce qu'on a appris par le passé
06:19que des conflits dans ces zones,
06:21il y en a déjà eu,
06:23ces zones ont toujours fait preuve d'une énorme résilience.
06:25On a des rebonds très, très rapides
06:27des réservations dans ces régions-là.
06:29Pour une raison simple, leur patrimoine est incroyable
06:33et on a envie de le découvrir.
06:35Et donc, très rapidement,
06:39souvent, l'intérêt pour ces destinations...
06:40Aujourd'hui, c'est revenu quasiment normalement,
06:43le tourisme en Égypte ?
06:44Ou on est encore en dessous ?
06:46Dernièrement, le tourisme en Égypte était assez élevé.
06:49On a des produits qui fonctionnaient très bien,
06:50les croisières sur le Nil.
06:51C'est une expérience incroyable
06:53qu'on propose, nous,
06:54au travers de Jet Tour notamment,
06:56qui a fortement fonctionné
06:58et qui a fait que le désir de cette destination
07:00est revenu très, très vite auprès de nos clients.
07:02Merci beaucoup, Romain Roy,
07:03d'être venu dans la matinale de l'économie,
07:05directeur commerciale d'NG Travel.
07:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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