- il y a 2 semaines
Enrique Martinez, PDG du groupe Fnac-Darty, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 20 mars. Ils sont revenus sur les évolutions capitalistiques du groupe et sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur leurs activités, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:007h43, notre invité ce matin, c'est Enrique Martinez. Bonjour, vous êtes le PDG du groupe Fnac Darty.
00:06On va parler évidemment des évolutions capitalistiques de votre groupe de consommation.
00:09Mais avant, est-ce que vous voyez, vous, des impacts de la guerre au Moyen-Orient sur votre activité ?
00:15On racontait ce matin que les Français commençaient à stocker des denrées alimentaires.
00:18Est-ce que vous êtes inquiet pour le non-alimentaire qui est votre créneau ?
00:21On verra ce que ça fait, combien ça dure.
00:24Mais pour l'instant, il n'y a pas d'impact sur la consommation aujourd'hui.
00:28Évidemment, on regarde s'il peut y avoir des effets à long terme sur les coûts de transport,
00:33sous l'inflaction un peu installée, sur l'alimentaire.
00:36Mais pour l'instant, quand on regarde les chiffres à courant mars, il n'y a pas d'impact.
00:40Parce que sur les coûts de transport, on a des transporteurs routiers qui disent
00:44qu'on va répercuter les coûts sur les clients.
00:46Donc à un moment donné, ça arrive dans les produits.
00:48Oui. Bon, des pétroles à 100 dollars, on l'a déjà eu.
00:51Ce sont des effets qu'on sait administrer.
00:54Je pense que tout le monde s'est entraîné pendant la crise ukrainienne.
00:59On sait très bien ce que ça veut dire faire face à des hausses des coûts
01:02et travailler pour que ces hausses des coûts aient un impact le moindre pour les consommateurs.
01:08Ce qu'on fait aujourd'hui au quotidien, c'est essayer de travailler en amont avec nos industriels,
01:13avec nos équipes pour que les effets soient les moindres,
01:16pour que les personnes qui ont un impact puissent continuer à faire sa consommation normale.
01:20Alors, d'autre manière, la consommation n'était pas ultra dynamique.
01:23Ça se voit dans vos chiffres, puisque le chiffre d'affaires est stable, en hausse de 0,7%.
01:28Donc on voit que la consommation française n'était pas très, très, très dynamique.
01:33Mais elle se maintient quand même.
01:35Il y a une résilience qui est assez forte, malgré tous les contextes d'inestabilité politique, économique,
01:41et tout ce qu'on entend.
01:42Il y a quand même un soustrait qui est assez fort.
01:45D'abord, certes, ça fait 3-4 ans que la consommation en France est plus faible que la moyenne des
01:50pays autour de nous.
01:52Ça s'explique probablement aussi par les taux d'épargne, qui est particulièrement élevé.
01:57Donc une question des confiances et projections.
02:00Donc voilà, est-ce que cette année, ça va être encore une année ?
02:03Je pense que les consommateurs privilégient parfois un autre type de consommation plus responsable,
02:06comme la réparation, et ça tombe bien.
02:08Ça, c'est votre créneau ? Vous êtes mis à fond sur la réparation ?
02:11Oui, moi je pense que ça, c'est quelque chose qui va être installé dans la durée,
02:14trouver des produits de qualité, travailler l'accessibilité avec des prix, les financements, etc.
02:20Mais surtout, travailler sur des produits qui durent plus et qu'on peut réparer,
02:24ce sont des habitudes qu'on va garder dans toutes ces périodes des crises,
02:27que malheureusement, ils s'enchaînent.
02:29Ça fait, je dirais, 5-6 ans depuis le Covid,
02:33qu'à chaque 18 mois, il y a une nouvelle crise, et probablement, ça va rester.
02:37Qu'est-ce que vous voyez, vous, dans les chiffres sur la réparation ?
02:39Sur le textile, le bonus réparation, ça ne prend pas,
02:42mais on est sur des produits à ce faible valeur ajoutée.
02:45Est-ce que là, vous voyez des chiffres encourageants ?
02:48Oui, on voit deux choses.
02:51Un, on vend des produits de meilleure qualité,
02:53donc ils tombent moins en panne par produit.
02:55Mais on a plus des clients qui sont intéressés à les réparer,
02:59et deux, plus des clients qui sont intéressés à acheter des produits réconditionnés.
03:03Et ça, ça s'installe.
03:04Nous, on se prépare parce qu'il faut s'installer,
03:07former des techniciens, créer des outils,
03:10être capables de récupérer les produits,
03:11les réconditionner avec des bonnes qualités et les vendre.
03:14Et ça, je pense que c'est un habitude qui s'est installé fortement
03:18à cause de la crise, etc.
03:20Mais que ça va rester,
03:21parce que c'est quand même une bonne opportunité de faire des économies.
03:23Mais vous dites quoi ?
03:24D'ici 5 ans, par exemple, le rond conditionné,
03:26ça prendra quelle part chez vous ?
03:28Moi, je pense que ce qui est le plus important,
03:30c'est que la durée de vie des produits,
03:33un bon état de fonctionnement, ça va se prolonger.
03:36Soit parce que les produits ne tombent jamais en panne,
03:37soit parce qu'on les répare,
03:39soit parce qu'on les reconditionne et on les fait vivre.
03:41Donc, je pense que ça va prendre une part de plus en plus importante.
03:44Après, à un moment donné,
03:46des points de vue écologique et même technique,
03:48un produit qui est trop vieux,
03:49il commence à être probablement pas dans un bon créneau.
03:52Et c'est mieux de passer au recyclage
03:54pour faire un très nouveau produit.
03:56parce qu'aujourd'hui, la nouvelle technologie optimise
03:58la consommation des lots électroménagers,
04:00l'énergie, la qualité qu'on traite des produits.
04:03Donc, je pense que ce n'est pas l'obsolescence programmée
04:06qu'on entendait avant.
04:07Ce n'est pas non plus un produit qui va durer la vie.
04:09C'est quelque chose qui va être entraîné.
04:10Mais avec la naissance d'indices de réparabilité,
04:12de produits qui tombent trop en panne,
04:14donc qui sont boudés par le consommateur,
04:16l'obsolescence programmée qui, selon vous, n'existe plus ?
04:19Nous, on voit aujourd'hui,
04:21on répare des produits qui sont plus de 15 ans chez les clients.
04:23Et on a notre propre indice interne des durabilités
04:27qu'on a créé pour le lancement de notre Artimax.
04:30Il a progressé de plus de 40 % dans les dernières 5 ans.
04:34Ça veut dire que les produits qu'on met dans les marchés
04:37chez les clients aujourd'hui,
04:38ils sont prêts à rester plus longtemps qu'avant
04:40avec des bons états de qualité de fonctionnement.
04:43Donc ça, c'est votre plan stratégique avec la réparabilité
04:49qui est largement en son cœur.
04:51L'autre point, c'est que vous vouliez vous développer
04:53sur les abonnements, notamment dans l'énergie.
04:56Là, vous en êtes où dans le développement ?
04:58On est d'abord sur les abonnements.
04:59On a dépassé déjà les 2 millions d'abonnés.
05:02On nous offre des services garantis, réparation.
05:05Et donc, on s'attaque au segment de l'énergie
05:09en France, mais aussi en Italie.
05:11Et donc, l'idée, c'est de pouvoir étendre
05:13l'offre des services qu'on va proposer aux clients.
05:15Les plans, c'est pour 2030,
05:17donc ce n'est pas forcément aujourd'hui.
05:19Mais on pense qu'une fois qu'on va s'installer
05:21chez les clients, on va pouvoir les aider
05:23à faire aussi des économies,
05:25optimiser la consommation d'énergie,
05:27l'entretien, etc., dans la durée,
05:29avec un prix qui va les permettre à eux
05:32de les faire abordables.
05:33Vous partez un peu de la machine à laver ?
05:37On part du foyer.
05:37On part du client.
05:38Mais pour dire, vous pourriez consommer moins,
05:41vous pourriez optimiser, réparer ça ?
05:43Nous, les bois, nous-mêmes, dans nos magasins,
05:45depuis qu'on a eu toute cette période
05:47de crise, etc., on a réduit plus de 30%
05:49la consommation d'énergie.
05:50On optimisait l'éclairage,
05:52on optimisait la température,
05:53les systèmes de gestion.
05:55Donc, je pense qu'il faut un consommateur
05:56qui regarde aujourd'hui la flambée
05:59des prix du gaz, l'électricité,
06:01peut-être demain, avoir ce type
06:03de bons gestes, des bons réflexes,
06:04ça va les intéresser aussi.
06:05Et donc, je pense qu'il y a tout
06:06en transition écologique et énergétique à faire
06:08et nous pouvons jouer un rôle
06:11auprès de nos clients.
06:12Sur les questions de concurrence,
06:14l'État a été débouté hier
06:15face à Temu et Chine.
06:17Il voulait interdire
06:19les plateformes.
06:20Ça n'a pas été jusqu'au bout.
06:23Est-ce que c'est une bonne chose ?
06:24Est-ce que c'est normal ?
06:25Est-ce qu'interdire la plateforme,
06:26c'était votre point de vue ?
06:27Bon, je pense que, d'abord,
06:28il y a des lois et c'est bien
06:29que tout le monde se fixe à la loi.
06:30Après, il y a l'intention,
06:32il y a la volonté politique
06:33de faire respecter les règles
06:34à tous les acteurs qui sont dans l'économie
06:36et notamment dans la consommation.
06:38Donc, moi, je pense que
06:39ce n'est pas une question de débouter,
06:40c'est une question de faire des lois
06:41qui vont devoir évoluer aussi.
06:43Parce qu'aujourd'hui,
06:44il y a des responsabilités
06:44qui sont très diluées
06:45quand on parle des marketplaces,
06:47surtout des vendeurs
06:48qui ne sont pas installés en France.
06:50Donc, je pense qu'on doit
06:51leur donner le même niveau
06:52de responsabilité
06:53qu'il y a la boutique
06:53qui est à côté de chez nous
06:54qui vend des produits
06:55qui ne sont pas conformes.
06:56Donc, c'est à ça
06:57qu'on doit attendre.
06:58Je pense que le législatif,
06:59il doit comprendre
07:00et peut-être il y a un cadre
07:02des normes et des lois
07:03qu'il faut faire évoluer
07:04pour encadrer mieux
07:05une économie digitale
07:06qui est en train de diversifier
07:08et provoquer probablement
07:09des failles dans un système
07:10qui était très contrôlé.
07:12Et par contre,
07:12ce type de plateforme
07:13On n'est pas sur les bonnes failles,
07:14en fait.
07:15Là, je comprends bien.
07:15Oui, je pense que les digitales,
07:16ça nous apprend qu'il y a
07:17des diversifications dans les systèmes
07:19qui sont peut-être
07:20les cadres législatifs aujourd'hui.
07:21Il est très pertinent
07:23pour contrôler les petits commerçants
07:24mais beaucoup moins difficile,
07:26beaucoup plus difficile
07:27d'aller chercher
07:27des grandes plateformes
07:28qui sont installées
07:29dans l'autre côté du monde.
07:29Mais on a essayé
07:30d'aller contre les failles
07:31avec par exemple
07:32les deux euros par colis.
07:33On voit que vous mettez
07:35en place une règle,
07:36ça passe par la fenêtre.
07:37Alors là, ça passe par la Belgique
07:38avec les colis qui reviennent.
07:39Il ne faut pas les espérer.
07:40Je pense qu'il faut les faire par étapes.
07:42La France a fait les bons exemples
07:43et il y a d'autres pays
07:44qui l'ont fait aussi.
07:44L'Italie est revenue quand même dessus
07:46tellement ça ne marchait pas.
07:47L'Europe, il va arriver.
07:48Un cadre européen
07:49qui arrive bientôt.
07:50Et c'est ça qui peut marcher.
07:51Et après, il y a un sujet
07:52sur les coûts des transports
07:53elles-mêmes.
07:54Donc je pense que
07:54ça prend du temps
07:56mais il ne faut pas les espérer.
07:57C'est tellement important
07:58pour l'économie,
07:59pour les commerces du détail
08:01qui souffrent depuis longtemps
08:02de ces concurrences déloyales
08:04qu'il faut encourager
08:06nos gouvernants
08:07de continuer,
08:08de persévérer
08:09sur les contrôles
08:10et sur les règles
08:11qu'il faut se donner.
08:12Et vous parlez des prix
08:13mais plus important que les prix,
08:14c'est la qualité des produits
08:15et c'est là que je pense
08:16que c'est inacceptable parfois
08:17qu'on entend dire
08:19que bon, ce n'est pas grave,
08:20ce n'est pas cher.
08:21On revient parfois
08:2130 ans en arrière
08:22sur la norme
08:23et les protections
08:25des consommateurs.
08:25Et des produits
08:26qui sont dangereux.
08:26Oui, quand on voit
08:27des jouets
08:27qui sont des produits
08:29qu'on n'y voit plus
08:30dans nos marchés,
08:31dans nos magasins
08:31depuis des décennies,
08:34comment on peut accepter
08:34que ça peut arriver
08:35par des camions,
08:36par des avions
08:37tous les jours
08:37dans le continent européen.
08:39Enrique Martinez,
08:39votre groupe est en pleine OPA
08:41avec Daniel Kretinsky
08:42qui veut atteindre
08:43au moins 50% du capital.
08:45il a proposé 36 euros
08:47l'action.
08:48Alors, c'est quoi
08:49les prochaines étapes
08:49et est-ce que 36 euros
08:50c'est le bon prix ?
08:52Ça, les actionnaires
08:53ils diront.
08:54Pour l'instant,
08:54les conseils d'administration
08:56après le rapport
08:57de l'expert
08:57qui nous a consulté,
08:59ils ont considéré
08:59que c'est un prix
09:00combinable
09:01qui peut être soutenu
09:02par les conseils.
09:03Ce qui a été fait.
09:04Aujourd'hui,
09:05les dossiers
09:05sont dans le bureau
09:06de l'AMF
09:07qui doit évaluer
09:09la pertinence
09:10de l'offre
09:10au point de vue technique
09:11et pouvoir l'ouvrir
09:12à des actionnaires
09:13dans quelques semaines.
09:14en espérant.
09:15Donc, voilà,
09:16je pense qu'aujourd'hui
09:17raisonnablement
09:18au début du deuxième semestre
09:20on pourrait avoir
09:20un issu
09:21de cette opération.
09:22Donc, dans les prochaines semaines
09:25il y a le flottant
09:25à votre capital
09:26donc les actionnaires
09:27et puis il y a
09:28c'économie
09:28qui a 21,9%
09:31derrière
09:31il y a toujours
09:31la question
09:32de JD.com
09:33est-ce qu'ils pourraient
09:34vendre
09:35selon vous aussi ?
09:36Je pense qu'eux-mêmes
09:37ils ne sont pas
09:38probablement pris la décision
09:39ils l'ont dit eux-mêmes
09:40eux-mêmes sont en train
09:41de se faire aussi
09:42opé par un actionnaire
09:45chinois
09:45donc probablement
09:47c'est une décision
09:48qui va venir plus tard
09:49dans les procès.
09:50La réalité c'est que
09:51l'offre
09:51il ouvrira
09:51dans quelques semaines
09:52et ça fermera
09:53probablement
09:54dans quelques mois
09:55donc la décision
09:56n'a pas été prise
09:57aujourd'hui
09:58c'est entre aujourd'hui
09:59et l'été
09:59ils seront les temps
10:00de se prononcer
10:01après
10:02le succès
10:03de l'opération
10:03n'est pas conditionné
10:04à la décision
10:05des uns ou autres
10:06parce qu'il y a un flottant
10:07qui est suffisamment important
10:08que si
10:09il vient
10:11à l'appel
10:12de l'offre
10:12ça pourra permettre
10:13à l'actionnaire
10:14de dépasser
10:15les 50%
10:15et ce qui est
10:16les seules conditions
10:16des succès
10:17de l'offre
10:17Donc c'est pas grave
10:18si finalement
10:19l'économie
10:20n'apporte pas ses titres
10:21mais est-ce que ça intéresse
10:22quand même
10:22Daniel Kretensky
10:23d'avoir face à lui
10:24quelqu'un qui a quand même
10:2430% ?
10:25Je pense que
10:26quelqu'un fait une opération
10:27au marché
10:27il doit être prêt
10:29à acheter la totalité
10:30en sachant qu'à partir
10:31de 50%
10:31il peut contrôler
10:32la société
10:33il peut protéger
10:34son investissement
10:35il peut donner
10:36une stabilité
10:36actionnariale
10:37au groupe
10:38parce que c'était
10:38son intention
10:40après je pense
10:40que c'est
10:41spéculé aujourd'hui
10:42ce qu'ils vont faire
10:43les uns et les autres
10:44c'est trop tôt
10:45et probablement
10:46c'est pas l'essentiel
10:47du sujet de l'opération
10:48Dernier point
10:49il nous reste quelques secondes
10:50on en est où
10:50pour nature et découverte
10:51est-ce qu'il y a
10:52un repreneur ?
10:53C'est un cours
10:54c'est un cours
10:54on l'avait dit
10:55on n'est pas pressé
10:57tranquillité
10:58on accompagne les équipes
10:59on s'est préparé
10:59j'espère à faire
11:00une bonne année
11:01une bonne reprise
11:02de la consommation
11:03malgré tout ce qu'on entend
11:04ça va mieux
11:04chez nature et découverte
11:05c'est un sujet de positionnement
11:07des équipes
11:07sur les régénérations
11:09de l'offre
11:09sur les travaux
11:10qui avaient été
11:11démarrés l'année dernière
11:12et en attendant
11:13on s'est préparé
11:14pour faire un appel
11:15au marché
11:15pour rencontrer
11:16j'espère
11:17un prochain nouvel actionnaire
11:18pour cette belle enseigne
11:20merci beaucoup
11:21Enrique Martinez
11:21est venu ce matin
11:22dans la matinale de l'économie
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