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Les informés de franceinfo du mardi 26 mai 2026
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00:03Générique
00:0820h, 21h, France Info, les informés, Victor Maté.
00:13Bonsoir et bienvenue sur France Info, à la radio mais aussi à la télé, c'est sur le canal 16
00:18de la TNT à la une.
00:20Ce soir 38 ou 39 degrés possibles localement dans les prochains jours, le mercure va encore grimper en France face
00:27à cette chaleur.
00:27Comment nous adapter ? Les écoles notamment doivent-elles être rénovées entre objectifs climatiques et économiques ?
00:33Nous parlerons également des mesures annoncées par Emmanuel Macron pour l'électrification du pays en lien là aussi avec le
00:39climat.
00:40La situation au Proche-Orient, au moins 11 morts au Liban dans des frappes israéliennes alors que la trêve est
00:45toujours officiellement en vigueur.
00:46Des frappes aussi en Iran, frappes américaines, Téhéran dénonce une violation du cessez-le-feu et menace de riposter.
00:52Et puis pour la première fois, le procès d'un animateur du périscolaire à Paris s'est tenu en public.
00:57Cet homme de 36 ans jugé pour des violences sexuelles sur plusieurs enfants, le caractère public de l'audience peut
01:02-il permettre de faire avancer les choses ?
01:04On en débat avec nos informés.
01:07Bonsoir Clémence Lemestre.
01:08Bonsoir.
01:09Directrice adjointe des rédactions des Echos.
01:11Bonsoir Cédric Clérin.
01:12Bonsoir.
01:13Rédacteur en chef de l'Humanité Magazine.
01:15Benjamin Louis est aussi avec nous.
01:17Bonsoir.
01:17Bonsoir Victor Matel.
01:18Correspondant en France pour la RTS, la radio télévision suisse.
01:22Tam Tranui, bonsoir.
01:23Bonsoir Victor.
01:24Directrice adjointe de la rédaction de Public Sénat.
01:26Et bonsoir Anne Bragot.
01:28Bonsoir.
01:28Merci d'être avec nous, directrice des programmes au sein du réseau Action Climat spécialisée dans les enjeux climatiques et
01:34énergétiques.
01:37La vague de chaleur se poursuit donc sur toute la France.
01:40Les températures pourraient atteindre localement 38, voire 39 degrés ces prochains jours, annonce Météo France.
01:46Dans l'ouest, 8 départements sont en vigilance orange canicule.
01:49Ils seront 13 demain.
01:51C'est du jamais vu pour un mois de mai.
01:53Cet épisode est certainement le premier d'une série qui devrait se prolonger cet été, affirme la ministre de la
01:58Transition écologique Monique Barbu.
02:00On pourrait compléter Anne Bragot en disant se prolonger et s'allonger aussi dans les prochaines années ?
02:05Tout à fait.
02:05On sait que le changement climatique, il réchauffe globalement l'atmosphère, mais surtout il va créer des pics de chaleur
02:11plus nombreux, plus précoces, plus intenses et plus longs, effectivement, en termes de durée.
02:17Là où précédemment, avant les années 90, on avait une vague de chaleur tous les 5 ans, maintenant on en
02:24a 2 à 3 par an et ça va malheureusement augmenter.
02:28On pourrait arriver à 5, voire plus par an et bien évidemment ça touche plus les départements du sud de
02:33la France que du nord.
02:34Donc des situations auxquelles il va falloir qu'on s'adapte et pour l'instant cette adaptation, elle traîne encore
02:40un petit peu en France.
02:41Qu'est-ce qui permet à la ministre, je l'ai cité à l'instant, de dire que les températures
02:45vont encore augmenter cet été ?
02:47On n'en sait rien. On sait que c'est une tendance générale qu'on a de plus en plus
02:52de vagues de chaleur, mais on peut tout à fait avoir un été qui va venir sans nouvelles vagues de
02:57chaleur.
02:58Et puis on en aura d'autres et peut-être plus l'année prochaine. Donc ça varie d'une année
03:02sur l'autre. Par contre, la tendance générale, c'est une accentuation, une intensification et un nombre plus fréquent de
03:09vagues de chaleur.
03:09C'est pour ça que la ministre dit que c'est sans doute la première d'une longue série qui
03:14va arriver ensuite cet été ?
03:16Oui, c'est la tendance de long terme. Mais effectivement, rien ne permet de dire que c'est ce qui
03:21va nous arriver d'ici quelques semaines.
03:23Ce qui frappe pour l'instant les climatologues, c'est quand même le caractère exceptionnel de cet épisode de canicule.
03:29Ça n'est jamais arrivé aussitôt depuis le début des relevés, depuis 1947, par aussi l'intensité, les températures, on
03:39l'a dit, vous l'avez dit,
03:40qui pourraient aller jusqu'à 38-39 degrés dans les prochains jours, la durée et puis aussi l'étendue régionale.
03:47Puisqu'on a vu qu'on a nos voisins, Suisses, également au Royaume-Uni, qui sont également touchés par cette
03:55vague de canicule.
03:56Donc il y a quand même aussi le caractère exceptionnel. Certains climatologues ont parlé d'ovnis climatiques à propos de
04:03cet épisode.
04:04On se rappelle aussi que dans le type ovnis climatique, il y avait eu aussi l'épisode du dôme de
04:08chaleur au Canada, où ils avaient frôlé les 50 degrés.
04:12Mais c'est vrai qu'on voit quand même ces épisodes qui se répètent d'une année sur l'autre.
04:17Alors pas forcément au mois de mai, mais c'est vrai que la canicule devient tristement une habitude en France
04:22comme ailleurs.
04:22Vous avez cité la Suisse, je suis obligé de vous donner la parole, Benjamin.
04:25Bien entendu. Non, mais ce que vous disiez tout à l'heure, effectivement, est très juste le changement, mais aussi
04:30le dérèglement climatique.
04:32Et ce qui risque de se passer durant cet été, dont, encore une fois, on va le redire, on ne
04:35sait absolument rien, parce que c'est très difficile de le prévoir.
04:38Mais c'est l'amplitude, en fait, entre les épisodes extrêmes qui, désormais, est de plus en plus extrême.
04:45On va passer peut-être d'un épisode caniculaire à un épisode peut-être beaucoup plus froid que d'habitude
04:51ou avec énormément de pluie.
04:52Et c'est un conte parce que c'est ce qui alimente aussi le discours de ceux qui relativisent le
04:57dérèglement climatique.
04:58On parle d'ovnis climatiques, Tam Tranui, vous l'avez dit. Cédric Lérin, ça va devenir de moins en moins,
05:03ça va devenir la norme, finalement.
05:05Comment on parlera moins d'ovnis, peut-être, à l'avenir ?
05:07Je crois que la première fois qu'on a parlé d'ovnis, c'était pour la canicule de 2003, la
05:11première d'ailleurs, celle avant le mois d'août.
05:15Et on voit qu'aujourd'hui, effectivement, à l'époque, c'était quelque chose, on se souvient, un traumatisme national
05:19qui, aujourd'hui, devient pratiquement la norme.
05:23Donc, le terme d'ovnis, malheureusement, est amené à se banaliser, voire à disparaître, mais avec des phénomènes nouveaux.
05:31Parce qu'effectivement, là, il y a le pic de chaleur, mais ce que vient de dire Benjamin, pour ce
05:35qui peut se passer les prochaines semaines,
05:36on l'a, en fait, vécu ces dernières semaines, puisqu'il y a des amplitudes de température qui sont absolument
05:42anormales,
05:46et qui, d'ailleurs, pour tirer les conclusions...
05:49Oui, parce qu'on rappelle qu'il y a 10 jours, il faisait 10, 15, parfois 20 ans.
05:52Oui, donc on a un peu de mal à comprendre en quoi ça alimente le discours climato-sceptique,
05:59puisqu'on a quand même l'impression qu'il faut être aveugle pour ne pas voir qu'il y a
06:01un petit problème
06:02quand on passe de 10 degrés à 38, avec certains, puisque moi aussi, je peux ramener mon chiffre,
06:08certains coins en Bretagne qui ont fait plus 17 par rapport aux normales saisonnières.
06:11Donc oui, il y a un gros problème.
06:12Ces épisodes de chaleur, ils posent en tous les cas bon nombre de questions.
06:16Faut-il lutter contre le réchauffement climatique ou trouver les moyens de s'y adapter ?
06:19Exemple, à l'école, écoutez le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray.
06:24On a un plan canicule à l'Éducation nationale depuis plusieurs années,
06:26qui est fonctionnel et qui est connu de nos équipes.
06:29Et donc, on rappelle à l'intérieur, à la fois les règles relatives aux bâtiments,
06:34donc évidemment, fermer les stores, aérer à la fraîche, etc.
06:38Et puis les consignes relatives aux élèves, donc vérifier qu'il n'y a pas de coup de chaleur,
06:43les faire s'hydrater régulièrement, distribuer de l'eau aussi souvent que nécessaire,
06:48faire en sorte, par exemple, qu'ils puissent aller dans la cour lorsque leurs salles sont trop chaudes, etc.
06:51Ouvrir les fenêtres et boire de l'eau, c'est ça, Clémence Lemes, la solution face au changement climatique ?
06:56Alors, c'est une des réponses immédiates.
06:59C'est peut-être pas la solution, enfin, j'espère que c'est pas la seule solution qui s'offre
07:02à nous face au changement climatique.
07:03Vous avez parlé d'atténuation ou de lutte.
07:07En fait, longtemps, on a lutté contre le changement climatique avec les COP,
07:11il fallait réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut continuer.
07:14Et du coup, on ne s'adaptait pas.
07:15Parce qu'on disait, si on parle d'adaptation, ça veut dire qu'on arrête de lutter et on a
07:19déjà perdu la bataille, en fait.
07:20Donc non, en fait, il faut faire les deux.
07:22Et justement, sur l'adaptation, il y a toute une question d'urbanisation.
07:25Là, on le voit, et on le voit notamment dans les grandes villes européennes.
07:29On parlait de l'Angleterre.
07:30Londres, je crois qu'ils n'ont jamais eu aussi chaud au mois de mai depuis qu'ils relèvent les
07:35températures.
07:36Et c'est un peu comme Paris, même s'il y a beaucoup plus d'espace vert à Londres.
07:39Et donc, ces grandes villes qui sont très urbaines, le problème, c'est qu'en fait, elles ne sont pas
07:43du tout adaptées à des chaleurs extrêmes.
07:45Et donc, il faut un vrai plan d'adaptation climatique.
07:48Ça coûte énormément d'argent.
07:50Un bringo, adapter et lutter, il faut continuer à faire les deux en même temps ?
07:53Il faut faire les deux.
07:54On n'a pas le choix.
07:55Dans tous les cas, il faut continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
07:58Parce qu'il faut couper le robinet de ces émissions de gaz à effet de serre qui continuent à réchauffer
08:03l'atmosphère et le climat.
08:04Mais il faut, dans tous les cas, s'adapter.
08:06Le monde d'hier, on ne reviendra pas vers ce monde-là.
08:10Et donc, on va avoir, dans tous les cas, plus de vagues de chaleur.
08:12On va avoir plus d'inondations.
08:14Le niveau des mers va monter.
08:15On aura plus d'incendies.
08:17Donc, il faut s'adapter à tous ces phénomènes qui vont arriver.
08:20Il faut donc isoler les logements, isoler les écoles, avoir des protections contre le soleil.
08:26C'est quand même inimaginable qu'il y ait encore des logements sociaux où il n'y a pas de
08:29volets pour se protéger du soleil.
08:31Donc, c'est vraiment des choses à faire qu'on peut faire assez rapidement.
08:34Et ensuite, isoler, évidemment, les bâtiments.
08:37Il faut végétaliser.
08:39Donc, ce sont des actions à mener dans la durée.
08:42Pour l'instant, on ne voit pas un plan qui indique vraiment la marche à suivre
08:45et le chemin qu'on est en train de suivre pour aller dans cette direction-là.
08:49Je rappelle que l'État a coupé le fond vert qui permettait, enfin, de beaucoup, quasiment des deux tiers,
08:57qui permettait de financer les collectivités.
08:59C'était de 2 milliards d'euros à une époque.
09:00C'est ça, et qui passait à 850 millions.
09:02Et qui permettait de financer les collectivités, notamment pour isoler les écoles.
09:08Donc, face à ces coupes budgétaires, on voit bien que l'impact, c'est finalement la continuité des cours qui
09:12est mise en menace.
09:15Sur l'école, on a vraiment l'impression que l'histoire se répète.
09:19On le voit quasiment tous les ans, ce problème-là.
09:22Et déjà, en 2019, rappelez-vous, on avait dû reporter les épreuves du brevet.
09:27Et en 2023, au Sénat...
09:28Pas question pour l'instant des ministres d'annuler ou de reporter des examens, on le précise.
09:31Et en 2023, il y avait une mission d'information qui avait été menée au Sénat, qui avait fait un
09:37peu l'état des lieux du bâti scolaire.
09:38Ça fait quand même 130 millions de mètres carrés.
09:42Et on avait très bien pu analyser les problèmes que ça pose.
09:45L'école, c'est un problème qui concentre les problèmes.
09:48Énormément d'écoles qui ont été construites dans les années 80, où il y avait vraiment la grande vogue des
09:52grandes baies vitrées.
09:53Aujourd'hui, c'est totalement inadapté.
09:56On sait que les travaux, c'est plus compliqué à faire, puisqu'il faut que ce soit concentré au moment
10:00où les enfants ne sont pas là.
10:02Et en plus, il y a des problèmes d'ingénierie.
10:04Les collectivités ne savent pas toujours bien à qui s'adresser pour réellement réussir à optimiser, à résoudre les problèmes
10:11de leur bâtiment.
10:12Puis enfin, il y a des écarts de prix qui sont gigantesques.
10:15La mission d'information a montré que pour rénover un mètre carré d'école,
10:20selon les devis, ça pouvait coûter entre 300 et 1700 euros par mètre carré.
10:25Donc forcément, aujourd'hui, vous l'avez rappelé, en plus, le fonds vert a été complètement mis à mal.
10:31Et les budgets des collectivités, c'est quand même très compliqué, vu la situation budgétaire actuellement de la France.
10:36Le problème ne fait que s'amplifier.
10:38On a quand même toujours l'impression qu'on est en gestion de crise et jamais en prévention sur ce
10:41sujet.
10:42Et on estime que pour rénover toutes les écoles, sur le plan énergétique thermique, il faudrait 40 milliards d'euros,
10:48Cédric Clérin.
10:49– Oui, mais donc, s'il faut cette somme-là, enfin, ce qu'on vient d'entendre du ministre est
10:54assez hallucinant.
10:56C'est-à-dire qu'effectivement, boire de l'eau et tirer des stores, peut-être que, bon, il n
11:00'a pas pris ses…
11:01– C'est du bon sens.
11:02– Oui, tout à fait, mais il n'a pas pris ses responsabilités il y a longtemps,
11:05même s'il était numéro 2 du ministère pendant longtemps.
11:07Je ne sais pas s'il a visité une école récemment,
11:09mais il y a beaucoup d'écoles qui n'ont juste pas de stores quand il y a du soleil
11:12normal.
11:13Donc, quand on est face à une vague de chaleur comme ça,
11:16la plupart des écoles sont dans l'incapacité de répondre absolument par des mesures basiques.
11:22Donc, il y a besoin d'un plan massif.
11:24Et effectivement, le gouvernement, ces derniers temps, a été à rebours de l'histoire.
11:28Le fond vert, il faut que nos éteurs comprennent ce que c'est,
11:31c'était un peu la poire qui permettait à des collectivités qui ont très peu de moyens
11:36de monter des projets, ce qui est d'ailleurs assez contestable,
11:38mais pour pouvoir avoir adapté les bâtiments
11:41et donc jouer le volet adaptation et aussi le volet d'ailleurs baisse des émissions.
11:48Et tout ça a été coupé.
11:49Donc, on est à rebours de l'histoire et on a un ministre maintenant qui en est réduit
11:51de devoir nous dire on va baisser les stores
11:53parce qu'il n'y a pas d'argent pour faire les choses structurelles.
11:55Et le drame, c'est qu'il faut s'adapter parce que sinon,
11:58il faut baisser aussi les émissions parce qu'on peut avoir une France à plus 3,
12:02plus 4, plus 5 degrés, une France à plus 4 degrés,
12:05c'est Lyon avec le climat de Madrid pour avoir une idée.
12:10Donc, on n'évitera pas ça en baissant les stores.
12:14Benjamin-Louis.
12:14Non mais ce que dit Cédric est très juste et il y a un chiffre,
12:18il y a un ordre d'idées en tout cas qui est là,
12:21c'est 10 à 15% des écoles primaires en France qui ont bénéficié d'une rénovation thermique.
12:27Donc, il y a une très vaste majorité des écoles qui sont inadaptées au climat.
12:32que l'on vit en ce moment et encore plus inadaptées au climat qu'on va vivre dans les années
12:36qui viennent.
12:37Parce que ce que vous disiez, c'est très important,
12:39il faut couper le robinet des émissions des gaz à effet de serre.
12:42Mais si on écoute bien les modélisations du GIEC,
12:45on ne peut absolument pas revenir en arrière.
12:47Il est même très difficile d'imaginer aujourd'hui stopper la dynamique actuelle
12:52d'augmentation et de dérèglement des températures.
12:55Donc, ce que l'on peut faire en faisant tous les efforts du monde,
12:58c'est ralentir un peu l'augmentation et en tout cas les phénomènes extrêmes de température.
13:05Donc, ce n'est pas qu'il faut peut-être s'adapter, c'est qu'on n'a pas le
13:08choix,
13:08c'est une question de survie de l'humanité.
13:11Et on parlait des choix politiques et financiers aussi sur France Info tout à l'heure.
13:14Bruno Bobkiewicz, qui est le secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement,
13:19parlait de retard important en termes d'adaptation de nos écoles,
13:22en ajoutant que c'est moins populaire de rénover des écoles que de donner des ordinateurs gratuits à tout le
13:28monde.
13:28Voilà ce qu'il disait.
13:29Clémence Lemestre, est-ce que c'est aussi simple que cela comme équation ?
13:32Non, je pense que ce n'est pas aussi simple que ça.
13:35Et franchement, on voit les parents qui s'inquiètent.
13:39Il y a quand même eu l'année dernière, où il n'y a pas eu un pic de chaleur
13:42dès le mois de mai, etc.
13:43On estime qu'il y a eu 7500 morts liées juste à la chaleur.
13:49Donc, c'est vraiment une question de santé publique.
13:51Et les enfants, on voit, vous parliez des écoles, non seulement il y a le bâti, mais aussi il y
13:56a des écoles, il y a des cours, il n'y a pas d'arbre en fait.
13:59Donc, on les met dehors parce qu'il fait trop chaud dans les classes.
14:01Mais enfin, résultat, ils ont des insolations.
14:02Donc, je ne sais pas tellement quel est le mieux.
14:04Et je ne vois pas comment on peut comparer de donner des ordinateurs et refaire une école.
14:11En fait, ce n'est pas du tout la même chose.
14:12Je pense que ce n'est pas du tout les mêmes ordres de budget non plus.
14:15Donc, on compare un peu des choux et des carottes en faisant ça.
14:18Justement, en parlant d'argent, vous parliez de 40 milliards.
14:20C'est un investissement sur plusieurs années.
14:22Mais il y a un retour sur investissement.
14:24C'est-à-dire que quand on rénove une école, on va aussi économiser sur le chauffage l'hiver.
14:28C'est quand même bien ça qu'il faut avoir en tête.
14:30Il y a encore près de la moitié des écoles qui sont chauffées au fioul ou au gaz.
14:34Donc, on voit que les prix, malheureusement, sont très volatiles.
14:37Donc, ce n'est pas juste un coût.
14:39C'est aussi un investissement avec un retour sur investissement lié à...
14:43Retour sur investissement sur beaucoup d'années.
14:45Qui est long, effectivement.
14:46D'où la nécessité d'une aide de l'État.
14:49Mais c'est vrai qu'on a l'impression qu'en fait, ce que vous disiez, on ne fait plus
14:52que des politiques de crise.
14:53On répond à la crise.
14:54Et puis après, il y a une nouvelle crise.
14:55Donc, on répond à la nouvelle crise, etc.
14:57Et on est incapable depuis des années d'avoir des politiques de long terme.
15:01Et tout ce qui touche à l'urbanisation, au logement, on sait que ce ne sont pas des politiques qui
15:04sont faites en six mois.
15:05Donc, il faut pouvoir prévoir sur du long terme.
15:07Et peut-être qu'avec un gouvernement qui n'est pas très stable, ou une majorité qui n'existe pas,
15:11c'est aussi compliqué de mettre en œuvre des plans de long terme.
15:14Benjamin ?
15:14Mais on est en pré-campagne présidentielle.
15:17Ça y est, ça a vraiment bien commencé.
15:18Moi, ce week-end, j'ai entendu plein de candidats, d'ailleurs, qui sont déclarés.
15:23Moi, j'ai entendu Gérald Darmanin.
15:24Bon, lui, non, ce n'est pas encore le cas.
15:26Ce n'est pas le cas du tout.
15:27Mais lui, il a parlé de quoi ?
15:28Il a parlé d'immigration.
15:29J'ai entendu Gabriel Attal.
15:30Il a parlé de l'école, qui serait son premier chantier.
15:33Il y en a d'autres.
15:34On a parlé aussi de la future candidature de Raphaël Glucksmann.
15:37Je n'ai pas entendu une demi-seconde où l'on a parlé de l'adaptation.
15:41Alors que, franchement, là, il y a une super opportunité, parce qu'on est en plein dans l'actualité.
15:44Ça touche les futurs électeurs.
15:46Il n'y en a pas un seul qui parle de ça.
15:48On se le disait déjà la semaine dernière, le sujet même de l'écologie au sens large est tout simplement
15:54absent du discours des candidats à la présidentielle.
15:58Mais l'adaptation, qui est vraiment une chose ultra concrète, qui nous concerne tous, qui va de plus en plus
16:03nous concerner, on n'en entend pas parler une demi-seconde.
16:05De manière générale, tu as traduit.
16:07En 2022, l'écologie avait été le sujet, le grand absent de la campagne.
16:11Oui, alors que quelques années auparavant, avant la guerre en Ukraine, ça avait été le grand sujet, on se rappelle,
16:18des grandes marches pour le climat, des élections européennes, où les écologistes avaient fait une très forte percée.
16:24Donc c'est vrai qu'on a eu, on a le sentiment que ça appartient un petit peu au monde
16:28d'hier.
16:28Alors je crois que c'est un peu malheureux, quand même.
16:32Aujourd'hui, on a quand même l'impression qu'on est revenu à un moment où on oppose la fin
16:38du mois, la fin du monde.
16:39Alors qu'il y a beaucoup de mouvements qui expliquent quand même que tout cela, au contraire, doit être lié.
16:45Je pense qu'il y a quand même une façon d'aborder le sujet énergétique, où il y a une
16:48cohérence, à le considérer aussi comme un sujet écologique et de pouvoir d'achat.
16:53Enfin, je crois que ça, pour le coup, c'est un message que tout le monde peut entendre, celui de
16:57la souveraineté énergétique, celui du fait qu'il ne faut pas, qu'il faut réduire nos émissions carbone,
17:04et puis qu'il faut consommer, et ça tout le monde le comprend, moins d'énergie fossile à l'heure
17:10où ça atteint tout le monde au portefeuille et où ça atteint aussi notre souveraineté.
17:16Donc je pense qu'il s'agit aujourd'hui d'avoir un discours cohérent autour de cela.
17:20Et ça, je pense que pour 2027, il faut arriver à mettre tous ces sujets-là en musique, à les
17:26articuler.
17:27Et là, pour le coup, c'est un sujet, il y a même un certain nombre d'études et de
17:31sondages qui ont montré que les Français étaient très très sensibles à ces sujets,
17:35notamment depuis la guerre en Ukraine et depuis la guerre au Moyen-Orient, ça ne va ne faire qu'augmenter.
17:41Et justement, merci pour la transition, Tam Tranoui, en lire avec le changement climatique, mais aussi avec la crise au
17:46Moyen-Orient.
17:47Les responsables des grands secteurs de l'économie ont été reçus ce matin à l'Elysée par Emmanuel Macron.
17:52Mon objectif, accélérer l'électrification du pays, rendre l'électricité désirable, a dit le chef de l'État.
17:58C'est vous qui portez les solutions, ce sont les Français qui choisiront.
18:02Et donc, je crois à cet égard qu'il faut leur faire confiance, mettre en capacité d'avoir cette mobilisation
18:08collective sur les usages
18:10et rendre le passage à l'électrique, en quelque sorte, naturel et désirable.
18:16Parce que c'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour la compétitivité, c'est bon pour
18:20l'indépendance du pays.
18:21– Voilà, rendre le passage à l'électrique désirable.
18:24Est-ce que vous sentez, Cédric Lérin, dans notre pays, un désir d'électricité ? La formule peut surprendre.
18:30– Alors, c'est assez contradictoire, parce qu'on est un pays d'électricité, déjà, par rapport à beaucoup de
18:36pays,
18:36notre histoire nucléaire notamment, et nos capacités de production électrique.
18:41On est un des rares pays qui exporte de l'électricité.
18:44Et donc là, il s'agit aussi d'exploiter ce gisement-là.
18:51Donc oui, un désir électrique en France, depuis longtemps, mais contradictoirement,
18:54on a un peu raté ces dernières années le développement sur le renouvelable.
18:59On a des débats politiques autour de ça qui sont assez contradictoires.
19:03– On a vu ces derniers jours une tribune de LR, appelée, décrire d'ailleurs,
19:08qu'on avait un formidable outil électrique, etc.
19:10On sait qu'en campagne, se balader avec une voiture électrique…
19:14– En appelant à baisser les taxes sur l'électricité.
19:16– Oui, tout à fait, mais aujourd'hui, se balader avec une voiture électrique
19:19est plutôt pas forcément très bien vue par une partie,
19:23instrumentalisée par une partie de l'échiquier politique
19:25et pas très bien vue dans les campagnes.
19:27Donc on a un rapport contradictoire à l'électricité.
19:29Or, effectivement, on parlait tout à l'heure d'adaptation,
19:32il est évident qu'avec les atouts qu'a la France de ce point de vue-là,
19:35il y a de grandes politiques publiques à mettre en œuvre
19:37pour électrifier tout un tas de choses
19:39et pour articuler un peu nos deux jambes,
19:43baisse des émissions de gaz à effet de serre et adaptation.
19:46– Sur ce rapport ambigu, contradictoire, Anne Brégaud ?
19:49– On n'a pas le choix.
19:50En fait, il va falloir électrifier les usages,
19:53notamment pour la mobilité, il faut sortir du pétrole
19:55si on veut régler la question du changement climatique,
19:59mais aussi se libérer d'une dépendance à des pays exportateurs
20:02avec lesquels on n'est pas toujours en bonne relation.
20:06Et puis c'est un enjeu de pouvoir d'achat.
20:07Si on a un véhicule électrique à l'usage,
20:09ça coûte moins cher quand même qu'un véhicule thermique.
20:12– À long terme, parce que pour l'instant, le problème c'est l'achat.
20:15– Les acteurs commencent à faire des petits véhicules électriques
20:17plus abordables, ils ont mis beaucoup de temps
20:20et on les a poussés aussi au réseau Action Climat
20:22avec les syndicales et dans ce sens-là.
20:25C'est un mouvement qui est nécessaire,
20:27je pense qu'il est attendu,
20:28même s'il y a beaucoup de fake news sur le véhicule électrique,
20:32mais quelque part, la rénovation des logements,
20:34l'installation d'une pompe à chaleur,
20:36ça va coûter moins cher,
20:37donc ça va dans le bon sens.
20:38Maintenant, il manque d'une part la stabilité des politiques publiques
20:42parce que des engagements, on en a souvent entendu
20:45et on a eu énormément de stop and go sur ma prime rénov'
20:49ou sur d'autres politiques,
20:50où on allait d'un côté pour finalement reculer
20:52deux mois plus tard et repartir.
20:54Les acteurs économiques, ils ont besoin de stabilité,
20:57donc il faut vraiment qu'on sache où on va.
20:59Et puis, il ne faut pas oublier la deuxième jambe
21:01qui est les économies d'énergie.
21:02Si on veut sortir des énergies fossiles,
21:04il faut à la fois électrifier,
21:06mais aussi économiser l'énergie,
21:08ça veut dire rénover les logements,
21:09ça veut dire aussi développer des transports collectifs,
21:12le vélo, pour l'instant,
21:14qui sont un peu laissés de côté dans ce plan.
21:17Il y a un objectif chiffré,
21:18donné par le chef de l'État,
21:19que l'électricité représente 34% de la consommation d'énergie en 2030,
21:2438% en 2035,
21:25aujourd'hui on en est à peu près à 27%.
21:27C'est réaliste, Clémence Lemes, cet objectif ?
21:30C'est réaliste.
21:31Si on arrive à vraiment électrifier,
21:33en fait, on a beaucoup parlé du logement et du transport
21:35qui sont des vrais consommateurs d'hydrocarbures,
21:39puisque le logement, je crois que c'est 28%
21:41et le transport, c'est 34%,
21:42donc c'est énorme.
21:43Après, il y a la question des usages des ménages,
21:46mais il y a aussi la question des usages des industries,
21:49en fait.
21:49Et donc, ce qu'il faut réussir aussi à décarboner,
21:53à électrifier ce fameux désir d'électricité,
21:57c'est qu'il faut que les grands industriels les plus énergivores,
22:00en fait, passent à l'électrique.
22:01Et là, on a un problème, c'est pour reprendre un peu
22:03le paradoxe dont vous parliez,
22:05c'est qu'effectivement, la France produit beaucoup d'électricité,
22:08mais elle consomme beaucoup moins d'électricité qu'il y a 20 ans.
22:13Donc, en fait, on consomme moins d'électricité,
22:15et donc, on l'exporte,
22:16donc c'est très bien,
22:17ça peut rapporter éventuellement un peu d'argent,
22:19et on a un souci en France sur combien coûte l'électricité, en fait.
22:22C'est-à-dire que EDF dit, moi, je veux bien électrifier,
22:26mais j'ai besoin d'argent pour ça,
22:27parce qu'il faut construire des nouveaux réacteurs nucléaires,
22:29les fameux PR, c'était le plan de Macron en 2022.
22:34Et il dit, mais pour ça, j'ai besoin d'argent.
22:36Les industriels disent, moi, je veux bien acheter, par exemple,
22:38un four électrique, mais ça coûte des millions d'euros,
22:40donc j'ai besoin que mon électricité soit pas chère sur le long terme.
22:43Et donc, il y a une bagarre comme ça
22:45entre les industriels et EDF, pardon.
22:48L'État a du mal à fixer un prix juste,
22:51et donc, ça fait des années qu'il y a des allers-retours,
22:53en fait, sur ce besoin, cette envie d'électricité.
22:57Oui, ils ont envie d'électricité.
22:58Il faut quand même qu'on certifie aux gens
23:00que s'ils passent à l'électrique,
23:01le prix soit stable sur des années,
23:03qu'il n'y ait pas tout le temps des changements de normes
23:05ou de lois, et notamment, on pense au stop-and-go
23:10sur les renouvelables.
23:11Donc, tout ça, ça manque, ça a besoin de stabilité
23:13pour qu'on puisse vraiment passer à l'électricité.
23:16Et puis, j'ajouterais juste un tout petit truc,
23:17il faut passer à l'électrique,
23:19mais il y a un problème de mix énergétique,
23:20il faut quand même qu'on garde quelques petites choses,
23:23peut-être moins polluantes, comme le biogaz,
23:25parce qu'on se rappelle quand même qu'en 2022,
23:27nos centrales nucléaires, elles étaient quasiment toutes à l'arrêt,
23:29ça nous a coûté un peu cher.
23:30Alors, ce matin, à l'Élysée, Emmanuel Macron a annoncé
23:32que Stellantis allait investir un milliard d'euros supplémentaires
23:36pour produire des véhicules électriques à Mulhouse,
23:38ce qui ne confirme pas pour l'instant le groupe automobile.
23:41Benjamin-Louis, si cet investissement se faisait,
23:43ce serait suffisant pour rattraper le retard
23:45ou essayer de combler le retard qu'on a sur la Chine, notamment ?
23:48Non, sans doute pas.
23:50Comme vous l'expliquez aussi très bien,
23:52il va falloir qu'on ait un changement, une révolution copernicienne.
23:55Il va falloir vraiment que ce soit à une beaucoup plus grande échelle
23:58que l'investissement d'un groupe dans un bloc d'usines.
24:02Il faut revoir toute la manière dont on peut se décarboner.
24:07Encore une fois, on n'a pas parlé une seule fois
24:10de tous les modes de transport alternatifs.
24:12Pour le transport en Europe, quand même,
24:14qui est encore majoritairement par camion,
24:16je rappelle qu'il existe encore des trains diesel dans ce pays.
24:19Ça me rend toujours fou.
24:20Quand je prends un train et qu'il n'y a pas de ligne électrique
24:23au-dessus du train et que c'est un train qui sert à transporter des gens
24:25et à transporter des marchandises.
24:26Donc il y a un réseau de trains immense en France
24:29que l'on pourrait, dans plein d'endroits, réhabiliter.
24:32Il existe, je ne dis pas que ce n'est pas fait,
24:35mais peut-être qu'on pourrait faire encore plus.
24:37Il y a des voies navigables aussi.
24:38On parle beaucoup avec la canicule ces derniers temps
24:41des voies navigables de France pour d'autres raisons.
24:43Mais en l'occurrence, il y a aussi d'autres alternatives
24:46aux transports routiers et aux transports ferroviaires.
24:49Donc il y a plein de choses qui doivent être aussi pensées
24:52sous ce prisme de l'abandon, de la dépendance à la voiture
24:58et aux moteurs thermiques.
24:59Et puis encore juste une chose,
25:01la France est exportatrice d'électricité.
25:04Il va falloir réfléchir ça au niveau européen
25:06parce qu'il y a des voisins qui achètent de l'électricité à la France,
25:08notamment la Suisse qui achète 10% de son électricité à la France.
25:12Et si du jour au lendemain, on passe tout sur le marché interne,
25:17il va bien falloir aussi que les autres pays à côté s'organisent.
25:20Tam Tranuit, qu'est-ce qu'elle vaut encore la parole ?
25:21Qu'est-ce qu'elle vale les promesses d'Emmanuel Macron
25:23à un angle de la présidentielle, sachant qu'il ne peut pas se représenter ?
25:26Oui, alors moi c'est vrai que je suis assez frappée
25:28par la façon assez martiale, le vocabulaire qu'il utilise,
25:32la mobilisation collective, le désir, etc.
25:37Alors même que, vous soulignez qu'il y a eu des gros problèmes de retard
25:40qui ont été pris ces 10 dernières années.
25:42par le gouvernement en matière d'électrification.
25:45Enfin, je pense que cela fait des années qu'on a vu les forces politiques
25:49demander une programmation pluriannuelle de l'énergie.
25:52Ça a été reporté d'année en année.
25:55Une stratégie nationale bas carbone, on l'a dit.
25:58Il y a eu du stop and go de la part du gouvernement.
26:00C'est vrai qu'il y a aussi eu une difficulté.
26:02C'est qu'on a eu un Macron anti-nucléaire sur les 5 premières années
26:06et super pro-nucléaire sur les 5 suivantes.
26:09Donc c'est un petit peu compliqué de savoir sur quel pied on peut danser
26:14en termes de stratégie.
26:17Et on peut le dire, on est quand même dans un moment d'attentisme complet.
26:23Jusqu'à 2027, on va faire passer des textes les uns après les autres.
26:27Bon, gré, mal gré, c'est très compliqué.
26:30On a vu comment s'est passé le dernier budget.
26:33Là, pour le prochain, il y a de bonnes chances qu'on ait sans doute une loi spéciale
26:38ou rien de plus, mais rien qui permette de donner vraiment une stratégie à long terme.
26:43Cédric Lérin.
26:44Oui, pour finir sur une bonne note, il y a quand même une bonne nouvelle
26:46pour les préoccupations sur la stabilité des prix et la production.
26:51C'est la fin, il y a quelques mois, au 31 décembre, de l'AREN,
26:54cette politique complètement folle qui obligeait EDF à vendre à des concurrents
26:59qui ne produisaient rien, l'électricité, 25% à des prix défiant toute concurrence
27:06et qui plombait EDF.
27:07Cette politique est heureusement finie après des années et des années de gabegie
27:12qui ont fait prendre beaucoup de retard.
27:13Donc on a réavancé vers une... on a renationalisé, re-étatisé EDF
27:18et avancé vers ce qui pourrait être un grand service public de l'électricité
27:23qui peut-être pourrait sans doute être un outil intéressant
27:27pour développer l'électrification de la France.
27:29Mais ça, évidemment, ce n'est pas tout à fait dans le logiciel d'Emmanuel Macron
27:32donc il ne l'a pas encore annoncé aujourd'hui.
27:34On a beaucoup parlé des choses qui n'allaient pas, Anne Brégo.
27:35Est-ce qu'on peut finir sur une autre bonne nouvelle dans ce domaine ?
27:38Je pense que les voitures électriques, on voit,
27:41là il y a vraiment une poussée sur les ventes de véhicules électriques.
27:44On était à 28% le mois dernier.
27:46On partait très bas.
27:46On partait très bas, mais c'est vrai que là on voit vraiment que ça augmente.
27:51Il faut vraiment que les prix soient adaptés.
27:54On demande est-ce qu'il y a un leasing social pour un million de véhicules ?
27:57Il faut vraiment aller beaucoup plus loin que ce qui existe actuellement.
28:03Il faut passer un petit peu l'accélérateur.
28:05Mais en tout cas, sur le véhicule électrique, on voit des évolutions.
28:08Sur la rénovation des bâtiments, ça commençait à marcher avant qu'il y ait des stops.
28:12Donc il y a une vraie volonté, en tout cas des Français, d'aller dans cette direction.
28:16On le voit dans tous les sondages que l'on fait sur les mesures que l'on propose
28:19et soutenues pour le pouvoir d'achat et pour le cadre de vie.
28:22Maintenant, il faut que les politiques aillent dans ce sens.
28:25Tam ?
28:25Dire quand même qu'il y avait eu des annonces de la part du gouvernement.
28:30C'était Sébastien Lecornu qui avait fait ça il y a un mois environ
28:33en matière de leasing social.
28:37Il voulait doubler son soutien sur l'électrification des usages,
28:41l'interdiction des chaudières à gaz dans le neuf.
28:44Donc on voit qu'il y a quand même le gouvernement qui a tenté encore
28:49de faire un certain nombre d'annonces et qu'Emmanuel Macron va dans le même sens.
28:53On pense quand même aussi qu'il est très aidé par le contexte international
28:58et c'est aussi ça qui rend aujourd'hui ce message beaucoup plus audible
29:01et c'est aussi sans doute une des raisons pour lesquelles on a vu
29:04les Français acheter beaucoup plus de voitures électriques.
29:07Donc en fait, on se rend compte qu'il y a besoin aussi d'avoir le sentiment
29:10d'avoir un gain immédiat pour arriver à lancer ce type de mouvement.
29:15Et on va parler de l'international justement.
29:17Merci encore pour la transition, Tim Tranu, décidément ce soir.
29:20Dans la seconde partie des informés, dans un instant.
29:22Merci Anne Bringo d'être venue nous voir dans les informés,
29:25directrice des programmes au sein du réseau Action Climat,
29:27spécialisé dans les enjeux climatiques et énergétiques.
29:30Le titre de votre livre, France, Urgence, Climat, c'est aux éditions.
29:35Talendier, la suite des informés, dans un instant, il est déjà 20h33.
29:44Et l'info, c'est avec Emmanuel Langlois.
29:46Pour le deuxième jour consécutif, la France a donc battu ce mardi
29:50son record de chaleur pour un mois de mai.
29:52La vigilance orange canicule sera étendue demain à 13 départements
29:56au lieu de 8 de l'ouest de la métropole.
29:59Météo France prévoit que l'épisode de chaleur actuelle va se poursuivre,
30:03au moins jusqu'à ce week-end, en gagnant progressivement les régions de l'Est.
30:06Des températures qui frôleront les 40 degrés ces prochains jours.
30:11Fausse accusation de viol ou encore faux visuel de campagne,
30:14le parquet de Paris ouvre une enquête pour faire la lumière
30:16sur une éventuelle ingérence étrangère d'une entreprise israélienne
30:20aux dépens des Insoumis, Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud
30:25durant les municipales de mars dernier.
30:28L'enseigne de prêt-à-porter au CAID, elle prévoit de supprimer jusqu'à 290 postes
30:34et la fermeture d'une soixantaine de magasins en France placés en redressement judiciaire.
30:39Le groupe spécialiste des vêtements pour enfants explique ces mauvais résultats
30:44par la baisse de la natalité ou encore l'essor des vêtements de seconde main.
30:48Le bilan est lourd en Belgique où 4 personnes dont 2 enfants ont été tués
30:53dans le choc excessivement violent d'après les autorités belges
30:56entre un quart scolaire et un train.
30:58C'était ce matin dans le nord du pays, en Flandre.
31:01L'accident s'est produit à un passage à niveau que le minibus a franchi
31:05alors que la barrière était fermée avec un feu rouge
31:08selon la société des chemins de fer en Belgique.
31:11Deux frappes israéliennes ont fait ce mardi 7 morts dans la bande de Gaza
31:15d'après des hôpitaux du territoire palestinien.
31:18L'armée de l'état hébreu dit avoir pris pour cible le nouveau chef de la branche armée du Hamas
31:23qui avait été nommé récemment à ce poste après une frappe ayant tué son prédécesseur.
31:28Et puis le tennis, Elsa Jacquemot, première française qualifiée pour le deuxième tour à Roland-Garros.
31:33Sa prochaine adversaire sera ni plus ni moins que la numéro 1 mondiale, Arina Sabalenka.
31:38Quant à l'autre française, Loïse Boisson, elle s'incline en 2-7.
31:41Face à la Russe, Anna Kalinskaya, Diane Péry, elle file au deuxième tour.
31:55Avec ce soir dans le studio de France Info, Clémence Lemestre, directrice adjointe des rédactions des Echos.
32:02Cédric Clerin, rédacteur en chef de l'Humanité Magazine.
32:05Benjamin Louis, correspondant en France pour la radio télévision suisse, la RTS.
32:09C'est Anne Tranouille, directrice adjointe de la rédaction du public Sénat.
32:13Nous parlions il y a quelques instants de notre dépendance aux hydrocarbures en lien avec la situation au Moyen-Orient
32:20où une frappe israélienne dans l'Est du Liban a fait au moins 11 morts aujourd'hui, dont deux enfants
32:24et une femme.
32:25C'est ce qu'annonce le ministère de la Santé.
32:27L'armée israélienne affirme avoir visé des objectifs du Hezbollah dans le secteur.
32:32Nous sommes dix jours après le prolongement de la trêve entre Israël et le Liban, prolongement de 45 jours.
32:38Benjamin Louis, on peut se demander pourquoi avoir reconduit la trêve dans ces conditions, trêve qui était déjà extrêmement fragile
32:44?
32:44Oui, et ce que je me demande personnellement, c'est ce que nos auditeurs et nos téléspectateurs y comprennent aujourd
32:51'hui.
32:51Parce qu'on a eu là encore des stop and go, comme on disait tout à l'heure, on a
32:56entendu absolument tout et son contraire tous les jours durant à peu près trois semaines.
33:02Donc encore une fois, j'ai l'impression, comme dirait Nicolas Sarkozy, personne n'y comprend rien.
33:06Donc je ne vois pas exactement ce que nos auditeurs en retiennent.
33:11Pourquoi repousser encore la trêve ?
33:14Sans doute parce que, comme Donald Trump l'a dit hier, mais voilà, ça reste la parole de Donald Trump,
33:19un accord serait sur le point d'être finalisé.
33:22On n'a jamais été aussi près d'un accord.
33:24Ça c'est pour l'accord Iran-États-Unis sur Israël et le Liban.
33:30Pardon, je me suis complètement tombé.
33:31Pas de problème, on en parlera après.
33:33Clémence Lemestre, est-ce que justement le fait de garder ce cessez-le-feu, on va dire, officiel, est-ce
33:38qu'il permet finalement de justement garder l'espoir de négociation, de discussion ?
33:44L'espoir, je ne sais pas.
33:45En tout cas, il est officiel, mais enfin, on dit qu'il y a un cessez-le-feu, mais en
33:49même temps, il y a des frappes tous les jours.
33:52Je pense aussi qu'on peut quand même lier ça avec l'Iran, c'est-à-dire que Benjamin Netanyahou
33:57écoute aussi ce qu'il dit Donald Trump.
33:59Et je pense que Donald Trump n'a pas envie qu'il y ait de nouveau un front officiel qui
34:04s'ouvre.
34:04Et donc, le cessez-le-feu, il est pour partout dans la région et il est officiel.
34:09Après, sur le terrain, ce n'est pas forcément la même chose.
34:12Reste à savoir s'il y aura des négociations.
34:14C'est compliqué à dire.
34:15C'est ce que Donald Trump voudrait qu'on avance sur tout.
34:19L'Iran dit de toutes les manières, moi, je veux aussi que ça s'arrête au Liban.
34:22Donc, tout ça est lié.
34:24Et c'est pour ça que c'est un peu compliqué de voir où on va aller, en fait.
34:28Avec un bilan, on le rappelle, Cédric Lérin, 3000 morts au Liban depuis trois mois,
34:32depuis le début des premières frappes israélo-américaines en Iran et puis au Liban juste après.
34:38Et plusieurs centaines, pardon, depuis l'officialisation de cette trêve.
34:42– Oui, mais c'est une trêve totalement factice, puisque en réalité, ça s'est arrêté entre les États-Unis
34:48et l'Iran.
34:49Mais on sait que celui qui était vent debout contre ça, c'est Netanyahou,
34:53qui là, grosso modo, lui dit, moi, je veux finir le travail au Liban.
34:58Donc, Donald Trump le laisse faire, parce que ce qui est en train de se passer au Liban,
35:02c'est quand même de raser le sud Liban.
35:05C'est la bande de Gaza qui est en train de s'installer au sud Liban.
35:08– Avec l'armée israélienne qui confirme aujourd'hui avoir étendu ses opérations terrestres
35:12au-delà de cette fameuse ligne jaune qu'elle avait établie pour délimiter la zone.
35:17– Oui, les choses avancent, c'est là, même pendant qu'on débat là,
35:22Israël a encore annoncé une liste de villages qu'il faut évacuer au sud Liban,
35:27qui est énorme.
35:28Donc, en fait, il n'y a pas de trêve au sud Liban.
35:30Et pour des raisons internes, effectivement, comme ça a été dit,
35:33les choses sont extrêmement imbriquées.
35:35Donc, l'Iran dit, mais on n'arrivera pas à un accord tant que vous n'arrêtez pas au Liban.
35:39Netanyahou veut continuer en Liban aussi pour des raisons politiques internes.
35:43Donald Trump veut se sortir du bourbier aussi pour des raisons internes.
35:47Ça commence à être chaud pour lui.
35:49Donc, tout ça est un jeu à douze bandes.
35:53Donc, effectivement, difficile de se retrouver là-dedans
35:55et difficile de dire par où ça peut sortir dans les prochains jours.
35:59Après, il y a quand même une personne qui a plus les cartes que les autres.
36:03C'est quand même Donald Trump.
36:04– T'as traduit.
36:05– Oui, on a quand même l'impression sur ce conflit
36:08qu'on a en permanence la diplomatie et le recours à la force
36:12qui fonctionnent de pair.
36:15Chez Donald Trump, je crois que c'est quasiment automatique.
36:19Plus il dit que les discussions avancent,
36:22plus il est susceptible en même temps, effectivement,
36:25de faire des nouvelles frappes.
36:27Et à chaque fois qu'il a dit que ça commençait à aboutir à quelque chose,
36:32on a effectivement eu des...
36:33Enfin, ça, mais donc on est toujours dans une forme de trêve armée.
36:38La violation du cessez-le-feu est récurrente.
36:40Elle est consubstantielle, j'allais presque dire, au cessez-le-feu.
36:44Moi, quand vous disiez que tout le monde est un petit peu perdu,
36:48je suis tout à fait d'accord.
36:48Et je pense qu'on est d'autant plus perdus
36:50que personne ne comprend réellement les objectifs des uns et des autres.
36:54Chez Donald Trump, ça n'a jamais été clarifié.
36:57Aujourd'hui, à part gagner du temps,
37:01essayer de se sortir du bourbier avant les mid-terms,
37:05faire en sorte que ce conflit ne lui soit pas plus défavorable
37:08qu'il ne lui ait déjà,
37:10éviter une implosion quand même économique.
37:12On a un conflit qui a quand même des répercussions
37:14sur l'ensemble de nos économies.
37:18Tout le monde est suspendu quand même
37:20et tout le monde connaît aujourd'hui l'emplacement du détroit d'Hormuz.
37:25On se demande quel est aujourd'hui l'objectif de Donald Trump.
37:29Et du côté des Iraniens,
37:31c'est difficile de savoir si l'objectif est sur le nucléaire,
37:36est-ce que l'objectif est aussi sur récupérer les avoirs à l'étranger.
37:41On est d'autant plus perdus qu'effectivement,
37:43je pense que même au déclenchement de ce conflit,
37:45rien n'était vraiment clair.
37:47Benjamin-Louis.
37:47Mais je pense aussi justement que cette confusion,
37:49elle profite à certaines parties au conflit.
37:53En Israël, ces dernières heures,
37:56le discours sur ce qui va probablement se passer au Liban
37:59est extrêmement tendu, extrêmement agressif.
38:01Et puis on l'a entendu dans les titres,
38:03dans le fil info, il y a quelques minutes,
38:06il y a aussi eu des frappes à Gaza.
38:09Donc encore une fois, il y a une sorte quand même d'impunité tolérée,
38:13un degré d'impunité tolérée par Donald Trump,
38:16qui fait qu'il y a des violations de cessez-le-feu,
38:18mais pas à un endroit, à trois endroits.
38:21Avec aussi ces difficiles négociations, on le disait,
38:24puisqu'elles n'ont pas lieu actuellement entre l'Iran et les Etats-Unis.
38:26C'est un Iran qui accuse Washington d'avoir violé le cessez-le-feu
38:29dans le sud du pays ces dernières 48 heures,
38:32après l'annonce de frappes américaines,
38:33des sites de lancement de missiles qui ont été visés,
38:35tandis que les gardiens de la Révolution disent avoir abattu un drone américain
38:39et tiré sur des avions qui tentaient de pénétrer leur espace aérien.
38:43Clémence Lemestre, comment est-ce qu'on peut interpréter ce qui est en train de se passer ?
38:46Est-ce que c'est la promesse d'un retour de la guerre finalement ?
38:48Ce n'est pas forcément la promesse d'un retour de la guerre.
38:51Ils sont en train de discuter, et comme souvent, on l'a vu en Ukraine d'ailleurs,
38:54c'est qu'on discute mieux armés.
38:56C'est triste à dire, mais...
38:57Donc il y a aussi un côté où ils montrent leurs muscles,
39:01ils imposent...
39:02Les États-Unis ont dit qu'ils avaient effectivement frappé,
39:05mais parce qu'ils avaient vu des mouvements iraniens,
39:07donc savoir qui a commencé à violer le cessez-le-feu, c'est difficile à dire.
39:13Ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas continuer à négocier, en fait.
39:15C'est ça, c'est tout le paradoxe.
39:17Donc c'est un peu une discussion armée, je ne sais pas si on peut dire ça.
39:21Ils ont chacun leur pistolet à la main, ils continuent de discuter.
39:24C'est difficile de voir...
39:26On était très optimistes ce week-end, mais c'est à chaque fois la même chose.
39:30Trump, il dit, oui, ça va se régler, donc il est très optimiste.
39:34Et derrière, il y a un retour en arrière, les Iraniens qui disent,
39:37non, mais on n'est pas encore tout à fait d'accord.
39:39Et puis, il y a aussi le fait que, finalement,
39:42Trump a peut-être un peu durci son discours,
39:44parce qu'aux États-Unis, il y a effectivement une crise,
39:47il y a effectivement une hausse de prix de l'essence, comme en Europe,
39:50mais c'est quand même moindre qu'en Europe.
39:53La crise ne touche pas du tout les États-Unis, comme la France.
39:57Et il y a quand même des extrémistes, des républicains, très à droite,
40:01qui disent à Donald Trump, mais on n'a quand même pas fait tout ça pour ça.
40:04C'est-à-dire que si tu signes maintenant,
40:06et qu'en gros, on n'a pas d'accord sur le nucléaire,
40:08parce que pour l'instant, le nucléaire, ils ont l'air de dire,
40:11on discutera après, ça n'a pas l'air très clair.
40:13Ils disent, finalement, le régime iranien, il est toujours là,
40:17donc pourquoi on arrêterait maintenant ?
40:19Donc c'est tout ce jeu de pouvoir aussi qui se joue à Washington,
40:22avec éventuellement Benjamin Netanyahou, qui appelle certains en disant,
40:26mais on ne va pas s'arrêter là.
40:27Donc c'est difficile de voir où on va atterrir.
40:30On disait, Cédric Clérin, qu'on n'y comprenait parfois plus rien.
40:32Effectivement, Donald Trump répète sans cesse que les États-Unis sont tout proches d'un accord,
40:37qu'un accord est en place d'être conclu, qu'il ne manque que quelques minutes pour y arriver.
40:40Donc effectivement, ça aussi, c'est perturbant sans doute pour les négociateurs eux-mêmes,
40:45et puis pour tous ceux qui essayent, comme nous, de suivre le dossier.
40:47– Oui, c'est ça.
40:48C'est un dossier qui a été ouvert il y a quelques temps,
40:51qui s'appelle « Être journaliste sous Donald Trump »,
40:52qui est assez difficile, puisque sa parole n'est absolument pas une information,
40:57voire parfois une contre-information, etc.
41:00Donc effectivement, ce que dit Donald Trump ne vaut pas grand-chose,
41:04sauf là, par exemple, quand il intime à l'Arabie saoudite et au Qatar
41:08de signer des accords d'Abraham, de manière très forte et très violente,
41:11là, il essaye de tenter un coup diplomatique très fort pour sortir,
41:15comme le disait Clémence, pour sortir avec quelque chose,
41:18pour offrir quelque chose à Netanyahou et pour sortir du conflit en disant
41:21« Voilà, j'ai réussi à régler la sécurité dans la région,
41:24regardez, maintenant, Israël est en sécurité, etc.
41:27J'ai gagné quelque chose, je peux me retirer. »
41:30Parce que ça commence à être très chaud pour lui, on le disait.
41:32Il y a peut-être un événement qui passe un peu en dessous des radars,
41:35tout le monde parle des mid-terms,
41:35mais il y a la Coupe du Monde qui commence dans quelques semaines aux États-Unis.
41:40À partir du 11 juin, il y a une agence de presse iranienne,
41:45bien informée, qui a distillé le message
41:49« Il serait dommage que cette Coupe du Monde soit entachée de problèmes
41:53et qu'à chaque Coupe du Monde se souvienne
41:55que les États-Unis ont eu des problèmes pendant leur Coupe du Monde. »
41:59Vous voyez ce que je veux dire ?
42:00Donc, il y a une pression qui est mise aussi, diplomatiquement, de ce côté-là
42:03et qu'effectivement, ça sera une fenêtre de risque pour les États-Unis.
42:07Ils ont intérêt à conclure avant que ça n'arrive.
42:10Benjamin Louis.
42:11Oui, et puis sur le « Pourquoi ça dure ? »,
42:12il faut juste revoir aussi qui sont les forces en présence.
42:14On a d'un côté les Américains qui…
42:16L'administration Trump, qui est apparemment quand même réputée
42:19pour être plutôt de piètre négociateur,
42:22notamment son gendre et son agent immobilier.
42:25Enfin, je ne sais plus exactement ce qu'il est maintenant.
42:29Mais il est devenu négociateur en chef.
42:31Et puis, d'un autre côté, il y a quand même la République islamique
42:33qui, eux, sont des maîtres dans l'art dilatoire,
42:37dans l'art de faire durer les négociations indéfiniment.
42:40Et reconnus comme d'excellents négociateurs.
42:41Reconnus comme d'excellents maîtres dans la durée des négociations
42:46et faire en sorte que ça dure le plus longtemps possible.
42:48Et puis, on a quand même appris cet après-midi
42:50que désormais, l'Iran applique de nouvelles taxes
42:53et de nouveaux droits de péage à la navigation dans le Détroit.
42:58Donc, pour l'instant, ils y gagnent d'une certaine manière.
43:01C'est comme un peu les compagnies aériennes low-cost.
43:04On se rend compte qu'il y a un nouveau truc à payer
43:06à chaque fois qu'on veut prendre l'avion.
43:08Là, c'est exactement pareil.
43:09Chaque semaine, il y a une nouvelle taxe à payer
43:11pour la navigation maritime qui est imposée par l'Iran.
43:13Donc, l'Iran a pour l'instant à peu près tout à gagner,
43:17à faire durer ses négociations.
43:18Et on aura bien sûr l'occasion d'en reparler sur France Info
43:20et dans les informés.
43:22Dernier thème ce soir dans les informés.
43:23C'est le premier procès public depuis l'éclatement du scandale
43:27des violences sexuelles dans le péri-scolaire à Paris.
43:29Un animateur de 36 ans jugé depuis aujourd'hui
43:32devant le tribunal correctionnel pour agression sexuelle
43:35sur neuf enfants d'une école du 11e arrondissement de la capitale.
43:38Procès public car les familles ont choisi
43:40de ne pas demander l'huiclot, maître Anne Nacop
43:43et l'avocate de plusieurs familles.
43:44Aujourd'hui, ils ont accepté avec un courage immense
43:49de ne pas solliciter l'huiclot.
43:53Tout simplement puisqu'ils voulaient que toute la presse soit là,
43:55que l'on puisse parler de ce sujet qui est extrêmement important
43:58et que l'information puisse être relayée partout en France,
44:03que tout le monde puisse avoir le relais de cette audience.
44:06Clémence Lemestre, on entend via la voix de cette avocate
44:09l'importance justement pour les familles
44:12et puis plus largement de l'aspect public de ce procès.
44:15Oui, ça rappelle un peu le procès de Gisèle Pénicaud.
44:18Et en fait, d'ailleurs, il y a certaines familles qui disent
44:21« Au début, on ne voulait pas » et puis on a réfléchi.
44:23Ça a été un déclic pour elle.
44:25Ça a été un déclic pour elle et on peut le comprendre.
44:27Ce côté, on montre.
44:28On rappelle Gisèle Pénicaud, la fin de l'année 2024 à Avignon
44:31et qui avait demandé pour son procès qu'il n'y ait pas un huiclot.
44:37Et donc peut-être que d'ailleurs, ça va se multiplier.
44:40Après, ça demande effectivement beaucoup de courage
44:42parce que tout va être mis sur le tapis.
44:44Se pose la question des enfants parce que c'est les parents qui disent oui,
44:47mais les enfants, ce n'est pas eux qui donnent leur avis.
44:51Mais ça peut être intéressant.
44:53On peut se dire aussi, là, c'est sur Paris.
44:56Paris, en France, c'est important,
44:59mais il n'y a pas de raison objective qu'il n'y ait qu'à Paris,
45:02qu'il y ait des problèmes.
45:03Et peut-être que le fait que ce procès ne soit pas à huiclot,
45:07ça va faire écho ici ou là et révéler d'autres affaires.
45:11J'espère pas, mais c'est quand même ce qui pourrait se passer.
45:14Ça peut créer une sorte d'électrochoc ou de libération de la parole,
45:17Je crois que c'est l'objectif,
45:18comme l'avait fait Gisèle Pellicot à l'époque,
45:21en disant qu'elle voulait que la honte change de camp.
45:24C'est la même chose, là, pour ses parents.
45:26Je pense que, d'autant plus qu'il y a quand même eu une forme d'omerta,
45:30c'est quand même ce qu'on a pu constater.
45:32C'est un nombre aussi d'alertes qui n'avaient pas été suivies des faits.
45:36Notamment, une aire avait formulé une alerte en septembre 2024.
45:39Ça avait été ignoré par l'école.
45:42Et finalement, l'information préoccupante n'était arrivée au parquet qu'en avril 2025.
45:47Donc, on voit quand même tout le temps qui a été perdu.
45:50La façon dont aussi, parfois, la parole des enfants a sans doute été minimisée.
45:56On est quand même encore dans ce sujet-là aujourd'hui.
46:00Et c'est difficile de solliciter la parole d'un enfant,
46:05d'être sûr qu'elle est juste,
46:07de ne pas avoir cherché à instrumentaliser sa parole dans un sens ou dans un autre.
46:12En tout cas, je pense que c'est un électrochoc pour Paris.
46:16C'est un électrochoc pour la France.
46:19Parce que je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de raison
46:23pour que cela ne concerne que Paris.
46:25On a d'ailleurs vu, rien qu'en Ile-de-France, c'est un nombre d'autres villes qui sont
46:30concernées.
46:31Je ne sais plus de mémoire, il y avait Gentilly.
46:33Enfin, il y a beaucoup d'autres villes qui ont aussi eu des problèmes avec le périscolaire.
46:37Parce qu'il y a eu un problème généralisé de manque de contrôle du périscolaire.
46:44On sait aussi qu'il y a un problème plus large autour d'un certain nombre de métiers
46:49où les gens sont en contact avec des enfants.
46:51C'est des choses qu'on avait constatées pour l'Église.
46:54On a vu ça également pour les clubs sportifs.
46:57Et il y a aujourd'hui besoin vraiment de contrôler beaucoup plus fortement les animateurs.
47:04Là d'ailleurs, c'est un nombre de textes de loi qui sont en cours d'examen.
47:08Demain, au Sénat, il va y avoir une proposition de loi qui va être débattue
47:12et qui va mettre en place une enquête administrative pour vérifier les antécédents judiciaires,
47:17mettre en place le contrôle d'honorabilité pour toutes les personnes qui sont en contact avec les enfants.
47:21Donc il peut aussi y avoir quand même des vraies avancées législatives.
47:25Il faut savoir que jusqu'ici, il n'y avait pas forcément besoin d'avoir accès aux casiers judiciaires de
47:31tous les animateurs.
47:32Et puis il y a ce plan de 20 millions d'euros mis en place par le maire de Paris,
47:37Emmanuel Grégoire,
47:37dès son arrivée, dès son élection, qui a fait du périscolaire la priorité absolue de son début de mandat.
47:43Emmanuel Grégoire, Cédric Clérin, qui dit « Désormais, ce sera tolérance zéro ».
47:46– Oui, alors c'est intéressant, c'est peut-être pour ça qu'il est si important
47:52que les familles ont fait ce choix extrêmement courageux, il faut le répéter,
47:56parce que ça va être un déballage qui est très très difficile.
47:59Très difficile, mais qu'il faut, sans prendre des grands mots,
48:02que la France entende pour pouvoir réagir sur le long terme.
48:05Parce que le gros problème de Paris, c'est qu'ils ont dû réagir,
48:08c'était en pleine campagne municipale, il fallait agir dès le premier conseil municipal, etc.
48:13Donc il y a un plan d'ampleur qui a été décidé, mais on voit que la concertation s'était
48:19compliquée.
48:19Qu'est-ce qu'on fait avec les professionnels qui n'ont rien à se reprocher,
48:24et qui font leur boulot, et qui se voient pointer du doigt, etc.
48:27Donc Paris a concentré l'attention et a concentré un calendrier qui est difficilement gérable.
48:33Là, il y a l'opportunité qu'on comprenne qu'il y a un problème structurel en France, probablement,
48:39parce qu'effectivement, les mêmes causes posent les mêmes effets, qu'on parle de choses très sérieuses,
48:44et c'est ce qu'on va voir grâce au fait qu'il n'y ait pas de huis clos.
48:48Et ça peut permettre qu'il y ait des politiques publiques qui se mettent en place au niveau national,
48:52et que toute la chaîne soit en alerte, que les parents soient en alerte,
48:56et qu'il y ait aussi des choses qui soient réglées, parce que c'est compliqué,
48:58même quand c'est détecté.
49:00On sait que dans l'éducation nationale, il y a le directeur d'école, par exemple,
49:03qui n'a aucun regard sur ce qui se passe dans le péri-scolaire,
49:05une chaîne de commandement qui n'est pas claire, et qui n'a pas de hiérarchie très claire de qui
49:11peut agir.
49:11Donc il y a beaucoup de sujets qui vont pouvoir être traités,
49:14qui vont devoir être traités, parce qu'il y a de la lumière qui est mise sur tous ces sujets
49:18extrêmement sérieux.
49:19Benjamin-Louis ?
49:19Non, mais il y a plein de choses aussi dans ce que dit Cédric qui interpelle,
49:23et j'y pense, parce que je viens de voir le film qui s'appelle « L'abandon »
49:27sur l'assassinat de Samuel Paty, et on voit à un moment la directrice du collège
49:34qui est complètement perdue dans les acronymes,
49:36au moment où elle doit en fait signaler ce qui est en train de se passer,
49:40les menaces qu'elle reçoit.
49:41Et elle ne sait même pas qui appeler, tellement il y a de couches et de strates.
49:44Et en l'occurrence, c'est un des éléments qui est très intéressant et très important
49:48dans ce qui va être déballé et jugé prochainement,
49:52c'est comment on s'est renvoyé la balle à un moment donné, quand il s'est agi d'alerter.
49:58Et puis, il y a tout un mouvement en ce moment, quand même,
50:00de plus de visibilité de la justice, et j'ai le sentiment qu'il est relativement positif,
50:05alors peut-être sans aller jusqu'à filmer tous les procès,
50:08mais alors il y a certains procès qui désormais sont filmés pour l'histoire.
50:11Alors là, en l'occurrence, c'est peut-être pas forcément un procès pour l'histoire,
50:14mais c'est un procès qui a une valeur énorme au niveau de la société.
50:18Et c'est vraiment important, effectivement, ce choix qui a été fait,
50:21de ne pas avoir un huis clos, et de faire en sorte que tout ce qui va se dire
50:25sera répercuté, notamment par la presse, et du public va pouvoir rentrer.
50:29Et d'un autre côté, effectivement, c'est quand même quelque chose de très sensible à manier,
50:34parce que c'est des enfants qui sont ici les victimes.
50:38Pour Gisèle Pellicot, on était avec une dame qui a déjà un certain âge,
50:42et donc elle craignait peut-être moins, au fond, les répercussions.
50:45Mais là, en l'occurrence, c'est vrai que ça va être quelque chose d'extrêmement difficile à manier,
50:50d'extrêmement sensible.
50:51Et ça jouera aussi sur la suite, sans doute, Clémence Lemes,
50:54parce qu'il y a trois autres procès d'animateurs qui sont prévus à Paris d'ici septembre.
50:58Cela peut faire jurisprudence, en quelque sorte, ce refus du huis clos.
51:02Oui, ça va être compliqué pour les autres parents de dire, nous, on veut le huis clos.
51:05Donc, effectivement, c'est peut-être quelque chose, une porte qu'on ouvre,
51:08et qui va permettre de bien réfléchir.
51:11Emmanuel Grégoire disait que c'était systémique,
51:13et effectivement, rien que sur les écoles maternelles,
51:15alors, c'est des violences, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes dans 84 écoles,
51:22et il y a 273 écoles à Paris.
51:24Donc, c'est quasiment un tiers des écoles maternelles où il y a quand même des cas.
51:27Alors, c'est de violences et de violences sexuelles, c'est les deux.
51:30Donc, après, il y a une gradation, évidemment, dans les violences.
51:33Avec cet autre chiffre, depuis le début de l'année,
51:3578 agents qui ont été suspendus, donc 31 pour violences sexuelles.
51:39Donc, c'est effectivement systémique, et il faut réussir à travailler dessus
51:44pour faire quelque chose de long terme,
51:46pour mettre en place des plans de long terme pour lutter contre ça.
51:49Benjamin, rapidement.
51:50Et vous disiez qu'il n'y avait aucune raison que ça ne soit qu'à Paris,
51:54mais il n'y a même aucune raison que ça ne soit qu'en France.
51:58La RTS a enquêté, il y a eu 22 signalements pour suspicion d'abus sexuels
52:02dans des crèches en Suisse romande entre 2020 et 2025, ce qui est beaucoup.
52:06Et puis, il y a eu un quasiment...
52:10Ça a quasiment triplé les signalements pour violences dans des crèches
52:14au cours des cinq dernières années également.
52:17Donc, encore une fois, on voit que c'est quelque chose
52:19qui n'est bien évidemment pas circonscrit à la ville de Paris.
52:22Cédric Lera.
52:23Oui, juste pour dire que ça va concerner toute la France
52:27et toutes les collectivités, mais aussi l'État.
52:29Et que là encore, le ministre de l'Éducation nationale
52:34va devoir sortir des mesures un peu plus structurelles
52:38que quelques mesurettes.
52:41Il va falloir mettre de l'argent aussi pour aider les collectivités
52:44à recruter, à former et à assainir tout un environnement.
52:49Et puis, il va falloir se poser la question aussi structurelle,
52:52comment est-ce que c'est possible, en dehors de ce milieu-là,
52:54qu'il y ait autant de violence, d'où vient-elle ?
52:56Et comment c'est possible qu'un tiers des écoles,
52:58comme le disait Clémence, soient confrontés à ça ?
53:00Et ce sera le mot de la fin, ce soir c'est déjà la fin
53:03de ces informés à l'une de l'humanité, Cédric Clérin ?
53:06Eh bien, ça sera un rebond sur ce qu'on a dit ce soir,
53:09puisque ce sera climat, la France plombée par l'inaction.
53:12Clémence Lemestre pour les échos.
53:13C'est pareil, c'est sur le plan d'électrification
53:15et le dernier grand plan de Macron.
53:17Voilà, dont c'est effectivement ce matin à l'Élysée,
53:19dont nous avons parlé ce soir dans les informés.
53:22Merci Benjamin-Louis d'avoir été avec nous,
53:24merci Tam Tranui.
53:25A très bientôt les informés qui reviennent demain matin à 9h sur France Info.
53:30Très bonne soirée à tous.
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