- il y a 3 mois
Soutien à l'activité économique : vers une nécessaire révolution fiscale ?
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00:00Tout de suite, les informés de l'écho.
00:09Et bienvenue dans les informés de l'écho, votre émission de débat de décryptage autour de l'actualité économique de
00:15la semaine.
00:16En votre compagnie, Emmanuel Cuny. Bonjour Emmanuel.
00:19Bonjour à tous.
00:19Et je salue nos deux invités. Bonjour Anne-Sophie Alsif.
00:22Vous êtes enseignante en économie à la Sorbonne, chef économiste de la société BDO France.
00:27Et bonjour Jean-Hervé Lorenzi, président des rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:35Rappelons que cette année, c'est du 2 au 4 juillet.
00:38Nous allons évoquer, Emmanuel, aujourd'hui, déjà d'une part le plan d'aide annoncé cette semaine par Sébastien Lecornu
00:46pour faire face à la crise des carburants, avec une question.
00:50Est-ce que l'activité économique, cette relance de l'activité économique, pourrait s'accompagner d'une forme de révolution
00:58fiscale ?
00:58Oui. Alors vous l'avez dit, effectivement, face à la crise qui s'éternise avec le conflit au Moyen-Orient,
01:04le Premier ministre jeudi, Sébastien Lecornu, a annoncé un nouveau plan de mesure.
01:09Mais il a bien précisé, il a mis en garde contre les conséquences sur le budget.
01:14Sans en dire plus, alors effectivement, ça dégage sur le sujet que vous évoquiez.
01:19En gros, là, on a 710 millions d'euros d'aides débloquées jeudi,
01:23qui s'ajoutent aux 470 millions d'euros qui ont déjà été débloqués depuis le début de la guerre.
01:28Donc on est déjà à environ un peu moins d'un milliard 200 millions d'euros.
01:32Alors la marge de manœuvre du Premier ministre se réduit évidemment au fur et à mesure que le conflit au
01:38Moyen-Orient se prolonge.
01:39Et la question se pose, comment aider les secteurs touchés sans creuser le déficit, sans contraindre les dépenses ?
01:45Et tout cela, je rappelle, pour préparer le fameux projet de loi de finances 2027.
01:50C'est ce qu'on appelle le PLF, projet de loi de finances.
01:52Tout est question d'argent, mais aussi de méthode, comme l'a rappelé jeudi le Premier ministre.
01:57Il ne faut pas non plus confondre vitesse et précipitation.
01:59On peut être très rigoureux dans la gestion de l'argent public sans faire n'importe quoi.
02:05La réalité, c'est contrairement à ce que beaucoup de personnes ont bien voulu raconter
02:07et toutes ces essais qui l'ont relayé, le PLF de cette année est un PLF qui fait déjà beaucoup
02:12d'économies.
02:13Si on est honnête, beaucoup d'économies sur l'État.
02:17Moins sur la sphère sociale, moins sur les collectivités locales.
02:20Les décisions qu'on va prendre entre maintenant et mi-juin de nouvelles économies pour 2026
02:26doivent évidemment être en cohérence avec la copie qu'on va mettre sur la table pour 2027.
02:30Voilà, donc la question est clairement posée.
02:32Comment trouver ce juste équilibre entre soutien au pouvoir d'achat et respect des finances publiques ?
02:38Autrement dit, effectivement, est-ce que le temps d'une révolution fiscale n'est pas finalement arrivé ?
02:42On va en parler, évidemment.
02:44Mais d'abord, je voulais votre avis, pour commencer, Anne-Sophie Alsif,
02:47sur ces annonces de Sébastien Lecornu.
02:49Emmanuel Cunni le disait, on est autour de 1,2 milliard d'euros mis sur la table.
02:54L'idée du Premier ministre, c'est de dire, il faut qu'on aide comme on peut, de façon ciblée,
03:00pour maintenir l'activité économique.
03:02Est-ce que cet objectif vous semble pouvoir être rempli ?
03:05Oui, on l'a vu, on est dans une situation budgétaire très compliquée,
03:08quasiment 5% de déficit, donc il y a très peu de marge de manœuvre.
03:11Et on a une prévision de croissance qui est revue à la baisse.
03:15En effet, le gouvernement a revu cette prévision, 0,8.
03:18Nous, chez BDO, on était déjà plutôt à 0,7, 0,8, donc on était déjà en deçà cette prévision.
03:23Et c'est compliqué, parce que dès que vous avez votre taux de croissance qui ralentit,
03:28tout de suite, vous avez un impact sur le déficit.
03:30Donc, vraiment, le meilleur moyen de se désendetter, d'avoir moins de déficit, c'est la croissance.
03:33Donc là, l'idée du gouvernement, à mon sens, c'est de se dire,
03:36il faut avoir des aides les plus ciblées possibles,
03:38pour que ça ait un impact le plus minime possible sur l'économie, sur la croissance,
03:42parce que, justement, on a déjà ce ralentissement.
03:45Alors, 1 milliard, c'est l'épaisseur du trait,
03:47ça peut paraître une somme importante, mais regarde, les derniers, quoi qu'il en coûte,
03:50c'est très peu, et c'est très ciblé.
03:52C'était 70 milliards, ne serait-ce qu'en 2022.
03:54Oui, alors c'était sur beaucoup plus longtemps.
03:56Donc là, l'idée, c'est vraiment de rester dans l'épaisseur du trait,
03:58de ne pas avoir un quoi qu'il en coûte généralisé,
04:01mais ultra ciblé sur les secteurs et sur les ménages qui en ont le plus besoin.
04:05Après, il y a aussi un plan d'électrification, peut-être qu'on en parlera.
04:07Et à mon sens, c'est beaucoup plus ça, la question.
04:10C'est aussi comment s'en sert de cette dépendance.
04:12Jean-Hervé Lorenzi, est-ce que les secteurs ciblés vous semblent être des secteurs
04:17dont la pertinence est réelle ?
04:22Est-ce qu'en ayant des aides comme ça, qui sont vraiment très spécifiques,
04:28très ciblées, on peut maintenir la croissance, ou ça va quand même être compliqué ?
04:31Non, d'abord, je vais être un tout petit peu plus pessimiste que Anne-Sophie,
04:36qui est prudent, je pense que la croissance française va ralentir de manière absolument drastique.
04:43Si on arrive à éviter la récession, ce serait une bonne chose.
04:46On est parti sur une période très compliquée, très difficile, très forte.
04:52Personne ne croit un instant que la crise géostratégique va se terminer
04:58par un coup de claquement de doigts.
05:01Et donc, on aura une croissance qui sera peut-être juste.
05:04Je répète qu'il sera, j'espère, qu'il ne conduira pas à une décision.
05:10Il sera positif quand même ?
05:11Oui, très faible.
05:13Et donc, tout ce que dit Anne-Sophie est juste.
05:16Il a fait ce qu'il peut.
05:17Et il faut à la fois, enfin c'est un exercice d'acteur purement politique.
05:22Je trouve qu'il a bien fait.
05:23Je trouve qu'il a très bien fait.
05:24Vraiment, c'est juste ce qu'il fallait.
05:27C'est les montants qui sont jouables.
05:29Et c'est les secteurs qui sont les plus touchés.
05:32Maintenant, il ne résout pas le problème macroéconomique français et européen et mondial
05:38qui, évidemment, l'impact de la crise géostratégique, il est majeur.
05:45Alors, venons-en au cœur de notre sujet, Emmanuel Cuny.
05:48Est-ce qu'on peut, on parle beaucoup souvent de quelles dépenses réduire.
05:53Là, on se dit, tiens, intéressons-nous aux recettes faut-il une réforme fiscale.
05:58On voit mal, effectivement, le gouvernement et ses successeurs, parce que c'est affaire de long terme quand même tout
06:05ce dossier.
06:06On voit mal comment l'équipe au pouvoir et les futurs, puisqu'on a l'année prochaine une présidence, une
06:13élection présidentielle,
06:14comment on peut faire, je dirais, l'impasse sur une réforme réelle de la fiscalité.
06:20Alors, bien sûr, dans le contexte actuel de pouvoir d'achat attaqué par la crise, par les prix de l
06:27'énergie, du carburant,
06:29on voit mal l'équipe au pouvoir augmenter les impôts.
06:32Donc là, c'est évident.
06:33Mais ça n'empêche pas de penser à plus tard.
06:36Donc, de penser une vraie réforme de la fiscalité pour la rendre peut-être plus efficace et plus équitable.
06:43Reste quand même à définir les priorités.
06:45Et là, ce serait intéressant d'entendre les économistes.
06:47Et comme l'a dit récemment l'ancien premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici,
06:52en fait, ce sera le prochain président de la République qui va écoper la dette.
06:57Un peu comme on écope, vous savez, l'eau d'un bateau qui est en train de couler.
07:01Voilà, avec une écope.
07:02Eh bien, on enlève l'eau qui est en trop dans le bateau.
07:06Là, le prochain président de la République devra réduire drastiquement la dette.
07:10Reste à savoir comment et est-ce qu'il agira par le biais fiscal.
07:13Alors, on entend la prudence d'Emmanuel Cuny sur ce que veut dire une réforme fiscale.
07:18Parce qu'Anne-Sophie Alsif, le taux de prélèvement obligatoire en France, il est quand même déjà un petit peu
07:24élevé.
07:25On est un des taux les plus élevés en effet de prélèvement au niveau de la fiscalité.
07:29On a un des systèmes les plus redistributifs.
07:32Et donc, il faut également être toujours en avant.
07:34Donc, c'est vrai qu'en termes de marge de manœuvre de fiscalité, on a eu la contribution exceptionnelle des
07:39entreprises.
07:40On est déjà très, très haut placé.
07:42À mon sens, la question, et c'est une question plus macroéconomique, on verra si la présidentielle s'en empare,
07:47c'est plutôt une question de notre système de production.
07:50C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le choix de la France, c'est d'avoir fait le choix de
07:53la consommation au détriment de la production.
07:56Et donc, on taxe moins la consommation.
07:57Par exemple, la TVA, on est en dessous de la moyenne des pays européens.
08:00Par contre, on taxe énormément la production.
08:02On est bien au-delà de nos partenaires européens.
08:03C'est-à-dire ? Donnez-nous des ordres de grandeur.
08:05Donc, la TVA, c'est à peu près 20%.
08:06Voilà. Donc, deux points à peu près quand vous regardez la moyenne des pays européens.
08:10Et par contre, les impôts de production, vous pouvez être, ça dépend des domaines, des secteurs, etc.,
08:14deux ou trois fois supérieurs à ce que l'on peut avoir, par exemple, en Italie et en Allemagne,
08:17qui sont des puissances industrielles.
08:19Donc, c'est ça, un petit peu, à mon sens, la question de fond.
08:22C'est, est-ce qu'on veut rester un pays de consommateurs ?
08:24Et donc, on reste dans ce système-là, sachant que la consommation finance beaucoup de produits importés,
08:29puisque nous avions un déficit sur le niveau de balance commerciale.
08:32Ou est-ce qu'on veut redevenir un pays de producteurs et se réindustrialiser ?
08:35Le problème de la réindustrialisation, c'est que ça prend 10 à 15 ans.
08:39Et donc, bien évidemment, politiquement, les gains de celui qui met en place ce process,
08:43et ça a déjà été fait dans le passé,
08:46ne vont pas être forcément les mêmes personnes qui vont en bénéficier.
08:48Et donc, ça demande d'avoir vraiment une politique de planification,
08:51une politique de long terme, pour avoir les gains de cette réindustrialisation,
08:55qui est compliquée et qui demande, en effet, vraiment une aide et une vision de très long terme.
09:01Et c'est là, à mon sens, où ce serait compliqué, vu la situation politique.
09:03Jean-Hervé Lorenzi, je vous ai vu perplexe.
09:05Est-ce que l'idée de dire, il ne faut pas, l'idée n'est pas tant d'augmenter les
09:09impôts
09:09que de réorganiser la manière dont on applique la fiscalité,
09:13peut-être faire plus pour la production, un peu moins pour la consommation,
09:17comme le dit Anne-Sophie Alsif, ça vous parle.
09:19– Non, d'abord, je prends une méthode.
09:21Je ne crois absolument pas à la réforme fiscale.
09:23– Bon, fin du débat.
09:26– Je crois à une révolution fiscale.
09:28Je crois qu'à un moment, on met l'ensemble des prélèvements obligataires.
09:34Puisqu'on parle des impôts, mais il s'agit de l'ensemble des prélèvements.
09:38– Vous parlez des cotisations aussi, également ?
09:40– Je rappelle juste une petite plaisanterie, on dit la moitié des Français ne payent pas l'impôt,
09:45ils payent les 350 milliards de TVA, ils payent les 150 milliards de CG.
09:49– Parce qu'on parle de l'IR, pas l'impôt sur le revenu.
09:51– Non mais la réalité de ce qui vous est prélevé, vous, comme moi, à la fin du mois,
09:55vous avez une feuille de paye et vous achetez des biens,
09:57vous payez en fait pour la collectivité de manière absolument massive.
10:03C'est ça.
10:04Deuxième sujet, je crois effectivement qu'il faut avoir une vision complète sur le sujet.
10:10C'est ce que j'ai essayé de faire et je crois que c'est le mot de révolution essentiel.
10:18C'est très compliqué d'avoir un équilibre entre l'offre et l'admente, très compliqué.
10:22C'est très compliqué d'à la fois stimuler les start-up, l'innovation, la réindustrialisation dont Anne-Sophie parlait
10:29et de faire que les gens qui sont au SMIC, c'est-à-dire 17% des Français,
10:35auxquels on prélève par ailleurs, je rappelle, exactement le même pourcentage de CSG, 9,2%,
10:42que des gens comme vous, comme moi.
10:44Non, pas moi, moi je suis retraité donc j'ai une CSG qui est moins importante.
10:48Tout est absurde dans ce système.
10:49Ça c'est absurde, par exemple, la CSG réduite pour les retraités ?
10:53Évidemment que c'est absurde.
10:54C'est évidemment que c'est absurde.
10:57On va revenir, Jean-Rapé Lorenzi, sur cette révolution.
11:01Il faut, alors je ne dis pas que ce soit facile à faire,
11:04je ne dis pas que ce sera l'objet de la campagne présidentielle,
11:06je dis juste que si vous voulez retrouver une croissance,
11:09et là Anne-Sophie a mille fois raison, arrêtons de plancher sur la dette,
11:13la dette ça part, comme c'est toujours parti, avec de la croissance.
11:17Il faut un minimum d'un point cinq.
11:20Vous ne le ferez que dans un équilibre nouveau offre à nous.
11:22Jean-Rapé Lorenzi, on va continuer à évoquer ce sujet
11:25et parler aussi de la révolution fiscale que vous appelez de vos voeux,
11:28juste après l'info en une minute.
11:30Il est 9h51 et voici Antoine Jeffin.
11:33Huit blessés, dont deux graves, à Rhin, Star.
11:37Hier soir, une voiture a renversé accidentellement des participants
11:39à un rassemblement de tuning, rapporte ici Champagne-Ardenne.
11:43Le conducteur a été arrêté.
11:45Deux animateurs du périscolaire parisien mis en examen
11:48et placés en détention provisoire hier soir
11:51pour des soupçons de gestes à caractère sexuel sur une vingtaine d'enfants.
11:54À Rouen, cette fois, la mairie porte plainte contre trois agents
11:57pour agressions sexuelles sur mineurs.
11:59La Ligue des droits de l'homme et la CGT Spectacle
12:02poursuivent Canal Plus en justice.
12:04L'association et le syndicat dénoncent, je cite,
12:06« le choix brutal de discriminer » du président du directoire du groupe.
12:11Maxime Saada ne souhaite plus travailler avec les 600 signataires
12:14de cette tribune contre Vincent Bolloré, l'actionnaire principal de Canal Plus.
12:19Véronique Sanson, hospitalisée en urgence pour une infection respiratoire aiguë,
12:24la chanteuse de 77 ans, doit annuler son concert prévu aujourd'hui
12:28dans un festival de Saint-Brieuc.
12:30Son équipe affirme que ses représentations de juin et juillet ne sont pas menacées.
12:37France Info
12:40Les informés de l'Echo
12:41Emmanuel Cuny
12:43Adrien Beck
12:45Et Anne-Sophie Alsif, économiste et professeure à la Sorbonne
12:49Jean-Hervé Lorenzi, président des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence
12:53et nous continuons d'explorer ce sujet aujourd'hui.
12:56Emmanuel Cuny, quelle réforme ou quelle révolution fiscale pour la France ?
13:00Oui, outre les impôts dont on a déjà un peu parlé,
13:03les impôts auxquels on ne peut pas toucher évidemment,
13:07en tout cas dans le sens d'une augmentation,
13:08il y a aussi tout ce qui est fiscalité du travail et du capital.
13:13Ça c'est important.
13:13Alors c'est un débat qui va bien plus loin que les simples propos
13:17qu'on a entendus depuis quelques semaines sur les fameux profiteurs de crise.
13:20Ces grands groupes, notamment pétroliers,
13:22qui s'en mettraient plein les poches grâce à la hausse des prix du carburant,
13:26dont le débat est beaucoup plus large.
13:28Et avant même d'aborder le sujet,
13:31je crois qu'une réforme doit effectivement,
13:33on parle de révolution,
13:34s'imposer sur, encore une fois,
13:36cette fiscalité qui pèse sur le travail,
13:39mais aussi sur le capital.
13:41Parce que depuis la fin de la seconde guerre mondiale,
13:45on sait que la fiscalité repose beaucoup sur le travail.
13:50Après, il y a eu la financiarisation de l'économie.
13:52Le capital a pris une part très très importante.
13:54Est-ce que tout cela s'est fait de manière équitable ?
13:56C'est toute la question.
13:57Et bien voilà, je vais vous poser la question de la façon la plus claire
13:59qui soit Anne-Sophie Alsif.
14:00Est-ce que le capital n'est pas assez taxé en France ?
14:04On parle de flat tax et de choses comme ça.
14:07Est-ce que finalement, quand on travaille,
14:09on est trop taxé par rapport à quelqu'un
14:12qui va investir par exemple en bourse ?
14:14Alors, le problème, c'est que le capital est mobile,
14:16le travail ne l'est pas.
14:18On est pour ou contre, c'est juste factuel.
14:20Et donc aujourd'hui, ce qui se passe,
14:22c'est quand vous voulez massivement taxer le capital,
14:24et vous l'avez vu, aujourd'hui,
14:25on a des investissements majeurs à faire
14:26dans la transition, l'investissement artificiel, etc.
14:29Vous n'êtes pas seul au monde.
14:30Vous avez des zones dans le monde
14:32qui sont très attractives,
14:33les zones asiatiques,
14:34mais aussi l'Amérique du Nord.
14:36Et donc la question, si je peux me permettre,
14:38je ne sais pas qu'elle est mal posée,
14:39mais la question, c'est de se dire,
14:40comme le capital est mobile
14:42et que nous ne sommes pas présidents du monde,
14:44eh bien, comment on fait pour rester attractifs
14:47dans ces données ?
14:48Ce n'est pas qu'on est pour ou contre,
14:49mais c'est comme ça.
14:49Vous voulez dire, mieux vaut attirer le capital ?
14:51À mon sens, il faut beaucoup plus attirer le capital,
14:53puisque le coût de ne pas l'avoir,
14:55en termes de création de richesses sur nos territoires,
14:57qui, on l'a dit déjà, des industriels,
14:59il y a déjà beaucoup de problèmes,
15:00Mais ça veut dire que le taxer moins, par conséquent ?
15:02Alors, en effet, ça veut dire,
15:03pas forcément le taxer moins,
15:04mais ça veut dire être en adéquation
15:06avec ce qui se fait au niveau européen et international.
15:09La problématique qu'on a souvent en France,
15:10c'est qu'on a l'impression qu'il faut
15:11ou avoir des très, très fortes augmentations d'impôts
15:14ou être en mode niche fiscale, etc.
15:16Vous pouvez juste être au même niveau que vos partenaires.
15:19Alors, on est en Europe,
15:20donc, en effet, on en a parlé,
15:22la fiscalité sur la production, etc.
15:23Si vous voulez réindustrialiser,
15:25peut-être qu'il faut être au même niveau que les partenaires.
15:27Et au niveau du capital, vous ne pouvez pas dire,
15:29je ne regarde pas ce qui se passe en Asie,
15:30je ne regarde pas ce qui se passe en Amérique du Nord.
15:32Ce n'est pas possible.
15:33Donc, ces questions-là,
15:34c'est pour ça que les questions de fiscalité, à mon sens,
15:36ont beaucoup plus un attrait au niveau international,
15:39comme des instances au niveau de l'OCDE,
15:40qui travaillent beaucoup sur ces questions-là.
15:42Parce que si vous voulez vraiment avoir un impact positif,
15:45c'est quand la majorité des pays
15:46s'accordent pour avoir les mêmes taux de fiscalité.
15:49Sinon, vous avez toujours la problématique
15:51d'avoir un pays qui a une fiscalité trop forte
15:53et donc qui en subit négativement les conséquences.
15:56Le capital ira ailleurs.
15:57Il est encore une fois mobile.
15:58Jean-Révis Lorenzi, comment on fait,
15:59parce que vous l'avez évoqué aussi tout à l'heure
16:01dans le cadre de votre révolution fiscale,
16:03comment on fait pour taxer moins le travail,
16:06sachant que peut-être faudrait-il taxer
16:07peut-être un peu moins le capital.
16:09Bon, et là, à un moment donné,
16:10on touche à notre modèle social,
16:11on touche à notre modèle d'État.
16:13Non, on va essayer d'un tout petit peu préciser les choses,
16:17parce que ce n'est pas capital-travail.
16:19Sur le travail, on les prend l'un après l'autre.
16:22Sur le travail, tout le monde sait
16:23que les rémunérations les plus faibles
16:26sont très faibles en France.
16:27Or, il faut bien une demande.
16:29Les deux tiers de la création et de l'achat
16:34dans notre pays se fait par des consommateurs.
16:37Donc, l'idée que je défends,
16:40c'est l'idée que la CSG,
16:43qui est le moyen le plus simple,
16:45soit progressive et non pas exacte pour tous.
16:49Le même taux.
16:50– Et moi, tout se fait, j'allais dire,
16:55à niveau de prélèvement,
16:56de prélèvement obligatoire,
16:58qui ne bouge pas, ça ne bouge pas.
17:00C'est juste la répartition, la modification, etc.
17:03C'est absurde.
17:04Deuxième sujet, on voit bien
17:05qu'on a aujourd'hui, pour les retraités aisés,
17:10ça ne veut rien dire, les retraités,
17:11les retraités aisés, dont je fais partie…
17:13– C'est quoi un retraité aisé ?
17:15C'est au-delà de 2 500 euros ?
17:16– C'est quelqu'un qui, à mettons, 5 000 euros,
17:18à partir de 5 000 euros.
17:19– Oui, il est très aisé.
17:19– Oui, il est aisé, il est aisé.
17:22Il est aisé, c'est absurde,
17:24qu'il ne paye pas la même CSG.
17:27On va avoir des coûts absolument géants
17:30sur la dépendance, etc.
17:32Il est normal qu'il y participe.
17:34Troisième aspect, après, on verra sur les recettes.
17:38Sur le capital, la flat tax, moi, je n'y touche pas.
17:41Donc, quand on dit le capital,
17:43ça ne veut pas dire grand-chose non plus.
17:44Il y a les impôts sur les entreprises,
17:46et puis, il y a les impôts sur les revenus du capital.
17:49– Il vous reste une seconde pour faire l'autre partie,
17:53Jean-Rapé Loredzi.
17:53– Oui, donc sur le capital.
17:55Le capital, c'est à la fois les revenus du capital,
17:58la flat tax est en réalité, je dirais,
18:01à un bon niveau, on peut l'augmenter d'un peu.
18:03– 35% quelque chose comme ça ?
18:05– Oui, 30% plus la CSG.
18:10– Et deuxième sujet, sur les impôts sur les entreprises,
18:15il est clair que les entreprises sont trop taxées,
18:18non pas pour l'IS, parce que c'est les ordres de vendeur
18:20qui comptent.
18:21L'impôt sur les sociétés, ce n'est pas grand-chose qui compte,
18:24c'est par exemple les impôts de production,
18:26tu l'as évoqué, 96 milliards d'euros,
18:28c'est clair qu'il faut le diminuer.
18:30Mais alors là aussi, il faut être un peu plus malin.
18:35– Je suis désolé, on n'a plus le temps.
18:39On reviendra évidemment sur ce sujet de la révolution fiscale.
18:43Tiens, je rappelle votre livre, Jean-Hervé Lorenzi,
18:45« Guerre et paix entre profit et salaire »,
18:48c'est chez Odile Jacob,
18:50vous êtes président des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
18:54Et merci également à Anne-Sophie Alsif,
18:55enseignante en économie à la Sorbonne,
18:57chef économiste de la Société d'études BDO France.
18:59Merci à vous, Emmanuel Cuny,
19:01restez avec nous sur France Info.
19:04– Sous-titrage Société Radio-Canada
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