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  • il y a 10 heures
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:01Générique
00:06...
00:06Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité à suivre à la radio, France Info, et
00:13sur le canal 16 de la TNT.
00:15Bonjour Renaud.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Deux questions ce matin.
00:18Loi sur l'aide à mourir, loi de liberté ou loi de dérive, et puis dissoudre les groupes politiques violents,
00:25solutions efficaces ou mesures inutiles.
00:28On décrypte ces deux sujets ce matin avec nos informés, Marie-Amélie Lombard, journaliste politique à l'Opinion.
00:33Bonjour Marie-Amélie.
00:34Bonjour.
00:35Et Étienne Girard, directeur adjoint de L'Express.
00:38Bonjour Étienne.
00:38Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:39On commence donc, Renaud, avec notre premier débat, loi sur la fin de vie, saut dans l'inconnu, loi de
00:46liberté, loi de dérive.
00:47Alors deux textes qui concernent la fin de vie, l'un consensuel sur l'extension, le renforcement des soins palliatifs,
00:52l'autre plus clivant sur le suicide assisté.
00:55L'Assemblée nationale doit donc se prononcer aujourd'hui en seconde lecture sur en particulier ce deuxième texte.
01:01Le processus législatif continuera, puisque le texte ensuite retournera au Sénat, qui avait rejeté le texte en première lecture.
01:08Ce texte donc autorise l'aide active à mourir ou suicide assisté de façon encadrée.
01:13Il y a une foultitude de conditions, notamment il faut être atteint d'une affection grave ou incurable,
01:20qui engage le pronostic vital en phase avancée ou terminale, et puis être apte à manifester sa volonté de façon
01:26libre et éclairée,
01:27et présenter enfin une douleur physique réfractaire au traitement ou insupportable.
01:33Mais un amendement a été ajouté en seconde lecture et voté par une majorité des députés,
01:38qui, alors que le suicide assisté était la règle et l'euthanasie l'exception, dans la version précédente du texte,
01:45désormais accorde la liberté aux patients de choisir entre le suicide assisté ou l'euthanasie.
01:51Cet amendement, finalement, pourrait peut-être provoquer le rejet de ce texte, on le verra aujourd'hui.
01:55En tout cas, est-ce que cet amendement déséquilibre le texte ?
01:59Voici, au contraire, ce qu'on disait ce matin Véronique Fournier,
02:02présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie.
02:05C'était sur France Info.
02:07Je pense que ça la rend plus humaine, plus facile à assumer.
02:11C'est-à-dire que la personne peut être effectivement complètement envahie par la difficulté de faire le geste elle
02:18-même.
02:19Elle peut être concentrée là-dessus, alors que ce qui est important à ce moment-là,
02:23c'est effectivement qu'elle soit apaisée et qu'elle puisse tranquillement dire au revoir
02:28et non pas être stressée par le fait d'avoir à faire elle-même le geste.
02:32Alors, cette liberté de choix entre suicide assisté ou euthanasie est-elle une façon de rendre la fin de vie
02:38plus humaine,
02:39comme le dit Véronique Fournier à l'instant, ou au contraire une ouverture dangereuse à des dérives potentielles ?
02:45Le gouvernement, qui s'était opposé à cet amendement, a demandé une seconde lecture de ce texte,
02:50justement de cet amendement précis, seconde lecture qui aura lieu avant le vote solennel du texte dans l'après-midi.
02:57Est-ce que le suicide assisté est suffisamment encadré aujourd'hui, Marie-Amélie ?
03:03Est-ce qu'il faut redouter des dérives ? Maude Bréjon, le porte-parole du gouvernement, tout à l'heure,
03:07disait
03:07« On va ouvrir la boîte de Pandore, je suis inquiète ».
03:09Oui, alors d'abord, juste peut-être un chiffre quand même pour fixer les choses.
03:13Un sondage IFOP tout récent, de fin janvier, disait que 84% des Français approuvent ce projet de loi.
03:20Parce que jusqu'à présent, on disait, les sondages, ça dépend comment la question est posée.
03:24Là, 84% des Français, ça montre quand même que le texte, en tout cas dans son principe, est largement
03:31approuvé.
03:31Sur la question, effectivement, de l'encadrement, là, l'histoire du libre choix entre suicide assisté,
03:38donc c'est la personne qui s'administre à la profession létale par l'aide d'un tiers, ou alors
03:47l'euthanasie,
03:48ça montre bien toutes les difficultés d'équilibre du texte.
03:52Où est le danger pour les partisans du texte ?
03:54C'est qu'avec le libre choix, en fait, la pratique montre dans les pays étrangers
03:59que la plupart des patients, des malades, choisissent d'avoir l'aide d'un médecin.
04:03Parce qu'au dernier moment, c'est compliqué.
04:06Et donc, on parle d'euthanasie.
04:07En cause, c'est le choix entre se faire soi-même la piqûre, c'est-à-dire, c'est du
04:11suicide assisté,
04:12ou être piqué par un médecin, et là, c'est l'euthanasie.
04:14Et vous dites, quand on a le choix, on choisit l'euthanasie en général.
04:17Oui, parce que, psychologiquement, il faut se mettre un peu dans la perspective de ce geste,
04:25c'est pas simple.
04:26Donc, ce que craint le gouvernement, en tout cas les partisans du texte,
04:30et c'est bien le blocage qu'on a vu à l'Assemblée,
04:32c'est que les médecins, parce que du coup, les médecins sont beaucoup plus en première ligne,
04:36sont beaucoup plus impliqués.
04:37Dans les exemples étrangers, la plupart, c'est jusqu'à 80% dans ces cas-là d'appel aux médecins
04:44qui est fait.
04:44Et du coup, on sait que les médecins, ils peuvent être réticents,
04:48donc ils n'ont pas forcément envie d'être autant impliqués, d'où le blocage actuel.
04:53Les médecins, ils auront le choix, théoriquement, Étienne Girard.
04:58Pourquoi ce texte est-il si clivant ?
05:03Même la porte-parole du gouvernement dit, je ne soutiens pas le texte soutenu par mon gouvernement.
05:08Objectivement, c'est un changement fort dans la législation
05:12de pouvoir donner à un tiers le pouvoir d'administrer la mort à quelqu'un.
05:19Donc je comprends que ce sujet et que ce projet de loi soit très sensible
05:24et parle à la conscience de chacun et de chacune.
05:27Il y a par ailleurs des philosophies, des cultures, des religions
05:31qui, traditionnellement, sont plutôt opposées à ce type de geste,
05:36à l'idée de choisir le moment de sa mort.
05:41Le christianisme est généralement opposé à ce type.
05:44Donc il y a un certain nombre de parlementaires à ce type de fin de vie.
05:48Il y a un certain nombre de parlementaires qui se réclament
05:50de cette religion catholique, chrétienne.
05:53Voilà, c'est tout simplement ça, c'est des vraies questions.
05:56Moi, il me semble que le projet de loi est quand même très bordé,
06:01bordé en termes de critères, de recours à cette aide active à mourir.
06:08On ne pourra pas l'utiliser dans n'importe quelle affection.
06:13Quand on a Alzheimer, on ne peut pas l'utiliser, par exemple,
06:15parce que le pronostic vital n'est pas engagé de manière avancée.
06:19On ne pourra pas l'utiliser, comme c'est le cas dans certains pays européens,
06:22en cas de dépression.
06:24Il y a des pays européens qui le permettent.
06:25Ce ne sera pas du tout le cas dans cette législation-là.
06:29Le sujet, me semble-t-il, de la personne qui, à la fin, va administrer la substance,
06:34n'est pas le sujet principal.
06:37Le sujet principal, c'est celui de la volonté de la personne.
06:41Si la volonté de la personne ne souffre d'aucune ambiguïté,
06:44il me semble que le fait que ce soit quelqu'un d'autre, à la fin,
06:47qui administre le produit, ne change pas la finalité et la philosophie de ce geste.
06:53Il y a des inquiétudes, Renaud, qui redoutent d'ouvrir la boîte de Pandore.
06:59Certains disent qu'on pourra se sentir un poids pour sa famille et ça fera accélérer la...
07:06Juste un tout petit point, parce que vous soulignez, effectivement,
07:09quand même cette...
07:10Sur la boîte de Bréjohn ?
07:11Oui, c'est quand même assez ubuesque.
07:12On entend la porte-parole du gouvernement expliquer qu'elle s'exprime à titre personnel
07:17contre un texte qui est soutenu par le gouvernement.
07:19Je ne parle pas du dernier amendement, puisque le gouvernement,
07:21qu'on évoquait à l'instant, s'y opposait cet amendement.
07:23Mais c'est une réforme du candidat Emmanuel Macron en 2022.
07:28C'était dans son programme.
07:29Il faut se souvenir que c'était déjà dans celui de François Hollande dix ans avant, en 2012.
07:32Enfin, Maude Bréjohn, en tout cas, soutenait.
07:34Elle soutient toujours Emmanuel Macron.
07:35Mais là, elle s'exprime à titre personnel.
07:36Elle dit que le Premier ministre nous a donné la liberté de s'exprimer à titre personnel.
07:38C'est en dit Lyon, je pense aussi, sur une espèce de dégradation de la crédibilité
07:42de la parole politique en règle générale et de l'esprit de responsabilité.
07:45Le porte-parole du gouvernement qui s'exprime à titre personnel contre un texte
07:49proposé par le Président de la République et défendu par le gouvernement.
07:51Moi, c'est à peu près la première fois que j'entends ça.
07:53Cette parenthèse étant refermée, il y a des craintes que vous évoquiez de dérives,
07:58notamment au regard de ce qui s'est produit dans un certain nombre de pays étrangers,
08:02c'est-à-dire qui ont légiféré bien avant nous.
08:03La France est en retard par rapport à beaucoup de nos voisins, la Belgique, la Suisse, les
08:07Pays-Bas, le Canada, etc.
08:08Mais il y a eu ensuite des aménagements législatifs qui ont davantage ouvert cette liberté
08:13en quelque sorte.
08:14Donc, certains appuient là-dessus pour s'opposer à cette réforme.
08:17D'autres s'en tiennent à des convictions spirituelles, religieuses qu'on connaît
08:20et qui font que de toute façon, quels que soient les aménagements, ils demeureront
08:24hostiles à l'idée d'accorder la liberté de mourir dans la dignité, comme le disent
08:29les partisans de cette réforme.
08:31Ce qui est intéressant, me semble-t-il, c'est que ce texte est quand même très encadré,
08:35comme le disait Étienne Gérard à l'instant.
08:37Il est même peut-être trop pour beaucoup.
08:39C'est-à-dire qu'il y a cinq conditions cumulatives, on ne va pas les répéter, mais
08:42notamment, Étienne Gérard le disait, les malades d'Alzheimer ne pourront pas s'appuyer
08:48sur ce texte pour choisir leur façon de partir, de mourir et le moment.
08:54Parce que tout simplement, il faut notamment être atteint d'une maladie incurable, avoir
08:59un pronostic vital engagé, ce qui n'est pas le cas avant de longues années, souvent
09:05quand on est atteint de la maladie d'Alzheimer, et puis être lucide jusqu'au bout pour pouvoir
09:08décider de ce choix. Et on le sait que les malades d'Alzheimer, lorsque leur pronostic
09:13vital est engagé, en règle générale, ils ne sont plus lucides. Donc de toute façon,
09:17il y a là une contradiction qui fait que ces malades-là ne peuvent pas être concernés.
09:20Vous vous souvenez de l'affaire Vincent Imbert, en 2003, qui était une des affaires en 2003.
09:24Le débat ne date pas d'hier. Ceux qui disent que le débat était bâclé, ça fait 25 ans
09:28que c'est le sujet, et dans le débat politique en général, il était dans le programme
09:32du candidat Hollande en 2012, d'Emmanuel Macron en 2022, une convention citoyenne a rendu
09:36un rapport il y a près de 3 ans. Donc ça fait 15 ans qu'on en parle.
09:39En 2003, Vincent Imbert, cette affaire avait évidemment défrayé la chronique. C'était
09:43ce jeune homme de 22 ans qui la suit d'un accident de la route, était tétraplégique,
09:49totalement muet, quasiment aveugle, et qui avait sollicité Jacques Chirac, qui lui avait
09:53demandé à Jacques Chirac le droit de pouvoir mourir. Et Jacques Chirac lui avait dit
09:58« Je ne suis pas en mesure de vous accorder ce que vous m'avez demandé ». Finalement,
10:02la mère de Vincent Imbert lui avait administré des barbituriques. Ensuite, le médecin animateur
10:07avait débranché quelques jours après l'assistance respiratoire de Vincent Imbert. Les deux
10:11avaient été poursuivis et avaient finalement obtenu un non-lieu, trois ans plus tard.
10:15Le cas de Vincent Imbert n'entrerait pas dans cette législation, puisque le pronostic
10:20vital de Vincent Imbert, à l'époque, n'était pas engagé à court ou moyen terme. Il pouvait
10:25encore vivre pendant des décennies dans cet état qu'il ne supportait plus. Donc on voit
10:29aussi que le texte est extrêmement encadré, et peut-être même trop, en tout cas, pour
10:33certains des partisans de cette nouvelle législation.
10:36– Oui, mais il y a aussi des euphémismes, non ? Maudrejon s'est interrogé sur le choix
10:40des mots, parler d'aide à mourir. Pourquoi on ne dit pas clairement qu'on autorise
10:43l'euthanasie ?
10:44– C'est effectivement, dès le début, le choix a été fait de parler d'aide à mourir,
10:49qui est d'ailleurs le terme employé aussi à l'étranger. Maintenant, c'est vrai
10:54que factuellement, c'est une euthanasie ou un suicide assisté. Je voudrais juste revenir
10:58avec un petit point sur le cas, oui, et sur les garde-fous. Alors certes, dans le texte
11:03actuel, il y a un certain nombre de… c'est encadré. Maintenant, l'expérience, et c'est
11:08ça, encore une fois, que les opposants mettent en avant, c'est que depuis une vingtaine
11:12d'années, comme le disait Renaud, en Belgique, aux Pays-Bas, au Québec, on a le recul, et
11:18la tendance générale, ça c'est un constat, c'est quand même d'ouvrir les critères
11:23aux enfants, aux personnes atteintes d'un handicap mental. Il y a même, alors ça c'est
11:30souligné de façon… au Québec, la possibilité d'y avoir recours après 74 ans, quand on a
11:37eu une vie accomplie. Bon, c'est typiquement le genre de points qui hérissent les opposants
11:43et qui disent, ça y est, après tout ce que vous… ça sera un peu… c'est le syndrome
11:48un peu du Pax. Le Pax, encore une fois, la comparaison n'est pas raison, mais le Pax,
11:53ensuite le mariage pour tous, ensuite la PMA, c'est ça ce que les opposants mettent
11:58en avant, encore une fois, c'est le côté poids de Pandore.
12:00On va aller les mots plus loin.
12:02Quel est l'état de l'opinion, Étienne Gérard ? Parce que tout à l'heure, on le disait,
12:07c'est une loi qui est clivante, mais on a aussi des Français qui se sont positionnés
12:10assez clairement, non ?
12:12Oui, enfin, les sondages, Marie-Amélie le redisait, sont aujourd'hui beaucoup assez
12:18favorables à ce projet de loi, à l'esprit de ce projet de loi. Il y a une minorité agissante
12:25très importante au nom de convictions spirituelles, religieuses, qui s'y opposent de manière
12:32très vive, mais en termes quantitatifs, la loi fait non pas consensus, et elle ne fera
12:38jamais consensus, mais disons que son principe a un grand insentiment de la part de l'opinion.
12:45Très vite, Renaud ?
12:46Juste un mot sur une dimension philosophique de ce débat, qui est porté notamment par
12:50le philosophe André Contes-Ponville, qui est très partisan, lui, de l'euthanasie.
12:54Vous avez raison, le choix des mots est toujours très politique. D'ailleurs, on parlait
12:57de mariage pour tous au moment de la réforme en question. C'était aussi un choix politique
13:01plutôt que de parler de mariage homosexuel. C'était la même chose, bien entendu.
13:05L'euthanasie, André Contes-Ponville souligne qu'il y a ce débat, qui est dans le débat
13:10sociétal de très longue date, et il consiste à quoi ? Il consiste, en tout cas pour ses
13:15partisans de cette législation, à accorder le droit à disposer de son corps jusqu'au
13:20bout, en quelque sorte de choisir sa mort. Or, ce principe-là, qui est un principe indépassable
13:25de la condition humaine, c'est fort heureusement celui qui a conduit à la légalisation de l'IVG
13:29il y a déjà longtemps. C'est-à-dire que c'est au nom du droit des femmes, et ce
13:32droit
13:32est indiscutable et indépassable, de disposer
13:35de leur corps que finalement la légalisation de l'IVG
13:38a été adoptée. Et André Contes-Ponville
13:41soulignait qu'en quelque sorte, c'était ses propos, les femmes se sont peut-être
13:44mieux battues que les vieux, je cite André Contes-Ponville,
13:47puisque pour l'instant, cette liberté-là ne l'a pas encore
13:49été accordée, selon sa vision et son analyse à lui.
13:53Dans un instant, on se demande si le gouvernement
13:55est suffisamment armé pour lutter contre les groupes d'action violente.
14:00Mais tout de suite, c'est l'info en une minute, il est 9h20, et c'est Sarah Ders.
14:05Qui pour remplacer Laurence Descartes ?
14:07Emmanuel Macron prévoit de nommer Christophe Leribaud à la tête du Louvre.
14:11Annick Lemoyne nommé au musée d'Orsay, ce sera acté en conseil des ministres.
14:15Plus de vigilance rouge dans l'ouest de la France, le niveau des rivières
14:19et des fleuves continue de baisser doucement.
14:21Près de 300 communes reconnues en état de catastrophe naturelle.
14:25Le ministère de la Santé va devoir rendre des comptes devant le Conseil d'État
14:29sur sa gestion du scandale du lait infantile contaminé.
14:33Une association accuse l'État de minimiser les risques
14:36et d'entraver la constitution de preuves.
14:38Quatre enquêtes pénales en cours après la mort de nourrissons.
14:42Ashraf Hakimi sera jugée devant la cour criminelle pour viol.
14:45Le joueur marocain du PSG a été mis en examen en 2023.
14:49Une femme l'accuse de l'avoir violée, lui assure l'avoir seulement embrassée.
14:54Le PSG qui joue ce soir barrage retour face à Monaco
14:57pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions.
15:00Match à 21h.
15:07Les informés avec Marie-Amélie Lombard, journaliste politique à l'Opinion,
15:16Étienne Gérard, directeur adjoint de L'Express.
15:18Renaud, on passe à notre deuxième question.
15:21Dissoudre les groupes politiques violents, est-ce que c'est vraiment efficace ?
15:25C'est en tout cas au menu d'une nouvelle réunion qui s'est tenue hier à l'Elysée
15:27après la mort du militant identitaire Quentin Deranck.
15:30Une nouvelle réunion consacrée au groupe politique violent.
15:33Réunion à l'issue de laquelle le ministère d'Intérieur a fait savoir
15:35qu'il envisageait de lancer la procédure dissolution de quatre nouveaux groupes.
15:39Trois classés à l'ultra droite, un classé à l'ultra gauche.
15:42Le gouvernement saisit le ministère d'Intérieur, par ailleurs la justice,
15:46sur une possible reconstitution de l'Ide 10 août à propos de la jeune garde,
15:49dont des membres sont impliqués dans la mort de Quentin Deranck.
15:53Alors à quoi ça sert de dissoudre ces groupuscules politiques ?
15:56La réponse de la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon,
16:00qui cette fois-ci s'exprimait au nom du gouvernement,
16:01c'était il y a quelques minutes sur ce plateau.
16:03Quand vous procédez à la dissolution, vous ne procédez pas à la dissolution des idées,
16:07et encore moins, excusez-moi de le dire comme ça, des individus.
16:10Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que dès lors qu'il y a une dissolution,
16:14il y a un travail méticuleux des renseignements territoriaux derrière,
16:18il y a des groupes affiliés qui peuvent se reconstituer,
16:20et lorsque c'est le cas, on les surveille,
16:23on procède à l'établissement d'un dossier de dissolution.
16:26Alors 24 dissolutions de groupes ont été effectuées depuis 2017,
16:30depuis que Macron est à l'Elysée, de groupes politiques, j'entends,
16:3419 classés à l'ultra-droite, 5 à l'ultra-gauche,
16:36sauf que nombre de ces groupes ressurgissent ensuite sous de nouveaux noms,
16:39de nouvelles appellations, parfois avec les mêmes leaders, les mêmes méthodes.
16:41Donc finalement, à quoi ça sert ?
16:43Juste à un travail de surveillance, comme le disait Maude Bréjon,
16:45ou est-ce que ça a une efficacité réelle ?
16:47À quoi ça sert, Étienne Gérard ?
16:50On ne compte plus le nombre de groupes qui sont en fait des reconstitutions
16:54sous un autre nom de groupes dissous il y a des années.
16:57Tout à fait.
16:59Ça sert à poursuivre dans un second temps,
17:01à poursuivre pénalement,
17:02et à arrêter ses membres dans un second temps.
17:05Ces gens font partie d'un groupe,
17:07vous ne pouvez pas les arrêter pour la simple participation à ce groupe,
17:12à moins qu'ils commettent des délits de manière très claire
17:15lors d'une manifestation, par exemple.
17:17Une fois que le groupe est dissous,
17:19en revanche, il existe ce délit spécifique,
17:21Renaud l'a rappelé, de reconstitution de ligues dissoutes,
17:24c'est-à-dire que, ne serait-ce que le fait que ces personnes-là
17:28se reconstituent de la même façon,
17:30selon les mêmes mots d'ordre,
17:32devient cette fois un délit.
17:34Et vous pouvez les poursuivre pénalement.
17:36Pour reprendre l'idée qui était celle de Maude Bréjon,
17:39évidemment on ne dissout pas une idéologie,
17:41mais en revanche, on peut poursuivre les gens
17:44qui professent l'action violente et qui exercent l'action violente,
17:48ça sert tout simplement à ça.
17:50Maintenant, le travail le plus important,
17:52effectivement, celui des services de renseignement,
17:55et là, à mon avis, il y a eu un raté.
17:57Le soir de la mort de Quentin de Ranque,
18:01la police, le renseignement territorial,
18:03c'est souvent eux, ce service du ministère de l'Intérieur,
18:07qui est chargé du suivi de ce type de groupe avec la DGSI,
18:12n'a pas, à mon sens, été assez présent sur un terrain
18:17qui était un terrain d'un affrontement potentiel
18:21entre deux groupes dont on le sait qu'ils se détestent
18:24et qu'ils se sont déjà affrontés sur le terrain.
18:26Quand on sait qu'il va y avoir de l'ultra-gauche
18:28et de l'ultra-droite à un endroit,
18:30et c'est normalement le travail du renseignement territorial,
18:33il serait bon de mettre de la police
18:35de manière à pouvoir arrêter des débordements
18:38et des lynchages s'il y en a.
18:39Là, il y a peut-être un mur raté, oui.
18:41Marie-Amélie Lombard, le gouvernement annonce
18:43de nouvelles dissolutions.
18:45Dans le cas du meurtre de Quentin de Ranque,
18:48parmi les mises en examen,
18:49la plupart ont été membres de la jeune garde,
18:52le groupe antifasciste,
18:54alors qu'il a été dissous en juin 2025.
18:56C'est bien la preuve que les dissolutions
18:58ne servent pas à grand-chose
18:59en termes de sécuritaire.
19:02Maintenant, c'est un peu comme...
19:04Moi, je prendrais la métaphore des points de deal.
19:09Vous arrivez à arrêter l'activité d'un point de deal,
19:13il se reconstitue ailleurs.
19:15Les policiers, ils disent quoi ?
19:17Ils étaient assez francs, là,
19:19depuis ces derniers jours, en disant
19:20nous, évidemment, quand la loi s'applique
19:22et quand on estime qu'il faut dissoudre,
19:24on n'est pas contre.
19:25Mais nous, l'essence même de notre travail,
19:30c'est de surveiller ces mouvements
19:31et quand on dissout, on perd un peu le fil,
19:34exactement comme dans un point de deal,
19:36vous perdez qui est chauffeur, qui est rabatteur.
19:40Donc, voilà, ils sont assez clairs sur le fait
19:42que, oui, ce n'est pas pour eux une facilité.
19:45Maintenant, la loi s'applique,
19:47c'est assez normal.
19:48Et je suis d'accord avec Étienne sur le côté,
19:53oui, il y a eu à rater sans doute,
19:55parce qu'on savait qu'il y allait avoir...
19:56Enfin, c'était assez prévisible, ces affrontements,
19:58le jour de la mort de Quentin de Ranque.
20:00Maintenant, je trouve aussi que, finalement,
20:03les interpellations, c'était quoi ?
20:05Cinq jours plus tard, montrent que les renseignements
20:08savent qui sont les gens,
20:10savent où aller les chercher,
20:12savent leur cache potentiel.
20:13On a vu quand même que les choses allaient assez vite
20:15d'un point de vue judiciaire.
20:17Marie-Amélie Lombard pointe le fait que
20:18les renseignements peuvent ne pas avoir totalement
20:20les mêmes intérêts que le gouvernement
20:21sur ce sujet de la dissolution.
20:23Par exemple, c'est intéressant aussi ce qui s'est produit
20:25à l'occasion de la manifestation en hommage
20:28à Quentin de Ranque, qui a eu lieu samedi à Lyon.
20:31Certains réclamaient, avec des arguments parfaitement audibles,
20:34l'interdiction de cette manifestation,
20:35mais d'autres, y compris pour des raisons de renseignements,
20:37justement, de cas de renseignements,
20:38souhaitaient qu'elle ait lieu.
20:40Parce que, dès lors qu'elle était encadrée,
20:42qu'il n'y ait pas de violence,
20:43même s'il y a eu des débordements qui donnent lieu
20:45à d'autres procédures judiciaires,
20:46des saluts néonazis ou des slogans racistes.
20:48Parce que les renseignements surveillent ces manifestations
20:50et mettent à jour leur fiche.
20:52Et en l'occurrence, il y avait, passez-moi l'expression,
20:54entre guillemets, du beau monde.
20:55C'est-à-dire qu'on a vu ressurgir des personnalités
20:57engagées dans de multiples groupuscules d'extrême droite,
21:01parfois depuis de longues années,
21:03d'Yvan Benedetti, l'ancien leader du groupe fasciste,
21:07antisémite et pétainiste,
21:08l'œuvre française d'Issou en 2013,
21:10jusqu'à Alexandre Gabriac.
21:12Des interviews qui sont passées, d'ailleurs,
21:13par le Rassemblement ancien,
21:14et d'autres, d'ailleurs, dont un assistant parlementaire,
21:16Vincent Claudin, qui vient, lui,
21:18d'un groupuscule néonazi lyonnais,
21:20et qui vient juste d'être écartée par sa députée
21:22du Rassemblement national la nuit dernière,
21:24parce qu'elle a découvert, donc, dans la presse,
21:26que son assistant parlementaire avait ses fréquentations,
21:29visiblement qu'il ne fallait pas mettre en avant.
21:31Bref, c'est utile aussi, justement,
21:33de pouvoir surveiller, ficher ces individus.
21:35Le problème, c'est que souvent,
21:36et on le voit avec le soutien, en tout cas,
21:39revendiqué, de Jean-Luc Mélenchon à la Jeune Garde,
21:41d'une part,
21:42et puis avec les passerelles, on va dire,
21:44entre ces groupuscules d'ultra-droite
21:46et le Rassemblement national,
21:47qui se manifestent à travers de nombreux individus,
21:49c'est que souvent, ces groupuscules
21:51bénéficient d'une forme d'indulgence coupable,
21:54voire de complicité,
21:55des partis légalistes, eux,
21:57c'est-à-dire des partis d'extrême droite
21:58ou d'extrême gauche,
21:59et que dès lors qu'ils savent
22:01qu'ils ont ces « avocats politiques »,
22:03ça peut aussi laisser un certain nombre d'individus
22:06continuer de sévir.
22:07Merci beaucoup les informés,
22:09merci de nous avoir éclairés,
22:11Marie-Amélie Lombard, journaliste à l'Opinion,
22:13Étienne Girard, directeur adjoint de L'Express,
22:15à la une de votre beau journal.
22:17LFI Danger Public,
22:19en kiosque jusqu'à demain,
22:21courez l'acheter.
22:21Dans les meilleurs kiosques,
22:22merci Renaud.
22:23Merci Agathe.
22:24À demain,
22:24et les informés reviennent ce soir à 20h.
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