- il y a 13 heures
Jeudi 2 avril 2026, retrouvez Fabien Bourguignon (Head of dedicated Multi-Asset Solutions, CPR AM), Bertrand Puiffe (Gérant actions internationales, Fidelity) et François Chaulet (Président, Montségur Finance) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:02Générique
00:10Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Florian Roger est à nos côtés, le responsable de la stratégie d'investissement de BNP Paris-Bassi Aïbi.
00:18Bonsoir Florian.
00:18Bonsoir Grégoire, bonsoir à tous.
00:20Fabien Bourguignon nous accompagne, le responsable des solutions dédiées multi-actifs chez CPR Asset Management.
00:25Bonsoir et bienvenue Fabien.
00:27Bonjour, bonjour.
00:28Ravi de vous accueillir, ravi de retrouver également Bertrand Puif à nos côtés.
00:31Bonsoir Bertrand.
00:32Bonsoir.
00:32Vous êtes gérant Action Internationale chez Fidelity.
00:35Bertrand, peut-être parlons du pétrole et des messages que nous renvoient les marchés pétroliers aujourd'hui,
00:41que ce soit les prix spot comme on dit, mais également toute la courbe des futurs qu'on peut observer.
00:47On a ce phénomène dit de backwardation, c'est-à-dire qu'on a une courbe très pentue
00:53avec une prime très forte pour les prix de court terme par rapport aux prix de moyen ou long terme.
01:00Autrement dit, on est prêt à tout pour se payer du pétrole tout de suite et maintenant,
01:05plutôt que d'attendre des livraisons à quelques mois.
01:08L'écart est parfois important.
01:10On a un Brent autour de 110 dollars aujourd'hui pour le contrat.
01:13Je crois que le contrat de référence et livraison joint maintenant.
01:16Le contrat de décembre sur le Brent se traite autour de 80 dollars le baril.
01:22Et donc on voit quand même cette tension sur le très court terme.
01:25Qu'est-ce que ça nous dit ? Qu'est-ce que cette situation nous dit ?
01:28Est-ce qu'on est toujours simplement dans un problème de prix ?
01:31Ou est-ce qu'il faut s'attendre à des problèmes sur les quantités, sur les volumes
01:34et sur la disponibilité de ce pétrole et de ses dérivés ?
01:39Sur le fait que la courbe est en situation de backwardation, c'est quelque chose qui n'est pas nouveau.
01:43Ça fait une dizaine d'années que le pétrole est en backwardation.
01:45Ce qui n'est pas forcément sur le très long terme.
01:48Effectivement, on est plutôt en contango.
01:49C'est le contraire.
01:50C'est-à-dire qu'effectivement, le prix du pétrole est plus élevé sur le long terme qu'à court
01:55terme.
01:56Alors pourquoi ?
01:57Jusqu'à présent, c'était parce que le marché jouait l'après-pétrole en se disant
02:01on va en consommer de moins en moins.
02:03Ce qui était un prisme très européen puisque la consommation de pétrole continue tous les ans de croître.
02:07Il n'y a pas eu une année où elle a décru.
02:10Parce que les pays émergents, parce que les Etats-Unis, etc., consomment beaucoup de pétrole.
02:15Donc là, pour le coup, ce qui est intéressant de voir, c'est effectivement les niveaux qui sont anticipés dans
02:19cette backwardation.
02:20Le 80 dollars qui est à comparer à ce qu'on était à 50 dollars avant la crise.
02:25C'est-à-dire que le marché avait peur, notamment, et cette backwardation s'était à accentuer parce qu'à
02:31l'époque,
02:32on avait peur qu'il y ait trop, effectivement, de stock de pétrole.
02:35Et donc, ce qui se passe, c'est qu'effectivement, la crise actuelle est en train de résoudre ce problème
02:39de stock, entre guillemets.
02:39Alors, il y a un certain nombre des stocks qui sont bloqués, qui ne peuvent pas sortir et qui sortiront
02:43à un moment donné quand le Détroit sera réouvert.
02:46Ça, ça permettra de donner un peu d'air au marché du pétrole.
02:48Il faut l'avoir en tête.
02:49C'est-à-dire que les capacités de stockage, elles sont quand même très importantes.
02:51Et elles sont saturées, que ce soit en Arabie Saoudite, au Qatar, etc.
02:55Et donc, dès qu'effectivement, ça se réouvre, parce qu'il y a beaucoup qui disent, oui, mais on va
02:59mettre du temps pour réactiver les champs de pétroliers,
03:01ce qui est vrai, les champs gaziers.
03:02Mais en même temps, il y a beaucoup de stocks qui vont arriver à court terme.
03:05Donc ça, c'est plutôt positif.
03:06Mais le marché aujourd'hui, à 80 dollars, nous dit, là où on avait un problème de stock, on a
03:12un problème justement de rareté, à 80 dollars.
03:16Mais ce 80 dollars, de notre point de vue, il incorpore quand même déjà une prime géopolitique.
03:20Nous, on voit quand même un prix du pétrole plutôt se stabiliser.
03:22Si on n'avait pas ce choc géopolitique, on n'était jamais à 50, on était plutôt à 70, 65,
03:2770.
03:28Et c'est vrai que le 80, en fin d'année, est quand même assez pessimiste.
03:32C'est-à-dire qu'on ne sera pas revenu à la normale.
03:35Ça anticipe quand même que le Détroit soit réouvert, mais qu'on ne soit pas revenu à la normale.
03:39Après, c'est vrai que les grands discours qui ont eu lieu sur « on va mettre sur le marché
03:44les stocks de pétrole, les stocks stratégiques »,
03:46les 400 millions de barils, et notamment les États-Unis, dans ces 400 millions, avaient un engagement à sortir 173
03:54millions,
03:55sachant qu'ils ne sont qu'à 380 aujourd'hui, leurs propres réserves.
03:59Donc, c'est la moitié de leurs réserves qui auraient été sorties.
04:01Ils n'ont jamais reconstitué leurs stocks après les avoir écoulés en grande partie sur l'Ukraine.
04:06Ils ont un stock qui peut aller jusqu'à 900 millions de barils.
04:08Donc ça, pour nous, de toute façon, c'était que des mots.
04:11Jamais les États-Unis ne sortiront la moitié de leurs stocks stratégiques pour tomber au plus bas historique.
04:17Jamais. Ça n'arrivera pas.
04:18Et je pense que le marché l'a bien compris.
04:21C'est pour ça que le prix du pétrole a continué à monter.
04:23Ça n'a rien fait.
04:25Et donc, c'est vrai qu'à court terme, il y a des tensions, notamment sur le diesel.
04:31Aujourd'hui, la tension n'est pas vraiment, en termes de volume, sur le brut.
04:34Le baril de diesel est à 200 dollars.
04:36Voilà. Le baril, parce qu'il y a un problème de raffinage.
04:37L'essentiel du raffinage du diesel est fait à deux endroits.
04:41C'est dans le Golfe et en Russie.
04:42Donc, en Russie, on a bloqué, notamment, et un des gros consommateurs, c'est l'Europe, et l'Asie.
04:48C'est vrai.
04:49Jusqu'à présent, la Russie ne pouvait plus, alors on ne peut toujours pas nous envoyer du diesel en Europe.
04:53Peu, on envoyait à nouveau un peu, alors ils peuvent envoyer du brut, il n'y a pas de problème.
04:58Le diesel, ça commence un peu à réouvrir les vannes pour aller vers l'Asie.
05:02Mais ça reste encore, quand même, très bloqué.
05:04Et donc, c'est vrai que, voilà, sur des choses comme ça, comme le diesel, on a des prix qui
05:09restent de rester à un niveau élevé.
05:11D'accord.
05:11Mais vous dites, dans les scénarios dans lesquels on navigue aujourd'hui, 80 dollars pour le prix du baril à
05:18décembre 2026,
05:21vous dites, ça intègre quand même déjà un certain nombre de perturbations qui vont au-delà de ces deux, trois
05:27semaines supplémentaires de combat.
05:29Il y a déjà, dans ce scénario de marché, quelque chose d'assez adverse.
05:33Il y a 10-15 dollars de primes géopolitiques.
05:34Est-ce que c'est suffisant ou pas, effectivement, c'est la question.
05:37Voilà, nous, on pense que les choses vont se normaliser et en particulier...
05:41Le choc est encore réversible.
05:42En tout cas, dans un temps donné acceptable.
05:44Encore une fois, c'est ce qui est important, effectivement, qui sont disponibles.
05:48Et les infrastructures n'ont été que marginalement détruites.
05:52Donc, à partir de là, on peut penser...
05:54Alors, certains développements, effectivement, qui étaient planifiés, notamment au Qatar, vont prendre un peu plus de temps,
05:59notamment sur le gaz, mais ce n'est pas vraiment un problème parce que le gaz est en telle surcapacité
06:03au niveau mondial.
06:04Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, on ne le voit pas.
06:04On a vu les prix du gaz qui ont explosé parce qu'on ne peut plus le sortir.
06:07Mais quand on regarde, basiquement, les projets qui vont arriver en production dans les années à venir,
06:15voilà, c'est pour ça que les prix du gaz étaient dans la crise très très bas, parce qu'il
06:17y avait beaucoup de volume qui arrivent.
06:19Donc, ça, ce n'est pas grave si des projets sont un petit peu décalés.
06:23Bon, tout peut se régler si d'ici, effectivement, 15 jours à 3 semaines, ce scénario vaut maintenant,
06:28les choses reviennent à la normale.
06:30Fabien, si le pétrole, bien sûr, et le détroit d'Hormuz sont les centres de gravité de cette crise,
06:36quels sont les messages renvoyés par le marché ?
06:38Et encore une fois, d'un problème de prix, est-ce qu'on peut se retrouver avec un problème de
06:43quantité et de volume ?
06:45Moi, ce que j'ai envie de regarder, c'est finalement où va ce pétrole, est-ce qu'il va
06:49en Europe, est-ce qu'il va en Asie ?
06:50En fait, il va exclusivement en Asie et beaucoup moins en Europe.
06:54Et puis, le temps de trajet pour aller en Asie.
06:57Et en fait, pour aller en Asie, si on est en Corée du Sud, c'est à peu près une
07:00petite vingtaine de jours,
07:01après, en fonction d'un certain nombre de paramètres.
07:03En Europe, c'est plutôt un mois.
07:05Et donc, 20 jours, ça y est, on y est.
07:07Donc, on commence à voir, effectivement, des bateaux qui n'arrivent plus.
07:10Et on est au début de cette période-là.
07:12Et donc, pour les pays qui n'ont pas de réserve pétrolière massive,
07:16comme le Japon ou la Chine, par exemple, ça commence à être un vrai sujet.
07:19Et on commence à lire, alors, dans des pays, effectivement, pauvres,
07:22type Bangladesh, mais aussi Thaïlande, Vietnam,
07:26des mesures qui commencent dès à présent,
07:28et même de rationnement qui ont été mises en place.
07:31Parce que là, on a un vrai sujet, effectivement, de quantité et pas uniquement de prix.
07:35Et ensuite, sur le marché mondial, on va avoir une vraie concurrence
07:37entre, effectivement, des pays et des activités à faible valeur ajoutée
07:41qui n'ont pas les moyens de se payer un pétrole à prix élevé
07:43et des pays et des activités à forte valeur ajoutée
07:47qui auront les moyens de se payer ce pétrole.
07:49Donc, effectivement, il va y avoir des sujets quantité, je dirais,
07:52via le prix également pour ces pays ou ces activités.
07:55Donc, on arrive là dans une période critique, effectivement,
07:58pour comprendre comment le détroit d'Hormuz pourrait redevenir praticable.
08:02Une grosse visioconférence aujourd'hui,
08:05emmenée par le Royaume-Uni avec une trentaine de pays
08:07pour essayer de mettre sur place une solution.
08:10Les dernières infos de presse qui nous disent que
08:13Téhéran, Omane sont en train de discuter d'un protocole.
08:16Parce que l'heure de vérité, ou le vrai point de douleur,
08:19il commence à partir de maintenant, d'une certaine manière.
08:22Pour moi, oui, puisque c'est maintenant qu'en Europe,
08:24on ne voit plus les bateaux arriver également.
08:26En tout cas, on va rentrer dans cette période-là.
08:28Donc, pour moi, oui, le point de douleur va commencer à apparaître.
08:32D'où, d'ailleurs, la mise en place de cette réunion.
08:37Après, dans les points rassurants que j'ai envie de partager,
08:40c'est le côté où on a beaucoup parlé des mines.
08:43Finalement, il semblerait que le détroit ne soit pas si miné que ça.
08:45Donc, ça, c'est quand même une chose importante.
08:47On a eu très peur, quand même, à un moment donné.
08:50Également, vous en avez parlé, la destruction des infrastructures.
08:53Finalement, il y a eu un accident sur le gaz au Qatar.
08:56Mais hormis ça, le reste est très marginal et plutôt du débris qui tombe
09:01que d'une vraie attaque ciblée.
09:04Donc, si demain, les choses s'apaisent, on peut redémarrer la production assez facilement ?
09:08Alors, ça, il y a un deuxième sujet.
09:09Effectivement, la question qu'on peut se poser, c'est de se dire,
09:11voilà, on coupe un puits de pétrole, combien de temps on met pour le redémarrer ?
09:14Donc, ça, normalement, c'est quelque chose qui est habituel,
09:17tout simplement, par rapport à de la maintenance.
09:19Et un puits de pétrole, ça se redémarre.
09:20Alors, après, ça dépend aussi du type de puits, du type de forage.
09:22Mais assez rapidement, quand le temps est court.
09:25Donc, en moins de six mois, normalement, si ça a été fermé moins de six mois,
09:28il n'y a pas de sujet.
09:29Après, quand la durée augmente, il y a des sujets de mise en place du redémarrage
09:34et potentiellement, si ça dure, aussi en fonction des champs pétroliers,
09:37de perte potentielle à terme.
09:38Donc, ça, ça peut être un sujet qui va dans les prix de long terme.
09:41C'est quelle est la perte potentielle sur le long terme de la capacité de production des puits ?
09:46Je pense que, pour le coup, on n'en est vraiment pas là.
09:48Et après, si on pense aussi des problématiques de long terme,
09:52c'est la reconstitution des réserves, si, effectivement, on pioche dans ces réserves-là.
09:56La surcapacité pétrolière, finalement, était assez limitée.
10:00Il y avait un excédent, mais assez limité.
10:02Si on commence à piocher de manière assez vigoureuse dans des excédents,
10:05puisqu'on parle d'un trou de 15 millions,
10:08derrière, reconstituer en réaugmentant doucement la production de pétrole
10:13et combler à nouveau les réserves,
10:15en fait, ça déséquilibre le marché du pétrole.
10:17Ça le met en tension pour une durée, finalement, assez longue.
10:19Et puis, on voudra peut-être en stocker un peu plus qu'auparavant.
10:23En tout cas, il y aura peut-être une volonté d'avoir un niveau de stock stratégique
10:28un peu plus important que dans le passé.
10:30Et sur la vérité des prix du marché,
10:3380 dollars pour le baril de Brent, livraison décembre 26,
10:37ça vous paraît que c'est la vérité du marché,
10:39mais vous êtes à l'aise avec ce prix-là ?
10:42Je suis difficilement à l'aise parce que le marché est très, très volatile,
10:46effectivement moins sur les échanges court-terme,
10:48mais c'est tellement binaire.
10:49Il suffit qu'il y ait effectivement de la destruction de capacités.
10:53Là, il y a un vrai sujet, le prix s'envole tout de suite.
10:55Donc, moi, je partage assez l'avis.
10:57Il y en a déjà un certain niveau de prime de risque dans ces 80 dollars,
11:00mais finalement, prime de risque qui reste assez faible
11:03si on a un vrai sujet de déficit de production de pétrole,
11:06parce que les ajustements au reste du monde en capacité de production,
11:09c'est quand même extrêmement limité.
11:10C'est ça, c'est le point de non-linéarité qu'on a dans le scénario.
11:14Je pense qu'on a un point de non-linéarité tout à l'heure.
11:17Florian, vos commentaires, et puis un peu plus globalement,
11:21Donald Trump confirme toujours que c'est deux à trois semaines encore supplémentaires.
11:25C'est un moment qui nous dit ça.
11:27J'imagine qu'on n'est déjà plus...
11:29On oublie les anticipations macro de début d'année, j'imagine,
11:33mais dans quel type de scénario on est, là,
11:35dans un scénario de plus en plus adverse, j'imagine ?
11:38Oui, il y a effectivement différents éléments.
11:41Donc, D3D, on sait, c'est 15 millions de barils le jour.
11:43Donc, une semaine de fermeture, ça fait 100 millions de barils en mois.
11:46Donc là, on est en gros à 300 millions de barils en mois.
11:50Hier, on a eu l'annonce, trois semaines potentiellement supplémentaires,
11:54ça fait 300 millions, donc on est à 600 millions.
11:56Donc, les 400 millions, par exemple, qu'on avait mis,
11:58enfin, de réserves stratégiques qu'on avait mis sur le papier,
12:01décidées en commun de mettre sur le marché,
12:02c'est déjà absorbé, quoi.
12:03Oui, plus la réouverture D3D, ça permet de faire passer des bateaux,
12:07mais potentiellement, la normalisation,
12:09nos analystes nous disent que c'est 6 à 8 semaines.
12:11Donc, c'est 400 millions de barils perdus.
12:14Donc, on est sur le milliard de barils perdus.
12:16Donc, en fait, aujourd'hui, si on essaye de mettre un peu un échéancier,
12:19il reste en gros 70 jours de stock
12:22avant d'avoir vraiment, disons, de la destruction de demande.
12:26Donc, trois semaines plus cinq semaines.
12:29Donc, en fait, là, quand on dit trois semaines supplémentaires de conflits,
12:32effectivement, on arrive à un moment où on se dit que c'est plus tendu.
12:35En termes de conséquences macroéconomiques,
12:37tout le monde travaille en gros sur les mêmes églises,
12:38c'est-à-dire 10% d'augmentation des prix du pétrole,
12:41c'est 0,1, 0,2 de croissance en moins.
12:43Donc, on avait vu la Fed, la BCE,
12:45allez, ça fait 0,3, 0,5.
12:46Mais le problème en macro, c'est qu'à un moment, c'est non linéaire.
12:50C'est-à-dire que si les gens anticipent un choc de demande,
12:53là, on va avoir le marché du crédit qui se fige
12:55et on retrouve ce qu'on appelle des effets d'accélérateur financier,
12:58c'est-à-dire un développement non linéaire.
13:01Et là, on n'est plus simplement sur un choc pétrole,
13:03on est sur un choc financier.
13:05Et donc, si on passe les trois semaines-là
13:07et qu'on se rapproche de l'échéancier sur les cinq semaines suivantes,
13:11ça va stresser.
13:12Donc, si ça reste fermé comme ça pendant un mois,
13:14on risque de basculer sur un scénario beaucoup plus sévère
13:17avec ces effets d'accélérateur financier.
13:20Je redonne le scénario.
13:21Alors, la BCE a fait quand même un très beau travail pédagogique
13:24en publiant effectivement un scénario central
13:26et deux scénarios alternatifs.
13:28Un scénario adverse et un scénario sévère pour la zone euro.
13:32Le scénario adverse, c'est une baisse de PIB
13:35au deuxième trimestre de l'ordre de 0,1 point.
13:38On serait à 0 sur le troisième trimestre
13:40et on reprendrait un chemin de croissance plus naturel au quatrième trimestre.
13:44avec, entre-temps, une inflation qui pourrait s'établir sur les prochains mois
13:48un peu au-delà de 4%.
13:50Ça, c'est le scénario actuel à peu près, Florian ?
13:52Ça, c'est le scénario actuel basé sur les futurs.
13:54D'accord.
13:54Donc, le scénario d'Aleterre, c'est devenu un scénario central.
13:57Là, le scénario sur lequel a construit les hypothèses,
14:01enfin construit la Banque Centrale Européenne,
14:03c'est avec des futures fins d'année autour de 80 dollars.
14:05C'est en gros ce qui correspond au scénario actuel.
14:07Là, on se dit, si la situation actuelle vient à durer plus d'un mois,
14:13on peut avoir des développements non linéaires
14:15avec un stress financier beaucoup plus important sur le marché du crédit.
14:19Bon, cette dynamique du pétrole,
14:21elle profite à qui sur les marchés ?
14:23J'entends le secteur pétrolier notamment.
14:26On voit une Total Énergie en tête du CAC
14:28dès que le pétrole recommence à bouger.
14:30Oui, c'est forcément mécanique,
14:32des prix du pétrole plus élevés.
14:33C'est bon pour l'activité et les profits des entreprises du secteur pétrolier.
14:41Alors, il y a plusieurs niveaux.
14:43Il y a effectivement le fait que, évidemment,
14:45leur business, c'est de produire des barils et de les vendre.
14:47Donc, plus le prix est élevé, mieux c'est.
14:50Plus maintenant, ils peuvent effectivement vendre à terme à des prix élevés.
14:53Donc, même si les prix étaient amenés à baisser à court terme,
14:56ils ont déjà sécurisé une partie de leur cash flow de ce point de vue-là.
15:01Donc, c'est plutôt intéressant.
15:02Après, ce qui est encore plus intéressant de mon point de vue,
15:04c'est les services pétroliers.
15:06Parce qu'une fois qu'on aura terminé cette crise,
15:08on va vouloir être moins dépendants de cette zone-là.
15:10Et donc, on peut penser qu'une grande partie des nouveaux projets
15:13qui vont arriver seront faits ailleurs.
15:15En se disant qu'on ne veut plus jamais revivre ça.
15:18Et là, il y a beaucoup de sociétés qui font notamment de la CISNIC.
15:24Par exemple, je pense que c'est les premières sociétés qui vont être sollicitées,
15:26des sociétés de CISNIC, pour aller faire effectivement...
15:29On va refaire l'exploration ?
15:30L'exploration, ça s'est un peu calmé ces dernières années.
15:34Oui, parce qu'effectivement, il y avait énormément de capacités
15:35qui sont censées d'arriver au golf.
15:36Le shale, etc. a quand même changé beaucoup moins de nouvelles découvertes.
15:41Ce qui va se faire aussi aux US, c'est notre scénario qui n'est pas consensuel.
15:45C'est de dire que d'ici 2-3 ans, on va constater un début du déclin de la production
15:49américaine.
15:50Parce que la productivité des champs aux Etats-Unis,
15:52ils sont en train de donner des signaux qui sont assez inquiétants,
15:54qui sont confirmés par les gens qui sont sur le terrain.
15:56Et qui montrent qu'on ne va pas pouvoir continuer à maintenir ces niveaux de production.
16:00Donc on atteint le pic du shale.
16:01Voilà, le pic du shale.
16:02Donc derrière, l'avantage, c'est qu'il y a énormément encore de pétrole
16:05qui se trouve en deep offshore, donc en offshore, sous l'eau, très profondément.
16:10Et qui n'a pas été forcément, sans aller sur le Groenland ou sur des choses comme ça,
16:13où il y a effectivement beaucoup de pétrole dans ces cônes-là, l'Arctique, Groenland.
16:17Mais sans aller jusque-là, il y a énormément de choses.
16:19Par exemple, au Guyana, il y a eu une découverte,
16:22une des plus grosses découvertes de l'histoire,
16:23donc en offshore, qui a été faite il y a trois ans,
16:25qui va être exploité en exploitation d'ici quelques mois.
16:28Mais c'est accessible, ce pétrole-là ?
16:30Parce que si ce n'est pas rentable à moins de 150 dollars le baril,
16:34c'est l'avantage de ce qui s'est passé.
16:36C'est-à-dire qu'il y a eu des révolutions technologiques
16:38qui font qu'aujourd'hui, le pétrole deep offshore
16:40arrive sur des prix entre 35-40 dollars en prix de revient.
16:44Donc effectivement, si les prix, même dans un scénario, on va dire, négatif pour le pétrole,
16:49se stabilisent à 60-65,
16:51il y a un intérêt à aller développer ces champs-là à nouveau.
16:54Donc c'est vrai que les sociétés de services pétroliers,
16:56alors c'est vrai qu'il y a eu un rattrapage de ce secteur-là très fortement,
16:59puisque pendant 10 ans, il y avait un sous-investissement,
17:012012-2022, rattrapage depuis 3-4 ans,
17:04mais il y a encore déjà pas mal de rattrapage
17:06pour maintenir les productions des champs existants,
17:08pour éviter, parce qu'il y a eu un sous-investissement pendant 10 ans,
17:10mais il y a cette exploration qui n'avait pas vraiment redémarré,
17:13puisque les sociétés de services qui ont bien marché,
17:15c'est les sociétés justement qui sont sur les champs existants
17:17et qui augmentent la productivité.
17:19Donc tout ce qui est en exploration devrait repartir,
17:21et derrière, tout effectivement, les plateformes de forage,
17:24les choses comme ça,
17:25à nouveau, que ce soit du côté, enfin, dans l'Atlantique,
17:28devra devenir, de notre point de vue aussi, un bassin très important,
17:30très stratégique, par rapport à la proximité,
17:32par rapport à l'Europe, par rapport aux Etats-Unis,
17:34le fait qu'ils aient fait le Venezuela,
17:35c'est pas forcément étranger,
17:38le fait qu'ils anticipent même le déclin de leur production,
17:40même si c'est du pétrole lourd,
17:41mais bon, quand même, ils peuvent être traités par la raffinerie américaine,
17:43donc il y a un intérêt stratégique aussi.
17:45Donc on va avoir une reconfiguration
17:47de cette carte pétrolière au niveau mondial,
17:50et notamment, et ça va commencer,
17:51évidemment, parce que la production, ça ne change pas en quelques mois,
17:54la mètre des années,
17:55par contre, on va le voir sur la partie investissement
17:58en dépenses d'exploration,
18:00et ça, c'est quelque chose qu'on peut commencer à jouer.
18:02Donc les équipementiers et les boîtes de services
18:04dans ce secteur vont profiter de ces budgets d'exploration,
18:08effectivement.
18:08Une autre manière de voir les choses,
18:10peut-être, Fabien,
18:11c'est de se dire que cette crise
18:13est une piqûre de rappel aussi
18:15pour nous, en Europe,
18:17notre dépendance toujours aux énergies fossiles,
18:20et on peut imaginer
18:21qu'un réflexe serait de se dire
18:23que tout ça va accélérer
18:25encore un peu plus, peut-être,
18:26le thème de la transition énergétique ?
18:28Alors, effectivement,
18:29en Europe, on voit
18:30ce qui se passe aujourd'hui sur les marchés,
18:33sur les spreads Crédit État,
18:34où on voit, pour faire le lien,
18:36on a le spread Crédit État italien
18:39qui s'écarte assez sérieusement,
18:40puisqu'on frôle les 100 BP,
18:42alors même qu'il n'y a pas si longtemps,
18:43on était quasiment au niveau de la France,
18:45qui aujourd'hui, lui, je crois,
18:47est à peu près 70 BP actuellement,
18:48donc un vrai écartement.
18:49Pourquoi le mix énergétique français
18:52comparativement au mix énergétique italien ?
18:55Donc une certaine urgence, effectivement,
18:57à accélérer cette transition énergétique,
19:00même pour les pays
19:00qui étaient peut-être un peu réfractaires.
19:02Alors, est-ce qu'on va aller dans la transition énergétique
19:05uniquement sur les renouvelables
19:06ou aussi le nucléaire ?
19:07Est-ce que ça peut aussi pousser l'Allemagne,
19:09qui est en vraie difficulté,
19:11en termes de prix de l'énergie,
19:13de peut-être réviser un peu
19:16son positionnement sur le sujet ?
19:17Ça fait partie des interrogations
19:18qu'on peut avoir.
19:20Mais c'est vrai que typiquement,
19:21l'Allemagne,
19:21un vrai sujet de compétitivité relative,
19:24et là, quand on regarde
19:24les prix de l'électricité en Europe...
19:27France-Allemagne, oui, bien sûr.
19:29À l'Allemagne, compliqué.
19:30Italie, très compliqué.
19:31France, très bien.
19:33Merci.
19:34Et d'ailleurs,
19:34la centrale refonctionne à nouveau.
19:37Et puis, dernier point important aussi,
19:39c'est que la zone européenne
19:41est une zone excédentaire.
19:43On a une balance des paiements
19:44qui est confortable,
19:45mais de moins en moins.
19:47En raison notamment de l'Allemagne
19:49et de ses difficultés vis-à-vis de la Chine.
19:51Et donc, il peut être important
19:53de diminuer nos déficits
19:55vis-à-vis des importations énergétiques.
19:57Donc, c'est aussi quelque chose
19:58qui peut nous pousser à dire...
20:01Enfin, ce mouvement de fond,
20:03de perte d'excédent balance commerciale
20:06côté allemand,
20:07peut pousser aussi à se dire
20:08qu'on se protège
20:10de notre dépendance énergétique
20:12et des importations énergétiques.
20:12On a vu, d'ailleurs,
20:13l'excédent courant allemand
20:14fondre comme neige au soleil
20:16pendant la crise russo-ukrainienne,
20:19avant de redevenir positif.
20:21Là, on avait un prix du gaz.
20:22Mais voilà,
20:23un choc énorme énergétique
20:24qu'il fallait absorber.
20:25C'est vrai qu'on regarde le gaz,
20:26on a l'impression qu'il y a
20:27un énorme choc.
20:28En réalité,
20:29on était à 300 pendant l'heure,
20:31là, on est à 50,
20:31ça reste quand même raisonnable.
20:32Mais néanmoins...
20:34Mais ça veut dire
20:35que ce thème de la transition,
20:36il n'est pas nouveau dans le marché.
20:37Beaucoup de stratégies
20:38se sont déployées
20:40sur ce thème
20:41de la transition énergétique,
20:42mais ça le rend
20:43encore plus valable.
20:45Alors, nous,
20:45on a une stratégie énergétique,
20:47de transition énergétique
20:47chez CPR.
20:48Bien sûr.
20:48Donc, clairement,
20:50nous, on y croit énormément.
20:51Et clairement,
20:52ce genre de moment,
20:53pour nous,
20:54c'est un moment clé
20:57qui renforce
20:58cette stratégie
20:59de manière évidente.
21:00Je veux dire,
21:01le déséquilibre mondial
21:03qu'on observe
21:03et les conséquences
21:04qu'on a,
21:05le manque
21:06de certitude
21:08qu'on pouvait avoir
21:09par rapport à ses alliés,
21:11à la fluidité
21:12du commerce international,
21:13tout ça est remis en cause.
21:14Il y a une obligation
21:15et une urgence
21:16d'indépendance
21:18européenne.
21:19Ça passe par l'énergie,
21:20mais ça aussi
21:20passe par l'armement,
21:21ça passe aussi
21:22par la santé,
21:23enfin, voilà.
21:24Il nous faut être indépendant.
21:26Le sujet n'est pas nouveau,
21:28mais il se renforce
21:29crise après crise.
21:29Là, il a été un peu affecté
21:30dans la baisse globale
21:31des marchés,
21:31mais dans les tendances
21:33pour nous
21:33qui reprendront
21:34et qui seront renforcées
21:35post-crise,
21:36ou même
21:37quand la crise
21:38se calmera un peu,
21:40celle-là
21:40en fait réellement partie.
21:41Florian,
21:42si on essaye
21:43de regarder
21:44cette crise
21:45à travers les opportunités
21:46qu'elle peut ouvrir
21:47effectivement
21:48pour des investisseurs,
21:50comment vous regardez
21:51les choses ?
21:52On partage
21:52cette thématique
21:53de la souveraineté
21:54qui va sortir
21:55renforcée
21:55du conflit.
21:57Après,
21:57une des conséquences
21:58du conflit
21:58qu'on connaît,
21:59c'est l'inflation
22:00qui va être
22:00plus élevée,
22:01donc on a des forces
22:02tagflationnistes.
22:03Si on regarde
22:04les chiffres américains,
22:05on va être supérieur
22:05à 3% pendant un an
22:06et puis après un an,
22:08on risque simplement
22:08de rebaisser
22:09mais à 2,5%.
22:10Parce qu'on a
22:11un choc d'inflation
22:12sur les biens
22:12avec les droits de loi,
22:13un choc d'inflation
22:14sur l'énergie.
22:15On sait que dans le détroit
22:15d'Hormuz,
22:16il y a beaucoup
22:16d'engrais qui passent.
22:19Donc on a un risque
22:19d'inflation alimentaire.
22:21Les farmeurs américains
22:22sont en train de dire
22:23qu'ils ne vont pas planter
22:23autant que prévu
22:25cette année.
22:25Donc on va avoir
22:26un problème
22:26de production
22:27et de récolte.
22:28Plus sur la manœuvre.
22:30C'est-à-dire que là,
22:30il y a une restriction
22:30quand même à l'immigration
22:31qu'on a eue.
22:32C'est un secteur,
22:33on regardait
22:33le Peterson Institute
22:34qui risque d'être touché.
22:35Donc ça fait beaucoup
22:36de chocs,
22:37d'effets de premier tour
22:38avec une saturation
22:38du facteur travail.
22:40Donc aux Etats-Unis,
22:40il y a un vrai risque
22:41d'effet de second tour.
22:42Si on regarde l'histoire,
22:43quand l'inflation
22:45est supérieure à 2,5%
22:46durablement,
22:47on apprenne de corrélations
22:48entre les actions
22:50et les obligations.
22:50C'est-à-dire que depuis 30 ans,
22:51on vit sur des portefeuilles
22:52diversifiés
22:53où quand les obligations
22:55baissent,
22:56les actions montent souvent
22:57donc on arrive à stabiliser
22:58les portefeuilles.
22:59Là, on n'y arrive plus.
23:00Et donc la classe d'actifs
23:01qui permet d'offrir
23:02de la diversification
23:03sont les actifs réels.
23:04Donc c'est tout ce qui est
23:05soft commodities au départ,
23:06donc c'est une matière
23:07première alimentaire
23:08mais c'est aussi derrière
23:10le cuivre potentiellement,
23:12l'or, voilà.
23:12Donc sur les matières premières,
23:14d'après nous,
23:14c'est effectivement une thématique
23:16de moyen terme.
23:16Donc je vois ce que disait Fabien
23:17sur cette idée de souveraineté
23:19et avec une idée
23:21de diversification.
23:22Et puis après,
23:22je pense qu'on va pouvoir
23:23ouvrir le débat
23:24mais on finit le conflit,
23:26on va quand même regarder
23:26la facture pour les Etats-Unis
23:28en termes budgétaires.
23:29C'est-à-dire là,
23:30on a eu la décision
23:30de la Cour suprême,
23:31c'est 150 milliards en plus.
23:33Le conflit, on parle,
23:34alors les estimations
23:34très compliquées
23:35mais potentiellement
23:362 milliards par jour,
23:37donc ça peut faire
23:38100 à 150 milliards supplémentaires.
23:40Si on a un plan de relance
23:41derrière pour le consommateur,
23:42on peut vite se retrouver
23:43à 8% de déficit.
23:45Voilà.
23:45À un moment où les Japonais
23:47vont quand même avoir
23:48une banque centrale
23:48qui va accélérer
23:49potentiellement post-conflit,
23:51un débouclage des stratégies
23:53en fait de portage
23:54qui étaient vers les Etats-Unis
23:55peut arriver.
23:56Donc on peut quand même avoir
23:58un contre-choc en fait
23:59qui vienne sur le dollar.
24:00Donc là, c'était logique
24:01d'avoir une appréciation
24:02du dollar
24:02du fait de l'indépendance
24:04énergétique des Etats-Unis
24:05mais post-choc,
24:08enfin post-conflit,
24:09on regardera
24:10la situation budgétaire
24:11et là, ça peut être
24:12compliqué pour le dollar.
24:12On voit d'ailleurs
24:13que plus le conflit dure,
24:14plus les actifs américains
24:16se retrouvent eux aussi
24:17embarqués dans la baisse.
24:20Ça a commencé très fort
24:21sur l'Asie,
24:22l'Europe bien sûr
24:23avec cette dépendance énergétique.
24:25Les premières semaines
24:26de conflit
24:26ont vu les actions américaines
24:28résister un peu mieux
24:28que les autres
24:29mais elles se font quand même
24:30rattraper aujourd'hui.
24:31Sur le marché obligataire,
24:33justement, intéressant.
24:34Au départ,
24:37c'était même vu
24:38plutôt comme un choc
24:39de taux réel.
24:39Moi, j'ai vu les taux réels
24:40monter au départ
24:41avec l'idée que le marché
24:42obligataire se disait
24:43qu'effectivement,
24:44les Etats impécunieux
24:45allaient être tentés
24:46d'en remettre
24:47pour accommoder la situation
24:48et que ça allait faire
24:50monter encore
24:50les primes de termes
24:52pour dire les choses.
24:53Là, sur la séance du jour,
24:54avec un pétrole
24:55qui reprend quand même
24:565-10%,
24:57on voit que le marché obligataire
24:58n'est plus dans la même attitude.
24:59C'est ce qu'on disait,
25:00il y a un risque
25:01de développement non linéaire
25:02au bout d'avancée.
25:02C'est ce qu'on s'est dit
25:03tout à l'heure.
25:04Là, on a maintenant
25:05un échéancier
25:06qui est relativement connu.
25:09Donc, attention au développement
25:10sur le marché du crédit américain.
25:12Donc, ça peut être point
25:13sur lequel il faut faire
25:14un petit peu plus attention.
25:15Et par contre,
25:15sur les taux souverains,
25:17on a une phase de hausse
25:18qui était finalement
25:19assez rapide.
25:19Là, elle peut continuer
25:21un petit peu,
25:22mais selon nous,
25:23il y a un point
25:23où un moment...
25:24Il y a une limite.
25:24Voilà.
25:24Il y a un plafonnement.
25:25qui a des développements
25:26récessionnistes.
25:26On ne refait pas
25:27de points hauts
25:27sur les taux, d'ailleurs.
25:28Ce qui est assez intéressant
25:29en termes d'investissement,
25:30c'est que là,
25:30on a de la volatilité
25:31sur les taux.
25:32Et donc, vous pouvez faire
25:33des produits structurés
25:33avec des barrières
25:34un petit peu plus élevées
25:35et des rendements en ce moment
25:36qui sont quand même
25:36très intéressants.
25:37Donc, nous,
25:38chez BNP Paribas,
25:39c'est des choses
25:40qu'on propose aujourd'hui
25:41à nos clients.
25:42Et sur le crédit,
25:43on différencie quand même
25:44assez largement
25:44ce qui peut se passer
25:45aux Etats-Unis,
25:46ce qui peut se passer en Europe.
25:47Oui, donc,
25:55pour dire les choses simplement.
25:57Bertrand, vos commentaires.
25:58Et puis,
25:58on va rentrer
25:59dans la saison de publication
26:00des entreprises
26:01avec toute la force d'analyse
26:03des bottom-up
26:05de Fidelity.
26:08Quels vont être
26:09le comportement
26:09des entreprises
26:10face à ce choc de prix
26:11qui durera quand même
26:13un certain temps ?
26:14Est-ce qu'elles ont déjà
26:15la capacité
26:16d'en transmettre une partie,
26:18tout ou partie,
26:19ou beaucoup moins qu'avant ?
26:21Et est-ce que le marché
26:22a bien apprécié
26:23le choc qu'on pourrait avoir
26:25sur les marges ?
26:25Alors, pour l'instant,
26:26les analystes n'ont cessé
26:26de réviser à la hausse
26:27leurs perspectives,
26:28notamment aux Etats-Unis.
26:30Je pense qu'il manque
26:30un peu de matière aussi
26:31pour juger des conséquences
26:34et des ramifications
26:35de cette crise
26:35pour les entreprises.
26:36Alors, c'est vrai
26:37que quand on regarde
26:37en 2022,
26:39les entreprises,
26:39en très grande majorité,
26:40ont pu répercuter
26:42sur les prix finaux,
26:45l'inflation,
26:46et donc,
26:46on avait eu à l'époque,
26:47avec la guerre en Ukraine
26:49qui commençait,
26:50et avaient maintenu leur marge,
26:51voire certaines
26:52amélioraient leur marge.
26:54Là, on pense que
26:54les choses vont être
26:55un peu plus compliquées
26:56parce que le consommateur
26:56n'est pas dans une situation
26:57quand même flamboyante
26:58dans beaucoup de géographies,
27:00que ce soit en Chine,
27:01en Europe.
27:02Même le consommateur américain,
27:04il y a quand même
27:04des signaux d'essoufflement.
27:06Donc là,
27:06on pense que ça va être
27:07un peu plus compliqué.
27:08Il va falloir faire
27:09vraiment du stock picking.
27:10Il y a des secteurs
27:11où ça va traditionnellement
27:12marcher.
27:12Quand on fait un comparable
27:14avec ce qui s'est passé
27:15dans les années 70,
27:16cette période de stagflation,
27:17on avait des secteurs
27:18comme par exemple
27:19le secteur des télécoms
27:20qui réussit à passer
27:20des hausses de prix,
27:22évidemment l'énergie.
27:24Il y a les utilities aussi,
27:26évidemment,
27:26qui peuvent passer des prix.
27:28Puis ce n'est pas des choses
27:29dont on peut se priver.
27:30Donc on ne peut pas faire
27:31beaucoup d'arbitrage là-dessus.
27:32Donc il y a des secteurs
27:33qui vont s'en sortir
27:34et l'autre,
27:34c'est un peu plus compliqué.
27:35L'automobile,
27:36qui est un secteur
27:36qui est au fond du trou
27:37en termes de multiples,
27:40de momentum,
27:41de détention,
27:42etc. par les investisseurs.
27:43Là, si c'est que
27:44dans cette configuration-là,
27:45il va falloir à nouveau
27:46réviser à la baisse
27:47les marges
27:47parce qu'effectivement,
27:49il y aura du mal.
27:50En plus,
27:51l'environnement de demande
27:53qui est quand même
27:54mauvais pour eux.
27:54Ils sont en bas de cycle
27:55ou proches d'un bas de cycle.
27:58Là, pour le coup,
27:59ça va être compliqué
28:00pour beaucoup d'acteurs
28:01dans cette filière-là.
28:02Donc il faut vraiment
28:03faire de la sélection
28:04à la fois de secteur
28:05et au sein des secteurs
28:06aussi de valeur.
28:07Il y en a qui vont s'en sortir,
28:08d'autres moins bien.
28:09Après,
28:10d'un point de vue plus global,
28:11il y a quand même
28:12un risque très important.
28:13Si vous êtes chef d'entreprise
28:14d'une société de côté,
28:15vous avez présenté vos résultats
28:16le premier trimestre,
28:16même s'ils sont bons.
28:17Derrière, vous allez dire
28:18attention, attention, attention.
28:20On n'a pas de visibilité,
28:22ce qui est vrai.
28:22On a vu Nike déjà hier
28:24ou avant-hier.
28:25Donc on risque à voir
28:26effectivement par rapport
28:27à des, je suis d'accord là-dessus,
28:28des attentes,
28:29des analyses qui n'ont pas
28:30arrêté d'être révisées
28:31en hausse depuis le début
28:32de l'année, globalement.
28:33Pas surtout des secteurs,
28:34mais globalement.
28:35Et puis quand je regarde
28:36par exemple un secteur industriel
28:37qui traite sur des ratios
28:38de valorisation
28:39qui sont stratosphériques,
28:40notamment en Europe,
28:42voilà.
28:43Bon, je veux dire,
28:43là, pour le coup,
28:44toute mauvaise nouvelle
28:44sur ce secteur-là,
28:45ça va être un peu compliqué
28:46quand on voit des sociétés
28:47comme Atlas Copco
28:48qui sont quasiment
28:48à 26 fois les profits.
28:50C'est des ratios
28:51de valeurs technologiques.
28:52C'est plus cher
28:52que les Max Even.
28:53Exactement.
28:54Il y a un moment
28:54où il va falloir
28:55revenir sur Terre.
28:56Il y a une force de rappel
28:58qui va être amplifiée
28:58par l'environnement actuel
28:59sur ces sociétés
29:00un peu cycliques
29:01qui traitent sur des niveaux
29:01de valorisation
29:02qui n'ont aucun sens aujourd'hui.
29:03Oui, oui.
29:04Qu'il y avait du sens
29:05il y a un mois et demi
29:07puisque...
29:07C'est déjà un peu tendu.
29:08Un mois et demi,
29:08c'était tendu.
29:09Oui, mais c'était
29:09la reprise cyclique.
29:11Ça pouvait être justifié
29:12par la reprise cyclique.
29:13Il fallait qu'elle vienne.
29:13Il fallait qu'elle vienne.
29:14C'était déjà une discussion.
29:16Mais là, pour le coup,
29:18être compliqué.
29:19Il y a des vrais risques.
29:20C'est contre-pied sur contre-pied
29:21en ce moment, évidemment,
29:22dans les marchés, Fabien.
29:24Mais effectivement,
29:26Bertrand évoque l'industrie
29:27qui se paye
29:28sur des niveaux
29:28de valorisation stratosphériques.
29:31Je reprends le terme.
29:32À l'inverse,
29:32on a vu le PI des Max Even
29:34ou même du Nasdaq
29:36converger vers la valorisation
29:39du marché général,
29:39du S&P 500.
29:41C'est rare que le Nasdaq
29:42se paye
29:43à peu près
29:43le même prix
29:44que le S&P 500.
29:45Les Max Even
29:46sont à 20 fois
29:48quasiment aujourd'hui.
29:49Ça crée des ratings.
29:51Ça ouvre déjà
29:52des opportunités ?
29:53C'est une opportunité,
29:54en tout cas.
29:54Ce qui est intéressant,
29:56c'est qu'effectivement,
29:56on a eu ce côté
29:58un peu purge
29:58de la tech
29:59juste avant le début
30:00de la crise.
30:01Ça a permis d'améliorer
30:02le positionnement
30:02qui était très tendu.
30:04C'est vrai que quand on fait
30:04les comparaisons
30:05avec les stress passés
30:06sur les technologies,
30:07normalement,
30:08on finit en exponentielle
30:09de performance.
30:10Là, on est bien loin
30:10d'un exponentiel
30:11de performance.
30:11Et puis, en termes
30:12de niveau de valorisation,
30:13on est bien loin
30:14des niveaux de valorisation
30:15des années 2000.
30:16Donc, ça,
30:16c'est beaucoup plus propre.
30:17Et puis, ensuite,
30:18tout à l'heure,
30:18on parlait de la résistance
30:19des titres américains.
30:20Et en fait,
30:21il y a une deuxième phase
30:22dans la valorisation
30:23des titres américaines.
30:25C'est l'effet croissance.
30:26C'est-à-dire que les titres
30:27américains,
30:27ce sont éventuellement,
30:28enfin, surtout des titres
30:29croissants par rapport
30:30à l'Europe,
30:31et d'autant plus croissants
30:32quand on regarde
30:32le Nasdaq.
30:33Là, les mouvements de taux
30:34qu'on a eus
30:34sur les titres américains,
30:35c'est vraiment anticroissance
30:37puisqu'on actualise
30:37les flux futurs
30:38et donc, plus on a de croissance,
30:40plus les flux futurs
30:40sont importants
30:41et donc, plus la hausse
30:42des taux est pénalisante.
30:43Ça, c'est le premier effet.
30:44Deuxième effet,
30:44on a un dollar
30:45qui s'est un peu renforcé,
30:47mais quand même renforcé.
30:48Et ça aussi,
30:48c'est très mauvais
30:50pour le Nasdaq
30:51puisqu'une grosse partie,
30:52notamment les MaxEvent,
30:53où leur chiffre d'affaires
30:54est essentiellement fait
30:55hors zone dollar
30:56et donc,
30:57en traduit en dollar,
30:58c'est moins bon
30:59si le dollar est monté.
31:00Donc ça,
31:01c'est deux facteurs
31:02finalement exogènes
31:03sur lesquels on a envie
31:04de parier en disant,
31:05et je partage l'idée
31:06de Florian en disant
31:07sur les taux longs,
31:08maintenant,
31:08on va peut-être
31:09commencer à pricer
31:10quelque chose
31:10de plus compliqué
31:11au niveau croissance.
31:12Donc, peut-être des taux longs
31:13qui se stabilisent,
31:14voire qui baissent.
31:15Un dollar
31:15qui était remonté
31:16parce qu'on pensait
31:17les Etats-Unis
31:18plus résistants
31:18parce que aussi,
31:20certains pays
31:20vont devoir acheter
31:22peut-être plus d'énergie
31:23aux Etats-Unis
31:24et l'énergie aux Etats-Unis,
31:25ça s'achète en dollars.
31:27Et donc,
31:28on achète des dollars.
31:30Et ça,
31:30c'est quelque chose
31:31donc pareil,
31:31que je partage
31:32qui risque de repartir
31:33en arrière.
31:34Et donc ça,
31:34d'un point de vue macro-facteur,
31:36c'est positif pour le Nasdaq.
31:37Et quand après,
31:38vous parliez de révision
31:39des EPS,
31:40dans le marché américain,
31:41aujourd'hui,
31:42si vous regardez
31:42les révisions un mois,
31:43trois mois,
31:43des différents indices américains,
31:45c'est le Nasdaq
31:46qui a les meilleures
31:47révisions à la hausse
31:49en termes d'EPS.
31:50Ah oui, je comprends.
31:51Donc, c'est vrai
31:52que ça semble cocher
31:54beaucoup de caisses.
31:54Oui, oui.
31:55Un Nasdaq
31:55qui a marqué son top
31:57en octobre dernier.
31:58Donc, ça fait partie
31:59des marchés
32:00qui avaient déjà commencé,
32:01comme vous le disiez,
32:01à baisser.
32:02Je ne peux même pas
32:03parler de correction.
32:04D'ailleurs,
32:04pourquoi les marchés
32:05ne corrigent pas plus, Fabien ?
32:06Parce que ça baisse.
32:08On est sur des drawdowns
32:10de 10%.
32:10Mais si je remonte
32:12sans remonter jusqu'à Covid,
32:14Liberation Day,
32:15c'est quasiment 20% de baisse
32:16en quelques jours
32:17pour le S&P 500.
32:18Alors, je vais faire
32:19deux parallèles.
32:20Un premier parallèle
32:21sur le marché des taux
32:22ou sur le marché des taux
32:25très court terme.
32:25On a vu une envolée
32:27très rapide
32:27des anticipations
32:28à Banque Centrale
32:29puisqu'on est passé
32:30de moins 0,5
32:30à quasiment trois hausses
32:31de taux sur l'Europe.
32:33Et ça,
32:33est-ce que c'est une vue
32:34d'anticipation
32:34des longues de lire
32:36ou est-ce que c'est
32:37des débouclements
32:37de position
32:38par rapport à des gens
32:39qui étaient en position
32:41de pontification ?
32:42C'est un trait très consensuel
32:43la pontification
32:44de la courbe des taux.
32:45Et dans les faits,
32:45on pense que c'est
32:46des débouclements
32:47de positions
32:47de gens qui avaient
32:48des positions extrêmes
32:49parce que les indicateurs
32:50de volatilité
32:50étaient très basses
32:51et donc le choc
32:52n'était pas supportable.
32:53Ils ont dû déboucler
32:54et donc on est arrivé
32:55sur des niveaux
32:56de prix
32:58et d'anticipation
32:58de taux
32:59qui étaient très élevés
33:00et pour le coup
33:01qu'on considère
33:03attractifs.
33:04Alors, si on fait
33:04le parallèle maintenant
33:05avec le marché actions,
33:07finalement,
33:08est-ce qu'on avait
33:08un positionnement
33:09si fort sur les marchés actions ?
33:11Peut-être pas si fort que ça,
33:12au-dessus de la moyenne,
33:14un peu élevé,
33:15mais pas si fort
33:15et surtout,
33:16par rapport aux périodes
33:17de sell-off historique,
33:19ce qui s'est passé
33:20et ce qu'on voit
33:22chez nos clients,
33:23c'est que les gens
33:25ont des investisseurs
33:26ont plutôt
33:27des plus-values actuelles
33:29assez importantes
33:30dans leur portefeuille,
33:31ce qui leur permet
33:34d'accepter, je dirais,
33:35les niveaux de baisse actuelles
33:36et au regard du pattern
33:38récent où,
33:40à chaque baisse,
33:40finalement,
33:41à chaque choc,
33:42c'était une erreur
33:43de vendre son portefeuille,
33:46ils sont restés
33:47dans ce mood-là
33:48et comme ils ont
33:49un stock de plus-value
33:50latente très important,
33:51ils sont encore
33:52assez loin du force selling
33:53et donc,
33:53on peut avoir quelque chose
33:54qui peut glisser
33:56assez longtemps
33:57si la situation
33:58ne reste pas
33:59et comme la situation
34:00est très binaire,
34:01les gens n'osent pas
34:02vraiment bouger.
34:03Plus personne veut vendre
34:04dans le marché ?
34:05Non, mais depuis,
34:06à force de se prendre
34:08les pieds dans le tapis,
34:09les gens ne veulent plus vendre ?
34:10La remarque était très bonne
34:11en posant la question,
34:12c'est-à-dire,
34:12le Liberation Day
34:13l'année dernière
34:14a amené quand même
34:15beaucoup de portes de saloon,
34:16c'est-à-dire,
34:16les gens ont vendu
34:17sur les annonces
34:17et puis,
34:18on a eu le fait
34:18d'un taco derrière
34:20avec,
34:20en reculant,
34:21les échéances
34:22et il y a eu
34:22pas mal de casse.
34:24Et plus spectaculaire
34:24que la baisse,
34:25le rebond !
34:26Exactement.
34:26On a rattrapé
34:27un bear market,
34:28je crois,
34:28en deux ou trois semaines,
34:29ce qui ne s'est jamais vu
34:30dans l'histoire.
34:30Le scénario en V,
34:31en fait.
34:31Donc,
34:32je pense que les investisseurs
34:32avaient un petit peu peur
34:33que le scénario en V
34:34se répète.
34:35Donc,
34:35effectivement,
34:36si on regarde les métriques,
34:37on disait tout à l'heure,
34:380,5 de croissance en moins,
34:40on fait simple,
34:40ça fait 5%,
34:417% de bénéfices par action en moins.
34:44Vu l'augmentation des taux longs,
34:46en termes de valorisation,
34:47ça fait un choc de 8-9%,
34:48quelque chose comme ça.
34:49Donc,
34:50en fait,
34:50notre message,
34:51c'est qu'il n'y a pas eu
34:51de surréaction
34:52à la baisse des marchés.
34:53Donc là,
34:54il y a un risque
34:54de développement non linéaire.
34:56Donc,
34:56nous,
34:56l'attitude qu'on a
34:57depuis un petit moment,
34:58c'est plus de vendre les rebonds
35:00que d'acheter les coins.
35:00Quand même.
35:01Voilà.
35:01Après,
35:02sur l'Europe,
35:03on ne bouge pas tellement
35:03parce que,
35:04bon,
35:04on sait que c'était
35:05stracyclic,
35:05on est le choc d'entrée
35:06et puis nous,
35:06on est assez positif
35:07sur le plan allemand,
35:08on attend de voir les développements.
35:09Après,
35:10on est un peu plus prudent
35:11sur le Japon
35:11avec cette idée
35:12qu'on pourrait avoir
35:13un rebond du Yen,
35:14en fait,
35:14poste le conflit.
35:15Et les émergents,
35:16il y aura sûrement
35:16des opportunités,
35:17en fait,
35:17sur l'Asie
35:17qui arriveront,
35:18en fait,
35:18dans un deuxième temps.
35:19Donc,
35:19il y a une réallocation
35:20d'actifs à faire,
35:21mais pour l'instant,
35:22il y a plutôt un message
35:22de prudence
35:23parce qu'il y a un risque
35:24de développement non linéaire.
35:24Bon,
35:25pour conclure avec vous,
35:26Bertrand,
35:26effectivement,
35:26l'attitude dans ce genre
35:28de moment,
35:29alors peut-être
35:29sur différents horizons de temps,
35:30mais la partie tactique
35:31et stratégique,
35:32comment on navigue ?
35:34Alors,
35:34il faut être opportuniste,
35:35évidemment,
35:36ça,
35:36je pense qu'il y a des opportunités,
35:38notamment lors de la publication
35:40qui arrive,
35:42très,
35:42très vraisemblablement,
35:43il y aura des pics
35:44de volatilité sur les titres
35:46lors de leur publication
35:47avec des surréactions
35:49dans un sens ou dans l'autre,
35:50avec des moments
35:51où il faut avoir
35:51prendre des profits,
35:52effectivement,
35:52sur des titres,
35:53imaginons une industrielle
35:54qui ait des très bons résultats
35:55premier trimestre
35:57et derrière,
35:58le marché se focus là-dessus
35:58et pas sur le fait
35:59qu'il n'y a pas de visibilité.
36:01Si le titre monte fortement,
36:02là,
36:02ce sera sans doute le moment
36:03sur une valorisation déjà tendue
36:04de prendre des profits.
36:05À l'inverse,
36:06sur des secteurs
36:07qui sont déjà un peu
36:08au fond du trou
36:08comme le secteur des médias,
36:10par exemple,
36:11pour d'autres raisons,
36:12l'intelligence artificielle,
36:13des choses comme ça,
36:14des titres qui,
36:15pour certains,
36:16se traitent à 4 fois,
36:185 fois les profits
36:18qui payent 10%
36:20ou plus de dividendes.
36:21Peut-être que ces sociétés-là,
36:23en particulier
36:23dans un environnement
36:24un peu plus récessif,
36:25seront plus défensives,
36:27protégées par le dividende,
36:28par des bilans solides
36:29et si,
36:30par hasard,
36:31elles baissaient fortement
36:31parce que le marché regarde
36:33le risque de l'intelligence artificielle
36:34ce jour-là,
36:35c'est peut-être le moment
36:35de se repositionner aussi.
36:36Donc, il y a beaucoup de choses
36:37à faire, je pense,
36:38pour pouvoir performer cette année,
36:40il va falloir être assez agile
36:41et je pense que les prochaines semaines,
36:43les prochains mois
36:43vont être importants.
36:44Il reste 3 trimestres
36:45pour cette année 2026.
36:47Merci beaucoup messieurs
36:47d'avoir été les invités
36:48de Planète Marché ce soir.
36:50Bertrand Puy,
36:50Fidelity,
36:51Florian Roger,
36:52BNP Paribas CAB
36:53et Fabien Bourguignon,
36:54CPR Asset Management.
36:55Sous-titrage Société Radio-Canada
36:55BNP Paribas CAB
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